CHAPITRE II. — MAllS
un seul observateur, mais les six que porte le Tableau suivant Tont été très fréquemment :
Numéro du banc. a. b. c. d. e. j. g. h. Total.
Nombre d'élèves.... 2343 '^^ 4 4 n 39
Distance au modèle. 5"\2 V",8 6'", 9 -'",3 7"\8 8'". 7 9'". 9 io'",7
Diamètre angulaire ) ., ,, ., , ., ^„, r-, r , ,nr
... ' loj 94 80 75 63 53 52 48
du modèle ]
Nombre de fois que le canal a été marqué par chacun des élèves.
Canal ('). -^ — " — Totaux.
Piiison 2 1 4 '^ à o 2 2 19
Euphrate 2 2 4 3 6 o 4 3 24
Hiddekel 2 2 2 2 o o 2 2 12
Gehon 2 i o o i o i 2 7
Arnon i i 4 i 3 2 2 4 18
Deuteronilus i i 2 o i o 2 o 7
Totaux 10 9 16 8 iC 2 i3 i3 87
Nombre moyen de j
canaux par dessi- • 5 3 4 '^j7 '^ '^t^ 3,2 1,2 2,2
nateur
Ceux qui ont été le plus souvent dessinés, Euphrate, Arnon et Phison, correspondent précisément aux lignes fines, mais sinueuses, du modèle, dont la direction moyenne est sensiblement la même que celle du canal qu'ils ont figuré; ces lignes sinueuses, ils les ont non seulement rectifiées mais continuées jusqu aux parties sombres nettement distinctes qui formaient les limites de leur champ d'expérimentation et qu'à })eu près tous ont reproduites avec une égale vérité.
Autres faits à citer, c'est que le nombre moyen par dessinateur de ces canaux fictifs est sensiblement plus élevé aux courtes distances (ju'aux autres, que deux des élèves ont marqué sur leurs dessins un canal, le même pour les deux, qui ne se trouve pas sur la Carte de Schiaparelli, et enfin que le canal Hiddekel de la même Carte fut marqué comme double par deux d'entre eux; la figure 3- reproduit ([uclques-uns des dessins faits |)ar les élèves.
Dans une autre expérience, on prend le même dessin, mais on change les enfants de rang de façon à mettre aux distances les plus
(') Les noms des canaux sont ceux du Scliiapareili.
favorables à la vision ceux qui étaient à des places moins avantageuses et qui, par suite, n'avaient point vu de canaux. On constata que les sept élèves qui avaient été ainsi reculés ont, malgré cela, tracé encore des canaux, contrairement à leurs prédécesseurs. Le fait d'avoir eu une première fois cette impression prédispose donc à la retrouver.
Un autre modèle fut un dessin de i 5*^"' de diamètre, basé sur un diagramme de Lowell, sur lequel on avait placé les oasis vues j^ar cet astronome et faiblement indiqué trois courts canaux. Tous les enfants ajoutèrent des canaux à ceux réellement marqués, et les prolongèrent généralement jusqu'à la partie sombre (mer) la plus voisine.
Dans ce même dessin, au lieu de marquer les oasis sans canaux, on a reproduit les canaux sans oasis. Les élèves placés à une bonne distance ont tracé les canaux sans hésitation et assez fortement; mais, régulièrement, les oasis n'étaient pas indiquées.
En rassemblant tous ces faits, il semble bien qu'on ne peut échapper à la conclusion que des lignes, ayant tous les caractères des canaux de Mars, peuvent parfaitement être vues, par des observateurs à vue perçante et sans idée préconçue, sur des objets où n'existe aucune marque réelle d'un caractère pareil. Il suffit que les surfaces en question soient parsemées de marques ou inégalités d'éclat à la limite de visibilité et de toutes formes d'ailleurs. L'oeil a alors une tendance presque invincijjle à les réunir par une série de droites. Quant aux oasis, au contraire, l'œil ne les crée pas ; il n'en voit pas là où elles n'existent point : les oasis de Lowell correspondent à ces marques, à ces inégalités d'éclat, qui existent à la svirface de la planète; elles ne sont pas le but des canaux, mais bien au contraire la cause même de leur apparente formation.
Observations de M. Millochau. — Voici, en effet, ce que m'écrit à cet égard M. Millochau :
« Alors qu'avec l'équalorial de o"',32 de l'Observatoire de Juvisj j'apercevais dans les moments de bonne netteté des lignes faiblement teintées, \\n peu Houes, qui semblaient réunir divers points des plages noires toujours visibles sur la planète, avec le grand équatorial (o™, 80) de l'Observatoire de Meudon, je voyais à l'emplacement occupé |)ar