‹ Les plantes a feuillage coloréChapitre 13 sur 35 · BEGON [AGEES · texte numérisé non relu

BEGON [AGEES

Encore un splcndide Bégonia! mais celui-ci n'est plus de race pure : c'est un hybride issu du Begonin rex fécondé par le pollen du Bégonia splendida argentea. 11 provient des semis de M. R. Franklin, jardinier de M. .TamesGartli Marshall, de Leeds, (pu lui a donné son nom.

D'après M. Fish, célèbre amateur anglais, le Bégonia Marshall serait le plus beau des hybrides produits [)ar le Bégonia rex; il passerait, sous ce rapport, avant le />V^'o///rt /r.r lui-même et avant sa variété Grandis.

Les feuilles ont 18 à 20 centimètres de long, sur 14 à. 15 de large. Une large zone argentée, à contours irréguliers, occupe la plus grande partie du limbe, laissant au centre une étoile bronzée à branches très-inégales, et en dehors une bande marginale de même couleur, moncheté<», connue l'étoile ellemême, de inarhnnes blanches. Le dessons du Innbe est rose

3G IJEGONIA MARSHALLII.

carmin; le péliole, qui est de même nuance, est long de 30 à 35 cenlimètres, et hérissé çà et là de longs poils blancs.

La culture et la multiplication de ce bel hybride étant identiques à celles du Bégonia rex, nous renverrons simplement le lecteur à ce dernier.

Faisons remarquer, en passant, que i'hybridité ofFre à Tamaleur une source inépuisable d'acquisitions nouvelles, et qu'en combinant avec art les espèces, on a chance d'obtenir des produits qui leur sont supérieurs en beauté. L'hybride dont il est question ici en est une preuve saisissante.

CALADIUM chant: NI.

CALADIUM CHANTINI.

CALAOIUM DE CHANTIN. (pl. 19.)

— AliOlDÉES. —

Cette cliarmante aroïdée rappelle le nom de son introducteur, M. (lliantin, horticulteur parisien, à qui le jardinage d'agrément est redevable de beaucoup de plantes rares. Elle est originaire des boids de l'Amazone, dans l'Amérique du Sud, et ne date, chey, nous, que de l'année 1857. On comprend sans peine qu'elle appartient à la s<'rre chaude.

C'est une forte plante, à lacines tuberculeuses, dont les feuilles sont en fer de lance on de flèche un peu large. Elles ont en moyenne 40 centimètres de long, sur -22 à 25 de laige, et sont par conséquent beaucoup plus grandes que le format de notre planche n'a permis de les représenter. Mais si cette planche est

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infidèle par les proportions, elle est très-exacte ponr le coloris. On y voit que, sur le fond vert clair de la feuille, se détachent des bandes du plus riche carmin, qui suivent les nervures principales, et qu'entre ces bandes le Tond est encore constellé de macules blanches, souvent elles-mêmes pointillées de rouge. Ces feuilles sont donc littéralement tricolores.

La vase de rivière, ou, à son défaut, de la bonne terre ordinaire un peu argileuse, de la terre de lirnyère, du terreau de feuilles et du fnniier de vache consommé, mêlés par parties (gales et additionnés d'un peu de sable, constitueront un bon compost pour cette plante, comme d'ailleurs pour toutes les aroïdées exotiques. Ayez soin d'ajouter un peu de charbon au compost, les couleurs des feuilles en seront considérablement avivées. Au printemps, dès qu'il s'y manifeste quelque mouvement de végétation, on enlève les tubercules de leur pot, et on en fait tomber toute la terre, sans endommager les racines ni les pousses commençantes; on supprime les racines mortes, ainsi que les tiges de l'année précédente, etc.

Si quelque partie du tubercule était pourrie ou malade, on la retrancherait et on saupoudrerait la plaie avec un peu de chaux en poudre. Drainez fortement le nouveau pot; remplissez-le aux deux tiers ou aux trois quarts avec le compost susindiqué et placez-y le tubercule, n'ajoutant de terre que strictement ce qu'il faut pour le recouvru", après quoi donnez un léger arrosage pour tasser la terre, et portez le tout sur la tannée chaude. Lorsque les feuilles commenceront à se montrer, donnez un arrosage modéré, et à mesure des progrès , vous augmenterez graduellement la quantité d'eau. En automne, ralentissez insensiblement les arrosages, et supprimez-les tout à fait quand les feuilles seront flétries.

La multiplication se fait au moyen des turions qui sortent des anciens pieds. On les prend jeunes, et on les empote dans du sable presque pur; mais lorsqu'ils sont enracinés, ou les met dans le compost indiqué plus haut. Les arrosages à l'engrais liquide activeront uolableinent leur croissance.

MARANTA REGALIS.

MARAINTA REGALIS.

NARANTA ROYAL. ( PL. 20.)

— MARANTACÉES.

Le Maranta royal ! Voilà un nom assurément bien appliqué, si on veut dire que la plante est cligne d'orner les serres d'un roi. Il suffit de jeter les yeux sur notre planche coloriée pour se convaincre que la qualification n'est pas usurpée.

Comme beaucoup de ses congénères, le Maranta royal nous vient de l'Amérique équatoriale; c'est en 1854 qu'il a fait sa première apparition en Angleterre, d'où il s'est bientôt lépandu dans les serres du continent.

Sa tige s'élève à 30 ou 35 centimètres. Ses feuilles, de forme ovalc-oblongue, ont de 20 à 24 centimètres de long, sur 6 à 8 de lai'ffe ; elles sont carmin oliscur en dessous, vertes en dessus,

40 iMARANTA REGALIS.

avec deux bandos rost' carmin, parallèles, obliques, se répélant dans tous les intervalles des nervures. Lorsque les ("eudles eoniniencent à vieillir, ces lij^nes colorées passent nisensdjlenient au l)lanc. Une seule plante peut portera la fois douze à quinze de ces feuilles. C'est, à tous les points de vue, une superbe acquisition.

Cette plante, comme d'ailleurs la plupart des marantacées, se plaît dans un sol composé, par parties égales, de terre franche ou de limon de rivière, de sable et de terreau de feuilles, additionné de quelques iVagnients de charbon de bois. On doit éviter de la cultiver en pots trop grands, parce que, prenant trop de force, elle perdrait de la vivacité de ses teintes. On doit, par la même raison, ne pas l'exposer aux rayons directs du soleil, qui altérerait le ton de ses bandes. carminées, et les ferait trop vite tourner au blanc. La température doit être, en été, de 20 à 25" centigrades, en hiver de 15 à 18. Inutile de répéter que les pots doivent être drainés avec soin, et qu'on n'arrose fortement que pendant la période de végétation.

La multiplication se fait à l'aide des rejets du pied, qu'on éclate en autant de fragments qu'on peut en oljtenir ayant des racines. On les met dans des petits pots remplis de terre de bruyère ou de sable, on les couvre d'une cloche après les avoir arrosés, et on les chauffe, dans la bâche de la serre, à 24 ou 25". On a soin aussi de les ombrager pendant une quinzaine de jours, temps suffisant pour leur reprise. On les découvre alors graduellement, et on les empote dans de nouveaux pots. A p*artir de ce moment, on les traite comme des plantes faites.

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