SATELLITES DE MARS
Jusqu'à une époque toute récente, tout le monde croyait Mars sans satellite. Cette croyance était même tellement générale que depuis les essais, d'ailleurs infructueux, de W. Herschel, en 1783, aucune tentative sérieuse n'avait été faite avant 1862 pour solutionner cette question.
D^Aiî'est. — A cette opposition, un des plus habiles observateurs du siècle dernier, d'Arrest, entreprit dans ce but, avec l'objectif de o'",28 de l'Observatoire de Copenhague, une étude consciencieuse des alentours de la planète Mars. Malgré les conditions très favorables de cette opposition, ses efforts furent vains. La planète lui parut à lui aussi absolument seule.
Asap/i Hall. Découverte de Pliobos et de Deimos. Anomalies. — Cependant, à l'opposition de 1877, un astronome de l'Observatoire de Washington, Asaph Hall, décida de consacrer à une nouvelle tentative l'équatorial de o™,66 de cet Observatoire {^ftg- 72), dont l'objectif était célèbre par la découverte du satellite de Sirius ; un premier essai lui montra qu'il fallait limiter les recherches au voisinage immédiat de la planète et, dès lors, se soustraire à son grand éclat. C'est pourquoi il conservait toujours la planète juste en dehors à la limite Est ou Ouest du champ, et examinait alors avec l'oculaire toutes les parties de ce dernier.
Les recherches commencèrent avec le mois d'août et, dès le 17 de ce mois, A. Hall annonçait l'existence de deux satellites très voisins de Mars, l'un de iS*^, l'autre de i4" grandeur, et qu'il appela Deimos et Pliohos. I^e second d'entre eux fut pendant quelques jours un sujet de grande perplexité pour A. Hall qui, le voyant apparaître de
CIIAPITRK II.
SATELLITES DE MARS. lyg
différents cotés de la planète pendant la même nuit et ne pouvant admettre qu'il pût tourner autour de celle-ci en moins de temps qu'elle ne tourne sur elle-même, pensa tout d'abord qu'il devait y avoir là deux ou trois satellites intérieurs. Les nuits des 20 et 21 août.
Fig. 73.
<jui turent absolument claires, lui permirent de résoudre cette diffi- •culté. Ces retours fréquents sont bien dus à un seul et même satellite qui, cas unique dans notre système, met à tourner autour de la planète moins de temps que celle-ci n'en prend pour effectuer sa rotation sur elle-même. En d'autres termes, Phobos se le\ ant à l'Est pour un babitant de Mars, Deimos se lèverait à l'Ouesl.
i8o del'xik.mh: partie. — satellites.
Les déterminations les plus récentes de leurs diamètres, dues à
Lowell, donnent les valeurs :
Kilomètres.
Phobos 58
Deimos i6
Le satellite intérieur aurait donc un diamètre prescjue quadruple de l'auti-e, et cependant, d'après Asaph Hall, Deimos serait de beaucoup le plus brillant; il pouvait en effet l'observer alors c[u'il était à une distance moindre de 8" du limbe de la planète, tandis que toute observation de Phobos devenait impossible lorsque sa distance était inférieure à 20". De ces deux satellites, le, plus i;ros serait donc le moins brillant; nous avons déjà rencontré pareille singularité dans les quatre plus gros des astéroïdes et nous la retrouverons l)ientôt dans les satellites de Jupiter.
En outre, l'existence même de satellites si [)elits, dont le diamètre moyen ne dépasse pas le cinquantième de celui de la Lune (3282'""), n'est-elle pas, dans notre système solaire, une anomalie considérable, et comment, dans l'hypothèse de Laplace, comprendre la formation et la durée de pareils astricules? Ne serait-il pas possible que le premier, au moins, d'entre eux ait une origine étrangère au système martien et n'en fasse actuellement |)artie que par suite d'une captation ultérieure.?