CHAPITRE VIII
PLANÈTES INTRAMERCURIELLES ET EXTRANEPTUNIENNES.
Le monde planétaire est-il limité aux corps que nous lui connaissons actuellement? Où existe-l-il, au delà de Neptune et en deçà de Mercure, quelques planètes inconnues? Ces deux questions ont fréquemment préoccupé Le Verrier.
En elTet, à peine Neptune a-t-elle été vue qu'il annonce, pour trente ou quarante ans [)lus tard, la découverte de la planète qui la suit. De même un désaccord de Sp", entre le mouvement séculaire observé du périhélie de Mercure et celui que la théorie lui avait donné, lui fait, en 1809, présumer l'existence d'une planète intérieure à Mercure et dont l'attraction produirait cette différence. Occupons-nous d'ahord de cette dernière.
Planète intramercarielle. — Si cette planète existe, sa durée de révolution est relativement courte et, par suite, elle doit très fréquemment paraître traverser le disque du Soleil ; la surveillance de ce disque doit donc nous la faire apercevoir. En effet, le 2() mars iSog, peu après la |)ublication de Le Verrier, le D*" Lescarbault vit (( un point noir d'un diamètre petit mais appréciable décrire en i*'i8"'de temps moyen une petite corde du disque solaire dont Tinclinaison sur le plan de l'écliptique était environ 6° ». Après une enquête faite par lui-même. Le Verrier déclara que « cette observation devait être admise dans la Science ». D'après ses données la distance de la planète (d'orbite supposée circulaire) serait de o,i43 et la durée de sa l'évolution 19', -. L'attention ayant été ainsi appelée sur (;es passages, on en letrouva bientôt beaucoup d'autres dans les Annales astronomiques. Le Verrier en Ht une discussion complète, et leurs combinaisons vari(!es avec le passage de 18.59 le conduisit, non pas à une seule orbite, mais à plusieurs très différentes les unes des autres. De sorte