I. — Différences entre ces planètes
Comme la Lune, Mercure et Vénus se présentent à nous sous des phases d'éclairement bien diflerentes suivant l'époque où elles se trouvent de leur révolution sjnodique {Jig- a)- Mais la loi de variation d'éclat est-elle la même pour ces trois astres? Après les recherches théoriques de Lambert, Euler et Seeliger et les observations de Bond et de Ziillner, cette loi est bien connue pour la Lune : elle a servi de base de comparaison pour les deux planètes. Pour Mercure, qui dans nos latitudes ne reste jamais au-dessus de Thorizon plus d'une heure et demie avant le lever et après le coucher du Soleil, nous n'avions, avant Miiller de Polsdam, que trois déterminations isolées de ZiiUner et deux de Vogel. On doit à MùUer (18-8-1888) une série systématique de mesures d'éclat réparties sur des angles de
phase variant de 5o° à 120", ainsi qu'une discussion d'ensemble des estimations de grandeurs stellaires de Mercure faites par Schmidt à Athènes de 1861 à 1880 et qui furent retrouvées après sa mort dans le recueil de ses manuscrits.
Fijï. i.
Le résultat est que la variation de l'éclat de cette planète, qui, estimé en grandeur stellaire, varie, dans les limites indiquées, de— i^'",9 à i^"", I, suit absolument la même marche que pour la Lune, et qu'elle a comme notre satellite un albedo très faible (o,i63 pour Mercure et o,i5o pour la Lune, soit à peu près celui de la marne argileuse). On doit en conclure que, sur cette planète, ce sont des parties solides qui sont le principal corps réfléchissant et que par suite l'atmosphère qui l'environne est transparente et très peu dense.
Nos documents sont évidemment beaucoup plus nombreux pour V énus : les plus importants, outre les déterminations de Bond, Zollner, Plummer et Pickering, sont les belles séries de mesures photométriques de Seidel (iSoa-iSS^) et de M.uller (18^7-1890), dont les dernières s'étendent à un intervalle de 220 jours avant ou après chacune des conjonctions, et à des angles de phase variant de 20" à 160°. Pour cette planète, la loi de variation des éclats ne ressemble pas à celle de la Lune ou de Mercure; pour le même intervalle en angle de phase (5o° à 120"), l'éclat de Vénus estimé en grandeur stellaire varie d'une unité ( — /^'^^ i^ à — S^^S), tandis que, pour Mercure, la variation était de deux grandeurs. D'autre part son albedo est beaucoup plus considéralde 0,869 (supérieur à celui de la neige récente) que celui de Mercure : on comprend aisément, à la lumière de ces nombres, que Copernic observant à une latitude assez forte (Oantzig) et gêné par les brouillards de la Vistule soit mort sans