LE CAOUTCHOUC
vulcanisation. Contentons-nous donc à cet égard, de rappeler que la dernière de ces opérations, la vulcanisation, qui modifie si profondément les propriétés de la gomme et supprime ses défauts (perte d'élasticité, solubilité, altérabilité), fut découverte par l'Américain Nelson Goodyear, en 1842. C'est depuis cette époque seulement que l'industrie du caoutchouc s'est véritablement développée et a pris l'essor qui, d'étapes en étapes, devait l'amener à sa phase actuelle de prospérité.
LE LATEX
Le latex, ou lait, des plantes à caoutchouc est un liquide blanc, inodore quand il est frais, et dont l'aspect laiteux est dû à ce qu'il est composé d'un grand nombre de globules maintenus en suspension dans un sérum incolore*.
Sa densité, d'après Ure, serait comprise entre 1.017 et 1.041 ; et M. Muspratt, de son côté, a trouvé, pour un échantillon examiné par lui, 1,012. Enfin M. Seeligmann, pour le latex de VHevea hrasiliensis, admet 1.019.
Comme l'a fait cependant remarquer très justement Aimé Girard, « ces chiffres ont lieu de surprendre ; car, lorsqu'on songe que dans la composition de ces liquides figure, à l'état de globules, une proportion de caoutchouc qui varie de 32 à 45 °/0, et dont la densité ne dépasse guère 0.920 à 0.930, et lorsqu'on songe aussi, d'autre part, que la proportion de matières solides dissoutes danslesérum est faible (3à 4°/0)i on est porté à croire que la densité du lait, si elle est voisine de l'unité, doit être plutôt inférieure que supérieure à celle-ci. »
En fait, c'est ce que toutes les dernières recherches ont confirmé, comme le montrent les nombres suivants :
Teneur en Lails. caoutchouc 0/0. Densité.
Para (Hevea hrasiliensis) 42.62 0.986 (A. Girard)
Ficus etastica 40 à 41 0.957à0.985 (vanRom-
burgh . ) Afrique (Landolphia 1. 33.40 0.987 (A. Girard .
Le* Plante» k caoutchouc 2
Nicaragua (Castilloa elastica) 32.30 0.980 (Aimé Girard)
Pernambouc (Ilancornia sp.) 31.64 0.990 id.
Castilloa elastica (Guatemala) 29.5 0.982 (R. Guérin)
— — 27. 0.992 — Landolphia Heudelotii (Soudan) 28.32 0.980 à 0.990 (Hamet).
Landolphia Perrieri (Madagascar) 6.7 0.997 (Jumelle)
Ainsi c'est entre 0.980 et 0.997 que paraissent osciller les densités des latex à caoutchouc.
Les globules, qui constituent essentiellement la partie solide de ces laits, sont de dimensions variables suivant les espèces. On peut, comme exemples, citer les mesures ci-dessous :
Hevea brasiliensis . . . O""" 00350 de d. en moyenne (Seeligmann).
Ficus elastica 0,nu,002 à 0,n,B007 (Preyer).
Landolphia owariensi.s 0,n,u 001 (Lecomte).
Landolphia Perrieri. O""" 0022 en moyenne (Jumelle). Cryplostegia mada-
gascariensis 0""" 0012 à 0""" 0023 (id.)
Xylinabaria lie y n midi O"""0O20 à 0""" 0025 (id.)
Il convient toutefois de ne donner a ces nombres qu'une importance relative, car il faut remarquer encore que, pour une espèce donnée, les dimensions varient avec la partie de la plante ou la hauteur du tronc d'où le lait a été extrait, et dépendent aussi de l'âge de l'arbre ou de la liane, ainsi que des conditions de végétation. Les nombres que nous venons d'indiquer avec celte réserve ont tout au moins cet intérêt qu'ils se rapportent, non à des laits recueillis sur des pieds cultivés plus ou moins artificiellement, en dehors de leur climat naturel, mais à des échantillons pris dans les pays d'origine, sur des plantes normalement développées cl sur les parties de ces plantes où sont d'ordinaire pratiquées les incisions.
Le sérum dans lequel ces globules sont en suspension est alcalin ou acide: celui de Vlferea brasiliensis, d'aprèsM. Seeligmann, est alcalin à sa sortie de l'arbre ; ceux du Ficus elastica (d'après Adriani), du Castillua elastica et des Landol-
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phia sont acides. D'après M. René Guérin, directeur du Laboratoire central de chimie de Guatemala, l'acidité (exprimée en acide sulfurique) était de 1.156 par litre, pour un lait de Castilloa elastica provenant de Mazatenango, et de 1 .713, pour un lait delà même espèce provenant d'Escuintla.
Les autres substances qui, en plus du caoutchouc et des acides, peuvent se trouver, dissoutes ou en suspension, dans le sérum sont principalement : des résines, de la cire, des matières albuminoïdes, des sucres, des tanins et des sels.
Faraday, et M. Seeligmann donnent respectivement, par exemple, pour le lait d'Hevea brasiliensis, la composition suivante :
Analyse de M. Faraday (citée par A. Girard) :
Caoutchouc 31 . 70
Albuminoïdes 1 .90
Matière colorante et amère