MARAMA MICANS
dans toute sa longueur par une bande l)lanche à contours déchiquetés. Sans exagération, on peut dire que c'est une perle dans son genre.
Mais aussi sa culture n'est pas sans difficultés, et il faut une certaine attention pour la maintenir florissante. On y parvient en la plantant dans un sol très-léger, très-siliceux, composé de sable et de terre de bruyère, additionné d'un peu de terreau de feuilles et de quelques fragments de charbon. Les pots doivent être de petite taille, même eu égard au volume de la plante ; ils doivent être surtout parfaitement drainés , au moyen d'une couche de tessons recouverte elle-même d'un lit de mousse. On met la plante sur un rayon près du vitrage, mais en l'abritant contre les rayons directs du soleil. Donnez en été des arrosages proportionnés à l'activité de la végétation ; en hiver, quand la plante se repose, contentez-vous d'entretenir la terre légèrement humide.
La multiplication se fait à l'aide des pousses qui sortent du rhizome, autour du pied. Lors des empotages, au printemps, on les détache avec quelques racines, et on les plante dans des pots qu'on recouvre d'une cloche, et qu'on enfonce dans la tannée chauffée à 24 ou 25". L'opération doit se faire dans un endroit un peu obscur de la serre. Les boutures reprises, on les empote de nouveau, en leur donnant tous les soins ultérieurs réclamés par le tempérament de la plante.
DAPHNE MEZEHEUM VARIEGATUM.
DAPHNE MEZEREUM VARIEGATUM.
DAPHNÉ BOIS JOLI PANACHÉ, (pl. 50.;
— THYMÉLÉAGÉES. —
Le Mézéréon est un sous-arbuste indigène, commun surtout dans les montagnes du centre et du midi de la France. Depuis des siècles usité en médecine, il a été plus récemment introduit dans les jardins, qu'il égayé de son feuillage, de ses jolies petites fleurs blanches, rosées ou violettes, et plus tard de ses baiesjaunes. Comme plusieurs de ses congénères, il est d'une rusticité à toute épreuve.
La variété panachée, dont on voit ici la figure, nous vient d'Angleterre, où elle a été obtenue de semis par un jardinier de Leeds, en 1856, puis, pour plus de sûreté, multipliée de greffes sur d'autres Daphnés, en ne prenant pour greffer que les rameaux les plus panachés. Comme la forme type, la variété panachée forme un petit buisson touffu, ou du moins qui le devient quand on l'assujettit à une taille raisonnée. Ses feuilles ovales, d'un vert pâle au milieu, sont largement marginées de blanc, avec des macules d'un vert foncé disséminées çà et là vers l'extrémité du limbe.
La meilleure terre qu'on puisse lui donner est un mélange de terre franche fortement additionnée de terre de bruyère ou de sable siliceux. Il faut éviter avec soin d'y ajouter des engrais quelconques. On a remarqué que ce Daphné vient mal dans les sols humides, comme aussi dans les villes enfumées du Nord.
La meilleure manière de le multiplier est la greffe, soit en fente, soit en placage, ou toute autre. On prend pour sujet quelque autre Daphné, la Lauréole [Daphne laureola) par exemple. Cette greffe se fait en mars, un peu avant que la végétation ne commence.
EVONYMUS JAPONICUS AUREO-VARIEGATUS.
FUSAIN DU JAPON. PANACHÉ JAUNE D'OR. (PL. 49 Cf. )
— CÉLASTRINÉES.
Le Fusain du Japon réussit dans tous les sols de qualité moyenne, pourvu que l'eau n'y reste pas stagnante. Dans toutes les régions maritimes, comme dans le midi de la France, il résiste aux plus rudes hivers, et il n'est pas rare de l'y voir fleurir et fructifier; dans le nord-est, pavs froid, il demande des abris, aussi est-il bon de l'abriter par un mur faisant face au midi.
On la multiplie, soit de graines là où on peut en avoir de mûres, soit de boutures ou de coucliages. Les couchages se font en juin, dans une terre légère, qu'on tient constanmient un peu humide. En automne, les branches couchées sont ordinairement assez bien enracinées pour qu'on puisse les séparer de la plante mère. Pour aider à leur enracinement on fait une entaille en dessous, sur le milieu de la courbure, afin d'arrêter la marche de la sève descendante dans le chicot, qu'on tient d'ailleurs écarté du reste de la branche, en insérant dans lentaille, longue de 2 à 3 centimètres, une petite pierre ou une brindille de bois. Les nouvelles plantes ainsi obtenues se plantent séparément ; on pourrait aussi attendre la fin de l'hiver pour faire cette transplantation.
Pour faire des boutures, il est nécessaire de tenir quelque temps l'arbuste sous verre. Par là, ses rameaux s'étiolent, et ils acquièrent bien plus d'aptitude à s'enraciner. On en coupe de jeunes pousses, longues de 10 à 15 centimètres, et, après les avoir débarrassées des feuilles inférieures, on les pique dans des pots remplis de terre de bruyère, qu'on plonge ensuite dans la tannée chauffée à 18 ou 20". Les boutures ne tardent pas à s'enraciner, et, dès qu'elles sont bien reprises, on les empote à part, et on les tient encore quelque temps enfermées, puis on les découvre petit à petit pour les habituer graduellement à supporter le contact de l'air. S'il s'agit de la variété panachée, on aura soin de prendre les boutures sur des rameaux présentant au plus haut degré la teinte qu'il s'agit de reproduire. C'est du reste ce que le lecteur devine, sans qu'il soit nécessaire de l'en avertir.
YUCCA FILAMENTOSA VARIEGATA.
YUCCA riLAMENTOSA VARIEGATA.
YUCCA FILAMENTEUX PANACHÉ, (pl. 51.)
LILIACÉES
Prévenons tout de suite le lecteur que c'est par erreur que la planche ci-jointe porte le nom de Yucca aloifolia. Cette dernière est une tout autre espèce que celle dont nous avons à parler ici.
Qui ne connaît les Yuccas, ces superbes Liliacèes arborescentes de l'Amérique du Nord, qui seraient presque des palmiers si leurs ' feuilles, au lieu de rester simples et de reproduire la forme d'une épée acérée, se divisaient en pinnules ou s'étalaient en éventail? Mais, telles qu'elles sont déjà, elles n'en forment pas moins à l'arbuste une tête d'un aspect des plus singuliers. On sent, rien qu'à voir ces plantes, qu'elles tiennent déjà de la végétation tropicale, et cependant plusieurs d'entre elles sont encore rustiques dans le nord de la France, Sous le ciel plus lieureux du midi, elles deviennent de véritables arbres, rivaux des Palmiers de second ordre, qu'elles éclipsent d'ailleurs par la grandeur et la richesse de leurs inflores-
102 YUCCA FILAMENÏOSA VARIEGAÏA.
cences, et là, sous les puissants rayons du soleil, elles mûrissent des fruits, qu'on prendrait de loui pour de volumineuses bananes.
Les Yuccas sont, à tous les points de vue, une des plus belles acquisitions de nos jardins d'agrément; aussi n'y a-t-il pas lieu de s'étonner s'ils jouissent de tant de faveur dans le public horticole. D'ici à peu d'années, ils joueront un grand rôle dans la décoration des jardins pul)lics de nos villes.
L'espèce en question ici est originaire de la Virginie ; son arrivée en Eui'ope date de 1720, mais la variété panachée est beaucoup plus récente, et, il faut le dire, encore peu répandue hors des jardins d'Angleterre. On voit qu'ici la panachure consiste en deux larges rubans blanc jaunâtre qui courent le long des bords de la feuille, séparés l'un de l'autre par un ruban vert foncé. Le bas du limbe est légèrement teinté de carmin.
Comme tous les Yuccas, celui-ci veut une terre riche, bien fumée, bien perméable à l'eau, et une exposition en plein soleil. On le multqDlie à l'aide des pousses latérales qui naissent sur sa tige, lorsqu'il est adulte. On les enlève par un coup de serpette donné au ras de la tige, et on les bouture en pleine terre, dans un endroit chaud, mais ombragé, où on leur donne quelques arrosages si le besoin s'en fait sentir. Ils s'y enracinent, et au bout d'un an ils sont assez forts pour être replantés à demeure.
CORDYLINK (DRACyEiNTA^ IN DIVISA.
LU
CORDTLIINA I^D1VISA.