TUSSILAGE PAS D'ANE PANACHÉ. (PL
— COMPOSÉES - ASTERACÉES.
Quoique originaire de nos climats, et même fort commun dans les fossés humides, le vulgaire Tussilage, ou Pas d'Ane, comme on dit dans quelques-unes de nos provinces, va nous fournir un digne pendant du Faî-fughan exotique, aux macules jaunes, dont nous avons fait l'histoire (pi. 11). C'est qu'aussi la variété dont nous donnons ci-contre l'image se fait remarquer par une richesse de coloris et une netteté de dessin qui ne sont pas communes. On voit que ces feuilles, dont le centre est normalement vert, sont largement marginées de jaune, et qu'entre ce jaune et le vert du centre, il y a encore une zone irrégulière d'un vert gris. Nous pourrions ajouter que, sur le bord même de la feuille, on voit courir un étroit liseré, dont la teinte approche de celle du carmin. En voilà plus qu'il n'en faut pour faire entrer cette jolie variation dans les jardins.
Le Tussilage est rustique au plus haut degré. Dès le milieu de mars, et quelquefois plus tôt. il pousse de terre de courtes tiges co-
M2 TUSSILAGO FARFARA VARIEGATA.
tonncuses et blanchâtres, terminées par des fleurs jaunes qui ne sont pas sans agrément dans cette saison ; puis, quand les graines ont mûri, les feuilles à leur tour sortent déterre, et s'étalent au soleil. C'est le plus beau moment pour la variété panachée.
Rien de plus facile que la culture du Tussilage ; il vient en toute espèce de terre, pourvu qu'elle ait de l'humidité. La multiplication se fait à l'aide de tronçons du rhizome. C'est la seule manière, du reste, de conserver pure la variété panachée dont il vient d'être question .
HEDERA HELIX VAK.IBGATA.
HEDERA FOUIS VARIEGATIS.
LIERRES PANACHÉS, (pl. 57.)
— ARALIACÉES.
Le Lierre ( luj des Anglais, au pluriel li^ies, du celtique /> qui signifie vert) est, dans nos climats septentrionaux, le seul représentant de ces nombreuses araliacées des pays chauds, que nous nitroduisons avec tant d'empressement dans nos serres, et à coup sur il n'est pas une des moins belles. De tout temps on a tenu en haute estime son épais et luisant feuillage, qui, bravant la rigueur des frimas, est pour les pays du nord presque le seul souvenir d'une saison plus douce. Longtemps on l'a abandonné aux seuls soins de la nature, qui étale avec profusion ses guirlandes vertes sur les rochers, les arbres des forêts et les ruines, et c'est là véritablement qu'il est à sa place. Sa sombre verdure s'aUie à une nature désolée, et uispirela mélancolie; aussi a-t-il été chanté par tous les poëtes, et le trouve-t-on associé aux philtres et aux enchantements de toutes les époques de crédulité La science moderne l'a dépouillé de ses pro-
1K lîEDERA FOLIIS VABIEGATIS.
priétés magiques, mais elle lui a laissé sa beauté, et aujourd'hui il occupe une place distinguée dans Thorticulture ornementale.
Le Lierre habile des climats bien différents, car on le troure depuis le nord déjà torride de l'Afrique jusqu'aux confins de l'Ecosse et de la Norwége ; mais suivant les lieux et les circonstances locales il prend des aspects différents : aussi en distingue-t-on un grand nombre de variétés. Il diffère même suivant qu'il est jeune ou adulte, qu'il rampe à terre, grimpe verticalement sur un appui, ou que, dépassant cet appui, il s'élance pour ainsi dire dans le vide de l'atmosphère, sous les bienfaisants rayons du soleil. Le Lierre vit ti'ès-longtemps et devient à la longue très-gros et très-grand. Tant (lu'il se traîne à terre, ses feuilles petites et lobées sont d'un vert terne et grisâtre et ses faibles tiges ne contractent aucune adhérence avec le sol ; grimpe-t-il sur le tronc d'un arl)re ou sur un mur, sa tige grossit, devient ligneuse et émet des milliers de radicelles qui l'attachent à son soutien ; en même temps ses feuilles grandissent et prennent cette belle teinte verte et luisante que tout le monde lui connaît. Lorsqu'enfin il est arrivé au sommet de ce soutien", ses rameaux se dressent et se tiennent fermes; ses feuilles perdent leurs lobes et prennent une forme ovale; mais aussi l'arbre entre dans une nouvelle phase de sa vie ; il fleurit et commence à se reproduire. Il n'est personne qui n'ait remarqué, sur la fin de l'automne, les jolies ombelles fleuries du lierre, et plus tard ses corymbes de baies noires, si recherchées des oiseaux, auxquels elles servent de provende pendant la saison d'hiver.
Cette belle liane joue un rôle considérable dans l'horticulture moderne. On s'en sert pour tapisser les murs et en masquer la nudité ; on la fait grimper au sommet des arbres, mais elle finit par les étouffer ; on l'emploie enfin à faire des bordures le long des massifs, en fixant à terre ses sarments. Le meilleur emploi qu'on en puisse faire est toujours la décoration des murs et des rocailles, et c'est là précisément que peuvent trouver leur emploi ces jolies variétés panachées de blanc et de jaune, dont nous donnons ci-contre la figure.
ECRITES NUTANS.
ECHITRS NUTANS (H.EMADICTION VENOSUM).
ECHUES PENCHÉ. (PL. 58.)
— APOCYNÉES. ~
Originaire de T Amérique centrale, X Ecliites nutans est pour nous une plante de serre chaude. Il est grimpant comme bon nombre d'espèces de sa famille, et il donne des fleurs blanches d'une odeur suave ; mais ce qui le recommande surtout, à notre point de vue particulier, c'est la gentillesse de son feuillage tout réticulé de vemes pourpres, et qui le cède à peine en beauté a celui des brillants ^«œctochilus dont il a été parlé plus haut.
Qu'on ne s'y trompe pas cependant: pourètre digne de lui-même. \Echites nutans veut être cultivé avec soin; négligé, il perd presque
H6 ECIHTES NUTANS
entièrement les teintes Inillantes qui le distinguent lorsqu'il est entre les mains cVun habile jardinier. Nous allons révéler ici tous les secrets de sa culture.
Le seul moyen de l'obtenir beau consiste à planter ensemble quatre ou cinq jeunes sujets, ou davantage, dans un même pot, bien drainé et rempli d'un compost de terre franche et de terre de bruyère; on enfonce ce pot dans la couche de tan, chauffée à 25 ou 26°, et on le couvre d'une cloche, en ayant soin de tenir l'atmosphère ambiante un peu humide. Les jeunes plantes poussent vigoureusement; on les découvre alors peu à peu, et loisqu'elles sont tout à fait hal)ituées à l'air libre de la serre on les fait grimper sur un treillis de fil de fer en forme de globe ou de ballon, qu'elles ne tardent pas à recouvrir en entier. Il est bon de ne pas les laisser trop vieillir, parce qu'à la longue les feuilles deviennent coriaces, prennent une teinte jaune et perdent leur belle carnation rouge ; on remplace donc les anciennes plantes par de plus jeunes qu'on a eu soin de tenir toutes prêtes.
La multiplication par boutures est difficile; il est rare en effet que les rameaux détachés s'enracinent, mais on supplée à cet inconvénient par la plantation de fragments de racines, longs de 6 à 8 centimètres, qui reprennent avec une grande facilité, pourvu que la couche sur laquelle on déposera les pots ou les terrines cjui les contiennent soit chauffée au degré convenable, c'est-à-dire à 25 ou 26".
La floraison de YEchites iiutaus est assez rare dans les serres, mais précisément parce que, pour en obtenir un beau feuillage, on est obligé de renouveler les plantes, sans attendre qu'elles soient ariivées à l'état adulte.
CISSUS PORPHYROPHYLLUS.
CISSUS PORPHYROPHYLLUS.