PLANCHE V
Dédiée à l'illustre Ramond par Richard, cette plante singulière, qui à elle seule constitue la famille des Ramondiacées, a pour unique patrie les Pyrénées centrales et orientales, où elle croît sur les rochers ombragés et frais. Elle présente une souche courte, de laquelle naissent une ou plusieurs larges rosettes de feuilles étalées sur le sol; celles-ci sont ovales-obtuses, crénelées, ridées et couvertes, surtout sur leur face inférieure, ainsi que sur les bords de leurs courts pétioles, d’une pilosité abondante. De Vaisselle des feuilles naissent, au mois de mai ou de juin, des hampes de 10 à 15 centimètres, se terminant par une à dix fleurs penchées et d’un pourpre violet ; la corolle est rotacée, rappelant la forme de certains Verbascum, à cinq divisions égales, obovées et ciliées. Cing petits faisceaux de poils courts et orangés, situés à la naissance des élamines, augmentent l'élégance de cette fleur déjà si curieuse et qui n’a d’affinités botaniques voisines qu'avec des plantes habitant les contrées chaudes de l'Inde et du Nouveau-Monde.
Le meilleur moyen pour cultiver avec succès le Zamondia consiste à l’élever en pots ou en terrines bien drainés, et à l’hiverner sous châssis froid. Tout terrain humeux, frais, léger, poreux et doux au toucher, par exemple du terreau de feuilles ou du terreau de saule, auquel on ajoute un peu de sable et du poussier de charbon, ainsi qu'une orientation nord, peuvent lui convenir. Un point essentiel est que le Ramondia ne cesse pas d’avoir une fraîcheur de fond régulière, aussi fera-t-on bien de placer la base des pots dans une cuvette qui retiendra une petite quantité d’eau. On pourra, si la collection renferme une certaine quantité de Æamondia, en planter quelques indi-
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vidus sur les rocailles, et, s'ils ont été convenablement installés, ils pourront y résister, même à l'influence si funeste des changements de température qui se manifestent sans cesse sous notre climat, surtout pendant l'hiver ou le premier printemps.
Le Ramondia se multiplie par des semis faits sur des mottes de terre de bruyère maintenues constamment fraîches ; mais ce moyen est long, et on doit lui préférer celui qui consiste à détacher et à planter les bourgeons qui se développent à l’aisselle des feuilles les plus extérieures, et qui, dans la plupart des cas, sont toujours plus ou moins munis de racines.
l LINNÆA BOREALIS L. — LINNÉE BORÉALE