CHAPITRE II. — MAHS. 6y
» i" Les détails dont ^observation est plus délicate et nécessite une
, 1 février njoi
Fig. 42.
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tranquillité parfaite de ratmosphère ; ces détails sont de petites taches, à bords déchiquetés, irrégulièrement réparties sur le disque.
» Ces niasses sombres sont groupées de diverses manières, quelquefois alignées suivant un cercle ou une ellipse, quelquefois en ligne
droite (elles forment alors une sorte de chapelet). Le plus souvent, ce sont des plages sombres d'ovi partent des prolongements diminuant de largeur peu à peu et se fondant dans la partie claire du disque.
Mais, avec un instrument assez puissant, je n'ai aperçu aucun des canaux étroits et reclilignes de Schiaparelli et Lowell. »
Photographies de Lamplancl. — Ces critiques n'ont pas découraiié M. J^owell ni ses collaborateurs. Si leur canalisation de Mars est
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rc-ellc, on doil pouvoir en obtenir la reproduclion |)hotographique; tel est le l)iil (pi'ils se sont alors proposé. La question est é\idemment très délicate; Mars a de si faibles dimensions apparentes que dans un instrument de o'", 5o d'ouverture son image focale n'a pas plus de I """ de diamètre, et les inégalités lumineuses de sa surface sont si peu accentuées qu'il faut, pour les faire apparaître pliotograpliiquementy
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•des précaulions excessivement minutieuses ainsi qu'une atmosphère ■d'un calme et d'une sécheresse exceptionnels. Ces deux dernières conditions sont réalisées à l'Observatoire de Flagstatt"; quant à la première, M. Lampland paraît être arrivé à obtenir, dans la technique de la Photographie astronomique, des progrès considérables.
M. Lampland commença ses essais en igoS. Mais ce n'est qu'à l'opposition suivante en 1900 qu'il obtint des résultats satisfaisants. La figure 4-^ <^ii donne une idée ; la partie supérieure reproduit deux ■dessins de Mars, obtenus par l'observation directe, dont l'un de M. Lovvell est à très peu près simultané de l'image inférieure. Celle-ci n'est point une photographie directe de Lampland, photographies qui ont au maximum 4"""? -^ de diamètre, mais c'est un dessin agrandi fait par M. Moreux après une étude consciencieuse à la loupe de la photographie elle-même. Ce dessin, fait d'après photographie, ne nous montre aucune trace des lignes fines et sombres que donne le dessin de Lowell et qui, d'après ses partisans et lui, forment un i-éseau à mailles très serrées sur la surface de la planète.
11 convient d'ailleurs d'ajouter que M. Lampland se servait d'un ■équatorial de o"',()i d'ouverture (distance focale 9'", 80) qu'il diaphragmait à la moitié et même parfois davantage.
Expédition de Todd. — A l'opposition sui\ante, 190", M. Lowell ■organisa une expédition, qu'il confia à M. Todd, chargée d'entreprendre sui\ant le même plan les mêmes recherches photographiques à Oficina Alianza (latitude = — 21"), au centre du désert de Tarapaca qui constitue un des hauts plateaux des \ndes au nord du Chili, où il espérait obtenir, et obtint en effet^ des conditions atmosphériques meilleures encore qu'à Flagslafi". L'instrument dont il se servait était un équatorial de o'", 46 de Clark, qu'il diaphragmait comme M. Lampland.
Du 2(S juin au 1 "■ août M. Todd ohliiil environ -000 photographies de Mars qu'il déclare excellentes; presque toutes, dit-il, montrent les lignes encore si énigmatiques qui ont reçu le nom de canaux de Mars ainsi que des oasis ; une vingtaine de plaques reproduisent fidèlement, sans aucun doute possible, des canaux doubles (').
(') Ce sont par exemple: l'Fluphrale, le iNilokeras, le Totli, rAinenlhes, le Gélion, l'Aslaboras, le l^liison. Je n'ai pas entre les mains de photographies de M. Todd el ne puis par conséquent en donner un spécimen.
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Ces photographies ont au maximum 4""",'j de diamètre et ont été obtenues avec une durée d'exposition variant de i seconde et demie à 2 secondes; plusieurs d'entre elles supportent un grossissement de trois à quatre diamètres.
La conclusion de M. ïodd est que « les aspects de Mars indiquent une œuvre humaine dans ce réseau géométrique de canaux qui couvre presque entièrement la surface de ce globe, et dont il n'est plus possible maintenant de douter après cet enregistrement photographique ». t
Objections. Nature de l'image photographique. — 11 convient d'être beaucoup moins affirinatif. 11 est évident que si les canaux existent réellement on doit arriver à les photographier; mais, de ce qu'on les a obtenus sur la plaque photographique, on n'est pas en droit d'en conclure à la réalité de leur existence sur la planète. C'est ce qu'il est facile de démontrer.
En effet, une plaque photographique est la reproduction de l'image donnée par la lunette dans son plan focal; tout ce qu'elle nous montre existe dans le plan focal ; au point de vue astronomique, c'eslVimage focale de l'astre qui donne non seulement des détails existant réellement sur celui-ci, mais aussi tout ce qn'j introduisent, en fait d'inégalité lumineuse, les lois de la transmission des ondes à travers l'objectif.
C'est ainsi que M. Angot et moi avons pu photographier le ligament noir des passages de Vénus et de Mercure, qui n'a certainement pas de réalité objective, et qui ne provient que du mode de transmission des rayons lumineux par la lunette ou le miroir servant aux observations.
En réalité, dans le cas actuel, les images photographiques de M. Lowell et ses collaborateurs ajoutent aux détails donnés par les grands instruments de MM. Barnard et Millochau les modifications lumineuses qu'j introduit la diffraction instrumentale dans Tinstrument employé.
Celui de M. Lampland avait o"',6i d'ouverture, celui de M. Todd o"",46, maischacun de ces observateurs, afin d'obtenir, disent-ils, « des images plus nettes », les diaphragmaient à moitié et même parfois davantage. En réalité ils employaientdonc des instruments d'ouverture au plus égale à ©""jSo et dans lesquels la distance focale était environ
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3o fois plus grande que rouverture, par conséquent avec lesquels les phénomènes de diffraction instrumentale prenaient une intensité considérable.
Le pouvoir séparateur y était donc certainement inférieur à celui de l'équatorial de o'",32 dont M. Millochau se servait à Juvisv; les petites taches sombres, séparées, obtenues par cet astronome dans son grand instrument, devaient donc former aussi dans le plan focal des instruments de Lampland et Todd, et par conséquent sur la plaque photographique, des lignes continues, faiblement teintées, un peu floues comme dans Tinstrument de Juvisy. Ce sont les canaux de Lampland et Todd, qui n'ont point d'existence réelle et sont purement instrumentaux.
Quant aux canaux lins et rectilignos signalés par Schiaparelli, ce sont des illusions d'optique, et elles sont faciles à comprendre.
Les dessins que pu])lient les observateurs ne sont qu'en partie le résultat d'une vision directe et nette. Les inégalités lumineuses les plus marquées frappent les yeux de tous et en forment le cadre commun. Entre les lignes de ce cadre, ils aperçoivent uii grand nombre de détails sombres, imprécis, instables, à la limite de la visibilité. Le tracé qu'en fait ensuite chacun d'eux n'est que la svnthèse des vues successives qu'il en a au cours de son fatigant examen. C'est le résultat d'une opération de l'esprit qui cherche à combiner entre elles ces différentes apparences, et, dans cette synthèse, ce n'est plus l'œil qui détermine la solution;' c'est la plupart du temps l'imagination, et souvent aussi le désir intense de voir ce que d'autres, très renommés, ont annoncé avoir vu.
En ce qui concerne les canaux doubles que M. Todd dit avoir vus sur ses photog;raphies, je n ai eu entre les mains aucune d elles et ne puis contrôler son assertion; mais ils me paraissent ne pouvoir être dus qu'à une interpré-talion inexacte des plaques obtenues.
Expériences de M. A. Lumière. —Malgré l'exactitude théorique de ces considérations et l'exemple pratique donné par les photographies relatives aux passages de Vénus, il était bon de soumettre cette (juestion au contrôle direct de l'expérience.
M. Auguste r^umière a bien voulu s'occuper de ce problème. Il l'a résolu en le renversant, c'est-à-dire en s'adressant à une série de taches lumineuses dislincles, ce qui, au point de \ue théorique, est
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équivalent, et en employant la méthode de photographie microscopique.
L'objet qui lui a servi de modèle est une Diatomée, Pleurosigma angulatum, l'un des meilleurs tests pour l'essai des microscopes, et dont les ornements siliceux apparaissent ici comme des cellules hexagonales brillantes formant une série de chapelets parallèles éminemment propre à la production des phénomènes qu'on avait en vue; les figures 44 6t 4'^ donnent les photographies obtenues du même objet avec deux objectifs de pouvoir séparateur différent. L'objectif le plus puissant montre {fig- 44) les celhiles hexagonales nettement
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séparées; en le remplaçant par un objectif de pouvoir séparateur moindre on obtient la seconde image {fig. 42)5 où ces taches lumineuses forment une série de lignes continues.
.l'ajouterai que, au commencement de 1907, M. S. Nevscomb ])ria quelques-uns des astronomes américains, les plus familiers avec la planète Mars, MM. W.-H. Pickering, S. Bailey, E. Barnard et Ph. Fox, de reprendre eux-mêmes les expériences de Maundel.
Ils devaient observer, à 3o"' environ de distance, un disque blanc de o'", 38 de diamètre, sur lequel jNevvcomb avait placé, en séries de
Cn. Anduk. — Les PlaïK^les.