‹ Les plantes a feuillage coloré (volume 2)Chapitre 20 sur 41 · SMILAX ORNA TA · texte numérisé non relu

SMILAX ORNA TA

Originaire du Mexique, où l'aurait découvert le botaniste-explorateur M. Gheisbreght, le Smilajc oniaia, envoyé à M. Auib. VerscbalFelt, horticulteur àGand, a été d'abord cultivé et répandu en Europe sous le nom de Smi/ax macrophylla inaculata.

C'est une plante sous-frutescente, grimpante, dont les cirrhes s'enroulent après les végétaux ou objets environnants. Les tiges cylindriques sont armées de robustes aiguillons. Les feudles, portées par un pétiole orné en dessus de deux longs cirrhes, sont sillonnées par trois fortes nervures (la médiane plus saillante), et semblent divisées longitudinalement en quatre parties.

De forme variable, ces feuilles sont ovales, cordiformes à la base, mucronées au sommet, longues de 20 à 25 centimètres lorsqu'elles sont près du sol, tan lis que les caulescentes deviennent ovales-oblongues, à peine cordées à la base et très-souvent falquées.

Dans toute condition, le coloris du limbe, dont chaque portion comprise entre les nervures principales est vert foncé brillant, boursouflée et traversée dans le sens de la longueur par une large macule d'un blanc argenté.

Ainsi que le montre la planche coloriée ci-contre, celte macule, de forme et de'dimension irrégulière, est parfois érosée et granulée sur les bords, parfois encore" divisée par des intervalles où le fond la traverse et forme une mosaïque.

On trouvera facilement à utiliser cette jolie plante, soit pour tapisser les murs et les colonnes d'une serre, soit pour en masquer le faîtage. Dans ce dernier cas, les jeunes rameaux dirigés dans le sens de la longueur de la serre, formeront, en retombant, de magnifiques guirlandes.

Elle réclame la serre chaude (au moins une bonne serre tempérée), une terre de bruyère sablonneuse, de fréquents arrosements et liàssinages, enfin elle se multiplie facilement de boutures. *

Les Plantes à FeuiUaec.

J. Rothscliiia, Editeur.

CALADIUM BELLEYMII.

CALADIUM DE BELLEYME. (pl. 32.)

— AROÏDÉES

Léo-ère altération du mot grec Calathion, petite corbeille, et allusion sans doute à la forme de l'enveloppe [spathe) qui recouvre l'inflorescence chez ces plantes.

Ce joli Caladium est un de ceux découverts par M. Baraquin, dans la province brésilienne de Para, et qui ont été introduits chez M. Chantin, horticulteur à Paris, qui le premier, en 1858, les a mis dans le commerce, et a dédié celui-ci à M. de Belleyme, amateur très-distingué. Tout le monde sait quelle sorte de révo-

04 CALADIUM BELLEYMII.

lution horticole ces Caladium ont opérée dans les jardins et avec quel enthousiasme ils ont été accueillis. C'est qu'aussi jamais jus que-là, si nous exceptons l'ancien Caladium bicolor^ on n'avait vu des plantes à feuillage si brillant , si élégamment bigarré , moucheté, piqueté, strié, etc., de macules aussi nombreuses, aussi nettes et d'un coloris aussi vif.

Celle dont il s'agit ici, n'est pas une des moins intéressantes entre toutes, par ses grandes et magnifiques feuilles maculées ou marmorées de blanc pur sur un fond d'un vert sombre, avec de' larges nervures vertes également et ramifiées. Elles atteignent de 0,20 à 0,30 et plus de longueur, sur un diamètre de 0,08-10 au moins.

Leur forme est celle d'une haste ou fer de flèche, allongée en pointe au sommet ; profondément échancrées à la base en deux parties divergentes , elles s'insèrent beaucoup plus bas, vers le milieu de la longueur, sur un pétiole rougeâtre. Là, le limbe est creusé, enfoncé au centre; les bords en sont largement ondulés et ornés en dedans d'un double rang de points blancs.

L'inflorescence diffère peu de celles des congénères, du Caladium hicolor notamment.

Qu'on les tienne en vases (abondamment drainés alors) ou en pleine terre (celle-ci drainée en-dessous par une épaisse couche de plâtras, ou de tuiles, ou de briques concassées). Toutes aiment la chaleur et l'humidité pendant le temps de leur végétation ; mais quand vient la fanaison des scapes et des feuilles, il faut cesser peu à peu la mouillure, de manière à bientôt laisser sécher la terre des vases. Puis six semaines ou deux mois environ après, au moment où il convient de changer la terre , on enlève les petits tubercules qui ont dû se former autour du principal, et qu'on traite dès lors pour la multiplication comme la plante-mère; il serait cependant préférable de ne relever les tubercules-mères que "tous les deux ou trois ans, même quatre ans, seulement dans ce cas la pourriture est à craindre.

Les Phintes à Feuill;.a

J. Kothsehiltl, Editer.!-.

ALTERXAXTIIEKA SESSILI

Vnr. Amoena.

ALTERNANTHÈRA SESSILIS. Var. AMŒNA.

ALTERNANTHÈRE A FLEURS SESSILES. (pl*. 33.

— AMARANTACÉES. —

[Alternus^ alterne; aiithera^ du grec antheros, fleuri; mot hybride : anthère^ en Botanique.)

L'habitat de cette plante, ou plutôt celui du type, est tellement vaste, qu'il serait impossible d'indiquer avec précision la localité originaire où il a pris naissance ; ainsi on la dit répandue dans une grande partie de l'Inde, dans les archipels qui en dépendent, dans l'Amérique méridionale, dans les grandes Antilles, dans l'Afrique australe, et même en Europe sur les bords de la mer Caspienne.

La gracieuse variété dont nous devons nous occuper ici spécialement, est unique probablement, et spontanée au Brésil, d'où l'a reçue une grande maison d'horticulture belge (A. Verschaffelt\ en compagnie de quelques congénères, non moins brillantes; nous manquons, au sujet de son histoire, de documents plus explicites.

Elle forme des touffes épaisses, vivaces, hautes environ de 0,1 5-20, consistant en de nombreuses branches cylindriques, légèrement poilues, surtout aux articulations foliaires, où elles sont légèrement renflées. Les feuilles sont un peu épaisses, en spatule, aiguës au

fi6 ALTERNANTHERA SESSILIS.

sommet avec un court mucron (pointe); elles varient considérablement de coloris : ainsi, le brun cuivré, le rouge, le cramoisi, le rose, l'orangé, le disputent au vert sur les deux faces. Les plus grandes mesurent 0,05 de longueur, sur 0,02 dans leur plus grand diamètre. On voit tout de suite c[ue dans ces riches et variables panachures est tout le mérite, et c'est beaucoup, chez la plante en question*, car les fleurs, comme ordinairement dans les individus de cette intéressante famille, sont absolument insignifiantes; elles sont blanchâtres, extrêmement petites, et disposées en petits bouquets sessiles, dans les aisselles des feuilles.

Rien de plus aisé que sa culture. On la tient en vases, ou en bordure , avec le soin d'en pincer souvent les branches, pour la faire ramifier : car alors elle fera d'autant plus d'effet qu'elle sera plus courte et plus touffue. La serre chaude, ou une bonne serre tempérée, lui conviennent également, et même le plein air pendant toute la belle saison ; on en avait disposé une grande quantité en bordure au bas des Canna atronigricans dans les promenades de la ville de Paris, et elles y ont produit un très-bel effet. On la plantera dans un sol riche et assez compact, qu'elle épuisera promptement, et qu'il faudra renouveler tous les ans. Arrosements abondants, multiplication facile par la division des touffes.

J, Rothschild, Editeur.

DICHORISANDRA M OS A ICA.

DICHORISANDRA MOSAICA, DICHORISANDRE A FEUILLE PEINTE EN MOSAÏQUE, (pl. 34.

— COMMELYNÉES. —

Encore une plante dont la découverte, faite au Brésil, près des sources de l'Amazone, est due à l'infatigable persévérance du botaniste-explorateur, M. Wallis.

En présence des efforts incessants, des sacrifices de temps, d'argent et quelquefois même des dangers qu'entraînent la conquête et la vulgarisation de chacune de ces plantes étrangères qui viennent orner nos salons ou embellir nos serres ou nosjardins; nous voudrions

68 DICHORISANDRA MOSAICA.

pouvoir raconter l'histoire d'un de ces hardis voyageurs qui bravent des climats souvent meurtriers, entreprennent des voyages lointains, gravissent les montagnes, descendent dans les gorges, se font parfois suspendre le long de la paroi unie des rochers pour cueillir une de ces fleurs charmantes que nous admirons ensuite tranquillement, sans nous douter des peines et des travaux qu'elles ont coûtés.

Malheureusemenl, le cadre de cet ouvrage ne nous permet pas d'entreprendre cette tâche; aussi passerons-nous de suite à la description du Dichorisandra ?nosaica, qui nous occupe. Et encore, quand nous disons description, nous nous trompons, car aucun mot ne pourrait rendre la beauté de cette plante ; c'est une esquisse et non une peinture que nous en ferons.

C'est une plante herbacée, à tiges de couleur vert foncé noirâtre, maculé en damier de taches vert clair, pouvant atteindre 30 à 50 centimètres de hauteur , munies de feuilles largement ovales, oblongues, de couleur rouge violacé pourpre en dessous, tandis que le dessus, d'un vert noirâtre obscur , est traversé en tous sens par des lignes de couleur vert tendre simulant une charmante mosaïque. De plus, et comme si le Créateur s'était complu dans son ouvrage, il a donné au Dichorisandra mosaica^ outre ce dessin dont la délicatesse infinie suffirait à faire la réputation d'une plante, des fleurs en thyrses terminales, d'un aspect charmant rehaussé encore par un b,eau coloris blanc et bleu.

Elle exige la serre chaude et humide; la terre de bruyère, un jour diffus et jamais de courant d'air, des arrosements et des bassinages aussi abondants que fréquents pendant sa végétation. De plus, il ne faut pas oublier de mouiller très-légèrement (bassiner), mais aussi souvent que possible, pendant la période du repos, le vase et la superficie de la terre afin d'empêcher une espèce d'araignée rouge, son ennemie, de s'y loger.

Sa multiplication s'opère par division ou par semis faits sur une bonne couche chaude au printemps.

Les Plantes à Fcuillrtpe.

.1 liotlischild, Kiiiteur.

PEPEROMIA ARGYREA.

PÉPÉROMIE ARBENTÉE. (PL. 35.

— PIPÉRACÉES. —

Dire que le genre Peperomin (du grec peperi, poivre) a été créé par MM. Ruiz et Pavon, auteurs de la flore du Chili et du Pérou, c'est indiquer que tous les membres de ce genre sont originaires des contrées chaudes auxquelles Dieu semble avoir donné en partage le monopole de la production de toutes ces plantes dont les fleurs ou le feuillage sont l'expression suprême de la richesse et de la beauté.

C'est, en efi'et, au Brésil, que M. Weir, voyageur de la Société royale'd'horticulture d'Angleterre, a trouvé le Peperomia argyrea, petite plante à feuilles fond vert, épaisses, peltinervées, oviformes, portant à la face supérieure neuf à onze nervures principales, légè-

70 PEPEROMIA ARGYREA.

rement en relief et convergeant du point d'intersection du pétiole vers les bords, soit en suivant une ligne droite, soit en décrivant une courbe gracieuse.

Entre ces nervures principales, qui sont d'un vert foncé comme les petites nervures s'y rattachant, et les bords de la feuille, se trouve une bande argentée, granulée et marbrée.

Examinées à la loupe, ces bandes, dont chaque partie semble terminée par un morceau de glace ou de diamant, révèlent une infinie délicatesse de tissu. Vues au soleil ou à la lumière, on croirait qu'elles sont couvertes de cristallisations.

L'inflorescence, qui se fait en un épi, est portée sur une hampe de couleur rouge et terminée par une sorte de chaton dépassant de 10 à 15 centimètres la hauteur des feuilles.

Remarqual)le par la beauté de coloration et la forme aussi coquette qu'originale de son feuillage, cette Pépéromie sera très -avantageusement employée dans la décoration , soit des salons où elle pourra, à cause de sa rusticité, rester sans inconvénient pendant plus de quinze jours , soit dans les serres chaudes, sècbes ou humides. (Elle préfère cependant le séjour de ces dernières.) Enfin, comme dernière qualité précieuse, disons qu'aucun insecte ne s'attaque à son feuillage.

Qu'elle soit placée en pleine terre ou en pot, elle exige une terre de bruyère plutôt tourbeuse que sableuse ; des arrosages et des bassinages proportionnés à l'élan de la végétation,

La multiplication s'opère de boutures faites soit avec des rameaux, soit avec des feuilles.

Nous avons admiré cette jolie plante dans l'établissement de MM. Veitch, horticulteurs à Londres, et chez MM. Thibaut et Releleer, horticulteurs à Sceaux, près Paris.

Les Plantes à Fruillagc.

J. Rothschild, Editeur

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