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CHAPITRE IV. — SATELLITES DE SATURNE

cessivement à chaque na'ud pendant à peu près un an, toutes les quinze années.

Pour le cinquième satellite Rhéa, la période correspondante, évidemment plus longue, est de deux ans pour chacun des nœuds, intervalle qui comprend environ 182 révolutions du satellite et, par suite, environ 55o de ces phénomènes.

Pour le quatrième satellite, Dioné, la période est de trois ans pour chaque nœud et contient à peu près 4^1 l'évolutions du satellite et 1263 phénomènes divers. Et ainsi de suite; de sorte que, pour Mimas, le satellite le plus rapproché de la planète, la période est de dix ans et demi, par intervalle de quinze ans et comprend 47^0 phénomènes.

En résumé, en quinze ans, Titan reste quatorze ans sans donner lieu à aucune éclipse, tandis que Mimas en présente d'une façon ininterrom|)ue pendant environ dix ans. Mais, en raison du faible éclat des satellites intérieurs à Titan, aussi bien que d'Hypérion qui le suit, les phénomènes de Titan sont les seuls qui intéressent les instruments de grandeur moyenne.

Quant à Japet, l'inclinaison particulière de son orbite et les inégalités de son mouvement le font ranger à part; pour lui, les éclipses et autres phénomènes sont excessivement rares, six environ par demiannée saturnienne, et, de plus, son faible éclat ne permet de les observer qu'avec des instruments très puissants : leur observation acquiert ainsi une importance considérable, et l'analyse que nous avons faite plus haut de celle de Barnard, à l'Observatoire Lick, montre tout l'intérêt qu'elles présentent.

Observations correspondantes. — L'observation systématique de ces phénomènes fut, pendant longtemps, impossible aux astronomes par suite du manque d'Ephémérides de prévision : les rares observalions qui nous aient été léguées sont dues à un hasard heureux et concernent surtout Titan; depuis la première (éclipse), faite par J. D. Cassini le i5 mars 171 5 jusqu'en 1891, nous n'en comptons (éclipses et passages) que huit.

Pour les autres satellites, nous n'avons que deux observations d'éclipsés de Téthys faites, l'une par le capitaine Jacob en i853 et l'autre par Marth en i863.

C'est à partir de la période de 1891-1892 que Ton commença à ob-

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SRCONDH: t'ARTlE.

SATCI-LITES.

server régulièrement ces phénomènes, pour Titan d'abord, et bientôt pour les autres satellites. Certaines Ephémérides astronomicpies entreprirent dans ce but la prédiction de leurs époques comme pour les satellites de Jupiter, et, sauf Hypérlon, le plus petit d'entre eux, tous furent dès lors observés à ce point de vue par un ensemble d'astronomes, parmi lesquels je citerai H. Struve, Freemans, A. -S. Williams, W .-H. Mavv, V. Nielsen, Terby, A. Mée et J. Guillaume.

Ajoutons d'ailleurs que l'ombre, qui accompagne toujours le satellite sous forme d'un petit disque noir (//,;'. «^4)5 6st bien plus facile à

Saluriie en 1892.

24 février.

Titan et son ombre.

2 mars.

voir que celui-ci, si bien que les anciennes observations de passages se rapportent uniquement aux oml)res, et que, d'autre |iarl, la netteté comparative de la délimitation de cette ombre fait que c'est elle plutôt que le satellite lui-même qui sert aujourd'hui aux déterminations de position. Outre les matériaux que ces observations fournissenl pour l'établissement de la théorie des satellites, l'ensemble de celles des passages de Titan a montré que les apparences sont ici les mêmes que pour Jupiter. Le satellite est lumineux sur les bords du disque de la planète, et il reste lumineux on devient sombre sui\ant quil se projette sur une zone dont l'éclat est moindre ou plus grand que le sien. Le cas le plus général est qu'il devient sombre; en conséquence, pour Saturne comme pour Jupiter, les portions marginales du disque sont moins lumineuses que la portion médiane. C'est une nouvelle analogie des deux planètes maîtresses du système solaire.

CIIU'ITKK IV.

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