PI
— MARANTACÉES.
Cette belle plante, également remarquable par sa forte taille, par la forme insolite de ses feuilles et par ses grandes macules presque blanches su)- fond vert foncé, est indigène du Brésil, d'où elle a été rapportée en 1857, par M. Linden, de Bruxelles. Elle appartient à la serre chaude sous nos climats du nord, mais il est vraisemblable qu'elle réussirait en pleine terre dans les parties chaudes de l'Europe, moyennant de légers abris pendant l'hiver. L'exactitude de la figure coloriée ci-jointe nous dispense d'en donnei- une description plus détaillée, et nous reproduisons, comme aspect d'ensemble, le port du M<trnnta re^a/is, quoique la forme des feuilles soit plus arrondie.
23 à 26 degrés de chaleur en été, 18 à 22 en hiver, semblent la température la plus convenable, dans nos serres au moins, où la
k(] MARANTA FASCIATA.
niante ncst pas endurcie par le contact de l'air extérieur. On no peut douter que, mise en pleine terre dans une localité oii le climat le permettrait, elle ne puisse endurer momentanément des températures notablement plus hautes et plus basses. Elle réussit Irés-bien dans un compost formé, par portions égales, de terre franche ou de vase de rivière, de terre siliceuse et de terreau de feuilles décomposé, à quoi on peut ajouter des fragments de charbon, qui ont la propriété d'aviver les couleurs du feuillage. On empote en mars, dans des pots parfaitement drainés, et on arrose abondamment pendant la période de végétation, très-peu, au contraire, pendant l'hiver.
La multiplication se fait par éclats du pied, ou, si Ton veut, par les pousses latérales qui en sortent, et qu'on bouture dans des pots remplis de terre de bruyère et bien drainés, tenus sur la tannée ou dans une bâche chauffée à 25 degrés. On couvre d'une cloche, dont on a soin d'essuyer de temps à autre le verre à l'intérieur, pour que l'humidité ne fasse pas pourrir les boutures. Il est essentiel aussi d'ombrer les cloches, de manière à ce qu'il n'y entre que de la lumière diffuse. Les rayons directs du soleil seraient mortels aux jeunes plantes tant qu'elles ne sont que faiblement enracinées. On les rempote en pots plus grands lorsqu'elles sont reprises, et, tout en suivant les prescriptions que nous venons d'indiquer, on les habitue graduellement au contact de l'air et à la lumière.
Nous ne devons pas dissimuler que la plante est un peu difficile à multiplier par ce moyen, qui est d'ailleurs le seul possible aujourd'hui. On triomphe cependant de toutes les difficultés, si on veille attentivement à ce qu'elle ne soit pas exposée à plus de lumière qu'elle n'en peut supporter, et si on a soin d'essuyer le verre qui la recouvre, toutes les fois qu'on le trouve chargé d'humidité.
ANŒCTOCHILUS SETACEUS (AUREUS.)
ANOECTOCHILUS SETACEUS. Var. AUREUS.
ANŒCTOCHILE A SOIE JAUNE O'OR. (pl. 24.
ORCHIDÉES
Charmante petite plante de Geylan, qui a été introduite en 1836 en Angleterre, dans les jardins royaux de Kew.
Ainsi que nous l'avons dit en parlant de \ Anœctochihis xanthophjllus, les fleurs de toutes les espèces du genre sont petites et insignifiantes, quoique extrèijiement remarquables par leur structure, mais les feuilles sont singulièrement belles par leur teinte insolite, le réseau de lignes jaunes ou orangées qui les parcour^mt dans tous les sens, et leur apparence veloutée. Le fond du coloris est un vert brunâtre, à reflets métalliques, qui miroite au soleil, et rien n'est beau comme la fine réticulation de la surface, lorsqu'on l'examine au microscope. Dans cette miniature d'Orchidée tout intéresse, jusqu'à sii taille exiguë, qui permet de la cultiver dans des boîtes de verre de quelques décimètres carrés de superficie.
Dans son pays natal, \J. setaceiis croît sur le terreau végétal
48 ANOECTOCHIUÎS SETACEUS. Var. AlJRKUS.
qui s'accumule dans les anlVactuosités des roclies ombragées des hois, ce qui indique déjà les conditions principales de sa culture • dans nos serres. Ceux qui Tout cultivée ont reconnu qu'elle s'accommode, en lait de terrain, des débris à demi consommés de sphagnums, mélangés de petits tessons de poterie et de sable siliceux, le tout couvert d'une cloche ou d'une vitre, et abrité contre les rayons du soleil de midi. D'autres l'élèvent simplement sur du terreau de feuilles mélangé de terre de bruyère, soit à l'air libre de la serre aux Orchidées ou aux Fougèies, soit enlermée à part dans une de ces boîtes de verre dont nous venons de parler. Au total, sa culture pourrait se résumer ainsi : Chaleur de 25 à 28" centigrades en été, sol parfaitement drainé, lumière affaiblie, atmosphère humide et tranquille. On doit cependant arroser avec modération, parce que les racines tendres et charnues de la plante pourrissent très-facilement pour peu que l'eau séjourne autour d'elles.
La propagation se fait au moyen de pousses qui sortent du pied; on ne doit les détacher de la plante mère que quand elles ont déjà quelques racines , ce cpii donne bien plus de chance à la reprise. On les met isolément dans de tout petits pots, bien drainés, et remplis de terreau de mousse mêlée de sable ou de terre de bruyère trèssablonneuse, qu'on humecte, et on recouvre le tout d'une petite cloche. On empote dans des vases plus grands, après la reprise, et l'on traite dès lors les jeunes plantes comme nous l'avons dit plus haut. En hiver la température ne doit pas descendre, d'une manière continue, au-dessous de 15 à 16 degrés centigrades.
H Y D li A N G E A .1 A P O N 1 0 A V A K I E G A T A.
HYDRANGEA JAPONICA VARIEGATA.
HORTENSIA DU JAPON PANACHÉ, (pl. 25.)
— HYDRANGEACÉES. —
Tout le monde connaît l'Hydrangéa ou Hortensia du Japon, sous-arbuste , demi-rustique sous nos climats, qui se ramifie à partir de la racine , et forme des touffes de 1 mètre de hauteur. Son beau feuillage, et surtout ses larges corymbes de fleurs rose-blas, lui donnent une valeur plus qu'orduKure pour l'ornementation de nos jardins, et, lorsqu'il est en pots, pour celle des péristyles et des terrasses de nos habitations. On a observé souvent que ses Heurs passent du rose au bleu, ce qui semble tenir à ce que le sol contient des principes ferrugineux.
Une de ses phis remarquables variétés est celle dont le feuillage est panaché de blanc ou de l)la ne jaunâtre, et qu'on voit ici représentée. Elle a été reçue du Japon, en 1843, par M. Van Houtfe. de Gand, qui Ta propagée tant en France et en Jîclgifpie (prcn Angle-
HO HYDRANGEA JAPOMCA VARIEGATA.
terre. Nous devons faire observer que ce coloris des feuilles n'est point-^ci un état naturel pour la plante, mais un état morbide, signe indubitable d'un certain affaiblissement de la constitution, et qui expliquera une particularité de la culture dont il sera question plus
loin.
L'Hortensia du Japon résiste assez facilement aux hivers doux du nord de la France, moyennant une couverture de paille ou de feuilles sèches, surtout s'il est adossé à un mur tourné au midi ; il est mieux néanmoins de le cultiver en pots, et de le rentrer l'hiver soit en orangerie , soit dans un appartement, ce qui lui conserve sa verdure. La variété type, non panachée, se plaît dans une terre substantielle; mais s'il s'agit de la variété panachée, on la tiendra dans un sol maigre, surtout siliceux , parce que trop richement nourrie, elle perdrait presque entièrement sa panachure. La maigreur du terrain ne doit cependant pas être poussée au point d'arrêter la végétation de la plante; c'est à l'amateur judicieux de savoir reconnaître le point qu'il convient de ne pas dépasser.
On multiplie l'Hortensia de boutures prises sur le jeune bois, en mai ordinairement; ces boutures se plantent dans la terre de bruyère qu'on chauffe modérément et qu'on tient légèrement humide. On a soin aussi de couvrir les boutures d'une cloche, et de les ombrager contre la lumière trop vive. En un mois, et quelquefois moins, elles sont assez reprises pour être empotées séparément. Ainsi que cela se fait pour toutes les plantes qui ont été enfermées sous cloches, on ne les découvrira que peu à peu, pour les amener graduellement à supporter l'air et la lumière.
Ajoutons que ces jeunes plantes ayant une croissance rapide, il faudra les empoter dans des pots de plus en plus grands à mesure qu'elles se développeront, sans jamais attendre qu'elles s'y ti'ouvent à l'étroit. Si l'on tient à ce que les jeunes plantes forment des touffes épaisses et bien feuillées, on en -pincera la sommité au-dessus de la quatrième feuille, pour les contraindre à se ramifier.
MARANTA PORTE ANA.
MARANTA DE PORTE, {pl. 26.)
MARANTACEES. —
.Tolio plante importée du Brésil, en 1858, par M. Linden, liortlculteur à Bruxelles, qui l'a reçue de M. Porte, voyageur botaniste bien connu.
Comme toutes ses congénères, elle est vivace et de serre cliaude ; elle forme une toulTe compacte, d'un bel effel, surtout quand les mouchetures de ses feuilles sont un peu tranchées. Ces léudies sont en ovale allongé, lisses et luisantes en dessus, d'une belle teinte verte, sur laquelle se détachent des bandes ou macules oblongues d'un blanc gi^isàtre, qui suivent le fd des nervures latérales. Le dessous de la feuille est uniformément lilas-carmin plus ou moins vif et mêlé de vert.
Même température pour cette plante que pour les autres Marantacées, c'est-à-dire de 20 à 28" centigrades en été, de 15 à 18" en hiver. La terre où on la plantera sera un compost formé par parties
52 MARANTA PORTEANA.
égales de terre franche sableuse ou de vase de rivière, de terre de bruyère et de terreau de feuilles, bien mélangés, avec addition de fragments de chaibon. On plante en mars, en pots bien drainés, et on donne des arrosages d'autant plus copieux et plus fréquents que la végétation est plus active. Comme toujours ces arrosages doivent être très-modérés en hiver.
On la multiplie par les drageons ou rejets qu'elle pousse du pied. Ces drageons sont enlevés par une section nette faite à l'aide d'une serpette ou d'une lame de couteau ; on les plante dans des petits pots drainés, qu'on enfonce dans la tannée chaude, et qu'on recouvre comme il a été dit en parlant des autres espèces du genre. Après la reprise , on empote dans des pots plus grands, remplis du compost indiqué ci-dessus, et on ne découvre les jeunes plantes que graduellement, pour les raisons déjà expliquées.
APHELANDKA LROPOLDI.
APHELANDRA LEOPOLDI.