‹ Les planètes et leur origineChapitre 72 sur 139 · SATELLITES DE JUPITER · texte numérisé non relu

SATELLITES DE JUPITER

Galilée. — Le premier examen de Jupiter, fait par Galilée avec une lunette, en lui montrant cet astre sous la forme d'un disque de dimension très sensible, net et liien tranclié, et lui prouvant ainsi qu'il formait un globe sensiblement sphérique, lui démontra également que cette planète n'était pas seule dans sa course autour du Soleil, mais qu'elle était accompagnée par quatre lunes ou saiellites; €ette découverte de la plus haute importance et qui eut alors un retentissement considérable se produisit comme il suit :

Le 7 janvier 1610 Galilée aperçut près du disque de la planète, et à peu près sur une même droite, trois petites étoiles, dont deux ■étaient à l'Est et une à l'Ouest de celle-ci; le lendemain 8, elles étaient toutes trois à l'Ouest; le surlendemain 9, il n'en voyait plus que deux et elles étaient à l'Est du disque; le i3 enfin, c'est quatre étoiles qu'il voit et, toujours à peu près en ligne droite, au voisinage immédiat de Jupiter et, comme le lui montra la suite de ses observations, quatre étoiles dont les positions relatives, soit entre elles, soit par rapport au disque de Jupiter, variaient incessamment; « tous ses doutes se changèrent alors en admiration ». Cette planète avait quatre lunes circulant autour d'elle, comme la Lune autour de la Terre; elle formait à elle seule, et en petit, un système analogue à <'('lui du Soleil, système qui attira alors l'attention universelle et qui, dès le mois de novembre 1610, fut observé à Aix, en Provence, par l^eyresc, Gassendi et Gautier, et un peu plus tard (décembre i()io) en Allemagne par Simon Marins ( ' ).

J .-!>. Cassini, Rœiuer, Delambrc. — Depuis, les déplacements

(') On désigne ordinairement les satellites de Jupiter suivant l'ordre de leur dislance à la planète. Mais on leur a aussi donné des noms : Sat. I ou lo: Sat. II ou Europe; Sat. III ou Ganyméde; Sat. IV ou Callisto.

l82 DEUXIÈME PARTIE. — SATELLITES.

de ces satellites par rapport à Jupiter furent suivis par nombre d'astronomes. Mais le rôle de notre pays a toujours été prépondérant, et c'est à J.-D. Cassini , Rœmer, Delambre, Laplace, Damoiseau et Souillart que l'Astronomie est redevable de la presque totalité des. connaissances théoriques qu'elle possède sur ce monde intéressant.

Phénomènes des satellùes. — Il est d'ailleurs une série de phénomènes curieux qui en facilitent singulièrement l'étude. Ainsi que l'avait remarqué de suite Galilée, les satellites de Jupiter ne sont pas toujours tous visibles à la fois; sur les quatre, l'un ou l'autre d'entre eux semble successivement disparaître. Cela tient à ce que ces satellites, se mouvant à fort peu près dans le plan même de l'orbite de Jupiter, pénètrent souvent(') (et cela arrive à chacune de leurs conjonctions avec Jupiter pour les trois premiers) dans le cône d'ombre aigu que Jupiter traîne derrière lui et alors deviennent invisibles ou encore passent, au moment de leurs oppositions, soit devant soit derrière son disque et semblent au premier abord avoir également disparu. La première de ces disparitions, qui se produit souvent à une distance sensible du bord de la planète, est une éclipse du satellite; les autres nn passage ou une occultation de ce même satellite.

Ces phénomènes rendirent alors et rendent encore aux astronomes, pour l'étude des mouvements des satellites, les mêmes services que les éclipses de Soleil et de Lune avaient rendus aux anciens pour l'étude des mouvements de la Terre ou de la Lune.

Le commencement d'une éclipse ou sa fin donne, en effet, une position précise du satellite par rapport à la ligne qui joint Jupiter au Soleil; et, ces phénomènes se reproduisant successivement pour chacun d'eux, en des points progressivement variables de leur orbite autour de Jupiter, il en résulte pour nous au bout de peu de temps une connaissance très étendue des éléments et des circonstances diverses de leurs mouvements.

( ' ) Pendant une de ses années, à peu prés douze des nôtres, il y a environ [\l\oo de ces éclipses, soit Sfifi pijur une de nos années et une pour chacun de nos jours.

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