SATELLITES DE SATURNE
Nouveaux satellites, IX et X.
1° Le i4 mars 1899, le service photographique de l'Observatoire Harvard, étudiant quatre clichés des environs de Saturne pris dans les nuits des 16, 17 et 18 août 1898 (durée de pose, 2 heures), à la succursale d'Arequipa (Pérou), par MM. W.-H. Pickering et Frost, avec le télescope Bruce de o™,6i d'ouverture, reconnaissait l'existence au voisinage de Saturne d'un astre mobile de lô^-ij" grandeur, constituant un nouveau satellite de cette planète. Ce neuvième satellite est quatre fois plus éloigné de Saturne que Japet {^fig. 85),
Kii;. 85.
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le dernier des anciens; on la appelé Phœbé. 11 eireclue sa révolution en à peu près 55o jours, suivant une orbite assez excentrique (0,21), mais dont l'inclinaison sur le plan de l'écliptique est d'environ 174", de telle sorte que, anomalie très remarquable, le mouvement de ce satellite serait rétrograde. D'après W.-H. Pickering son diamètre serait d'environ (3'/''"'.
2° Le 28 avril 1906, un télégramme d'Harvard annonçait que W.-H. Pickering venait de découvrir, sur des photographies données par le réfracteur Bruce d'Arequipa, un dixième satellite de Saturne encore plus faible que le précédent (17*- 18*^ grandeur); son diamètre serait d'environ 6 1 ^"\ 11 parcourrait, autour de Saturne, en 2 i jours, et dans le sens direct, une orbite de grand axe très sensiblement égal à celui d'Hypérion {Ji^. 85) (dans cette figure et à cause de cette quasiégalité, nous avons confondu leurs deux orbites en une seule, si bien qu'à cet égard on pourrait les appeler des satellites jumeaux)^ inclinée de i3° sur l'équateur de Saturne et d'une assez forte excentricité (0,23 ) qui lui fait couper celles d'Hypérion et de Titan.
Ce dixième satellite a été appelé Tliémis (quoique ce nom appartienne déjà à une petite planète); il est de dimensions cinq fois moindres qu'Hypérion.
Comparaison des anomalies des systèmes de Jupiter et de Saturne. — Ces nouvelles découvertes rompent l'harmonie imposante que, jusqu'à elles, on avait constatée dans les systèmes planétaires.
Jusque-là, les satellites connus se succédaient à des distances les uns des autres presque régulièrement espacées ; les nouveaux satellites les plus éloignés de Jupiter et de Saturne sont au contraire séparés de celui qui les précède dans l'ordre des distances par des intervalles considérables; il y a, semble-t-il, à partir d'une certaine distance, un hiatus, une sorte de lacune dans la distribution des satellites, lacune qui paraît correspondre à une époque critique dans le mode de formation de ces systèmes planétaires.
En même temps, ce qui accentue encore le caractère critique de cette époque, les satellites éloignés tournent autour de leurs planètes en sens contraire aux autres, ou en d'autres termes, leurs inclinaisons comptées dans le sens de leur mouvement sont voisines de 180". Remarquons en outre que, dans le système Jovien, ce satellite rétrograde est précédé par deux autres directs, mais à forte inclinaison.
Vn autre trait, commun à ces deux systèmes et qu'on ne rencontre pas dans les autres, est ce fait que, dans chacun, deux satellites intérieurs circulent autour de la planète dans des orbites d'à peu près même grand axe, VP ei VH*^ de Jupiter, Thémis et Hypérion de Saturne, si bien que projetées sur le plan de l'orbite de la planète, ces deux orbites seraient presque en coïncidence.