CHAPITRE I. — .MER<;lRE ET VÉNUS
Deux ans après, Lovvell et Slipher reprirent ces recherches avec l'équatorial de o™,56 de l'Observatoire de Flagstafî", dans l'Arizona ; leurs résultats sont tout différents :
V = o'"",oi5;
correspondant à une durée de rotation d'environ oo jours.
La méthode spectroscopique, d'ailleurs dune application fort délicate ici, laisse donc la question indécise.
Conclusion. — Mais les faits que nous avons cités plus haut sont assez concluants pour nous permettre une opinion ferme. Les durées de rotation de Mercure et de Vénus sont comme celles de la Terre et de Mars voisines de 24 heures.
Les observations de ^ énus faites récemment (.'m août, 2, ?> et 4 septembre 1906) au sommet du mont Blanc par MM. Hansky et Stéphanik, dans des conditions atmosphériques excellentes et avec des images d'une stabilité parfaite, confirment d'ailleurs cette conclusion. Les apparences, que ces observateurs ont constatées, leur font, en effet, attribuer à A énus une rotation un peu plus rapide que celle de la Terre.
Température de Vénus et de Mercure.
Connaître la température moyenne à la surface de ces deux planètes semble a priori un problème presque insoluble: il a cependant tenté un physicien anglais, M. le professeur Poynting, de l'Université de Birminoham, et, quoique n'étant évidemment qu'approximatifs, les chillies <[u'il donne 11 en sont pas moins dignes de notre attention. Ces travaux ont pour luise, outre la loi bien connue de Stéphan, les hypothèses suivantes :
i" La planète tourne autour d un axe perpendiculaire au plan de son orbite ;
2" L'effet de l'atmosphère est de conserver à une latitude donnée l'égalité de température entre le jour et la nuit:
3" En chacun de ses points l'atmosphère fttnctionne comme un radiateur absolu, cest-à-dire quelle absorbe et ensuite ('met tous les rayons qu'elle a reçus, quelle que soit leur longueur d'ondulation:
36 PREMIÈRE PARTIE. — PLANÈTIS.
4" Il li'j a aucun Iransporl conveclionnel de chaleur d'une latitude à une autre ;
5" La réflexion en chaque point est le dixième de la quantité reçue ;
6" J^a planète rayonne à l'extérieur toute la chaleur qu'elle reçoit du Soleil, ni plus ni moins.
Si l'on compare ces hypothèses à ce cjue nous savons de la Terre, la troisième seule diffère et même heaucoup de la réalité, sans que nous ayons aucun moyen d'en mesurer l'écart. Les autres sont au contraire sensiblement appropriées au régime de notre globe, ou n'ont aucune iutluence appréciable sur le résultat final.
Etant donnée cette planète idéale, M. Poynting calcule la température moyenne qui y régnerait aux différentes latitudes, si elle occupait dans le système solaire la position de la Terre, et enfin, ce sont les seuls chiflres que nous retiendrons, la température moyenne qu'elle aurait aux distances moyennes des différentes planètes; les voici pour Mercure, Vénus et la Terre :
Mercure i93"C.
Vénus 66' G.
La Terre i6°C.
Pour la Terre cette valeur ne s'écarte que d'environ i o" de la réalité ; c'est la seule donnée de contrôle que nous ayons, mais elle est importante. Elle nous permet, en effet, d'avoir une certaine confiance dans les deux autres résultats et d'y trouver, par leur écart considérable, une nouvelle indication de la grande diflerence qui existe, au point de vue physique, entre les sui-faces des deux planètes intérieures Mercure et Vénus.