‹ Les plantes à caoutchouc et à guttaChapitre 8 sur 92 · LE CAOUTCHOUC · texte numérisé non relu

LE CAOUTCHOUC

indique les nombres suivants pour des caoutchoucs qui ont été déchiquetés, épurés et séchés, qui sont, par suite, prêts à être vulcanisés. L'auteur n'a, d'ailleurs, cité que les noms indiquant la provenance géographique ; nous avons ajouté, en regard de quelques-uns, les noms probables des végétaux producteurs. Ces densités ont été prises a 16".

Para (Hevea brasiliensis) 0.91 i

Colombie et Pérou (Castilloa elasticà) 0.915

Madagascar (Landolphia ou Mascarenhasia) 0.915

Bouches du Niger (Landolphia ?) 0.920

Sénégal (landolphia Ileudelotii) 0.929

Céara (Manihot Glaziovii) 0.958

Assam (Ficus elasticà) 0 . 967

Adriani indique, de même, pour le caoutchouc de Ficus elasticà, une densité de 0.966, et M. Th. Seeligmann, pour celui (Y Hevea, 0,919, à li". Voici maintenant les densités que nous avons relevées rious-même pour les caoutchoucs bruts cidessous, à 15° :

Hevea sp. (Caoutchouc de Manaos) 0.905

Castilloa elasticà (Equateur) 0.900

Sapium decipiens (Equateur) 0.935

Sapium atylare (Equateur, versant oriental des Andes). . . 0.910

Landolphia Ileudelotii (Joli de Casamance) 0.930

— (gohine du Soudan) 0.905

Landolphia Foreti (n'djembo du Cabon) 0.922

Landolphia mâdagascariensis (Madagascar) 0.955

— sphserocarpa — 0 . 906

— Perrieri — 0.910

Cârpodinus maximus (Gabon-Congo) 0.950

Mascarenhasia lisianthiflora (Madagascar) 0.935

— longifolia — 0 . 935

Cryptostegia mâdagascariensis — 0.936

Ficus elasticà ? (Java) o . 905

Ficus Vogelii (Casamance) 0.950

Manihot Glaziovii (échantillon du Congo. 1 0.935

Ces densités semblent donc osciller entre les limites, assez

larges, do 0.900 et 0.900. sans qu'il y ait, du reste, aucune concordance bien nette entre elles et les genres producteurs.

Pour compléter rapidement rénumération des propriétés physiques du caoutchouc, dont nous ne citons que les principales, ajoutons qu'il se soude facilement à lui-même, sous l'effort d'une faible pression, lorsque les surfaces de section sont récentes et si la température est suffisante, qu'il est mauvais conducteurde la chaleur et de l'électricité, et enfin qu'il est imperméable à l'eau.

Au point de \ue chimique, nous nous contentons de rappeler que l'ammoniaque, toutes les solutions alcalines, même caustiques, au moins à froid, et les acides minéraux dilués ne lui font subir qu'une faible altération, tandis que les acides chlorhvdrique, nitrique et sulfurique purs, ce dernier surtout, l'attaquent peu à peu. même à froid. Le chlore lui fait perdre son élasticité et le rend cassant. Au contraire, l'acide fluorhydrique et les acides organiques sont sans effet.

Mais c'est surtout l 'influence des agents atmosphériques qu'il importe de connaître. Déjà nous avons vu que l'air et la lumière modi lient la couleur de la substance ; certaines sortes, en outre, sous l'action des mêmes facteurs et de la température, deviennent plus ou moins rapidement visqueuses et gluantes et, suivant l'expression industrielle consacréo. tournent fin tjrn/t. Cette altération se manifeste, d'ailleurs, dans presque tous les caoutchoucs au voisinage de 100": mais, même aux températures normales, il n'est pas rare de l'observer après un temps plus ou moins long, soit parce que le caoutchouc a été mal préparé, soit parce que la sorte y a spontanément tendance : le produit est, naturellement, «mi ce c:is, de qualité inférieure. Les industriels admettent qu'une trop grande sécheresse du caoutchouc est aussi une des causes qui prédisposent au graissage.

lTne autre altération, indépendante de la précédente, est la transformation du caoutchouc en résine. Il s'agit évidemment là d'une oxydation, car on provoque facilement cette résinification en traitant la substance par l'eau oxygénée éthérée.

nalement, an reste, ions les caoutchoucs contiennent proportion de cette aï M. Otio Weber a

trou1 M'nr suivante, pour quelques sortes, [ci en

d regard les noms probables des plantes pro-

<lu<

Para Heves bruitiensù . . 1,3 u/P

Winihai Glaziovii 2.1

Madogascai B.3

Usam Ficus eh 11.3

Ihini nini.i tpecioaa 13.1

AfriranbalU [LandolphU ' 87.8

Tous les caoutchoucs contiennent doue bien des substau

[s n'en contiennent pas également. l>an>- la

il n'est sans intérêt, pour plusieurs raisons, de. e<m-

iii- teneur d'une gomme en résine : d'abord parce que,

Iditionnant le soufre, leur présence influesurla plus

ou moins gronde facilite de la vulcanisation, puis aussi, • i

Lout, parce que, cette teneur étant souvent sensiblement

la même pour les divers échantillons d'une même prove-

nance, «lu moins lorsqu'ils onl été préparés dans les mêmes

itions, il v a là, jusqu'à nu certain point, un élément

<l identification. Nous indiquerons, par conséquent, chaque

qu'il nous scia possible, celte proportion de résine, pour

chacun des divers caoutchoucs que nous étudierons plus loin;

: >i\ mis Lui dès lors, de faire connaître la méthode dont

il.- préférence pour isoler la substance rési«

lieu

Le i aoutchouc est traité par l'éther, qui le dissout. Lorsque

{solution est i empiète et qu'aucune parcelle de caoutchouc

ne Hotte plus dans le liquide, on ajoute à la solution laiteuse

a peu près égale d'alcool absolu. Le caoutchouc

musse en une masse compacte, qui. sepa-

• lu liquidi tères du caoutchouc primitif.

dissoute ; on l'obtient en Taisant évapo-

Bltration, le mélange d'éther et d'alcool. Elle se

dépose* généralement sous forme de granules très blancs, de grosseur variable.

(Test la méthode que nous avions déjà décrite dans la première édition de ce volume. Nous ignorions alors que c'était à peu près celle à laquelle avait déjà eu recours, en 1895, M. Otto Weber, pour déterminer les teneurs mentionnées plus haut, avec cette seule différence que ce chimiste remplaçait l'éther par la benzine. Nous avons continué à employer le même dissolvant que précédemment, et c'est toujours par ce procédé que nous avons fait les analyses que nous donnerons comme personnelles, dans le cours de cet ouvrage. Nous comptons, d'autre part, comme caoutchouc le produit précipité. L'humidité est déterminée sur un autre échantillon, qui est ensuite incinéré. Les substances étrangères (albuminoïdes, amidon, sucre, substances minérales, etc.), dont ces cendres ne représentent qu'une partie, sont calculées par différence. Il est évident, d'ailleurs, qu'une petite proportion de ces substances est. entraînée et retenue par le caoutchouc que l'alcool coagule au sein de l'éther, mais l'erreur qui en résulte est certainement trop faible pour influer sensiblement sur une analyse (pie nous ne considérons que comme une indication générale de la composition du produit.

Une méthode un peu différente de la précédente est celle qui consiste à traiter directement le caoutchouc par l'acétone, qui dissout la résine. On compte alors comme caoutchouc le produit ainsi traité, desséché et diminué du poids des cendres. L'humidité et ce poids des cendres sont établis sur un autre échantillon ; les résines sont calculées par différence. C'est ainsi qu'ont été faites, à la manufacture Michelin, sur des produits laminés, les nombreuses analyses que nous citons plus loin.

Le but de ce livre étant essentiellement et exclusivement l'étude des plantes à caoutchouc, nous ne nous préoccupons ici que de la substance brute et naturelle, et nous l'abandonnons au moment où, arrivée aux manufactures, elle va subir les opérations successives du lavage, du masliquage et de la

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