CHAPITRE II
EX CUES LONS
OUS!: croyons utile, avant de compléter ce que nous avons à dire sur la récolte, la mulüplication et l'emploi des plantes alpines dans nos jardns, de donner la liste nominaüve des espèces qui peuplent les régions élevées de quelques-unes de
nos montagnes les mieux connues et les plus renommées, Nous
appellerons surtout l'attention sur les plus jolies d'entre elles
d6 LES PLANTES ALPINES
et cela moins au point de vue botanique qu’au point de vue horticole ; nous nous attacherons aussi à citer les espèces à mesure que nous les retrouverons dans les stations même qu’elles affectionnent de préférence.
Nous avons choisi, comme devant être l’objet de nos pérégrinations : le mont Viso et le Lautaret, dans les Hautes- Alpes ; le cirque de Gavarnie, ce joyau de la chaine des Pyrénées ; le pic de Belledone et la Grande-Chartreuse dans. l’Isere ; le mont Cenis, en Savoie ; le Jardin et les Grands- Mulets, qui font partie intégrante du puissant massif du mont Blanc ; et enfin le mont Ventoux, ce dernier échelon de nos Alpes.
LE MONT:WIS0
Notre point de départ pour le mont Viso sera, si l’on veut, Briançon. De la, il s’agit de gagner Abries, le village le plus voisin de ce mont si remarquable par ses richesses végétales. La distance est longue, aussi faut-il, pour la franchir, partir de bon matin. Prenons une boîte à herboriser, et surtout qu’elle soit aussi grande que possible, car nos récoltes devront être fructueuses. Quatre jours au moins seront nécessaires pour effectuer notre course dans de bonnes conditions. Faisons donc transporter par la voiture qui passe à Guillestre les différents bagages dont nous pouvons avoir.be- SOIN.
On peut se rendre de Briançon à Abriés, soit en remontant la belle vallée de Cervières jusqu’à sa naissance, c’esta-dire jusqu'au pied du col de Malrif, soit en abandonnant cette même vallée au village qui lui a donné son nom, et en gravissant le premier col qui se trouve à droite, c’est-
EXCURSIONS AU MONT VISO d7
à-dire le col d’Isoire, par lequel on pénètre dans la vallée de Quayras, dont Abriès est le dernier village important. C’est ce second itinéraire que nous suivrons.
En quittant Briancon, dont l’altitude est de 1321 mètres, on peut recueillir, dans les lieux les plus chauds que longe la route du Grand - Villard au ruisseau de Cervières, plusieurs espèces intéressantes empruntées à nos départements méridionaux. Les rochers qui bordent la route nous offrent entre autres :
Seutellaria alpina (fig. 20), Centranthus angustifolius, Nepeta lanceolata, Lavandula vera, Hieracium saxatile,
— lanatum, Avena distichophylla, Potentilla caulescens ;
presque toutes espèces propres aux lieux incli- Fig. 20. — Scutcllaria alpina. nés et rocheux.
Plusieurs arbustes, notamment les :
Rosa rubiginosa, Cotoneaster vulgaris,
— Reuteri, Ribes uva crispa et quelques Pinus silvestris et uncinata égarés, forment à peu près le fond de la végétation arborescente.
Les environs du ruisseau, dans le lit duquel on trouve des blocs d’euphotide, de serpentine et de variolite de la Du-
rance, nourrissent plusieurs plantes des régions plus élevées et qui caractérisent en quelque sorte la végétation de ces lieux. Ce sont surtout les :
Hieracium florentinum, Astragalus aristatus, Ononis cenisia, Myricaria germanic«, Uippophae rhamnoides, Epilobium Fleischeri,
et parfois aussi le rare Hieracium qlaucum, AN.
Apres deux heures de marche, nous atteignons le village de Cervieres, que nous devrons bientôt quitter pour nous diriger aux Granges-d’Isoire.
Partout où le grès blanc est plus ou moins recouvert par les calcaires bleus qui sont si communs dans ces endroits, apparaissent :
Alchimilla alpine, Æthionema saæatile, Dryas octopetala, Globularia cordifoliu, Tréfolium Thalir, Kernera saxæatilis, Are VErRU, Sedum atratum,
et les Asperugo procumbens et Carum bulbocastanum, qui témoignent assez que nous sommes toujours à une altitude où toute culture n’a pas encore disparu ; en effet, partout où le sol a pu être travaillé par l’homme, on voit des champs de cé-réales, du blé, du seigle et des pommes de terre.
En continuant notre ascension, nous arrivons bientôt à des bois assez épais, formés presque entièrement par le Pin silvestre; nous recueillerons, chemin faisant, soit dans des lieux plus où moins éclairés, soit sous lombrage même de
ces bois :
Veronica fruticulosu, Viola biflora,
Sulix retusa, Soldanella alpin«,
Silene acaulis, Saæifraga muscoides, Astragalus aristatus, Selaginella Spinulos«, Hepatica triloba, Aspidium Lonchitis,
Draba aizoides, Rhododendron ferrugineum,
Antennaria dioica, Arabis alpina,
EXCURSIONS
Adenostyles alpine, Saliæ reticulata, Juniperus nana, Veronica aphylla,
MONT VISO 99 Cirsium Spinosissümum,
Dianthus neglectus,
Polygonum viviparum,
Arenaria ciliate.
À ce bois en succède un autre dont l’essence dominante est le Mélèze, auquel s’adjoignent encore le Pinus uncinata et le Pinus silvestris.
De remarquables Lichens pendent à leurs rameaux Îles plus âgés, et ce sont surtout les Usnea barbata, var. plicata, et U. florida mélangés à PEvernia furfuracea et au Chlorex vulpina, dont la teinte est le jaune doré foncé. Le nombre des espèces alpines augmente, et nous voyons apparaitre successivement, parmi les plus intéressantes où celles que nous n’avons pas encore observées :
Daphne Verloti, |
Arabis ciliata,
Carex digitata, Gentiana verna,
Sagina glabra, Polygala alpestris, Oxytropis montana, Androsace obtusifolix, Myosotis alpestris, Viola calcarata, Carduus defloratus Anemone alpine, Saxifraga oppositifolin, Pürola secunda, Veronica Allionii, Bellidiastrum Micheli.
Peu après avoir quitté cette forêt, dans laquelle on ne peut malheureusement remarquer que quelques rares individus du Pin Cembro, nous arrivons bientôt au Refuge du col Isoare, situé à environ 2,330 mètres d'altitude. De nouvelles
plantes se montrent à nous, et parmi elles les:
Apargia Taraxaci, Helionthemum wlandieun,
Sulix retusa, Omalotheca Supina, — serpyllifolin, Erigeron alpinus, — reticulatu,
Silene acaulis,
Anemone baldensis, Hutchinsit alpina, etc.
Six à sept heures de marche nous ont conduit au sommet du col (alt., 2,430 mètres environ). Si le calcaire liasique qui
le constitue est dépourvu d’euphotide et de variolite, 1l offre, par contre, de belles masses de gypse. On trouve dans les éboulis une réunion importante de plantes à humble stature, et, parmi elles, les suivantes, que nous n’avions pas encore rencontrées :
Potentilla minima, Herniaria alpina, Petrocallis pyrenaica, Phaca australis, Viola cenisia, Galium tenue, Brassica repanda, — «nisophyllon, Cardamine resedifolia, — helveticum, Pyrethrum alpinum, Campanula Alliont, Cherleria sedoides, Carex rupestris,
et enfin le très-rare Berardia subacaulis.
Du col même, qu'on ne quitte qu'a regret à cause des richesses végétales qui s’y trouvent réunies, on se dirige sur le village de Brunissard par des éboulis mouvants et à pente trés-rapide, qui rendent le trajet difficilé et fatigant. La végétation paraît moins riche de ce côté que de l’autre. Ce sont bien les mêmes plantes, mais elles semblent distribuées avec parcimonie.
Cependant le Viola cenisia, la Campanule d’Alloni et l’'Hutchinsia rotundifolia se montrent dans un luxe de végétation rare.
Plus on descend, plus les plantes deviennent fréquentes, et, sur les calcaires bleus qui réapparaissent, on trouve, habitant d'énormes blocs de rochers, le Sarifraga cæsia, et, à leur base, les Valeriana montana et Cystopteris alpina. Le Veronica alpina, V'Hieracium qglaucum, le Buplevrum ranunculoïdes et le Rhamnus pumila sont assez communs aux environs de Brunissard.
Entre ce village (alt., 1,780 mètres) et celui d’Arvieux (alt., 1,572 mètres), on trouve l’Epulobium collinum, l'Erysimum virgatum et deux arbustes : les Rosa pomifera et Lonicera Xylosteum.
Nous arrivons bientôt au point où la vallée débouche dans celle du Guil, qui porte dans cet endroit le nom de gorge de la Chapelue, et on peut y recueillir le Prunier de Briançon, avec lequel on fait l'huile de marmottes, ainsi que les Centaurea leucophæa et Juniperus Sabina. Plus loin, sur les chauds talus bordant la route qui mène à Chäteau-Quayras, nous retrouvons la plupart des espèces recueillies près de Briançon, et, de plus, l'Hyssope commune
et le Satureia mon-
tana, que nous n’a-
vions pas encore observés.
A Château-Quayras (alt., 1,450 mètres), l'aspect est sauvage et grandiose. Devant nous, au milieu de létroitevallée,se dresse
le château, assis sur un rocher escarpé Fig. 21. — Rochers escarpé s.
(fig. 21) fendu par
une profonde et sinueuse crevasse où serpentent les eaux du torrent sur lequel on a jeté deux ponts hardis. Les montagnes environnantes sont assez boisées depuis leur base jusqu’à environ 150 meétres, mais leurs sommets sont nus, escarpés et couverts de neige; des rochers abrupts encaissent profondément le torrent qui mugit à leur base. Ici commencent les ‘schistes talqueux, plus ou moins quartzeux, que nous devons toujours trouver jusque sur les hauteurs du Viso. Mais le jour baisse, et nous devons gagner Abriès le plus tôt possible.
Nous arrivons enfin au but de notre course, mais seulement à une heure très-avancée et sans avoir pu contempler, comme il le méritait, l’aspect de ces magnifiques montagnes, et aussi sans avoir vu les curieux villages de Villevieille et d’Aiguille, que nous avons traversés pendant lobscurité la plus orande.
Après une journée aussi bien remplie (de quinze à seize heures de marche environ), on ne peut guere, le lendemain de son arrivée à Abriès, surtout si on n’a pu s’y rendre que muni d’une boîte bien remplie, songer à entreprendre le voyage du Viso, qui, pour être bien fait, nécessite Pemploi de deux jours complets.
Après avoir consacré la matinée à préparer la récolte de la veille, on peut faire dans les environs une herborisation assez fructueuse.
Celle que nous conseillons aura. pour but /es Rousses, village situé à une faible distance. :
Remontant, au sortir même d’Abriès, le ruisseau ou le torrent qui descend des Rousses, on trouvera, soit sur les grèves, soit sur les rochers plus où moins herbeux et mouillés, soit dans les lieux incultes comme aussi sur la lisière des bois de Mélèzes ou autres Coniféres assez disséminés, les plantes suivantes :
1° Dans les grèves :
Hippophae rhamnoides, Salix helix,
Epilobium Fleischert, Adenostyles leucophylla,
Salix nigricans, — albifrons, — purpureu, —- alpind';
2 Sur les rochers humides et herbeux :
Artemisia absinthium, Rumex seutatus, Pedicularis verticillata, Laserpitium gallicum, Saæxifraga aizoides, 7aleriana tripteris, Hieracium villosum, Saxifraga oppositifolix,
Thalictrum fœtidiun, Ononis cenisia,
EXCURSIONS AU MONT VISO 63 Leucauthemum coronopifolium, Sempervivum arachnoideun, Orytropis montan«, Silene vallesia, et enfin le rare Primula marginata, qui croît là en touffes denses et d’un effet admirable :
3° Sur les lisières des bois ou dans les lieux avoisinant les prairies :
Atragene alpina, Centaurea montan«x,
Trifolium montanum, Colchicum alpinum,
Ononis rotundifolia, Rosa pimpinellifolia, Parnassia palustris, Salix alba.
Le chemin devient étroit; nous laissons à gauche le torrent et, dans des terrains secs où dans des éboulis, nous voyons un certain nombre de plantes vulgaires, propres à des lieux moins élevés; et que nous ne citons ici que par curiosité. Telles sont les :
Cirsium eriophorum, Sedum dasyphyllum, A Euphorbia Cyparissias, Geranium pyrenaicum, toutes plus ou moins communes dans les plaines ; mais à côté d'elles nous voyons aussi quelques témoins d’une végétation décidément montagnarde: ce sont :
Rhamnus alpina, Alsine mucronatu, Hieracium villosum, Herniaria alpine,
L’Arabis bellidifolia, le Pinquicula vulgaris, le Tofieldia calyculata et le Primula farinosa abondent le long d’un petit ruisseau qui coule sur un rocher, au bord de la route. En suivant le chemin côtoyant le torrent que nous avions quitté tout à l'heure et que nous venons de rejoindre, nous retrouvons à peu près les espèces déjà citées; cependant les
Astragalus Onobrychis, Centaurea Kotschyan«a, Silene alpina, Sisymbryum austriacum, Scabiosa lucida, Hieracium lanatum,
sont 1ci d'une abondance extrème.
À l’entrée du village des Rousses, et tout autour de lui
(alt., environ 1,800 mètres), on trouve l’Asine striata sur les rochers, le Colchicum alpinum dans les prairies, et PAsperugo procumbens dans les lieux les plus rapprochés des habitations ; ce dernier indique assez qu’à cette altitude des cultures existent encore.
En effet, le seigle y trouve toujours les conditions nécessaires à son développement.
Il est bien rare, surtout un dimanche, de ne pas rencontrer quelques habitants prenant part à un jeu qui remonte à la plus haute antiquité, la Mourre, que jouaient les Romains au temps d’Auguste, et qui, aujourd'hui, charme encore les loisirs des paysans d'Italie et des contrées limitrophes.
Si du village des Rousses on se dirige vers les prairies voisines, à l'extrémité supérieure desquelles doit s'arrêter notre course, on trouvera, chemin faisant, étalant un véritable
luxe de végétation, les :
Cerinthe alpina, Phyteumu Hallert,
Veronica urticæfoliu, Rumex arifolius,
Polygonum Bistorta, — alpinus, — alpinum, Trollius europœus.
Puis, tout pres d'elles, sur des coteaux un peu plus secs, arides mêmes, ou dans des débris de rochers :
Dianthus neglectus, Veronica Allionti, Buplevrum ranunculoides, Herniaria alpina, Alsine Bauhinorum, Hieracium lanatum.
Dans un petit bois de Mélezes apparaissent, sous son om— brage peu épais, les :
Pingquicula vulgaris, Anemone alpina, Luzula spicata, Geranium silvaticum, — niveau, Orchis albida, Trifolium badium, — viridis, Gentiana campestris, Vaccinium Myrtillus,
— nivalis, Homogyne alpin«.
EXCURSIONS AU MONT VISO 65 Enfin, au fond de la vallée, dans une belle et magnifique prairie, point extrême de notre course, nous pourrons compo-
ser un bouquet des plus remarquables avec les espèces sui vantes qui s'offrent à nos regards :
Ranuneulus aduncus, Campanula rhomboidulis, — aconitifolius, Polygonum alpinum, Bartsi alpine, — DÉC iPAr UN , Nigritella angustifolie, Alchimilla vulgaris, Laserpitium latifolèum, Trifolium alpinum, — forulaceurn, — montanum, Centaurea montan«, Pimpinella magna (flor. ros.) — ner vost, Crepis blattarioides, Crepis aurca, Orchis conopsea, Phyteuma Halleri, Erigeron Villarsii.
Avant de revenir à Abriés, ce que nous allons faire en suivant le chemin que nous avons pris en venant, remarquons le développement vraiment prodigieux qu'acquierent dans cette prairie un certain nombre de nos plus jolies plantes; mentionnons surtout le Lilium Martagon, depuis longtemps déja complétement défleuri dans les bois humides des plaines, el que nous voyons ici bien en fleur et représenté par des individus sur lesquels on ne compte pas moins de quinze à vingt-quatre fleurs.
Le retour à Abriès s’est effectué un peu avant la nuit. Préparons nos récoltes, puis réparons nos forces, car les deux journées suivantes seront on ne peut mieux remplies. Il s'agit de quitter notre quartier-général momentané le lendemain matin de très-bonne heure. Faisons remarquer que, pour faire fructueusement l’herborisation du Viso, il serait Indispensable de prendre un guide, et, si l’on était plusieurs, de faire transporter les bagages etles provisions de bouche jusqu'au Chaletde-Ruine, où on pourrait établir son campement. Quoi qu'il en soit, cinq heures sonnent. Il est temps de se mettre en route. Nous arrivons bientôt, en remontant le Guil, dont les abords
ne nous offrent aucune espêce nouvelle à citer, devant Ristolas, puis à la Monta, puis enfin à la Chalp, dernier village que nous devons rencontrer.
En continuant notre route, qui longe toujours le Guil,nous arrivons bientôt au Rocher-Croulé, bloc énorme qui s’est détaché de la montagne pour rouler dans la vallée, considérablement rétrécie en cet endroit. Là, les voitures s’arrêtent forcément, et, si l’on a des provisions, on ne peut les faire transporter qu'a dos de mulet.
Là aussi toute trace de culture disparaît, même le seigle et les pommes de terre, dont nous venons d’apercevoir les derniers champs. Mais d'immenses prairies apparaissent, et elles sont formées d’une infinité de plantes, dont la plus commune a pour nous le plus grand prix. Nous citerons entre autres les suivantes, parmi celles qui composent la prairie alpestre et très-fertile que nous traversons, en suivant un sentier qui cotoie la rive droite du Guil :
Potentilla rupestris, Lychnis Flos-Jovis, Veratrum album, Trifolium montanum, — Lobelianum, Orchis globosa,
Nigritella angustifolia, Fritillaria delphinensis,
Silene vallesia,
Leucanthemum coronopifoliun, Linaria alpina,
Polygonum alpinum,
— Bistortu, Suliz glauca, - Centaurea montana, Pedicularis foliosa, — axillaris, — incarnata, — alpestris, Campanula spicata, Dianthus neglectus, — thyrsoides, Phyteuma betonicæfolium, Saxifraga Aïzoon, Centaurea nervosa, — aizoides,
Plantago fuscescens, Paradisia Liliastrum, Sempervioum arachnoideum, Trollius europæus,
Linaria italica,
Lilium croceum,
Phaca alpina,
Delphinium montanum, Anemone Halleri,
— alpin,
— narcissiflora, Thalictrum odoratum, Aconitum Lycoctonum, Geranium aconitifolium,
Potentilla grandiflor«, Hugueninia tanacetifolix, — aureu«, Gentiana Burseri, — alpestris, Artemisir glacialis.
En nous rapprochant du torrent qui coule avec impétuosité, et tout près d’un pont de neige, on peut cueillir les Crocus vernus et Bulbocodium vernum. Si on traverse ce pont pour gagner la rive gauche du Guil, on trouvera plusieurs plantes intéressantes et qui ne paraissent pas croître sur la rive droite du torrent. C’est là que M. Th. Delacour a fait une ample récolte de C?neraria aurantiaca, que nous avons vainement cherché sur l’autre rive, et qu'il nous faut gagner au plus tôt.
En remontant toujours la rive droite du torrent, les prairies nous offrent :
Rannneulus pyrenœus, Carez ferruginea,
— Villarst, Pinguicula grandiflora, Fritillaria delphinensis, Arabis bellidifolia, Gentiana vern«a, Hedysarum obscurum.
— bavarica, Gentiana campestris.
Non loin de là, la vallée s’élargit ; on traverse le ruisseau et on gagne le Chalet-de-Ruine, ou chalet de la Tranchée (alt., 2050 mèêtres environ), qui est adossé contre un rocher, et qui, dans la belle saison, est habité par des pasteurs de la Camargue.
On peut cueillir, sur le rocher taillé à pic qui surmonte le chalet, les Viola biflora, Atragene alpina, Erigeron Villarsi, et, sur les pierres qui forment le tuyau de la cheminée, l’A/sine Villarsii.
Il faut, après un arrêt de quelques minutes, se remettre en marche et gagner au plus tôt les Grands-Chalets, qui sont connus aussi sous le nom de Chalets de la Traversette, du col qui les domine.
On peut, partant d’Abriès à l’heure indiquée, arriver au Chalet-de-Ruine à midi; l’ascension des immenses prairies
qui le séparent des Grands-Chalets nécessite environ deux heures d’une marche soutenue. On pouvait, à une époque encore peu éloignée, coucher dans ces chalets, aujeurd’hui abandonnés; on doit donc, apres les avoir atteints et exploré leurs environs, revenir coucher à Ruine.
L’exploration des vastes prairies, tantôt plantureuses, tantôt un peu rocheuses, que nous allons parcourir, nous fournira, outre la plupart des espèces déja observées, un grand nombre d'autres nouvelles pour la course. Nous indiquerons entre autres les :
Veronica fruticulosa, Semvopericum montanum, Poa Supina, Sazxifraga bryoides, Hypocheæris uniflor«, Crepis grandiflora, Oxrytropis lapponica, Pedicularis rostrata, = tuberos«, = fasciculata, Isatis alpine, Gypsophila repens, Trifolium badium,
— Thalii, Thlaspi alpinum , Fig. 22, — Aquilegia alpina. Aquilegia alpina (Ag. 22), Salix cœsia, Festuca spadicea, Gentiana punctata, Poa cæsia, Oxytropis cyaneu, Luzula lutea, = campestris, Agrostis rupestris, Linum alpinum, Hieracium glanduliferum, Hypericum Richeri, + CYINOSUR , Brassica Richeri, — multiflorum, Armeria alpina, — villosum, Thalictrum minus, Juncus trifidus, Geranium aconitifolium, — Jacquini, Carex nigra, — triglumis, Campanula spicata,
— alpinus. Saponarit ocimoides,
Carex capillaris, Sisymbriumacutonlugmu,
— leporin«,
— Davalliunu, Seipus Bæothryon, Orchis latifolia, Euphrasia minima,
— alpine, Myosotis alpine, Sagina glabra, Alsine lanceolatu, Arabis alpine, Geum montanum, Viola calcarata, Draba auizoides,
Sedum Rhodiola,
Adenostyles leucophyllu,
Phleum alpürvum, Alopecurus Gerard,
Chrysanthemum alpurum,
Trifolium alpinum, Alchimilla pyrenaica, — alpin«,
Silene cxscapu, Petrocallis pyrenaica, Arnica montant, Centaurea nervosu,
— uniflor«,
— tomentos«, Alchimilla alpina, Orobus luteus, Hieracium Camerarii, Cardamine resedifoliu, Plantago fuscescens,
Erysimum helveticun, Artemisia glaciulis.
Vers la partie supérieure des prairies, l'herbe devient de plus en plus courte. De ce point aux Grands-Chalets, dans des lieux arrosés par un ruisseau qu'alimentent les neiges et qui vient de la Traversette même, on peut prendre plusieurs plantes caractérisant la végétation des pâturages élevés, entre autres les :
Saxifraga stellaris, Viola calcaratu, — aizoides, Sagina glabru, Sibbaldiu procumbens, (agea Liottardi, Alchimilla pyrenaica, Carexæ fœtidu,
ainsi que plusieurs Mousses, notamment les :
Gymmostomum rupestre, Philonotis fontun,
Distichium capillaceum, Neckera crispu, Barbula vuralis, Var. major, — complanatu, Bartramia ithyphylla, Hyprum aduncum,
Timnia megapolitana, — uncinaltum.
Nous arrivons aux Grands-Chalets; partout autour &e leurs ruines se trouve en abondance le Chenopodium Bonus-
Henricus; et, au-dessus d'eux, dans les rochers éboulés, se présentent :
Asplenium viride, Allosurus crispus,
Aretia Vitaliana, Thlaspi alpinum, Sibbaldia procumbens, Gagea Liottardi,
Draba aizoides, Achillea herba-rota (rare).
Cardamine resedifolix,
Plus haut, en suivant le sentier mal tracé qui monte au col de la Traversette (alt., environ 3,000 meétres), les pentes escarpées et les débris de rochers qui le longent fournissent :
Geum reptans, Cherlerix sedoides, Aronicum scorpioides, Alchimilla pentaphyllea, Petrocallis pyrenaica, Saxifraga retusa, Hutchinsia rotundifolia, — oppositifolia — alpine, — androsuceu, Campanula Allionii, Erijeron wniflorus, Achillea herba-rotu, Veronica alpina, Braya pinnatifidu, Oxyria digyna.
Enfin nous atteignons, apres plus d'une heure de marche pénible au milieu des débris de rocs mouvants, le souterrain de la Traversette que dansle pays on attribue aux Sarrasins, et par lequel, au xvi° siècle, les troupes et l’artIlerie de Francois [" entrerent en Italie.
Nous pouvons même, le temps le permettant, continuer notre ascension presque jusqu'au-dessous du col. Il est bien rare, lorsqu'on fait cette ascension, de ne pas entendre le bruit des pierres qui se détachent sous les pieds des chamois bondissant sur les rochers escarpes (fig. 23).
Si, au lieu de nous diriger vers le col même d’où la vue s'étend sur les plaines et les montagnes élevées de l'Italie, nous prenons l’étroit sentier quise trouve derrière les Grands- Chalets et que nous le suivions jusqu'au sommet de la montagne, nous trouverons, sur l’immense arête formée en grande partie par une roche talqueuse de teinte vert clair et blanc
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