CHAPITRE VIII. — PLANÈTES I.NTRAMERCURIELLES ET EXTRANEPTLMEXNES
que, OU bien il y avait plusieurs planètes intramercurielles, ou bien il n'y en avait aucune. On aboutit d'une autre manière à la même conclusion; supposons qu'il n'existe qu'une planète entre Mercure et le Soleil, et admettons-lui un diamètre 5 fois plus petit que celui de Mars (c'est-à-dire o, i de celui de la Terre), elle aurait, à la distance 0,1 5, le même éclat que celui-ci, et aurait par conséquent été déjà aperçue. D'autre part, pour produire l'effet constaté sur le périhélie de Mercure, il faut une masse égale à o,i4i (Terre = 1); on devrait alors, avec les dimensions admises, donner à cette planète, si elle était unique, une densité égale à i4i fois celle de la Terre, hypothèse absolument inadmissible; le système intramercuriel, s'il existe, est donc composé dun groupe de plusieurs planètes; il n'y a d'ailleurs pas lieu de leur supposer une densité bien dilTérente de celle de Vénus et de Mercure; il faudrait i4i de ces corps pour produire l'effet constaté. A la distance de o, i5, chacun d'eux aurait un diamètre apparent de 4" environ; en outre, en supposant à leurs orbites une inclinaison de 1.5", double de celle de Mercure, chacun d'eux passerait une fois par an sur le disque solaire, ce qui ferait en tout |)ar an i4i passages, dont quelques-uns pouraient durer 4 heures.
Or, il est impossible qu'au moins quelques-uns des nombreux observateurs, qui s'occupent assidûment du Soleil, n'aient pas aperçu des taches de 4" se déplaçant sur l'astre radieux et aussi qu'un certain nombi'e de corps de cet éclat n'aient été vus autour du Soleil pendant les éclipses totales.
S'ils existent, ces astres intramercuriels sont donc i)eaucoup plus petits encore, de façon que chaque composante du groupe est très petite par rapport à la somme des autres. Or, Nevvcomb l'a démontré en i865, ce groupe de planètes devrait alors produire en même temps que le mouvement de Se/' par siècle du périhélie, un mouvement rétrogiade de 3o" du nœud, mouvement que l'observation n'indique pas.
Il semlile donc (jue, du côté du Soleil, le système planétaire se limite à Mercure.
Planètes extraneptuniennes. — Reste la planète exlraneptunienne. Su|)p()sons-lui le même volume et le même albedo qu'à Neptune; et, d'autre part, admettons daprès la loi de l3ode que sa distance à Mercure et, par suite, au Soleil, soit double de celle de Neptune, les éclats de ces deux planètes vues de la Terre seront à fort
lyO PREMIÈRE PAKTIIÎ. — PLANÈTES.
peu près dans le rapport de i à 2, et la dilïérence de leurs grandeurs stellaires de i?', 20. La nouvelle pbnète serait donc une étoile de 9^ à 10'' grandeur; si elle existait, elle aurait été trouvée depuis longtemps par les astronomes lors de la construction des cartes écliptiques.
Conclusion. — Nous devons donc admettre qu'il n'existe, ni au delcà de Neptune, ni en deçà de Mercure, d'astre analogue, par ses dimensions et sa constitution, aux planètes que nous avons étudiées précédemment.