I-es l'hintes à Feuillage
J. Rothschild, Editeur.
M A il \ N r .\ I I, I. V ,S T K I S.
MARANTA ILLUSTRIS.
MARANTA ILLUSTRE. (PL. 18.)
— MARANTACÉES.
Illustre entre les plantes ! Quelle qualification mieux justifiée que par cette belle espèce! On croyait avoir tout découvert dans ce beau genre Mara/ifa, qui a déjà fourni un si grand nombre de magnificences à nos cultures, quand M. Linden en exposa en juin 1866 une dizaine tout à fait nouvelles.
Pour ne parler que du M. illiistris , figurez-vous une délicieuse touffe , haute de 30 centimètres , portant de nombreuses feuilles dressées, supportées par un pétiole cylindriqtie, engainant, pourpre foncé, long de 10 à 15 centimètres. Sur le limbe, ovale-elliptique
30 MARANTA ILLUSTKIS.
à bords recouibés eii dedans, et dont l'un est plus recourbé que Tautre et ondulé, s'étalent de grandes bandes obliques alternativement vert foncé, chatoyant et vert pide , du plus saisissant effet. Une nervure médiane creusée en gouttière à la base et rosée, puis vert tendre, divise le limbe en deux parties inégales, et s'ajoute à l'effet produit par une zone concentrique, assez distante de la périphérie de la feuille et composée de macules inégales blanches et vertes, çà et là marbrées de jose vif.
Sur tout cela des reflets satinés, miroitants au soleil, formant une remarquable opposition au-dessous du limbe , qui prend une belle couleur uniforme violet foncé, sous laquelle on aperçoit la zone transparente, la regardant à travers.
C'est une habitante des régions les plus chaudes de la terre. Un botaniste-explorateur de grand mérite, M. Wallis, le successeur de ce pauvre Libon, mort à la peine dans ses excursions au Brésil, Ta rencontrée dan les gorges profondes qui bordent le Haut- Amazone.
Les observations du hardi voyageur sur sa station naturelle, indiquent pour culture la serre chaude humide, une terre de bruyère un peu tourbeuse, un drainage épais, et surtout un coin demi-obscur de la serre. On peut même entourer le pot et le couvrir d'une couche de sphagnum, qui remplace la mousse naturelle des forêts équatoriales, où croît cette jolie plante. On la multiplie par éclats, séparés avec beaucoup de circonspection, après la période de végétation.
Lrs Plantes
[. RotliPchild, Editeur.
2EA MAYS, Var.
MaTs a feuilles panachées, maïs du japon. PL. ly.)
— AGROSTACÉES. —
Zea, nom donné chez les Grecs à une gramiuée aujourd'hui indéterminée, et que Linné a appliqué a la plante dont il s'agit -, vulgairement Blé de Turquie, Maïs.
La patrie de cet admirable végétal, si hautement utile au genre humain a été longtemps controversée. Il est bien avéré aujourd'hui qu'il est indigène de l'Amérique, où les Espagnols l'ont trouvé, à l'état de grande culture, lors de la découverte et de la conquête; \\
38 ZEA, MAYS Var.
en habite toutes les parties chaudes, tïopicales et extra-tropicales. De là, par la suite, il a été introduit dans tous les autres continents, où il est devenu la base de Talimentation générale.
Nous ne saurions ici énumérer tous les produits qu'en peut tirer rindustrie, outre la nourriture des hommes et des animaux. De ses fruits, on tire du sucre, du vin, de Teau-de-vie, etc.
Cultivé avec soin et dans une terre riche, dans les jardins, le maïs s'élève à plus de deux mètres. Ses larges et longues feuilles distiques, et engainantes à la base, dépassent 75 centimètres de longueur , et se recourbent gracieusement. Les fleurs mâles sont disposées vers le sommet des tiges, en une ample et superbe aigrette recourbée; les femelles en deux épis axillaires, cylindriques, formés de très-nombreux ovaires contigus de la grosseur d'un pois chacun. A l'état de maturité, les fruits revêtent de riches et vives couleurs, le jaune d'or, le rouge pourpre, le violet, le blanc, même, et sont quelquefois panachés de ces diverses nuances. C'est un très-bel ornement et qui peut se conserver très-longtemps.
La magnifique variété dont il s'agit spécialement ici, a été trouvée de semis aux Etats-Unis, et non au Japon comme on l'a dit, et envoyée à un horticulteur allemand (M. Bénary d'Erfurt).
Elle participe nécessairement de toutes les qualités, de tous les mérites du type; mais elle a déplus que lui, la riche panachure qui en décore les feuilles; ce sont des lignes multiples (veines) blanches, vertes, roses, qui sillonnent les boi'ds et la face de la base au sommet.
C'est une très-belle addition à la superbe catégorie des plantes à feuillage coloré. La culture est absolument la même que celle du type. Dans les jardins, un sol riche et profond, une exposition chaude, de copieux arrosements pendant les chaleurs; multiplication, soit par le semis de ses graines au mois d'avril, soit et plutôt par les stolons qu'elle produit à sa base, qui doivent alors passer l'hiver à l'abri des gelées, pour être mis en place dans les premiers jours de mai.
Les Plantes h Feuillage.
,). Rothschild, Editeur.
BIGNOXIA ARGYRO-VIOLASCENS.
BIGNONIA ARGYREO-VIOLASCENS.
BIGNONE A FEUILLES PANACHÉES DE BLANC D'ARGENT ET DE VIOLET, (pl. 20.)
— BIGNONIACÉES. —
Genre dédié par Tournefort à l'abbé Bignon, bibliothécaire de Louis XIV-
La Bignoiiîa argyreo-violasceus (ou argrreo-^'iolacea), a été, dit-on, découverte assez récemment dans l'île de la Magd.cleine (Nouvelle-Grenade), et envoyée de là à M. Lierval, horticulteur à Paris, qui, le premier aussi, Tamise dans le commerce.
Est-elle bien un Bignonia? Nous ne saurions l'affirmer en l'absence de fleurs que nous n'avons pas observées; mais nous le pensons, et elle appartiendrait dès lors à la section simplicifolise de De CandoUe.
C'est, comme ses congénères, une plante grimpante, volubile, à.
40 BIGNONIA A ROYREO-VIOLASCENS.
branches élancées, extrêmement grêles pendant le premier âge; à feuilles opposées, ovales-lancéolées, cordiformes à la base, à peine acuminées au sommet; très-petites et comme obsolètes pendant la premièie jeunesse, à pétioles très-courts. En l'absence des fleurs (et si c'est une Bignoniacée, les siennes doivent être comme dans le genre, grandes et belles), le mérite, mérite transcendant^ qui la recommande aux amateurs, est l'admirable panachure versicolore de ses feuilles. Ainsi, sur les inférieures, le blanc dispute avec avantage la place au vert de Tépiderme ; chez les supérieures jeunes, le pourpre violacé l'emporte, et laisse à peine place à des nervures pennées, vertes, mais bordées irrégulièrement de blanc. Chez toutes, la face inférieure est violacée.
Cette plante brillera au premier rang, parmi celles à feuillage coloré, car partout où elle a été exposée, elle a conquis tous les suffrages et mérité les premières distinctions.
Sa culture est celle de toutes les plantes de serre chaude ; terre riche, palissage sur les colonnettes ou les treillis; multiplication de boutures, à chaud et à l'étouffé.
Les l'iaiitcs ,î Ktuilhigc.
.1. Rothschilfl, Editeur.
CENTAUREA CANDIDISSIMA.