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CHAPITRE II

Christie, Perrotîn, ProcLor. — Ces phénomènes curieux sollicitèrent l'attenlion d'un grand nombre d'astronomes.

Dès 1882, Christie, aujourd'hui directeur de l'Observatoire de Greenwich, et Maunder, son principal assistant, nièrent formellement l'existence d'un pareil dédoublement, tout en confirmant celle de certains des canaux annoncés par Schiaparelli en 18^9. Plus tard, à Nice, Perrotin et Thollon conclurent de leurs observations que « plusieurs de ces canaux sont doubles et {^fig- 34) composés de

Fig. 34.

lignes rigoureusement parallèles ». D'après eux, « leurs observations confirment les belles découvertes de Schiaparelli sur hi singulière constitution |)hysique de Mars ».

De son côté, l'astronome anglais Proctor, à qui cependant la

56 l>liEMlKHE PAISTIE. — PLANÈTES.

surface de Mars était bien familière, n'admettait point (1888) la réalité des soi-disant canaux annoncés par Schiaparelli.

Les assertions de Christie et de Proctor furent pendant longtemps les seules notes discordantes dans le concert d'approbation formé par les observateurs de Mars; dans la )dupart des publications faites sur cette planète, on conclut non seulement à l'existence des canaux, mais aussi à leur dédoublement tantôt fort temporaire, tantôt au contraire durable d'une révolution à l'autre de la planète; ces conclusions furent d'ailleurs confirmées, d'opposition en opposition, aussi bien par Schiaparelli, qui fit dès lors de Mars son étude de prédilection, que par les astronomes américains Lowell, Dougiass et W.-H. Pickering, qui furent bientôt les principaux champions de Schiaparelli. Leurs publications sur ce sujet demandent une analyse détaillée.

Lowell, Dougiass, IV. -H Pickering. Les mers sont des plaines cultivées. — Les régions, que l'on a appelées mers, ne sont pas des étendues d'eau, car la lumière qu'elles réfléchissent n'est pas polarisée; à mesure que s'avance la saison martienne, certaines s'eftacent sans que d'autres s'assombrissent; à certaines époques, on voit sur elles des taches sombres ou éclairées. Ce sont là des faits bien établis et que l'on peut considérer comme définitifs : mais alors, que sont ces étendues? Pour Lowell et Pickering, ce sont d'immenses plaines cultivées; et leurs changements reproduiraient les différentes phases de leur végétation.

Les canaux de Schiaparelli sont des vallées cultivées. — Quant aux canaux, d'abord faibles, clairs et indistincts, ils deviennent de plus en plus foncés et mieux visibles à mesure que s'avance la fonte des neiges; leur apparition commence dans les régions polaires et se continue vers l'équateur; ainsi l'eau provenant de la fonte des neiges parait descendre vers l'équateur et elle semble être la cause originelle de la visibilité des canaux, non par elle-même, car alors ils devraient, par suite de la rapidité d'écoulement de l'eau, se former beaucoup moins lentement, mais par la végétation qu'elle détermine. Ce qu'on a appelé des canaux serait des prairies gazonnées ou des vallées boisées; mais le caractère géométrique des lignes qui les forment, leur largeur uniforme et surtout leur rayonnement autour de certains

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