‹ Les planètes et leur origineChapitre 18 sur 139 · I. — Données générales sur cette planète · texte numérisé non relu

I. — Données générales sur cette planète

[| n'est point de planète supérieure dont l'éclat apparent soit aussi variable que celui de Mars : c'est une conséquence de la jurande variabilité relative de sa distance à la Terre.

Dans certaines oppositions, circonstances les plus favorables à son observation, Mars est, en elFet, à son périhélie en même temps que la Terre est à son a|)liélie, et sa distance à la Terre se réduit alors à 0,07 correspondant au diamètre apparent considérable de 24", 71 et à une grandeur stellaire de — a^'',^, bien supérieure à celle de Sirius; quoique moins éclatante alors que Vénus à son maximum d'éclat, elle frappe plus les yeux par le feu rougeâtre intense qu'elle émet. Dans certaines conjonctions, au contraire, où la planète est à son aphélie en même teuips que la Terre à sou périhélie, celte distance peut s'élever jusqu'à 2,68, correspondant à un diamètre apparent sept fois moindre 3", 35, et à une grandeur stellaire de i^'',^), égale à celle de 7. Lion et a Gémeaux. Son éclat est alors soixante fois moindre que dans le premier cas. Ces variations d'éclat sont évidemment périodiques comme les situations relatives des trois corps S(d(^il, Mars et Terre c|ui les déterminent.

Ajoutons à cela (pie Alars |)résente des phases (pressenties par Galilée en 16 10), petites à la vérité, mais qui n'en diminuent pas moins parfois son éclat |apparent du dixième de sa valeur; on dit, depuis W. Herschel, qu'alors Mars est i^ibbeiix.

Pas plus que les planètes précédentes. Mars n'est donc lumineux par lui-même : il ne nous est, lui aussi, visible ipie par réflexion de la lumière qu'il reçoit du Soleil, lumière dont il ne nous renvoie d'ailleurs que le (piarl (alhedo de .Mars : o,25o).

Taches siomhves de Mais; Fontana. Sa rotation, son aptatisse- Tnent; J.-D. Cassini, ]\ . flerschel. — D'autre part, à l'inverse de Vénus et de Mercure, celte planète montre des inégalités d'éclairement marquées et fort nettes; en d'autres termes, son disque est en partie occupé par des taches sombres très apparentes et stables dont Fontana, Zucchi et Bartoli signalèrent presque simultanément l'existence (i636-i644)- Plusieurs lois quebjues-uns de ces astronomes avaient constaté leur disparition aux places où ils les avaient antérieurement observées sur le disque ; mais J.-D, Cassini découvrit le premier que ces disparitions et réapparitions étaient périodiques et régulières, se succédaient dans un ordre constant d'Occident en Orient, indiquant ainsi une rotation de la planète sur elle-même, dont il estima la durée à 24'' 4o"'-

Quant à la direction de Taxe autour duquel s'eftcclue cette rotation, nos premières données sont dues à W. Herschel et résultent de la longue série d'observations qu'il fit sur Mars de 1777 à 1788. D'après cet illustre astronome l'équateur martien serait un peu plus incliné (28°42') que celui de la Terre (23"27') sur le plan de l'écliptique; et de plus, ce qui est d'ailleurs une conséquence forcée de ce mouvement de rotation, Mars aurait comme la Terre la forme d'un ellipsoïde dont le petit axe coïnciderait avec son axe de rotation. Ces différentes données ne sont d'ailleurs évidemment qu'approximatives.

Beei- et Mœdler, Schnudf. — ■ L'étude de la durée de rotation a été reprise par Béer et Ma'dler (') à Berlin, lors des oppositions de i83o, i832 et 1887, et les a conduits au nombre 24''37"'20%4 ; mais la valeur que nous considérons aujourd'hui comme la plus probable,

résulte des travaux récents de Sclimidt, où il compare ses observations de 1845 à 1873 à celles d'FTuygens (i()72).

C'est la valeur en temps moyen de la durée d'un jour sidéral de Mars; et, comme son mouvement moyen diurne est de 2'"i2%o, le

(') Bcer, riclie batH[uier de lîeilin cl yrand ainaleur d'Astrunoiiiic, avait installe près de cette ville un observatoire prive dont rinstrument principal était un équalorial de o"',2o de l'raunhol'er ; il eut la bonne fortune do pouvoir y allachcr J.-li. Mœdler, alors professeur privé à lU-rlin, cl qui devint |)lus lard l'un des astronomes le» plus distinjîués de l'Allcinagne.

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