LE KARITE ET LE CH1GLE
Les deux Sapotacées dont il nous reste à dire quelques mots sont : le Butyrospermum Parkii, de la côte occidentale d'Afrique, qui donne la gulta de karité ou gutta shee; et le Sapota Achras, du Centre-Amérique, qui donne le chicle.
Butyrospermum Parkii Kotschy
Syn. : Vilellaria paradoxa Gaertn.; Butyrospermum niloticuin Kostchy; Bassia Parkii Don
L'aire géographique de cette espèce essentiellement africaine est assez limitée. Elle ne dépasse pas, au nord, la région de Tombouctou, au sud, le Haut-Congo français; et, dans cette zone, l'arbre reste toujours éloigné du littoral. Il est commun au Soudan; et, vers l'est, M. Schweinfurth l'a trouvé jusque dans la région du Nil.
Il est connu au Fouta-Djalon, ainsi que dans l'hinterland du Dahomey, vers Carnotville. Enfin, d'après M. Dybowski, il croîtrait encore dans l'Oubanghi et la Sangha, qui paraissent être sa limite méridionale.
Dans toutes ces contrées, l'arbre fuit les terrains marécageux, et se plaît surtout dans les terrains argileux ou argilosiliceux ; il abonde principalement, d'après Rançon, sur les plateaux ferrugineux, dans les terrains à latérite, et sur les versants des collines formées de grès ou de conglomérats.
Ce karité, ou ce, est un bel arbre, dont le port rappellerait un peu celui de nos chênes, avec de plus grandes dimensions.
Il II II
Les rameaux sont rugueux. I.«-s feuilles, condensées aux extrémités des plus jeunes, sont enti », pétîoli
Le petiote e de 5à 8 centimètres. Le limbe es) oblong-lan- 20 centimètres il*- longueur, sur 7 à 10 oentili : il es1 eu coin, on arrondi, ii la hase, glahre Lassos, pubescenl en dessous, eJ muni de vingt ii vingtcinq paires de nervures secondaires, qui sont insérées obliquement, de chaque i itë tle la nervure médiane. Las stipules sont lancéolées, longtemps persistantes.
Les Heurs qui, au Soudan, apparaissent vers mars, sont en meta pédioellés, aux aisselles des cicatrices folia dessous îles feuilles de Tannée.
Le calice est campanule, coriace, Il tube court, avec huit lobes oblongs-lancéoléa, dont les quatre extérieurs sont recoub d'un duvet ferrugineux très dense.
Le corolle est aussi longue que le calice, avec des Lobes ohlm L'androcée eet composée <le staminodes,
alternant avec les lobes corollaires, et d'étamines h filets fîliatfaères linéaires, lancéolées.
L'ovaire est sphérique, soyeux, Il 8 on 10 loges, qui contiennent chacune un ovule anatrope.
Le fruit, qui est mûr en juillet et aoât, est une drupe elliptique, vert-noirâtre, <le la grosseur d'une prune, » mésocarpe comestible. L'unique graine qu'il contient est sans albumen, à tégument lisse et brun, avec un large liile en forme de cœur
allon.
< >ii sait iju. s graines contiennent une substance grasse
que les indigènes utilisent, H qui est le beurre de Galant, m beurre <Iu Bamhnuk, ou beurre de shee, on beurre </<• hariti.
Mais, ici, le karité nous intéresse surtout pour la gntta qu'il peut fournir, el que M. Heckel a signalée.
Cette gutta, qu'on peut obtenir par évaporation du latex, conti analyses .le MM. Heckel et Sehlagden-
haiill'en :
MbaO'
: île.
Elle a pour densité 0,976 ; et elle est soluble dans le sulfure de carbone, le chloroforme et la benzine.
La substance aurait donc quelques caractères la rapprochant des guttas de Malaisie. Toutefois, traitée par l'éther ordinaire, l'éther de pétrole, l'essence de térébenthine, l'acide acétique bouillant, elle abandonne à ces différents dissolvants moins de principes solubles que ces guttas ; et ces solutions laissent, par évapora lion, un résidu visqueux, au lieu d'un vernis sec.
Mais, des essais faits à l'imprimerie Berger-Levrault, de Nancy, ayant établi qu'elle peut être facilement malaxée dans l'eau chaude, et que les moules obtenus ne le cèdent en rien à ceux que l'on prépare avec la gutta-percha ordinaire, le produit pourrait peut-être être utilisé, tout au moins, de cette manière, comme succédané partiel des vraies guttas.
Au cas où des essais en grand seraient entrepris, et où le karité serait exploité pour son latex, il importerait alors de se souvenir que, d'après le Dr Rançon, il est, au Soudan, deux variétés de karité, le shee et le mana, et que c'est le shee seul qui donne un latex abondant et utilisable.
Ce shee peut être assez facilement distingué du mana par son écorce, qui est noirâtre, tandis que celle de l'autre variété est blanchâtre.
Au Soudan, lu s/tee est, du reste, plus abondant que le murui.
D'après Rançon, lus incisions qui permettent d'obtenir la plus grande quantité de latex, sans cependant nuire à l'arbre, sont celles en V.
La récolte doit être faite pendant l'hivernage, de la tin de juin au commencement de février ; et le lait coule surtout abondamment pondant la nuit ou dès le matin.
Les arbres doivent enlin être d'âge moyen. Les trop jeunes ne supporteraient pas les incisions, et ne seraient que de faible rendement ; et les trop âgés ne sont pas facilement incisés, et sont, en même temps, très pauvres en latex.
D'une manière générale, quel que soit l'âge, les grosses branches fournissent plus de latex que le tronc.
i'our récolter le produit, Rançon conseille de laisser le lait
KWUII-; m chu o2J
qui ;i coulé il. -s incisions en V se coaguler spontanément sur l'arbre, par simple évaporation. Onpeul revenir le lendemain] ou même quelques heures plus tard, détacher les larmes ou
B, Supot» .1. hr.is Mil! .
Le tupotillier, originaire des Antilles, et plus ou moins représenté aujourd'hui dans toutes les régions chaudes du globe, s'est surtout bien acclimaté dans l'Amérique centrale, 00 il est commun depuis le Mexique jusqu'il l'Equateur.
Le P. Dùss le décrit comme un arbre très branchu, à fronton arrondie, à branches inférieures horizontales, à jeunes rameaux garnis, ainsi que les pétioles ei les pédicelles floraux, d'un duvet couleur de rouille.
Les feuilles, réunies aux extrémités des branches, qui sunt rapprochées, sont alternes, entières, coriaces, lancéoléesoblongues ou plus ou m< > i r i — elliptiques, persistantes.
Les 11. ni- xitue.s ;m\ aisselles des dernières feuilles des rameaux, sont solitaires, blanches. Le calice a six sépales; la >lle gamopéb -i\ divisions. 11 y a douze étamines,
dont six fertiles. L'ovaire est pluriloculaire.
Le fruit est comestible, at très recherché pour su pulpe jaunâtre, qui, ■., la maturité, estsucrée, fondante, d'un parfum délicat. C'est une baie brun-grisâtre, de la grosseur d'une pomme, ronde, légèrement apiculée su s.. minet, etportan' sa base, le reste du calice.
Elle renferme normalement une dizaine de graines, dont plusieurs, ordinairement, avortent.
(les graines sunt allongées, comprimées, b tégument brillant, d'un brun sombre, avec un bile linéaire. Elles sont a albumen oléagineux, et passent pour diurétiques; les Indiens leur attribuent même des propriétés vénéneuses, fait dont
[*exactitude cependant, nés! pas bien établie.
Le latex ilonne. par évaporation. une sorte ,[<■ gutta appelée
'.'>22 i RS i -i . \ vu Efl \ 1,1 i r\
chick*t <|ni p!-ui itre extraite du tronc de l'arbre <>u fruits.
Pou r«'\ii;iiir dn trouo, on pratique sur récurée des incisions transversales. Le lait cjui st. il se concentre rapiilernon pétrit le produit, après Savoir recueilli.
FOUT l'evlriin- «les fruits. <m presse la pul|ic. et OU laisse le
Liquida fermenter pendanl quelque temps; puis on de\ le dép6l «si le chieU vierge.
I.'analvse a établi que la composition de ce cÀîette est la mirante :
Résines. kè,80
.17.20 Sucre. . 9<9Q
Gomme. . .
Matières colorantes, amidon et sera. B,ÎO
l'.a» tl.io
i. n.mis Ignorons si e'esl la même substance dont parle M. Gabriel Bertrand, sous le nom de cA*fte,dana !• o Revue îles Cultures coloniales du B décembre il - surions tendance à le croire, quoique
M. t.. Digue t, qui a rapporté le produit du Mexique, l'attribue à un arbre à feuilles quioquélobées, qui serait un Jatropha. Ce chiite a peur composition : eau, 23,2 */oî résines solubles dans l'alcool,
* soluliles dans le sulfure de carbone, I'"'." : substances insoluble- 1res, 0»8. L'arbre producteur serait exploité, au Mexique, pendant la saison sèche, aux heures où le soleil n'est pes ii«»p ardent. Les pieds sont incisés pour la première fois vers • ou S si
Ht en plein rapport vers l'âge de H :ms; ils donnerai. -n I
lois 1.500 grammes de substsnee sèche par an.
Le lait esi obtenu par des incisions en V, et coagulé par addiltou d'ean.
un agite le mélange jusqu'il ee qu'il se sépare en deux parties. Le partie liquide, additionnée de sucre, serl de boisson, et li 't est
le chiite, qu'on pétrit, puis qu'on façonne en pains de 1 à -1 kilos. On en fait des statuettes, et on l'emploie aussi comme masticatoire.
On voit que les usages de ce rAt//» (? sont bien les mêmes que ■ du ehiolt.
Il semble, du reste, que. en Vmérique, différents coagulais de Latex, Bl notamment de latex de Sapolaeées. soient utilisés comme masticatoires. M. van Isscbot nous dit que, aux États-Unis, on remp veut le tabac a chiquer par le cheienig-yum, qui est le latex concn I ftifr Chryaophyllum Cainito L.), mélangé avec divers parfttl
KARITÉ ET CHICLE 523
On voit que cette composition est bien différente de celle de la gutta-percha, et qu'il y a surtout une bien trop grande quantité de matières étrangères pour qu'il soit possible de songer un seul instant que le chicle puisse servir d'isolant.
Il est toutefois assez plastique pour être employé à la fabrication de statuettes. Dissous dans le sulfure de carbone, il donne, d'autre part, un vernis imperméable.
A ce double titre, il peut donc trouver dans l'industrie quelques applications. En certaines régions de l'Amérique, il est encore employé comme masticatoire.
Le Mexique en a exporté, en 1897, 1.835. 000 kilos, vendus 2.994.000 francs environ, et, en 1898, 957.634 kilos, vendus 1.509.580 francs.
La substance, par conséquent, donne lieu à un petit commerce qui ne permettait pas de la passer complètement sous silence.
INDEX ALPHABÉTIQUE
Abba 255
Acheté 38,202
Achras Balata 499
— Sapota 522
Adansonia digilala 37
Adetutnthera pavonina 398
Alang-alang 473
Albizzia moluccana 398
Almeidine 61
Alslonia eximia 65
— plumosa 64
— scholaris 64
Ambriz 318
Andullo.1 207
Apapira 302
Arbre à pain 62
Arrocho 85
Arlocarpus incisa 62
— integrifolia 62
Ascaraï 1-17
Asclepias tenacissima 270
Assam 235
— blanc 396
Altalea excelsa 81
Aviador 97
Aviavindrano 229
A viavy 229
Azaola Leerii 486
Bacia 82
Bahi 37,293
Balam doeren 479
— merah 479
— pipis 487
— soendai 487
— soentei 486
— socsoe 458
— tandjong 487
— tandoek 487
— tembaga 479
— tjabé 487
Balata 493
— bâtard 498
— blanc 498
- franc 499
— indien 498
— Martinique 498
— noir 498
— ■ rouge 499
— saignant 499
Balde 81
Balete 229
Balls 308,322
Baqua 358
Barabanja 366, 375
Baringin 487
Base le motani 355
Bassani 306
Bassia Parkii 519
Bauhinia reticulata 38
Bejuco de cuajaf 199
Benalulua 358
Benguela 306
Bcnin 306
Bihungo 318
Bili 286
Binntouba 288
Birmanie 236
Bisab y alla 37
Biscuits 308
Boeka 302
Boerowe 499
Bohi 293
Boiao 82
Bokalahy 271
Bolivie 66
Bongew 288
Bornéo 395
Bornésite 20
Boro-boron-khoré 229
Borracha entrefina. . . 93, 98, 100
— fina 93,98, 100
Bossanga 38, 57, 30fi
Brésil.! 68,189
Break «5
Bringin 487
Broias 51,80, 170
liras i m u m (ia lue loden -
dron 62, 163
Bullet tree 493
Bungo 286
Burrucha 223
Hult/rospermum Parkii 519
Cnïnùlier 523
Calcutta 235
Ch hnyelium speciosatn
(lalotropis yujunten 62
— prueera 63
INDEX ALPHABÉTIQUE
Cameroun 306
Camela 94
Caoutchouc des herbes
317,359,362 Caoutchouc des prairies
317,359,362 Caoutchouc des racines
317,359,362 Caoutchoulier d'Assam 229
— de Céara 137
— de Para 111
Capuré 502
Carpodinus acidus 354
— Barteri 354
— calabaricas 288
— eamplolohus 361
— cirrhosus 363
— dulcis 355
— Foretianus . . .... 355
— fuiras 355
— gracilis . ... 355, 361
— Genlilii 354
hirsulus 355
Jumellei 357
— lanceolalus . . 41.350
leptanlhus 354
liyustrifolius. . . . 355
— mari mus Il, 355
parriflorus 355
— pauei/lorus 354
— sirbrepandus. . . . 354
— - turbina (us 355
uniflorus 354
violaceus 355
Carrés 318
Casamance 299
('aslilha australis 185
Costa-Iticana 185
elastica 7, 11, 18, 21.