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PRÉFACE

Les ouvrages qui traitent des plantes des hautes régions, au point de vue exclusivement botanique, sont nombreux, et il n’est maintenant, pour ainsi dire, aucun pays de montagne qui n’ait une bonne Flore permettant d'arriver facilement à la détermination des espèces que l’explorateur y rencontre. Nous pourrions citer, pour les régions les plus voisines de nous, en Suisse : le Flora helvetica, de Gaudin, complété plus récemment par la Flore du Canton de Vaud, de Rapin, et le Catalogue des Plantes des environs de Genève, de Reuter; pour les Alpes, le Flora pedemontana, d’Allioni, et la Flore du Dauphiné, de l’immortel Villars, suivie plus tard de celle de Mutel, et qu’a reprise et complétée récemment le Catalogue des Plantes du Dauphiné, de mon excellent frère J.-B. Verlot; pour le Jura, la Flore de la chaîne du Jura, de

M. Grenier; pour les Vosges, celles de MM. Kirschleger et Godron; pour

les Pyrénées enfin, l'Histoire des Plantes, de Lapeyrouse, et le Supplément à la Flore française, de de Candolle; et plus près de nous, la Flore des Pyrénées, par Philippe, et celle des Hautes-Pyrénées, par Dulac. Mais tous ces livres, dont quelques-uns sont excellents et peuvent être donnés comme modèles, limitent leurs champs d’exploration à l'étude des espèces à un point de vue exclusivement scientifique; en dehors de l'indication des localités où elles croissent, et parfois, pas toujours même de quelques indications vagues sur l'altitude, la nature du sol et l'exposition, l'amateur de plantes alpines y chercherait vaine-

ment un guide qui lui fournisse des règles, grâce auxquelles il puisse transporter et conserver dans son jardin les conquêtes qu'il a faites dans les montagnes. Moins riche que la botanique, l’horticulture ne possède encore, en France du moins, car l'Angleterre a depuis peu les Alpine flowers, de notre ami M. Robinson, aucun ouvrage spécial qui vienne satisfaire au goût toujours croissant, pour la culture de ces gracieux pygmées du règne végétal. On nous a pressé souvent de remplir cette lacune. Nous aurions désiré qu'une main plus habile se chargeât de cette tâche. Que le lecteur nous soit indulgent si nous n’avons pas traité d’une manière plus compiète et plus élevée un sujet jusqu'ici inexploré, et pour lequel il eût fallu une plume exercée, maniée par une main que n'aurait pas durcie le maniement de la bêche et du râteau.

Voici, en quelques lignes, le plan que nous avons suivi : Après une Introduction consacrée à quelques généralités sur la végétation alpine, nous donnons les principes généraux de la culture, tels qu’ils résultent de notre expérience. Dans un second chapitre, nous conduisons le lecteur dans quelques-unes des plus intéressantes et des plus riches stations de nos montagnes!. Dans le dernier, nous nous occupons de la récolte et du transport des plantes, puis une fois arrivées’ dans nos jardins des modes par lesquels on les multiplie, et du parti qu’on peut en tirer pour l’ornement etla décoration. Deux séries de planches accompagnées d’une courte description et d'indications de culture, complètent notre étude : la première consacrée aux plantes alpines proprement dites, la seconde à des espèces que leur petite taille ou leur mode de végétation permettent d'utiliser de la même façon. Nous donnons enfin une liste, limitée aux plus intéressantes, d'espèces alpines pouvant former le fonds d’une bonne collection.

4. Les Bulletins de la Societé botanique fourniront un grand nombre de récits d’excursions semblables; nous leur avons fait quelques emprunts ainsi qu’à notre Guide du Botaniste herborisant. Un volume in-18 de 600 pages. Paris, J.-B. Baillière et fils.

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