‹ Les plantes �etudi�ees au microscopeChapitre 7 sur 18 · PARTICULARITÉS DE L'ÉPIDERME · texte numérisé non relu

PARTICULARITÉS DE L'ÉPIDERME

Manière de faire . les observations. — Description. — Protubérances diverses. — L'épiderme est couvert d'une multitude de poils. — Caractères généraux. — Poils simples et composés. — Formes remarquables. — Feuille de Deutzia vue à la lumière polarisée. — Les barbillons. — Les glandes. — Glandes composées et nectarifères. — Sensation produite par les poils de l'ortie.

L'épiderme présente aux observations du micrographe une foule de détails intéressants, appropriés aux besoins de la plante. L'observation de ces détails se fait en enlevant un léger lambeau de cette membrane supérieure, assez résistante par elle-même ; observée directement avec le microscope, sans être séparée de la feuille, son opacité intercepterait la lumière qui dévoile toutes les délicatesses. Le lambeau d'épiderme qui a séjourné dans l'acide acétique additionné de glycérine est beaucoup plus transparent; les plus petits détails sont en évidence.

L'épiderme (ira, sur; Sépp.a, peau) est une couche cellulaire plus compacte que le tissu cellulaire interne, remplissant chez les plantes le même rôle que la peau

PARTICULARITÉS DE LËPIDERME. 119 chez les animaux ; il enveloppe les organes internes,

Fig. 78. — Épiderme d'un pétale île fleur île Géranium x 150.

afin de les protéger du contact immédiat des agents extérieurs.

Cette couche membraneuse se subdivise en deux stra-

Fig. 19.-Épidcrme inférieur du Trèfle (Tn/oli«m praleme) X 350. P. Foila S. Stomates disséminés sur le réseau libreui de l'épi derme.

tiflcations : l'une intérieure, l'autre extérieure; celle du dessous est le cuticule, sorte de pellicule épidermique plus durable et moins sujette à la désagréga-

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tiou. La surface offre presque toujours une disposition de cellules spéciales ne contenant pas de chlorophylle dans les pétales des fleurs; un liquide colore qui la remplace, leur donne ces brillants reflets si agréables aux yeux. Sur les pétales il existe une foule de petits cônes juxtaposés, réfléchissant la lumière; selon la disposition de l'œil de l'observateur, les tons

Tig. SB. - Épidémie avec cellules striée» du pétale de la Heur de l'Abricotier x 80. Fragment pris sur les bords.

Fig. 8i. - Coupe de feuille de Laurier-Rote (Neriarn oleander) x 150.

Cavités ovales de l'épidémie inférieur garnies intérieurement de poils. L'épiderme supérieur est composé de deux couches de cellules différentes.

et les effets d'incidence en modifient l'aspect. Le pétale des fleurs d'abricotier est garni de cellules striées, plus particulières aux fleurs dépourvues de couleurs. Ces sortes de petites mosaïques sont tantôt réparties avec une régularité permanente, tantôt, au contraire, lorsque le développement de la plante s'est opéré trop rapidement, il n'y a qu'une symétrie apparente.

Chaque compartiment est indépendant des formations sous-jacentes du parenchyme épïdermique, car, en coupant verticalement les couches superficielles des cellules, on voit toujours qu'elles ont une contexture serrée et homogène sans dépression. Si l'épidcrme offre

PAHTICDLABIIÉ5 DE L'ÉPlDEttME. lil des aspérités en relief, il existe aussi certains cas dans lesquels la face des feuilles est garnie de poches. Aussi dans celles du Laurier-rose il existe des cavités

ovales garnies de poils épais à l'intérieur et dans le fond desquelles sont logés des stomates, extrêmement petits et difficiles à observer ; elles se trouvent ainsi protégées par une cavité antérieure garnie do poils qui la dérobent à l'action immédiate des agents extérieurs.

On a remarqué fréquemment, sans même avoir recours au microscope, que beaucoup de plantes sont recouvertes de poils plus ou moins attendants. Mais les plus grands ne sont pas les plus intéressante ; il faut procéder à un examen minutieux, quand on désire se rendre compte de leur organisation. Les anciens connaissaient les glandes du Millepertuis et de la Rue; ils tiraient

m LES PLANTES ÉTUDIÉES AU MICROSCOPE.

des fils d'un chardon textile. Grew vit le premier les glandes railiaires du sapin, alors que le microscope était encore dans l'enfance. Mais Guettard (1745) signale dans les Mémoires de l'Académie des sciences de « petites vessies et tubercules qui laissent suinter ou non un liquide visqueux ». Il considère « les ramifications qui s'attachent à ces vessies, ainsi que les poils, comme des vaisseaux excrétoires, ou les divise en poils miliaires, vésiculaires, écailleux, globuleux, lenticulaires....

Fig. Bî. - Poils de 1> feuillu de Giroflée Fig 84. - Poils lirais de IMallhiola încana B) x 150. l'épidémie du Loaia laliri-

fia.Cill.el Hook. xîO.Poib aplatis et unicellulés.

Le filet, dit-il, présente différentes formes géométriques : en crochet, en navette, eu Y, en alêne, articulés, à valvule, nodeux, à houppe. »

Les poils (pUi, villi) ont une certaine analogie arec ceux des animaux, mais ils offrent rarement autant de solidité ; mous et cotonneux, ils sont impropres à aucun usage. « Les poils sont placés sur les plantes comme sur la peau humaine, en lignes spiraloïdes et les mamelons ou cannelures de ces poils eux-mêmes suivent encore cette spirale. » (Morren.) Ils s'attachent directe-

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ment à 1'épiderme et sont intimement adhérents au cuticule ; ils sont aussi souvent le prolongement de certaines cellules superficielles proéminentes et spéciales. Ils ne se départent pas de la règle générale de ne croître que sur les parties exposées à l'air ; les racines n'en portent jamais ; aussi ils sont plus rares sur les végétaux qui vivent à l'ombre et ils manquent tout à fait sur les plantes étiolées.

Beaucoup plus fréquents sur le tissu des feuilles que sur celui de la tige, ils semblent être des organes protecteurs des surfaces sur lesquelles ils se développent, et remplir une fonction nécessaire à la vitalité dans la période de croissance. Ainsi les feuilles de YEsculus hippocaslrum se couvrent de poils au commencement de la végétatian; plus tard ils tombent, laissant l'épiderme lisse, sans qu'il y ait aucune apparence de maladie.

L'étude des poils qui tapissent l'épiderme est une des plus attrayantes pour le micrographe, car ils présentent une grande. variété de formes et de caractères. Les plus communs sont ceux qui n'ont qu'une seule cavité ou cellule dans leur longueur ; un examen minutieux démontrera que cette cellule épidermique augmente de dimension en conservant sa cavité unique et que, d'autre part, si elle se subdivise en plusieurs branches, chacune d'elles ne sera jamais composée de plus d'une cellule. Ainsi, sur la tige du lierre, il existe une quantité de poils rameux, sortant d'une cellule unique dans laquelle commence la division; grands ou petits, il n'y a qu'un seul vide dans leur intérieur. Dans d'autres cas, chaque poil d'une série adhère seulement parla base et peut se détacher sans nuire aux autres; ils

jouissent ainsi d'une certaine indépendance sur la tige de ÏAralia papyrifera, et sont tellement abondants qu'ils lui donnent un aspect cotonneux. Sur les feuilles de YOnosma laurica, chaque individu de la série est terminé par une petite boule tangente à la cellule centrale autour de laquelle ils sont groupés et adhérents. Ces groupes se réunissent aussi ensemble et finissent par se souder, jusqu'à constituer une membrane ; ces poils peltés s'observent dans le Crozophora tinctoria, où ils ont l'aspect d'un petit bouclier membraneux.

Fig. 85. — Poil raraeux et unicellulé de la Fig. 86. — Poil pelté de IV feuille de Y Ara lia papyrifera x 80. vaire du Crozophora linelo

ria. Neck. x 30.

Dn des plus curieux exemples que l'on puisse citer pour les poils rameux est celui de la feuille du Deutzia gracilis. Son épiderme est couvert d'étoiles élégantes, différentes les unes des autres; plusieurs sont composées de douze branches, tandis que d'autres n'en ont que quatre. Au milieu de cette constellation d'étoiles dominent surtout celles à cinq branches, dont la surface est recouverte de ponctuations barbues. Une intéressante expérience que l'on peut faire sur cet épiderme est celle de la polarisation, si la préparation a été disposée de façon qu'elle ne soit ni trop épaisse,

PARTICULARITÉS DE L'ÉPI AERKE. m ni trop comprimée. Par les feux de la lumière, les étoiles apparaissent en blanc avec ies arêtes colorées

Fig. 87. - Poils étoiles de la feuille du Bniliia gracilis x 50.

sur le fond noir, donnant ainsi à la membrane épidermique des teintes merveilleuses et les font ressembler à de véritables diamants.

Fig. SB. — Poil raroeui de la feuille de Fig. 89. - Poils nmeui de la l*£lM0*w reftexa x EU. lige du Lierre x MO.

Ces poils rameux ou rayonnants sont supportés par un pédicelle ou tige basilaire ordinairement très-court,

inappréciable quand on observe par-dessus, comme il y a lieu dans l'exemple précédent. D'autres fois cette tigelle s'élève assez au-dessus de Tépiderme pour permettre aux poils qui surgissent de rayonner tout autour. C'est ce que l'on voit dans la feuille du Croton punctalum coupée transversalement, où ils prennent une importance sensible.

Quelque compliqués que soient ces genres de poils, ils n'offrent chacun qu'une seule cellule ; mais il en est d'autres dans lesquels la cellule procréatrice s'allonge comme une tige, de façon à produire une agglo- i mération de cellules semblable à une plante entière. Ces appendices végétaux sont de très-faible consistance, puisqu'ils n'ont ni vaisseau, ni fibres pour leur donner de la solidité, comme cela existe pour les piquants qui acquièrent dans leur pointe une rigidité presque métallique, leur servant de protection contre les mains profanes.

Tout le monde connaît les barbillons du seigle; on a remarqué combien ces petites pointes effilées sont âpres au toucher et la sensation que l'on éprouve quand on les frôle avec la main du haut vers le bas. Le microscope nous en explique la cause à première inspection : sur les deux arêtes latérales du barbillon se trouvent de petits piquants de nature siliceuse trèsacérés, résistant au tranchant du scalpel ; très-rapprochés les uns des autres sur les files longitudinales qu'ils garnissent et dirigés de bas en haut, ils s'accrochent aux saillies qui se présentent. Au contact de la main, ils pénètrent dans la peau, non pas assez pour s'y fixer, comme un piquant de dimension supérieure, mais assez pour produire une sensation analogue à celle d'une i

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