‹ Les plantes alliées aux Tupistra (suite)Chapitre 2 sur 2 · IH · texte numérisé non relu

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des vrais Tupistra. Plus tard, le filet existe, si court qu’il soit. D'un Campylandra à un autre, nous verrons qu’il varie de longueur. Dans le Gonioscypha, on le dit très court. C’est donc comme finalement dans le Rohdea. Ce ne peuvent être non plus des différences de valeur générique.

Le Rohdea a deux ovules par loge, avec un petit obturateur au-dessous d’eux, comme dans les Campylandra. Son style est dit nul : il est seulement court, mais il existe, sous forme d’un épais cylindre creux. Le « stigmate » n’est pas pelté, comme on dit. Le sommet creux du style se dilate en triangle, avec trois sillons radiants qui se rejoignent au centre. Ces sillons séparent les uns des autres trois lobes stigmatifères obtus, qui existent dans tous les Tupistra, avec des variations de forme qui présentent des transitions sans nombre d’une espèce à une autre.

Ajoutons que le tube de périanthe porte, sous les étamines, un pli circulaire saillant, comme nous en trouverons plusieurs dans notre Campylandra Fargesiana; que le Rohdea a plusieurs bractées stériles au sommet de son inflorescence, comme les Campylandra et le Gonioscypha ; que les fleurs du Rohdea sont plus ou moins « entraînées » sur l’axe au-dessüs de leur bractée s axillante, comme celles de quelques Campylandra, et que l’inflorescence du Rohdea , quoique sortant de terre, termine les branches feuillées, comme elle le lait beaucoup plus manifestement dans certains Campylandra. Ceux-ci sont des Tupistra, soit! — Mais ce sont, en même temps, tout autant des Rohdea. Les uns et les autres sont pour nous d’un genre unique. Le Rohdea devient notre Tupistra japonica, et la section qu’il représente est à peine distincte des autres sections du genre.

Une autre plante le démontre, notre 'lupistra (Campylan drà) Fargesii, découvert dans le Su-tchuen oriental cette année par Al. Farges(n. 114), dans le district de Tchen-Kéoutin, à 1400 mètres d’altitude. Son rhizome est exactement, avec de plus faibles dimensions, celui du Rohdea. ! Comme les siennes, ses feuilles distiques sont ordinairement sessiles, parfois rétrécies en « pétioles » au-dessus de la base vaginante. Elles ont de un à quatre décimètres de

long, à limbe linéaire ou linéaire-lancéolé, avec une nervure médiane plus épaisse. L'inflorescence et les fleurs (jaunâtres?) sont celles du C. aurantiaca, bien plus petites. L’ovaire est pyriforme, avec un style dt nt l’extrémité dilatée est trigone , et non peltée, avec trois lobes entourant la cavité stylaire et séparés par trois sillons radiants, chacun d’eux étant largement obovale et stigmatifère sur ses bords. Le fi'et de l’antbère est court et épais ; il se porte presque horizontalement en dedans. Les deux loges de l’anthère introrse ne sont pas seulement séparées par un sillon profond, qui va jusqu’au connectif. En haut, ces loges sont libres jusqu’au point d’insertion. Les lobes du périanthe sont ovales-acuminés, et leurs bords portant des papille? blanchâtres, peu visibles ici, mais que nous allons voir grandir dans une autre espèce. Quant aux ovules géminés, ils sont ceux des Tupistra et des Rohdea, avec le même obturateur très réduit et obtus.

Nous donnerons le nom de Rhytichlamys à une section du genre Tupistra , que représente une plante du Sut-chuen récoltée par le P. Farges (n. 983). Avec-les idées de M. Baker sur ce groupe, on en fera peut-être un genre distinct; mais pour nous ce sera le T. ( Rh .) chlorantha. C’est une plante à inflorescence de Gonioscypha et de Campylandra, avec un bouquet de bractées linéaires au sommet. — La fleur, très curieuse à analyser, est insérée sans pédicelle au fond d’une dépression qui surmonte la bractée axillante, et elle est à quelque distance de cette bractée, parce qu’elle a été entraînée sur l’axe de l’épi. Le tube du périanthe est hémisphérique, à paroi mince et presque translucide, sauf au niveau de six bandes épaisses et opaques qui répondent à la ligne médiane des folioles du périanthe. Celles-ci s’insèrent à la gorge du périanthe et elles s’étalent en étoile, triangulaires-acuminéès, épaissies à leur base, de couleur verte, avec des papilles blanchâtres et inégales sur les bords. A la gorge du périanthe s’insèrent les six étamines ; mais cette gorge est occupée par des [ saillies circulaires, proéminant inégalement dans l’intérieur et qui forment quatre cercles de rides superposés. Les trois collerettes inférieures sont mince?, blanchâtres, continues ou à peu près, tandis que la supérieure, un peu plus épaisse, est

inégalement festonnée. C’est entre cette collerette et la plus élevée des trois inférieures que s’insèrent les six étamines, dans un sillon circulaire assez profond. Dans ce sillon se cache en grande partie leur filet, large, épais et court ; et on n’en voit guère sortir que les anthères., qui sont ovales, introrses et déhiscentes par des fentes longitudinales, mais dont les deux loges parallèles sont indépendantes l’une de l’autre partout ailleurs qu’en leur point d’attache dorsal. Le gynécée se moule pour ainsi dire sur la cavité du tube du périanthe. C’est un ovaire déprimé, surmonté d’un style très court et épais, à sommet stigmatifère capité. Cette tête se décompose facilement en trois lobes obtus qui sont parcourus chacun par une fente radiante, et les deux lèvres de ces fentes sont découpées d’épaisses papilles. Dans chaque loge se voient deux ovules collatéraux, ascendants, à micropyle inférieur et extérieur, et sous les micropyles s’étend un obturateur arqué, peu élevé et très large. 11 est fréquent, mais non constant, que la base de chacune des divisions du limbe s’épaississe en dehors, en une sorte de court éperon plein qui correspond au sommet d’une des colonnes épaissies du tube. L’ensemble du périanthe rappelle très bien, et avec de très petites dimensions, la corolle étoilée, ridée et rugueuse, que l’on connaît chez un grand nombre de Stapslia. La plante a un rhizome chargé de racines adventives assez épaisses, et de longues feuilles linéaires, eusiformes (30 cent.), cinq ou six fois plus longues que l’épi, sessiles, coriaces, avec une grosse nervure médiane mousse.

Vient enfin une plante tonkinoise, type d’un groupe Dorystachya, qui fera également partie du genre Tupistra, tout à côté des Campylandra, dont elle a les étamines. C’e.-t Balausa (n. 41 i2) qui a trouvé ce T. tonkinensis , dans les forêts de Lankok, au Mont Bavi, en juillet 1887. Avec les idées de M. Baker, on en pourrait faire un genre particulier, dont l’inflorescence à longues bractées et les feuilles sont celles de son Gonioscypha eucomoides. Mais cette inflorescence termine un axe aérien et dressé, long de deux décimètres, et les feuilles distiques, portées par cet axe, ont aussi une couple de décimètres de long sur quatre centimètres de large. La portion

rétrécie en pétiole se dilate en une gaine triangulaire qui embrasse largement la branche. Quant aux fleurs, elles ontle périanthe campanulé des Campylandra, avec des étamines à épais filet arqué, attaché plus haut que le milieu du périanthe et décurrent sur lui en forme d’épaississement triangulaire. L’anthère dorsifixe a ses loges séparées par un profond sillon vertical, mais unies l’une à l’autre jusqu’au sommet. Le sommet stigmatifère du style cylindrique et creux, est, comme dans le Rohdea, trigone, avec trois sillons radiants. Ce qu’il y a de plus remarquable dans l’ovaire, c’est que ses loges ne sont pas biovulées. Mais il y a dans chacune d’elles trois ou quatre ovules bisériés, ascendants, avec le micropyle dirigé en bas et en dehors. Leur anatropie est complète. D’ailleurs les loges ovariennes ne sont pas complètes dans toute leur hauteur. 11 y a un point où les trois cloisons ne se rejoignent

I pas, et le même fait s’observe dans quelques Campylandra. Le style, quoique plus court, est celui du Gonioscypha.

En somme, dans l’état actuel de nos connaissances, le genre Rohdea disparaît. Il devient, comme les Campylandra , Dorystachya, Rhytichlamys et t?) Gonioscypha, section d’un grand genre Tupistra; et celui-ci, parmi les Liliacées-Aspidistrées, se distingue par ses fleurs en épis, tandis que le genre Aspidistra demeure limité aux plantes à grandes fleurs pédonculées solitaires. Le genre Tupistra s'étend, en Asie, des montagnes de l’Indo-Chine au Japon. Il réunit des espèces à feuilles sessiles et à feuilles dites pétiolées, basilaires ordinairement, mais parfois groupées dans l’ordre distique sur un axe aérien, et ses organes de végétation souterraine sont toujours les mêmes. Sont variables la longueur du tube et des lobes du périanthe, celle des filets staminaux et du style, et, dans une seule espèce jusqu’ici, le nombre des ovules qui sont partout ailleurs géminés.

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