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CHAPITRE I. — LAPLACE ET SES SLCCESSEURS. 'IjS

Pour les planètes Vénus et Mercure, sœurs cadettes de la Terre, tout pouvoir de production de satellites, à moins qu'ils ne soient encore plus petits que ceux de Mars, a disparu.

Ceci n'est qu'un exposé rapide ; on en a, à dessein, écarté certains détails encore inexpliqués, comme Taccroissement progressif du volume des planètes jusqu'à Jupiter, l'énormité relative des dimensions de cette planète dans le système planétaire et de Titan dans celui de Saturne. Néanmoins, tel qu'il est, il nous paraît jeter sur la formation de cette portion du monde solaire une assez vive clarté.

La base essentielle de la conception géniale de Laplace en forme encore le plus sur fondement ; le système solaire tout entier provient d'une matière unique, encore inconnue, qui, s'agglomérant en particules diverses dans des conditions variées d'énergie, a prodviit ces différents éléments que nous trouvons dans les planètes, ainsi que dans le Soleil actuel.

A peu près à la même époque que Laplace, un autre astronome, non moins célèbre, W. Herschel, arrivait par une autre voie à la même conclusion, non seulement pour le système solaire, mais pour l'univers tout entier.

Dans ces dernières années, on a reconnu que ces éléments, considérés jusque-là comme formant des individualités distinctes et immuables, pouvaient se transmuer les uns dans les autres de façon à reproduire progressivement le plus léger d'entre eux, parcourant alors en sens inverse le cycle de transformations qui leur avait donné naissance : nul doute que, dans l'avenir, on arrivera à retrouver par des procédés analogues le substratum inconnu dont ils dérivent tous.

Ainsi se vérifient les belles conceptions de Laplace et de W. Herschel : c'est à ces deux hommes que nous devons le meilleur de nos connaissances sur la formation de notre monde et de ceux qui l'entourent; aussi n'est-ce qu'œuvre de justice d'associer ici leurs noms dans un même sentiment de reconnaissante admiration.

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