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II. — Étude physique de Saturne

Globe. — Gomme J.-D. Cassini Ta démontré le premier Tombre portée par le globe central sur Tanneau est noire {fig. 63); ce globe-

Fig. 03.

Cassiiii.

n'est donc pas lumineux par lui-même, la lumière qu'il nous envoie provient du Soleil. Comme celui de Jupiter, le globe de Saturne est aplati, et son équateur est dirigé dans le plan de l'anneau. La zone équatoriale en est de beaucoup la partie la plus brillante {^fig- 64); elle est d'une teinte jaunâtre uniforme, symétrique par rapport à

CHAr'ITHE V.

l'équaleur et d'une largeur de 20'' de latitude saturnienne. De chaque côté de cette zone, on voit quelques bandes plutôt sombres, mais floues sur les bords, séparées par des intervalles plus lumineux;

Fi;

La plaiii'le Saturne.

viennent ensuite les ré<;ions polaires qui forment comme deux calottes beaucoup plus sombres. D'ailleurs, le nombre, la situation et les dimensions de ces bandes, bien moins nettes f|ue celles de

l32 PRKMIÈRE PARTI!-:. — PLANKTKS.

Jupiter et un peu incurvées par suite de l'inclinaison de leur plan sur lécliptique. sont très variables: si bien, que l'aspect du globe, sauf pour la zone brillante équatoriale, change pour ainsi dire constamment. Cet ensemble de faits porte à admettre que la surface du globe de Saturne est formée par une masse très mobile et piobablement de nature gazeuse : cette planète serait donc entourée d'une atmosphère assez dense.

Les observations speotroscopiques de Secchi et ^ ogel ont nettement confirmé l'existence de cette atmosphère; le spectre de Saturne présente, en eflet, la plus grande analogie avec celui de Jupiter; de même l'albedo (o,84j) de Saturne est avec celui de ^ énus le plus grand de toutes les planètes.

Rotation. — Ainsi que A\ . Herscliel Ta reconnu le premier (i^gS) au moyen des irrégularités que présentaient certaines bandes sombres de Saturne, cette planète tourne sur elle-même; d'après lui cette rotation s'effectuerait en environ lo heures i6 minutes, autour d'un axe perpendiculaire au plan de l'anneau. Il s'écoula presque un siècle avant que cette détermination fut reprise; l'étude attentive de Saturne avec des instruments puissants décela alors, sur les parties médianes de son disque, un certain nombre de petites taches très nettes, soit brillantes, soit obscures, plus ou moins durables, à l'aide desquelles Asaph Hall en 18-6 et A. -S. AA illiams à partir de 1891 ont étudié sa rotation. Il résulte de leurs recherches qu'à l'équateur même (entre — 6" et — 2") la durée de la rotation est en moyenne de 10'' 12'" 53% tandis qu'elle est de io''i4"'43^ entre les latitudes de i^" et de 87".

La rotation de la surface de Saturne serait donc plus rapide à l'équateur qu'un peu plus près du pôle nord; en outre, la durée de la rotation diminuerait avec le temps; de 1891 à 1894, cette diminution serait de 1 minute 4<> secondes, correspondant à un accroissement de vitesse linéaire d'environ loo*^™ par heure (soit 29'" par seconde). On trouve donc dans l'atmosphère de Saturne les mêmes phénomènes que dans celle de Jupiter; ils s'expliqueraient de la même manière. lin 190.3, une tache brillante (latitude -f- 36") décomerte par Barnard à l'Observatoire Yerkes lui fournit ainsi qu'à quelques autres astronomes, l'occasion d'une détermination nouvelle de cette rotation : on en conclut la valeur io''38"'.")\ bien difl'érente des précédentes.

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