LA CELLULE
leur son^ attribuées, à la vie d'ensemble d'une plante, comme dans une machine les différentes pièces concourent toutes à la production d'un travail, en accom,< plissant chacune un mouvement spécial. La cellule végétale est réellement douée d'une existence visible, puisqu'elle naît, vit et se propage. Elle présente des phénomènes de développement bien faits pour nous, étonner, en raison de la promptitude avec laquelle ils s'accomplissent.
11 existe dans l'échelle végétale des «ujets composés d'une cellule unique, tels que les algues unicellulaires qui colorent en vert les lieux humides; et d'autres dont l'organisation en comporte un nombre incommensurable, comme certains champignons qui atteignent la grosseur d'un melon. Ces cellules sont indépendantes, et cependant elles procèdent les unes des autres et vivent ensemble. Dans plusieurs circonstances, elles se produisent même par division ; cependant la formation libre est la plus fréquente. En remontant à l'origine même de la plante, ou voit, dans les phanérogames, c'est-à* dire chez les plantes qui sont pourvues de fleurs, la production primordiale s'opérer dans une cavité de la graine au moment de la germination ; cette cavité est circoncrite par le sac embryonnaire, cellule agrandie, sorte de laboratoire naturel où s'exécute une sécrétion résultant de la germination. Quand cet utricule primordial est constitué, il s'allonge, s'élargit, donne naissance à d'autres cellules semblables : la plante est créée, - le principe a paru ; la loi de la nature s'accomplira, sans dévier de la ligne tracée, jusqu'à la mort de la plante : exemple admirable de cet ordre parfait qui préside à toutes les évolutions du monde organisé !
La masse des cellules offre une cohésion quelquefois très-résistante par leur soudure intime entre elles. Au commencement du siècle, Mirbel et plusieurs autres botanistes, encore peu favorisés par les progrès accomplis dans le microscope, ont pensé que les végétaux sont, dès leur naissance, constitués d'une manière pleine et continue. Cette supposition a été réfutée dune manière assez ingénieuse par l'observation de ce qui se passe dans la substance primitive pendant la fermentation du pain. Le levain communique à la substance une espèce décroissance artificielle, provoque des cavités, que Ton peut regarder comme autant de cellules, plus ou moins reliées entre elles selon le gonflement. Entre ces vides la substance est la même, sans qu'il y ait différence d'homogénéité entre la matière intercellulaire et les cellules ellesmêmes.
La force latente qui anime les végétaux est puisée dans l'association de cette multitude de cellules. Cette vie a certains cas d'activité qui surpassent toutes les forces perceptibles dans le développement de la vie apparente. Ainsi Friès a compté plus de dix millions de cellules sur la Reticularia maxima; toutes sont douées du pouvoir reproducteur. Le Lycopode gigantesque est composé de millions de cellules-spores dont chacune peut donner naissance en un jour à un champignon de grande taille. Lindley a calculé que les feuilles du Lupius qui se développent rapidement augmentent d'environ deux mille cellules par heure. Nous voyons dans les jardins les oignons de la Fritillaire produire des pousses de plusieurs centimètres dans l'espace d'une journée. Les Merulius, moisissures qui viennent sur les poutres humides dans les caves, augmentent en peu de temps
dans de fortes proportions. Qui pourrait compter les lentilles d'eau qui tapissent en quelques jours d'un si beau vert les eaux stagnantes? Ces innombrables petites feuilles sont composées d'innombrables petites cellules accomplissant chacune leurs fonctions. Dans les familles plus élevées, nous voyons les Melons et Potirons augmenter de plus d'un kilogramme - dans une seule journée de croissance.
Combien ce poids contient-il de
nouvelles cellules ? Les exemples ne manquent pns pour exprimer la grandeur des manifestation* 'de la puissance vitale organisant la matière inerte eten formant un végétal parfait. Ces silencieuses merveilles étalées au grand livre de l'univers nous montrent que, chez les êtres organisés, les causes qui président à leur formation sont aussi exubérantes dans leurs moyens d'action que merveilleuses dans leur mystérieuse existence.
Certains idéologues ont voulu tirer des conclusions sur les mystères de la création, d'après dé failles connaissances sur l'organisation végétale. Les uns ont voulu voir des utricules primordiaux partout, d'autres des cellules animées comme les animaux; un grand nombre ont édifié sur quelques données générales des théories plus avancées les unes que les autres. Plusieurs se sont jetés dans la discussion de la génération spontanée et de ses conséquences, dans la théorie de la formation delà matière, etc., tournant ainsi dans le cercle vicieux de l'insolubilité de certains problèmes, sur lesquels l'intelligence humaine se heurte, sans faire faire à la
science le moindre progrès. Devant ces questions palpitantes comme luttes d'imagination, mais inutiles puisqu'elles ne conduisent à aucune découverte réelle, le plus sage parti à prendre est de s'en tenir au domaine ordinaire de la constatation logique des faits. Ce que nous pouvons observer dans le monde des plantes, en aidant nos yeux du microscope, est suffisant pour provoquer notre admiration soutenue, sans qu'il soit be-
P'B- l - — Coupe diamétrale de Canna indien X 10." Disposition de 11 feuille enroulée conii|uemeot autour de la lige.
soin de nous égarer dans ce que nous ne voyons pas. La nature est une énigme dans l'étude de laquelle la raison et l'expérience doivent être inséparables.
Pour peu que l'on observe l'ordre qui prévaut dans la répartition des œuvres de la création, on est frappé de son harmonie générale. Plus les végétaux sont simples,