FICUS
Peu de Ficus donnent du caoutchouc.
Le Ficus indica L., de la Birmanie, de la péninsule malaise et de la Malaisie, n'est certainement pas exploitable; et il en est de même du Ficus religiosa, de l'Inde.
Les produits de ces deux arbres ne seraient, d'ailleurs, pas analogues, si nous en jugeons par les échantillons (d'origine un peu douteuse, il est vrai) que nous avons examinés.
Le latex concrète du Ficus indica serait une sorte de fausse gutta, brunâtre, cassante et friable à froid, malléable et plastique dans l'eau chaude. Celui du Ficus religiosa serait, au contraire, une véritable glu noire, visqueuse à froid comme à chaud, ressemblant beaucoup au produit du Cerbera Manghasx.
Dans l'Inde et en Malaisie, le principal producteur de caoutchouc est donc le Ficus elastica Hoxb., auquel il faut peutêtre ajouter le Ficus cunsuciata Bl., le Ficus mysorensis Heyne, le Ficus lioxburghii Wall., et, avec plus de doute encore, le Ficus annulata BL, le Ficus altissima BL, et le Ficus obtusifolia Roxb.
En Australie, on aurait, dit-on, préparé du caoutchouc avec les laits de Ficus macrophylla Desf. et de Ficus rubiginosa Desf. Ce devait être alors un produit bien inférieur, car, en cas contraire, on ne comprendrait pas que ces deux arbres, qui sont communs, le premier surtout, dans l'Australie orientale, et qui sont souvent plantés comme arbres d'avenues, soient actuellement délaissés. Il faut aussi remarquer que F. von Mueller, dans son Select extra tropical plants, en décri-
1. Ces laits concrètes et visqueux de diverses espèces de Ficus constituent ce qu'on appelle en Malaisie la getah buromj.
mu rcuouc
uit 1rs deux espèces, ne fait pas allusion ;i
leur produit,
alors qu'il cite relui du Ficus Cannintjhami Miq., qui serait une sorte de guttti ressemblant à la substance dite yetah tahoe m Malaisie, qu'on obtient par ftvaporatioà du lait «lu Ficus
i .uirij.il.i \\\. Knlin M. Maiden. dans 80Q NaiWé [utxFjiLutts.
1899, ni' parle pas davantage du caoutchouc du Juras
rubiginotû. X\ ;i-l-il pas eu COnfuSIOD entre le FtCUS nutcro-
phylta l'est. d'Australie et le Fïeii4 macrophylla Roxb., de l'Inde, qui est le Fit u.s Roxburffhii Wall., dont nous parlerons plus loin ' 2
En Nouvelle-Calédonie et «huis les îles de la Polynésie, le seul figuier exploitable, et Quelquefois exploité, est le Ficus
l>rnli.r.i 1 ni si .
Surtout Le continent amértcain et aux Antilles, aucune espèoe n'est. jusqu'alors, à citer. < )n ment ionne bien quelquefois le Ficuê
iliili.tria Mail .. qui est le //nnii'l/cim (ou- arbre aux gamelle du Brésil, mais mui lait n'a pus, en réalité, d'autre utilisation possible que celle que lui donnent les indigènes, qui le boivent succès, paraît-il — comme médicament vermifuge. De
lT.qunleur, nous avons reçu de M. van Issehol le produit d'un
in.ihi-[i-il'>, qui sciait, d'après noire correspondant, le Ficus dendtocida II. 1>. et K. : c'est une matière très blanche, molle, s'étirant facilement, mais ne se rétractant pas, très visqueuse à froid,
un peu moins dans 1 eau tiède, mais dfl nouveau gluante dans
s chaude, et a ayant doue aucun des caractères du caoutchouc.
Peut-ètn ractères se présenteraient-ils un peu plus
prononcés dans le produit que nous signale du Venezuela \1 Herbet, et qui est fourni par le Ficus myrtifoiia Link, le mata-pxlo menudo des Vénézuéliens*. La substanoe qu'aban-
I. i ' la plus précise que aous connaissions sur lu rsteur de
Australie est celle de M. GnlTen , consul des Êtffts- . qui. dans un rapport adressé, en 1890, i ^m gouvernement iue le botaniste du gouvernement de lu Nouvelle-Galles mail que le Ficus macrnphytla donnait un très bon caoutnsi qufe le /■'/- u» rubigino
• i W'.H bin -j. rjue m .lion probable
donne, par coagulation, le latex de cet arbre est, nous dit cet autre correspondant, « jaune blanchâtre, assez dure, mais résistant bien à la traction, et revenant sur elle-même avec force, en résumé très nerveuse. » Mais nous n'avons pas vu d'échantillon et on ne peut encore conclure des quelques caractères précédents que ce soit véritablement un caoutchouc.
En Afrique, sur la côte occidentale, il est possible qu'il y ait plusieurs Ficus utilisables. Le ,plus connu est le Ficus Vogelii Miq. C'est plus vaguement qu'on a signalé le Ficus Vohsenii Warb. , du Togo et de Sierra-Leone, le Ficus Preussii Warb., du Cameroun.
Le Ficus trachyphylla Fenzl., qui porterait, au Sénégal, le même nom de dop que plusieurs autres Ficus, notamment le Ficus Vogelii, donne une substance sans valeur. Le sakharé, le sakoui et le boro boron khoré, de la Guinée française, qui
des échantillons de ce mala-palo du Venezuela (feuilles et figues), que nous a remis M. Herbet. Le mala-palo menudo, noua écrit M. Herbet, ne pousse que dans les terrains pauvres ; je ne l'ai tu que dans des micaschistes très secs. Il pousse souvent sur d'autres arbres, qu'il étouffe, mais on le trouve aussi isolé. C'est un arbre ne dépassant pas \i mètres de hauteur, et avant, à peu près, la forme d'une boule; le tronc est très dégagé et droit, cl les grosses branches poussent très haut sur ce tronc. L'écorce est gris rougeàlre. Le latex qui en sort ne coule pas ; il faut donc le recueillir par piqûres. » Ce latex se dessèche très vite à l'air, en donnant la substance dont nous avons énuméré les caractères.
Par le qualificatif de menudo (petit), les Vénézuéliens distinguent ce mala-palo d'un autre mala-palo de plus grandes dimensions et à plus grandes feuilles, qui pousse dans les terres fertiles et humides, et dont le latex, par coagulation spontanée à l'air, fournil une matière un peu farineuse, très malléable, susceptible d'allongement, mais sans élasticité. M. Herbet dit cependant qu'on en peut retirer 2o % d'une substance translucide très nerveuse.
Quant au nom de mala-palo (c'est-à-dire « tue-arbre »), on sait qu'il s'applique, en Amérique centrale, à des plantes très diverses (Ficus ou Loranthacées), qui vivent en parasites ou en épiphytes sur d'autres arbres, qu'ils enserrent. Les Loranlhus (Loranthus americanua Vell. au Guatemala, Lorantus destruc.tor H. B. et Kunth à l'Equateur, etc.), aussi bien que beaucoup de Ficus (Ficus suffbcans Banks au Venezuela, Ficus dendrocida H. B. et Kunth, etc.), sont des mata-palos.
R A CâOCTOtKM C
: iiussi des espècet de Ficus, ne présentent aucun intérêt pratique : te ttkharé al !«• boro boron khorè donnent une ulta, elle êuftoui une substance molle, noire, visqueuse, s'étirant nos -■• rétracter,
Sur la côte orientale, peut-être pourrait-on exploiter,d'api M. Warburg : dans rUaambara, Le mgttndi, qui est le Ficus i Warb. : dans l'Usambara et le Kilimandjaro, fomaoso, quiesl l>- Ficus Hotstiï Warb.
V Madagascar, enfin, il ne semble pas qu'aucune espèce mérite d'attirer L'attention. !.<• produit du Ficus AfelUri Bak.
• -■/. i des indigènes), de couleur blanche^ est sec ai passant,
este même friable dans l'eau chaude. 4 loin i du Ficus fri-
chopodë Etak. avlëvy al soiaa/ndrano «les iadigènea , imir a la surface, blanc a l'intérieur, quoique d'aspect tout différent, ne vaut pas mieux : il est très visqueux, a froid comme ■ chaud, i-t sVinv en fils qui ne se rétractent pas. Ce lait concrète du Ficus trichopoés ressemblerait donc beaucoup 6 celui du Ficus reliffiosa, pendant que celui du Ficus Mclleri rapajeUerail plutôt, •< froid, le produit du Ficus indictt,
Ficus clastica Hoxb.
jma elMtieam Miq.
!,<• Ficus elas/ica, découvert, en 1810, par Roxburgh dans la district de Silhet iprovince d'Assam), où il était appelé frasmeer, est indigène en Âsaatn, an Birmanie, dans la pres-
• de Malacca, ;i Java, à Sumatra, et prul-èlre encore dans quelques autres îles de l'archipel malais [telles que les Philippines, où ce serait le bslete des indigènes); et il fournit la plus grande partie du caoutchouc exporté de ces contrées.
ans l'Inde, on le trouve surtout, d'après Collins, depuis la rivière Metchi (affluent droit de la Mnhananda), qui forma» du nord au sud. la frontière orientale du Népal, jusqu'aux limites extrêmes de l'Assam. Dans cette dernière province, il est al tant daua presque Loutes les vallées basses des monts des
os, des Djaïntias des Khasias, des Nagaset Patkol.
Dans la péninsule malaise, ou il serait appelé karet moending, M. Ridley le signale notamment sur les roches calcaires près d'Ipoh.
A Sumatra, où il porte différents noms, suivant les régions {karet batang à Lampong et à Benkoelen, kadjai sur les plateaux supérieurs et inférieurs de Padang, et ramboeng sur la côte occidentale), M. van Romburgh dit qu'on le rencontre, à différentes altitudes, disséminé dans les bois. Il est commun dans les forêts de Lampong et à Kroë.
A Java, où il est souvent nommé simplement karet, le docteur Koorders ne l'a vu, poussant à l'état sauvage, que près de la côte sud, dans la partie centrale et la partie occidentale de l'île, et jamais à l'est de Noesakambangan. Il est commun surtout dans le sud-ouest de Banten, où il serait, d'après quelques auteurs, appelé kolelel K Nulle part il ne s'élève à une altitude supérieure à 300 mètres.
A Bornéo, il est, jusqu'alors, inconnu, et manque, tout au moins, certainement, dans les régions ouest et sud-est, car M. van Romburgh, qui a visité ces contrées, ne l'a jamais trouvé et n'a pu recueillir aucune indication attestant sa présence. Et, ni à Pontianak ni ù Bandjermasim, on ne connaissait le produit.
Le Ficus elasticn est un grand arbre, au tronc puissant, pouvant atteindre 30 mètres de hauteur et au delà, et qui, à l'état spontané, est ordinairement épiphyte. Toutes ses parties sont glabres. Les feuilles sont pétiolées, entières, coriaces, brillantes, oblongues ou elliptiques, arrondies à la base, brièvement acuminées au sommet, avec une forte nervure longitudinale médiane, de laquelle partent, presque perpendiculairement, de fines nervures parallèles, s anastomosant à leurs extrémités. Les stipules sont simples, lancéolées, très grandes, atteignant presque la moitié de la longueur de la feuille, et tombent tardivement. Le limbe a de 7 à 3o centimètres de
1. M. van Romburgh fait remarquer que ce nom n'est pas cité par le docteur Koorders; il serait possible qu'il s'appliquât plutôt à une variété du Ficus elasticn.
PLANTES HOLi:
longueur; le pétiole de 1 centimètre I 2 a 5 centimètres. Les feuilles sont beaucoup plua grandes sur les rameaux jeunes ijin nu a ii\ qui portent les fruits.
Les Rèurs sont nnisexttéi tmies dans le même récep-
tacle ' i, mi figues, sont sessiles, et par deux aux
aisselles des feuilles tombées ; ils sonl ovoïdes et ont I cen« timètre de diamètre environ. Ils sont rouge-violet sombre à
maturité'. Les Heurs milles sont pédiccllées. ;i quatre sépales
ovales, a une étamine, Les akènei sonl ovoïdes, h surface ver»
Irocmeus l.n issam, lu RoraisOD a Heu vers la fin rie l'hiver et au commencement du printemps; et les Ggues mûrissent au printemps et eu été.
ignés s<.nt recherchées des oiseaux, qui rejettent les akènes sans 1rs digérer. Que ces akènes viennent dune ;* tomber mu- les bifurcations <les branches d'autres arbres, ils y germeront, puisque le Fieut elûêiica, nous l'avons vu, est ordinairemenl épiphyte. Dans la suite, les racines aériennes,
(venant a toucher le sol, s'y enfoncent ; et c'est alors que le pied BG développe avec vigueur, enserrant et étouffant l 'arbre sur lequel il a pout Exploitation et rendement. — L'extraction du caoutchouc du Ficui elasticê est opérée a peu près «le même dans l'Inde et à JavBi
kDans l'Assain, d'après ColUns, les reeolteurs, qui opèrent rdinairement de février a avril, c'est-à-dire un peu avant époque dis pluies, font, avec leurs fifaos, 00 couteaux, des incisions sur toutes les parties fie l'arbre qu'ils peuvent itteindre. Les entailles faites à la base du tronc et sur les racines aériennes ont de 15 à 15 centimètres de toniret sont faites diagonalement, trop souvent jusqu'au l
«•Iles sont de forn IKptique. Le lait qui s'en écoule est reçu
lans «les trous creusés en terre mi dans des feuilles enroulées
rrnet. Sur les branches, les incisions sont plus petites, et
le lait qui sort, se dessèche sur l'arbre. Celui qui a été
recueilli esl - as l'eau bouillante, et le tout est ,i
isqu i ce que la masse coagulée soit suffisamment ferme,
232 LES PLANTE8 A CAOCTCHOLC
Plus rarement, le lait est mélangé avec de l'eau froide : par le repos, les globules se séparent peu à peu du liquide et viennent former à la surface une crème, qu'on enlève et qu'on fait bouillir à une douce chaleur, dans des marmites en fer, après y avoir ajouté deux parties d'eau. Dans tous les cas, le caoutchouc est finalement pressé, séché au soleil ; et on obtient des pains (loaves) de forme irrégulière. Avec les bandes de caoutchouc qui, d'autre part, se sont coagulées sur les branches ou sur la partie supérieure du tronc, on fait des boules {halls), plus petites.
A Java et à Sumatra, on laisse toujours le lait se coaguler spontanément. Avec un couteau ou une hachette, on pratique sur le tronc, sur les branches et sur les racines, des incisions horizontales ' ou obliques. Dans le district de Lampong, les incisions obliques sont faites en V; elles sont espacées d'un demi-mètre environ et ont 10 à 20 centimètres de longueur, sur 1 à 2 centimètres de largeur. Au pied de l'arbre, on étend quelquefois, mais pas toujours, des feuilles de bananier. Le lait sortant des entailles s'écoule le long des branches, du tronc ou des racines, où la plus grande partie se coagule ; le reste tombe sur le sol. La récolte a lieu deux jours après. Le récolteur ramasse le caoutchouc qui se trouve sur le sol ou sur les feuilles, détache, avec un instrument en fer quelconque, ou avec un bambou aiguisé, les larmes et les lanières qui se sont déposées sur les diverses parties de l'arbre ; et il agglomère le tout en pains.
Sur le rendement, les données que nous possédons sont peu concordantes, surtout si l'on compare les évaluations des Indes Néerlandaises et celles des Indes Anglaises.
En 1872, Collins écrivait que, en Assam, pendant le mois d'août, qui est le dernier des trois mois les plus pluvieux de l'année, un arbre ordinaire donne, en moyenne, un litre et demi de lait, correspondant à 465 grammes de caoutchouc.
Dix ans plus tard, en 1883 et en 1881, des observations de
t. D'essais récents, faits en Assam, il résulterait que les incisions qui rendent le plus sont celles qui sont horizontales; et le rendement serait proportionnel à leur longueur.
LES PLANTES A CAOL'TCIiOLC
plus longue durée et plus précises furent faites dans la même contrée, Cinquante arbres poussant a l'état sauvage, ri tous épiphytes, furenl Incisés Us avaient) en moyenne, -H m< de hauteur; et la ciroonférenoe «lu trono, y oompria les racines .n'iii ânes, était de IN mètres. Les racines aériennes turent laissées intactes, et la première entaille sur le tronc l'ut pratiquée a plus de I m. .'io du sol. Sur !<•-, ,".ii arbres, 2'2 avaient déjà <;t(: incisés antérieurenieni, mais laisses en repos depuis quinze ans. La récolte totale, on 1884, Hit de 199 kilos MM>, ee qui représente donc l kilogrammes, en moyenne, par arbre. Kn I88X, les mêmes arbres ue donnèrent plus que «M kilo iiiniMS, suit I kilo nom j »:i r pied, Enfin, en 1886-87, l-< loyenne, par pied, tomba à 820 grammes, Bien différents sont les nombres indiqués par les rapporta i\\i district de Lampong, a Sumatra, i*n 1883, et que oite
M. van Romburgb, dans son OU V rage sur CiiOUichQUC en in'hih-
jii'rljnin \r<lr/!:inihc/i-Im/ii-, publié OU IÎMMI. I )ans le doniui ne
de i Pamanoekao et Tjiasem • . certains arbres âgés auraient fourni, a la première saignée, 3 picula, soit IS-'l kilos de utcbouc ! Kt les arbres rendant un pieul au moins 61 kilos 200) ce seraient pas rares ! Un des rapports trouve môme, sans doute, que c* s récoltes sont trop modestes, car il parle de moyenne de 3 à •"» piculs par arbre, trois fois par an ! Dana la région de Soekadana, un arbre planté en 1861, et épiphyte sur un Lagerstrctmla Flot-rwginee Rets., tpj il a étouffé, s donné, en 1884, où il a élê incasé pour la preare fois. 21 katis, soit H kilos 500 de caoutchouc, Le
Iteur ii nus trois jours pour faire les incisions, puis ;i laissé le lait se dessécher pendant cinq jours, et a mis encore cinq jours pour recueillir le produit.
Il est possible (jue ces derniers nombres soient vrais, mais
i certain que ceux indiqués pour l'Inde \nglaiae sont plus vraisemblables, • •! doivent correspondre, tout au moins, aux rendements les plus fréquents.
Laiex <■/ caouU houe. Le latex de Fituê els&ticê est toujours considéré comme acide, et nous avons nous-méme
-taie cette acidité sur d< - pieds cultn es en serre. M. Preyer