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INTRODUCTION
Partage des planètes en deux groupes. — L'examen de ce tableau montre que ces huit planètes se partagent en deux groupes bien nets : les quatre planètes les plus voisines du Soleil : Mercure, Vénus, la Terre et Mars, dont la Terre est la plus grosse ; el les quatre autres : Jupiter, Saturne, Uranus el Neptune, dont les dimensions sont beaucoup plus grandes que celles de la Terre ; parmi elles, Jupiter et Saturne ont un rang à part, leurs volumes étant environ I 3oo fois et 'j'îo fois celui de notre planète.
FiK. I.
iJe même, les quatre premières planètes ont des masses inférieures à celle de la Terre, tandis que celles des quatre dernières lui sont de beaucoup supérieures; les masses de Jupiter (3io) et de wSaturne (92) sont d'ailleurs beaucoup plus grandes que celles d'Uranus (i3) et de Neptune (16); la masse de Jupiter est à elle seule égale à deux fois et demie celle de l'ensemble de toutes les
DONNÉES GÉNÉRALES SUR LE SYSTÈME PLAXÉïURE. 7
autres planètes et à peu près la deux-cent-cinquantième partie de celle du Soleil.
La comparaison des densités conduit à des remarques aussi intéressantes : les quatre petites planètes ont sensiblement la même densité que la Terre, et les quatre grosses ont une densité très voisine de celle de l'eau, soit une densité quatre ou cinq fois moins grande que la première ; il est à remarquer que la densité de la planète Jupiter est, à quelques centièmes près, la même que celle du Soleil.
En résumé, les huit planètes principales se partagent en deux groupes dec[uatre; les quatre planètes les plus voisines du Soleil sont petites et de densités relativement considérables; les quatre planètes plus éloignées sont grosses, de fortes masses et de densités faibles.
Rotations. — Le déplacement de certaines taches ou bandes par rapport aux bords du disque, ou l)ien encore la disparition et la réapparition successives de certaines inégalités ou troncatures du terminateur, ont permis de constater la rotation sur elles-mêmes de six de ces planètes, d'en déterminer la durée, le sens et, pour quatre d'entre elles, l'inclinaison sur le plan de l'orbite de l'axe autour duquel elle s'effectue.
Au point de vue mécanique, il est bien certain que toutes ont un jnouvement de rotation axiale; mais, en raison de leur peu d'éclat et (le leurs faibles diamètres apparents, l'observation directe, qui le soupçonne sur Uranus, n'a pu le mettre en évidence sur Neptune.
Nous donnons dans le Tableau qui suit les éléments de ces rotations, dont le sens, le même pour les six premières où on l'a déterminé avec certitude, est celui de la rotation du Soleil:
Durée Planètes. de la rotation.
Mercure voisine de >4''
Vénus id.
j II m s
La Terre o..i3. jf). 4
Mars 1 . 0.37.^3
Jupiter (niax.). o. ().jj.37
Saturne o. 10. 38
Uranus o. 8.3o
Neptune »
Inclinaison
de i
l'équaleur
Sens
sur le plan
de la rotation.
de
l'orbite.
Direct
Direct
Direct
Direct
Direct
Direct
Rétrograde
Rétrograde
INTRODUCTION
L'examen de ce Tableau montre que :
1° Les planètes du premier groupe ont sensiblement la même durée de rotation que la Terre, tandis que Jupiter, Saturne et Uranus tournent à peu près deux fois plus vite.
a" Quel que soit le groupe auquel elles appartiennent, l'axe de rotation de chacune des planètes anciennes fait un petit angle avec l'axe du plan de l'orbite; pour Jupiter, la planète maîtresse du système solaire, ces deux axes peuvent même être considérés comme coïncidant.
3" Le sens dans lequel s'effectue cette rotation est le même pour les six planètes anciennes, et est aussi celui de leur mouvement de translation autour du Soleil. Pour les deux planètes inconnues des anciens et les plus éloignées du Soleil, la rotation se fait en sens inverse.
Résumé. — En résumé, le système planétaire présente à partir de Mars un changement très important; jusqu'à lui les planètes sont petites, denses, de durée de rotation voisine de celle de la Terre, les deux planètes qui les suivent sont au contraire légères, volumineuses, de rotation deux fois plus rapide; de plus, entre Mars et Jupiter il y a l'anneau des astéroïdes. Il semble donc que la nébuleuse de Laplace, cette nébuleuse d'où serait sorti le Soleil et tout son cortège de planètes, n'était pas dans les mêmes conditions d'état lors de la formation des planètes extérieures à Mars et lors de la formation des quatre autres, et que, d'autre part, la formation du groupe des astéroïdes correspond à la période de transformation intermédiaire entre ces deux états.
De même, le groupe des grosses planètes paraît devoir être partagé en deux; le changement de sens de la rotation indiquant pour Uranus et Neptune, dont les masses sont d'ailleurs faibles par rapport aux deux autres, un mode de formation différent de celui de Jupiter et Saturne.
En général, ces planètes sont accompagnées d'astres beaucoup plus petits qu'on appelle des satellites, décrivant autour d'elles des orbites planes et fermées, sur lesquelles leur marche est gouvernée par les mêmes lois que les planètes elles-mêmes, chacune constituant avec eux un système absolument analogue, au point de vue mécanique, à celui que forme le Soleil avec son cortège de planètes. Nous nous en occuperons plus loin avec le détail que leur étude comporte.