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ces arctiques ; en revanche ces dernières ont recherché les lieux humides et abandonné les lieux secs à nos plantes endémiques. C’est aussi précisément en leur qualité de plantes des régions humides qu'elles sont répandues sur un aussi vaste territoire.
« À. de Candolle a prouvé que les plantes cosmopolites dansle vraisens du mot sont presque exclusivement des espèces aquatiques. On peut donc admettre que les espèces arctico-alpines qui ont trouvé un sol suffisamment imprégné d’eau, ont été victorieuses dans la lutte avec leurs rivales, et qu’elles se sont répandues de leur foyer central du nord de l’Asie et de l'Amérique dans toute la région circumpolaire et dans toutes les chaînes de la zone tempérée, jusqu’à l'Himalaya, et s’y sont maintenues alors que la plaine était depuis longtemps couverte d’une flore composée des lieux secs et chauds. |
« Il n’en est pas ainsi de nos plantes alpines … endémiques : elles se sont arrêtées à la limite . de la zone qui a le même climat que celui des Alpes ; au delà de la grande chaîne que for- . ment ensemble les Carpathes, les Alpes et les Pyrénées. elles ne se sont avancées vers le nord que jusqu'aux montagnes de l’intérieur de
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l'Allemagne, vers le sud jusqu'aux presqu'iles de la Méditerranée et vers l’est jusqu’au Caucase. À de plus grandes distances, on n'en retrouve que 70 espèces qui sont au nombredes plantes rares et disséminées de la Norwège, de la grande Bretagne, de l'Islande ou de l'Oural. Deux espèces ont pénétré jusqu’à l'Himalaya,ce sont les Pedicularis asplenifolia etl'Oxytropis lapporica. Malgré sa dénomination, cette dernière espèce est alpine et ne se retrouve qu'en Norwège, où elle est très disséminée.
«Ce n’est pas seulement dans les stations humides, mais aussi dans les stations les plus élevées, dans la zone subnivale et nivale que se révèle la nature plus robuste, la force d’adaptation plus considérable du groupe arctique. Des 287 plantes croissant dans cette région et appartenant à toute la chaîne, la moitié, soit 125, sont arctiques. Des 172 espèces alpines qui peuvent être envisagées comme les plus répandues et en même temps celles qui forment par la quantité des individus Ja partie la plus considérable de la végétation, il n'y en a pas plus de 93 qui soient non arctiques.
« L'élément endémique dé notre flore alpine n'arrive donc à avoir la prépondérance que
TN EE « lorsqu'il est soutenu par la douceur du climat « méridional ; quand l'humidité et le froid des « hauteurs se fait sentir d'une manière hostile « à la végétation, ces espèces cèdent la place aux « espèces du nord plus résistantes.
« Quoi de plus remarquable ! Ce n’est pas seu- « lement dans la population humaine de nos « Alpes que l’on peut distinguer une race indi- « gène-celtique, une race germanique plus apa- « thique et plus froide et une race romaine plus « vive ; la flore elle-même se compose d’un mé- » lange tout semblable ; on y trouve en effet « un élément endémique, un élément arctique « et un élément méditerranéen. »()
L'auteur insiste sur la durée et l’importance des deux époques glaciaires qui ont couvert notre pays. La flore alpine aurait alors occupé tous les territoires qui, dans nos plaines et sur les plateaux, n'étaient pas occupés par les glaces. Puis lorsque la limite des glaciers et des neiges éternelles, sous l'influence d’un climat plus chaud, peut-être de l’apparition du fæhn, commença à remonter, la flore suivit aussi ce mouvement ascensionnel et gagna les hauteurs où elle retrouvait ses conditions antérieures d'existence. Elle en redescendra peut-être un jour si, chose
(:) La flore de la Suisse et ses origines. p. 835.
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fort possible, la température de notre pays s’abaissait au point de permettre aux glaciers des Alpes de recouvrir encore une fois nos plaines.
La théorie du Dr. Christ est basée sur les données des plus grands naturalistes, des Cuvier, des Oswald Heer, des Agassiz. L'auteur a, du reste, étudé la question fort à fond ; il a travaillé lui-même et s’est entouré des renseignements les plus exacts. Malgré cela, cette théorie est loin de satisfaire entièrement ceux qui observent les Alpes et ce qui s'y passe dans le domaine de la flore. On peut se demander entre autres, quelles sont les lois qui poussent la flore alpine dans une marche ascendante et qui lui permet d’'envahir les sommités de bas en haut en escaladant les parois les plus abruptes, vierges de toutes traces de glaciers. D’après les données du Dr. Kerner d’'Innsbrück (') qui a fait de sérieuses études et de longues expériences à ce sujet, il n'existe dans les Alpes qu’un nombre fort restreint d'espèces dont les graines sont sujettes à être transportées par les vents. Il divise les graines des végétaux alpins en plusieurs séries : Les unes, et c’est le plus grand nombre, sont absolument nues, sans aspérités et destinées à rester en place ou à êtreen-
(?) Der Einfluss der Winde auf die Alpenvegetation. Zeitschrift der O. u. D. Alpenvereine, B. IL, $S. 144.