II. — Dimensions des astéroïdes
Diamètres angulaires et réels des astéroïdes; leurs albedos. — On obtiendrait aisément les dimensions des astéroïdes, exprimées par ra|)port à nos unités de longueur, si l'on pouvait déterminer leurs diamètres angulaires en un point quelconque de leurs orbites, à l'opposition par exemple, moment évidemment le pkis favorable. Malheureusement, ces diamètres sont si faibles que; leur mesure en est fort iiiceitaine ; et, en fait, nous n'avons de données à peu pi'ès utilisables que sur les quatre premiers : Cérès, Junon, Pallas et Vesta ; et encore les \aleurs obtenues par les dillerents observateurs ne concordent pas très bien, comme le montre le rabloaii suivant :
(') l>c travail de INI. Bauscliinger (1901) se base sur les \h% premiers asléroïdes, celui tic M. de I'"reyciiiet (n}oo) sur /j 28, celui de M. J. Mascart (lyo^j) sur '117 cl celui <le .M. Str()t)ljanl (1907) sur 5ij.
l'RKJIIKRK l'MiTIIC
IM, \M;ri':s.
M J) Cérès.
W. Herschel o, i3
Schrœter i ,26
Galle 0,32
Knolt o, 5i
Barnard t ,06
(T^ Pallas.
Schrœter i ,63
W. Heischel 0,09
Lamont o , 26
Barnard 0,68
Ci^ Junon.
I8O0. Schrœter 1,1 4i
1901 . Barnard o ,27
Çh) Vesta.
Schrœter o,3a
Mœdier 0,27
Secchi 0,43
Tacchini o,83
Millosewich 0,60
Barnard o,53
En l'absence de moyen réel de discussion de toutes ces valeurs, nous adopterons les plus récentes, obtenues par Barnard, l'un des meilleurs astronomes de notre époque, avec la plus grande lunette du monde, celle de 1"' d'ouverture de l'Observatoire \erkes, à Chicago.
JNous aurons ainsi pour diamètres réels rapportés à nos mesures :
Cérès..
Pallas.
Junon.
Vesta .
Giandeur
stellaire
Albedo
mo3'enne.
Diamètres, km
(Mars = 1).
Les albedos (rapportés à celui de Mars), également dus à Barnard et donnés dans la troisième colonne, montrent que ces petits corps n'ont pas la même constitution superficielle. Vesta a une surface fortement réfléchissante, si bien qu'elle est parfois visible à l'œil nu,, tandis que celle de Cérès est comparativement sombre.
En résumé, le diamètre moyen des qualité premiers astéroïdes^ vraisemblablement les plus grands de tous, est de 460*"", le huitième environ de celui de la Lune.
Tels sont les renseignements précis dont nous dis|)Osons sur les dimensions de ces astéroïdes.
Mais, à défaut de nombres certains, on peut, en suivant une méthode inaugurée par Argelander et Stampfer, obtenir sur les dimensions moyennes des autres astéroïdes des données qui, tout en
cHVPrraE m. — l'ErrriiS planètes. 85
ayant une base en parlie hypothétique, ne fournissent pas moins des renseignements intéressants.
Elle est la suivante : les éclats successifs d'un astéroïde varient en raison inverse du produit des carrés de sa distance au Soleil, d'une part, et à la Terre, de l'autre. On peut donc toujours ramener leurs eclals moyens à ceux qu'ils seraient si tous ces astres étaient à la même dislance de la Terre, par exemple, à l'unité astronomique de longueur, demi-grand axe moyen de l'orbite terrestre. Ces astéroïdes sont alors tous pour nous dans les mêmes conditions de visibilité; leurs éclats particuliers ne dépendent plus que de leurs constitutions superficielles et de leurs dimensions. Dans l'ignorance complète où nous sommes des premières, nous faisons l'hypothèse la plus simple (mais évidemment fausse d'api'ès les albedos ci-dessus) et supposons qu'elle est la même pour tous; leurs éclats relatifs ne dépendront plus alors que des rapports de leurs dimensions : mais, en outre, pour rattacher ce système aux grosses planètes, nous supposerons, avec Bauschinger, que leur alhedo commun est la moyenne 0,240 entre cekii de Mercure et de xVIars ; d'un autre coté, la loi physiologique de Fechner ( ' ) relie théoriquement les éclats aux grandeurs stellaires «t la valeur empirique donnée par Pogson pour le rapport de lumière les relie numériquement.
En dernière analyse, les valeurs g de ces dernières, réduites à l'unité de distance, se trouvent, pour tous les astéroïdes, unies par une relation simple avec leurs diamètres relatifs.
Adoptons maintenant, avec Millier de Potsdam, — i,'yg pour la grandeur stellaire de Mars à son opposition moyenne, (j", 36 pour son diamètre apparent à l'unité de distance et 8", 81 pour la constante de îa parallaxe solaire et nous pourrons évaluer, par rapport à nos unités métriques, les diamètres des divers astéroïdes. Ce ne sont éviden ment pas leurs diamètres réels, mais seulement des nombres pou ainsi dire de renseigiiement, qu'en raison de leur mode d'obtention on appelle diamètres équivalents en lumière.
Tel est le procédé qu'a employé J. Bauschinger et à l'aide duquel il a calculé isolément le diamètre équivalent de chacun des 4^8 premiers astéroïdes; il serait trop long de reproduire ici cette liste, ■cependant fort intéressante. Nous nous contenterons de :
(') Cii. André, Astronomie stellaire, i" Purlie, p. no.
86 IMIE-MIÈIŒ PARTI !•:. — PI.AXÈTES.
i" Mettre en regard les diamètres ainsi trouvés pour les 4 premiers astéroïdes et ceux que Barnard a obtenus directement; on jugera ainsi de l'approximation qu'on peut attendre de cette méthode.
Diamètre
observé. équivalent.
km km
Cérès 767 386
Pallas 489 iç)!
Junon 193 146
Vesta 386 4' 7
Moyennes 4^9 3 10
2° De donner dans le Tableau suivant les diamètres moyens qu'on déduit de cette liste pour chaque ordre de grandeur, à partir de la S'^y avec leur rapport au diamètre de la Lune.
Diamètre Rapport
Grandeur moyen an diamètre
steilaire. en kilomètres. de la Lune.
ii,()-it,9 94 0,027
Le plus fort des diamètres ainsi déterminés, celui de l'astéroïde (7o) Hjgéa, de grandeur 9,0, est de 346'"", et le plus faible d'entre eux, celui de la planète (453), n'a que io''"\ Si Cérès, le plus gros de ces astéroïdes, a un diamètre voisin du quart de celui de la Lune, les j^ de ces corps ont des dimensions au plus 20 fois plus petites et le diamètre de quelques-uns d'entre ceux que nous avons pu atteindre jusqu'ici n'en surpasse guère la trois-centième partie.