‹ Les plantes a feuillage coloréChapitre 32 sur 35 · CISSUS A FEUILLES ROUGES. PL · texte numérisé non relu

CISSUS A FEUILLES ROUGES. PL

— AMPÉLIDÉES. —

Voici une autre vigne à feuilles colorées, et qui peut servn' tle pendant, mais sans Tégalcr, au somptueux Cissns discolor, dont il a été question plus haut. Elle nous vient en ligne directe de rinde, où elle a été découverte, il y a quelques années, par M. Thomas Lobb, botaniste-collecteur de la célèbre maison Veitch, de Chelsea, près de Londres.

Ses feuilles sont largement cordiiormes, d'un vert d'émeraude dans le premier âge, et comme satinées; cà et là, mais principalement au voisinage des nervures, la face supérieure est maculée et ponctuée de rose carmin : la face inféiieure est uniformément d<-

iS CISSUS PORPHYROPHYLLUS.

couleur pourpre pâle. Cette curieuse vigne, qui peut être employée avantageusement à tapisser les murs dans la serre, à gnmper aux lieillis ou aux colonnettes, et à varier '.es feuillages colorés en se mêlant à d'autres espèces, a cependant un défaut, celui de croître avec lenteur, défaut d'autant mieux senti que son rival, le Cissus discolor^ plus brillamment coloré, croît au contraire avec une grande rapidité.

En revanche, la culture en est des plus faciles. Elle réussit supérieurement dans un compost de terre franche et de terre de bruyère, avec des arrosages proportionnés à la végétation, et sous une température estivale de 18 à 22". Les boutures prises sur le jeune bois s'enracinent promptement, et donnent des plantes vigoureuses.

ALOCASIA METALLICA.

ALOCASIA METALLICA (ALOCASIA CUPREA).

ALOCASE CUIVRÉE. PL. 60.

AROIDEES.

S il pouvait rester des doutes sur rexcellence des Aroïdées, comme plantes à feuillage ornemental, ces doutes seraient levés à la seule inspection de la miraculeuse espèce dont nous avons à parler ici. Malgré Thabileté et les efforts du peintre, la figure cijointe, qui est censée en être l'image, ne représente que ses contours ; quant à ses teintes, nul pinceau au monde ne pourrait les rendre ; à peine même si la description détaillée en donnerait une idée.

IjAlocasia métal lica vient des sombres vallées de la chaîne de Kina-Balou, à Bornéo.

C'est une forte plante, qui, pour l'ampleur du feuillage,- rivalise presque avec la Colocase des anciens. Ses feuilles, taillées sur le patron ordinaire des feuilles d'Aroïdées, c'est-à-dire de figure à

120 ALOCASIA METTALLICA.

peu près ovale, présentent cette singularité qu'elles sont réellement peltées, par la réunion des deux lobes basilaires, ce qui semble reporter l'insertion du pétiole presque au milieu du limbe. Le nom de metallica, qui est ici bien appliqué, fait allusion au genre particulier des reflets, vraiment métalliques, de ces feuilles, qui, vues de face, rappellent le poli et l'éclat du bronze, mais qui, semblables au caméléon, prennent toutes les teintes comprises entre le rouge et le bleu, suivant l'angle d'incidence du faisceau lumineux qu'elles renvoient à l'oeil de l'observateur. Le dessous des feuilles est uniformément rouge carmin. Les pétioles sont d'un vert clair, et l'inflorescence d'un blanc lavé de rose. Tous ces traits réunis font de cette Aroïdée une plante unique dans son genre.

Elle se plaît à une température estivale de 26 à 28", qui peut, sans inconvénient, s'élever à 30 ou 32 pendant le jour, sauf à redescendre à 20 ou 22 pendant la nuit. A cette forte chaleur, il faut ajouter une atmosphère humide et peu transparente, telle en un mot qu'on la fait artificiellement pour les Fougères et les Orchidées tropicales, en compagnie desquelles elle croît dans son pays natal. On la plante dans un compost formé par paities égales de sable siliceux et de terreau de feuilles, auxquels on ajoute un peu de vase de rivière, compost léger et bien perméable à l'eau. Les pots doivent être fortement drainés par une épaisse couche de tessons ou de gros gravier, qu'on recouvre d'un lit de mousse destiné à empêcher l'obtui-ation du drainage.

La plante est de trop récente introduction en Europe pour y avoir produit des graines ; on est donc encore réduit au bouturage des drageons qu'elle émet de son rhizome, moyen lent, mais dont il faut savoir se contenter en en attendant un meilleur. Ce bouturage d'ailleurs n'offre pas de difficulté sérieuse ; il est purement et simplement la répétition de celui que nous avons décrit à maintes reprises pour les divers Caladiums dont nous avons parlé dans le cours de cet ouvrage.

Nous n'avons pas épuisé, bien s'en faut, la liste des plantes à feuillage coloré, ni celles dont le feuillage, sans prendre des teintes insolites, est cependant considéré, avec juste raison, comme hautement ornemental ; mais nous ne voulions pas non plus composer un livre trop volumineux et, par là, accessible à trop peu de lecteurs. Toutefois, pour ne pas laisser incomplet le sujet que nous avons entrepris de traiter, nous allons donner ici une liste des plantes à feuillage ornemental les plus intéressantes que nous avons dû laisser en dehors de nos descriptions, en les classant par catégories de culture, c'est-à-dire en plantas rustiques, demi-rustiques et de serre chaude ou de serre tempérée.

Avant d'entrer en matière, faisons cependant observer que les plantes à feuillage peint ou panaché se répartissent naturellement en deux classes fort distinctes : celles chez qui la coloration est un phénomène normal, auquel l'espèce tout entière est assujettie, et celles dont le feuillage n'est vraiment coloré que par décnloration, phénomène anormal qui n'affecte qu'un certain nombre d'individus dans chaque espèce, et qui est presque toujours le signe d'un état maladif. De là vient que, parmi ces dernières, il en est plusieurs que leur faiblesse, la pauvreté de leur feuillage ou leur lenteur à croître doivent rigoureusement exclure du jardinage ornemental; mais il en est aussi beaucoup qui conservent assez de vigueur pour y trouver une place honorable, et qui ne sont souvent pas moins belles ni moins estimées que celles chez qui le coloris insolite est un état parfaitement naturel. Dans les pages précédentes nous avons décrit des plantes de l'un et de l'autre groupe; celles que nous allons signaler maintenant appartiennent principalement à celui des feuillages décolorés, et où les couleurs acquises sont presque toujours le jaune pâle, ou le blanc ; mais nous aurons soin de ne recommander que celles qui nous paraîtront vraiment méritantes, et cette précaution est d'autant plus nécessaire que les horticulteurs marchands livrent au commerce un« multitude de plantes panachées plus que médiocres. Le lecteur nous saura donc gré de lui signaler ici les meilleures, dans les catégories suivantes.

A. PLANTES PANACHÉES RUSTIQUES ET DEIVII-RUSTIOUES.

Acnriis grainirwus variegatus. — Charmante petite plante de Chine, haute de 0"'.20, à feuilles linéaires, rubanées de vert et de blanc,

Agajxtinlius umhellatus variegatus. — Belle liliacée du Cap, à Heurs bleues, en ombrelles; à leuilles parfois rubanées de blanc.

Jgave americana variegata. — Tout le monde connaît cette gigaiiles(]ue amaryllidée du Mexique, dont les énormes hampes florales s'élèvent à 6 ou 8 mètres. Les variétés panachées de jaune ou de blanc sont communes dans les jardins.

Agrostis cnlnrata variegata. — Plusieurs graminées du même genre sont recherchées pour leurs feuilles rubanées de blanc.

Jjuga reptans va?'iegata. — Plante indigène, de petite taille, à fleurs bleues ; sa variété panachée, rustique comme elle, est d'un bel effet en bordures, le long des pièces de gazon.

Angelica syhestris \'ariegata. — Très-belle ombellifère de nos montagnes, souvent employée pour décorer le bord des pièces d'eau. Sa variété panachée de jaune n'est pas sans mérite.

Artemisia vulgaris aurea. — L'armoise à feuilles jaunes ou panachées de jaune est d'un bel effet dans les massifs ; elle est parfaitement rustique et ne demande aucune culture.

Jrundo phragmites olbo-variegata. — Charmant roseau à feuilles rubanées de blanc pur, rustique, du plus bel effet au bord des eaux. Nous dirons la même chose du grand roseau de Provence [Arimclo donax) et du roseau de Mauritanie [J. mauritanien), dont on cultive aussi des variétés rubanées.

Aspidistra lurida variegata. — Liliacée du Japon, à feuilles larges et fermes, ([uelquefois largement panachées de blanc et de jaune pâle. Trèspropre à composer des massifs dans les plates-bandes.

Auciiha Japonica. — Arbuste bien connu, dont la variété femelle, à feuilles marbrées de jaune, est cultivée dans tous les jardins. Depuis peu, la plante mâle a été introduite en Europe, et on obtient, par la fécondation artificielle, des fruits d'un rouge de corail qui doublent la beauté et la valeur de nos anciens échantillons.

Bellis perennis variegata. — La pâquerette à fleurs doubles est une de nos plus charmantes plantes de pot; les variétés panachées sont peut-être encore plus attrayantes, mais elles sont aussi plus délicates et fleurissent moins facilement. La plupart de ces variétés nous viennent de Belgique.

Calamagrostis- cnlorata. — Autre roseau à feuilles panachées qu'on peut réunir à ceux qui ont été indiqués ci^dessus. Comme eux, il se plaît au liord des eaux.

Canna indica variegata. — A tous les mérites des balisiers, celui-ci joint celui d'avoir les feuilles rubanées de blanc; malheureusen)ent il n'est pas tout à fait rustique sous notre ciel et doit être abrité l'hiver.

Carduus mariamis. — Le chardon Marie est une superbe plante de nos climats, dont les feuilles, élégamment découpées et épineuses, sont admirablement marbrées de blanc, et cela naturellement et non point par chlorose. Il est très-rustique et sa grande taille lui assigne sa place sur les pelouses et les talus des jardins paysagers.

Centaurea candidissima et Centaurea dealhata. — Deux belles jîlantes rustiques, dont les feuilles sont blanchies par un épais duvet. Quoicpie ce ce ne soient point à proprement parler des plantes panachées, leur teinte insolite doit les faire classer ici. Elles sont du plus grand effet en bordures et en massifs.

Cineraria luaritima. — Plante non moins belle du midi de la France, où elle habite au voisinage de la mer. Par ses feuilles élégamment découpées, blanches et cotonneuses, et par ses corymbes à fleurs jaunes, elle tiendra toujours un rang distingué dans la Flore décorative. Elle est suffisamment rustique dan:^ le nord.

('oni>nlviilu.s Cfieoriaii, C. ar^enteus, C . rantabricus. — Charmants liserons du midi de l'Europe, à feuilles soyeuses, blanchâtres, luisantes, auxquelles s'ajoutent les fleurs rosées les plus gracieuses. Ce ne sont point des plantes panachées par chlorose, mais elles n'en sont que plus estimables.

Elymus arcfuirins f;laucus. — Une de nos plub belles graminées indigènes, à feuilles naturellement glauques, parfois rubanées de blanc. Peu de plantes conviennent aussi bien pour les terrains sablonneux.

Festnca glauca. — Graminée du midi de la France, à feuillage lin, toulfïi, très-glauque ; admirable en bordures le long des massifs. Elle pourrait servir également à composer des gazons et des pelouses dans la région méridionale, où les gazons du nord ne réussissent pas.

Glechoma hederacea varie^ata. — Jolie variété panachée d'une plante commune, qui rampe sur leb talus desséchés des chemins et au pied des murs. Elle va de pair avec Vj/ui^u dont il a été parlé plus haut.

Hydrani^cd Japonica, — Les Hortensias sont bien connus pour la beauté de leurs ombelles florales, roses, lilas, blanches, parfois bleues dans certains sols On en connaît aussi plusieurs variétés panachées, blanches ou jaunes, qui sont d'un bel effet, quoique moins rustiques et moins vigoureuses que le type.

Iris fœddissiina — du midi de la France. Sa variété à feuilles rubanées de blanc est une plante estimable pour les jardins. Elle veut de copieux arrosages en été. Nous pouvons en dire autant des Iris marmornta et pseudo-acnrus, dont il existe aussi de belles races panachées.

Myoporum punctatum. — Très bel arbuste de la Chine, à feuilles persistantes, vertes, ponctuées de jaune. Il veut être abrité en hiver.

Myrtus communis. — La myrte, si rustique sur les bords de la Méditerranée, demande des abris dans le centre et le nord de la France. Personne n'ignore que c'est un des arbustes les plus attrayants de nos orangeries : il a donné quelques variétés panachées de blanc, assez intéressantes, mais plus difficiles à conserver que le type. >

Prunella ^'ulgaris variegata. — Labiée indigène, non sans mérite ornemental. Sa variété à feuilles panachées va de pair avec Y /ijiigac\lé plus haut.

Rnsmarinus officinalis. — Arbuste du midi de la France, à feuilles persistantes, et à fleurs bleues. On en connaît des variétés à fleurs panachées de jaune, qui ne valent pas le type de l'espèce.

Similax asperifolia picta. — Liliacée grimpante et épineuse du midi de la France. On en possède une variété à feuilles marbrées de jaune qui n'est point sans mérite. Comme le type de l'espèce, elle est vivace et demirustique dans le nord.

Trifolium rubru?n. — Trèfle à feuilles pourpre cl noir, à trois ou ciuij feuilles. C'est une curieuse variété, dans la<[uelle la macule brune envahit le limbe entier des folioles. Par sa singularité, cette plante, qui form»-

d'ailleurs de jolies touffes, bien fournies, mérite de prendre place dans les parterres.

Yucca aloifolia, Y. filamentosa, etc. — Les Yuccas sont de superbes plantes, à l'état naturel ; superbes par leur feuillage et par leurs vastes panicules de fleurs blanches. A ces mérites de premier ordre, s'ajoute pour quelques-uns celui d'avoir des feuilles rubanées de blanc ou de jaune pâle ; mais ces dernières variétés sont moins rustiques que les autres, et surtout fleurissent plus rarement et plus difficilement.

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