‹ Les plantes �etudi�ees au microscopeChapitre 9 sur 18 · PARTICULARITÉS DE L'ÉPIDERME · texte numérisé non relu

PARTICULARITÉS DE L'ÉPIDERME

renflés par le bas avec un bouton à l'extrémité, représentant assez l'apparence d'une bouteille. Dans le fruit du Cucumis sativus (fig. 95), le contraire se produit : la base consiste en une sphère dentelée sur son pourtour, et surmontée de deux ou trois cellules cylindriques qui semblent sortir les unes des autres. Les glandes des jasminées sont plus compliquées : elles sont composées de plusieurs cellules, portées par un pédicule unicellulé ou quelquefois reposant simplement sur l'épiderme sans intermédiaires; elles font ressembler la feuille à une étoffe capitonnée de petites rosettes.

Certaines glandes contiennent des substances liquides ou demi-solides, que les plantes ont la propriété particulière d'excréter. On connaît l'expérience enfantine de la compression d'une peau d'orange devant une bougie :

quand les glandes épidermiques se rompent, l'huile essentielle qu'elles renferment, projetée sur la flamme, produit ' une petite explosion. Si l'on a observé la base de la corolle de certaines fleurs, on a remarqué ' qu'un liquide visqueux et sucré s'attache aux doigts ; il est contenu dans de petites glandes qui se déchirent au moindre con- $i g , 97. poil piuriceiiuié du tact. Diverses fleurs possèdent

Un SUC sirupeux OU aqueux, disposésenflles longitudinales*

ayant généralement l'ovaire

pour siège ^principal et parfois les étamines, auxquelles

la sécrétion avait été primitivement attribuée. On peut

l'observer chez les broméliacées, les liliacées, où il a un liquide abondant à l'époque de la floraison.

Les poils de l'ortie grièche (Urtica urens L.) août connus à cause de la sensation cuisante que l'on éprouve

Fig. 38. — Poil do l'Orliu grièche Fig. 99. — Poil de l'Ortie grièche

{Vrtica uretu} X 30). a. l'tricule {Urtùa ureni) x 50. P. PédicsU

contenant le liquide iirent. f. Tige massif, t. Tige effilée, rigide et cassante.

lorsque, par hasard, ils viennent à piquer la peau. La pointe, vue au microscope, est très-aiguë, complètement rigide et cassante comme du verre. .Lorsque la moindre pression la fait pénétrer dans la peau , cette

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pointe effilée se brise, et le poil, creux dans l'intérieur, répand dans la plaie un liquide brûlant incolore, qui provoque une douleur assez vive; ajoutons qu'une grande quantité de poils peuvent atteindre à la fois un même endroit. Les poils répandus sur les feuilles et la tige sont de diverses sortes : les uns ont à leur base un pédicule simple, et leur piqûre ne cuit pas ; d'autres un utricule contenant le liquide sécrété, résultat immédiat d'une élaboration spéciale de l'ortie. Ainsi qu'on peut le constater, en y introduisant un liquide coloré, cet utricule ne communique pas avec le tissu cellulaire auquel il est adhérent, car celui-ci ne s'étend pas à l'intérieur quand on exerce une pression.

LA FLEUR

La science n'exclut pas la poésie. — Coup d'œil sur l'ensemble de la Heur. — Expériences anciennes et nouvelles. — Étamine. — Mouvement de déhiscence. — Étude du phénomène de la fécondation. — Formes du pistil. — Ovaire et ovule. — Fécondation dans les végétaux unisexués par le vent, par les insectes. — Opération artificielle. — Exemple de culture des dattiers dans le Sahara. — Gomment on modifie les espèces. — Examen microscopique du pollen.

Les anciens divinisaient les fleurs, et les poètes les ont chantées de tout temps ; la science avec ses puissants moyens d'investigation ne les fait pas moins admirer. Qui ne serait frappé de la grande et savante organisation des organes merveilleux qui composent l'ensemble de la fleur? Quelles jouissances intellectuelles ne sont pas réservées à celui qui étudie leur charmant appareil ? Et cependant combien d'efforts ont été nécessaires pour arriver aux connaissances actuellement acquises !

Les poètes ont fréquemment tourné les inspirations de leur muse vers l'étude des plantes. Goethe, après avoir exposé les principes généraux sur les découvertes qui se

LA FLEUR

rapportent aux fleurs, a recours à la fiction : « L'organisation, dit-il, fut longtemps inconnue; le zèle de Malpighi nous en a dévoilé le mystère. Il se promenait dans la campagne un jour de printemps. Le zéphir agitait le feuillage des arbres, la terre était riante de verdure et les prairies émaillées de fleurs. Ses yeux ravis erraient de merveilles en merveilles, et le désir de les connaître embrasait son âme. Il aperçoit sur un coteau voisin la déesse de la botanique entourée des nymphes de sa suite, qui, tenant des corbeilles élégantes, les remplissaient des trésors qu'elle leur montre. A l'approche de la déesse les fleurs s'épanouissent ; elles brillent des Couleurs les plus éclatantes ; elles répandent leur parfum dans les airs et semblent se disputer la gloire de fixer ses regards. Malpighi court vers la troupe immortelle ; il se prosterne et demande à la déesse de la botanique de lui révéler les secrets des fleurs, lui promettant de lui consacrer des jardins magnifiques. » La déesse l'adopte pour son disciple favori. « Vois, lui dit-elle, ce temple solitaire, la muse de Tanatomie l'habite; elle y brave les dégoûts d'une étude pénible pour pénétrer les secrets de la nature ; va la trouver en mon nom. » Malpighi porte cette invitation à la muse silencieuse, qui arrache une plante devant ses yeux attentifs et lui en montre tous les organes. Le microscope est cette muse de l'anatomie, et Malpighi, pourvu de l'instrument, fut un des laborieux chercheurs auxquels on doit les premières observations sur la constitution ^es plantes, et des fleurs en particulier,

On ne sait ce qu'on doit le plus admirer chez les fleurs, de leurs somptueuses dispositions ou des fonctions merveilleuses qu'elles remplissent avec une per-

fection qui semble procéder d'une raison latente. Àdangon disait : a Toute plante étant animée, quoique sans gentiment, a une âme qui n'est pas une, ni fixée à une seule de ses parties, mais répandue également dans toutes et divisible, puisque chacune de ses parties intégrantes, qui participent à une vie commune, possède en elle-même une vitalité isolée , indépendante des autres, et que, détachée et séparée d'elles, elle croît et fructifie, enfin jouit de toutes les propriétés qu'elle possédait avant sa séparation. »

La science ne s'aventure pas aussi aisément dans le domaine de la conjecture ; elle borne son rôle à constater les faits et à en tirer des déductions pour servir à accroître le champ des connaissances positives ; faisant trêve aux spéculations suggérées par l'imagination enthousiaste, elle se contente de regarder la fleur comme une partie spéciale des végétaux dans laquelle s'opère la fécondation.

La fleur est composée des organes de la fructification ot de ceux qui les entourent ou les protègent. Elle est ordinairement située à l'extrémité d'un rameau particulier appelé pédoncule. L'extrémité de ce pédoncule est généralement évasée et offre une expansion nommée réceptacle floral, d'où naissent les parties intérieures de la fleur. La fleur complète comprend : 1° le calice, dont les parties nommées sépales sont généralement vertes, et ont la structure et presque l'aspect des feuilles. Toutes les pièces du calice sont souvent unies entre elles, en sorte que le calice semble être formé d'une seule pièce plus ou moins dentée, et, dans ce cas, il est appelé monosépale ; il est polysépale si les sépales restent libres ; 2° la corolle, dont les divisions sont nom-

LA PLEUR. 139 mées pétales. Toutes les pièces de la corolle peuvent être unies entre elles ; dans ce cas, la corolle est dite monopétale : elle est divisée, entière ou lobée. Dans certaines fleurs, le calice et la corolle, de même forme et de même couleur , semblent faire une enveloppe unique, à laquelle on donne le nom de périanthe, 5° Les étamines ou organes mâles de la plante; ces dernières se terminent par un petit sac membraneux, V anthère, qui renferme une poussière, le pollen. 4° Le pistil ou organe femelle de la Heur, au centre de laquelle il se trouve. Il se compose de trois parties : une partie inférieure renflée , fréquemment arrondie, l*ovaire; une autre partie supérieure, le stigmate, corps glanduleux et visqueux ; enfin le style, corps intermédiaire de nature filamenteuse.

Le pistil et l'étamine constituent l'appareil nécessaire à la reproduction : le premier est destiné à contenir et mûrir les graines; la Beconde a pour fonction de leur donner les qualités voulues pour qu'elles deviennent susceptibles de germer. C'est sur cet appareil que la micrographie a fait les "MM études les plus curieuses.

Avant que les premières investigations microscopiques eussent donné des notions élémentaires sur te mode de reproduction des - végétaux phanérogames, les anciens botanistes n'avaient à ce sujet que des idées confuses. Au dix-septième siècle, Camerarius fut le premier observateur réel. Vaillant est considéré à juste titre comme le promoteur d'une nouvelle voie dans ces dé-

couvertes ; mais l'exactitude des faits ne fut mise en évidence que par Tournefort et Pontedra. Linné, le grand botaniste, démontra l'existence des deux organes séparés et nécessaires à la reproduction, en plaçant un pied de mercuriale portant des organes mâles au bout d'une serre, et un autre femelle du côté opposé; lorsque l'un se trouvait rapproché de l'autre, les fleurs fructifiaient; à mesure que l'éloignement se faisait, la plante devenait graduellement inféconde et restait ainsi frappée de stérilité absolue par l'éloignement. Spallanzani prétendait avoir réussi à obtenir des fruits sans fécondation ; ses expériences sur le melon d'eau, choisi comme ayant les organes de reproduction les plus apparents, ne furent pas concluantes, car il est très-difficile de ne pas laisser involontairement quelques fleurs mâles. M. Naudin, ayant pratiqué une ablation totale de l'organe mâle avant l'époque ordinaire de reproduction, observa que dans la plupart des cas l'ovaire ne prenait aucun accroissement, le plus souvent même les fleurs se détachaient toutes ensemble au bout de quelques jours. Chez les Nicotiana, lesNicandra et les Pétunia, il arrivait fréquemment qu'un petit nombre de fleurs persistaient et donnaient plus tard des graines bien conformées. 11 est probable, dans ce cas, que les fleurs cachées avaient reçu, soit par l'intermédiaire du vent ou de circonstances inappréciables , une très-faible quantité de pollen, suffisante cependant pour la fécondation de plusieurs ovules. Il existe très-peu de fleurs qui puissent être fécondées de cette façon. Sur le Afirabilis jalapa, les fleurs ne contenant qu'un petit ovule ne développent par conséquent qu'une seule graine. Après avoir enlevé les étamines de plusieurs fleurs,

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l'expérimentateur a déposé sur l'organe femelle un ou deux grains de pollen ; quelquefois un seul grain a suffi pour obtenir une graine qui plus tard produisait un autre individu, mais le plus souvent il était chétif et audessous des proportions ordinaires de son espèce. Donc la quantité de matière fécondante influe notablement sur le développement de l'ovaire et Bur celui de la graine qn'il fournit.

Les sépales du calice et les pétales de la corolle forment ce qu'on appelle les deux premiers verticilles de la fleur.

Fig.lOi.— ÉtaminedeBelle-de-miit fig, 10Î. — Élimine de Traàticanlia {MirabUii jalapa L.) x 10. An- x 10 Anthère recouverte de pollen, thêre recouTerte de pollen. A. Détail d'irliele émanant du li!ct

Le troisième verticille floral, qui porte le nom d'anirocée, est constitué par les étamines qui proviennent de feuilles modifiées successivement et insensiblement. On y distingue deux parties : le filet , petite tigelle grêle, représentant le pétiole de la feuille; il supporte l'anthère, qui le termine en forme de petite masse, suscep-

tible d'une multitude de formes variables selon chaque espèce. C'est dans l'anthère que se développe l'agent le plus essentiel à la reproduction, le pollen. Il est contenu dans les loges de l'anthère, jusqu'à ce qu'il soit expulsé par la contraction des cellules fibreuses, au moment de la déhi&cence : on nomme ainsi le phénomène par lequel le grain de pollen, arrivé à maturité, s'échappe de sa prison et se trouve lancé sur le pistil, au sein duquel il porte la fécondation, en émettant des

Fig. 103. — Étaminè à 4 loges, fleur femelle de Proanthera linearoides x 10.

Fig. 104. — Étamine de fleur mâle de Ridia triococa x 10.

petits tubes qui s'allongent comme une trompe d'éléphant.

Les loges de l'anthère, au nombre de deux, de quatre, s'ouvrent soit par une perforation naturelle, soit par une fente qui lézarde leurs parois, à un moment donné, pour permettre l'émission. Quelquefois il y a vers le milieu, ou au sommet de chaque loge, une sorte de valvule qui, à l'époque de la fécondation, se soulève comme un couvercle et reste attachée par un de ses bords comme sur une charnière; exemple, lesBerberis, les Monimia. En examinant attentivement .quel génie pratique a été développé, dans la disposition des artifices ménagés, pour que le petit globule microscopique

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du pollen abandonne la cavité dans l'intérieur de laquelle il a pris naissance, on ne peut s'empêcher d'admettre la prévoyance et la puissance de la nature. Les étamines accomplissent alors un mouvement spontané, exécuté avec précision, comme un être animé, si toutefois de nombreuses causes accidentelles ne viennent pas compromettre le succès.

M. Chatin, dans ses recherches sur la cause de la déhiscence des anthères, arrive à cette conclusion générale : préparée par des faits d'organisation, elle est déterminée par des causes extérieures, la dessiccation et le milieu ambiant.

Les phénomènes de la fécondation se produisent lorsque les organes delà fleur ont acquis tout leur développement. Examinons la fécondation des graminées chez lesquelles elle est instantanée. Les anthères s'ouvrent latéralement, elles s'animent d'un mouvement de torsion, elles laissent tomber une pluie de pollen sur le stigmate étalé en éventail ; puis les filets des étamines s'allongent rapidement, tout en se tordant;le 8 étamines écartent les val- ^xTo^Tn^ ves, se font un passage et viennent b - P° ll en x 400. pendre en dehors de la fleur ; elles sont alors presque vides. C'est à ce moment que l'horticulteur dit que les filets des étamines ne sont pas disposés en vrilles, ni repliés sur eux-mêmes. Pour satisfaire à leur allongement, il leur faut de la matière toute préparée ; cette matière ils la trouvent dans les deux glandes placées à la base de l'ovaire. Ces deux appareils contiennent un

suc épais que Ton peut extraire en le piquant avec une aiguille. Les glandes servent si bien à l'alimentation

Fig. IdlJ. - Pollen do Cotaa x 150. Fig. 107. - Pollen de Rose Irémière

des filets, qu'elles se vident lorsque l'allongement se produit.

Lorsque le pollen tombe sur le stigmate, il se fixe

Fig. 108. — Pollen de Passi Dorée Fig. 109. — Pollen de Micranihea X 200. hexandra x 100. I

sur les tubes effilés dont le stigmate est hérissé et qui le perforent. Ces tubes, ouverts à leurs extrémités,

Fig. 110. — Pollen de Bruyère x 250. Fig. 111. — Pollen d'Ellébore X 80.

jouent le rôle de suçoirs pompant la poussière pollinique ou fovilla, pour la transmettre par les canaux à l'ovaire. Après la fécondation, le pollen vidé et crevé se

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dessèche; quant au stigmate , il se replie sur lui-même et se flétrit. Tous ces faits peuvent s'observer très-facile-

Fig. 112. — Pollen de Lis x 250.

Fig. 152. — Pollen de Pin maritime X 150.

ment sur les céréales et les graminées. Pour voir le détail, il suffit de fendre longitudialement la valve externe ; alors en écartant ses deux parties on découvre les organes de la fécondation renfermés dans les deux rideaux de la valve interne ; la chaleur de l'haleine, un rayon de soleil suffisent pour provoquer le phénomène.

Le verticille, situé au centre de la fleur, est le pistil. Le sommet de tout pistil est terminé par une dilatation cellulaire ou stigmate , résultat de l'épanouissement du tissu du style, composé de vaisseaux adducteurs. Ils constituent le canal étroit qui, dans Taxe du style, établit une communication entre le stigmate qui reçoit le pollen et l'ovaire résultant de la partie inférieure du pistil.

11 est à remarquer que le nombre des styles est presque toujours égal à celui des carpelles, mais ils se

Fig 114. — Pistil bifurqué du Dahlia x 10.

14Ï LES PLANTES ÉTUDIÉES AU HtCROSCOPE.

soudent quelquefois -en un seul. Le pistil peut rester Bimple ou se bifurquer comme chez le dahlia (Cg. 114) ; il devient aussi rameux comme dans quelques euphorbiacées.

A la base du pistil, bien visible généralement au-dessous de la fleur, il existe un renflement: l'ovaire; — il renferme dans sa capacité de petits corps, les ovules, qui ne sont que des graines à l'état embryonnaire,

Fig. 1 15. — Diagramme d'un owire Fig. 116. — Trois diagrammes successifs de Passiflore x 16. Symétrie pris à différentes hauteurs montrant dans la disposition des logea. les vraies cloisons el 11 placenlatioa

X 10. Canna Sepolemis Wall.

prenant naissance dans cette sorte de conceptacle. Cet organe si délicat de la plante n'est pas toujours visible sans l'intermédiaire du microscope; il permet de saisir dans le diagramme la remarquable symétrie qui a présidé à sa constitution. Ainsi nous trouvons chez les passiflorées cette grande régularité dans la dis* position des loges ('fig. 115). En examinant l'intérieur de la fleur, on voit qu'il ne peut y avoir au centre qu'un seul carpelle et que la coupe normale, à l'axe du pistil, présente des loges correspondantes. Si chacun des carpelles formant le pistil composé est plié au moment où il devient la cloison séparative de chaque cavité ovarienne, l'ovaire aura autant de loges distinctes

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qu'il y aura de vraies cloisons. Ainsi dans le Canna Nepolensis (fig. 116), des coupes successives, prises à différentes hauteurs, montrent la graduation et la position de vraies cloisons. Par opposition, on nomme fausses cloisons celles qui ne dérivent pas directement de la formation de la paroi de l'ovaire. Le caractère qui, dans un ovaire, permet de reconnaître les cloisons formées par les parois mêmes des carpelles, s'affirme dans les styles, et les stigmates sont superposés aux loges en alternant avec les cloisons.

L'ovule est contenu dans la cavité ovarienne où doit s'opérer la fécondation qui la transformera en graine. D'abord attaché par une large base, il s'épaissit à son sommet et reste adhérent par un ligament ou funicule, au bout duquel il est suspendu. Il prend le nom de campylotrope quand le

, i r i A Fig. 117. — Ovule campy-

IUniCUle est reCOUrbe en Crochet. lotrope de la Dentelaire

On en trouve un curieux exemple du c ?p c «-

* pensts) x 10.

dans la fleur de la dentelaire du Cap (%. H7).

La plupart des plantes réunissent dans chaque fleur étamines et pistil et sont en conséquence capables d'avoir une graine fécondée facilement; d'autres n'offrent que l'organe de l'un des deux sexes. Il faut alors, pour que la fécondation se produise entre les divers organes séparés, que les étamines confient aux vents ou aux insectes leurs poussières créatrices, et que ceux-ci, en apportent quelques grains sur leur pistil ; il suffit de la moindre cellule pollinique convenablement placée pour que la reproduction ait lieu. Fabroni a vu fructi-

fier deux fois en dix-huit ans un palmier femelle, qui se trouvait à Castello, maison de Plaisance du grandduc. Le palmier mâle le plus voisin était à Lamporechio, village éloigné de huit lieues. Le dattier ne réunit pas en lui-même, dans chacune de ses fleurs, étamines et pistil : certaines tiges sont mâles, d'autres sont femelles ; il en résulte que, pour en obtenir du fruit, il faut, aidant l'action de la nature, ne pas laisser au hasard cette importante partie du travail de la fructification. Les Arabes du Sahara sont au fait de cette particularité depuis des siècles. Dès que la fleur est arrivée au point favorable, ils montent au sommet des dattiers mâles, prennent des étamines qu'ils vont ensuite introduire dans le régime des pieds femelles; s'il est déjà trop ou* vert, ils font une ligature afin que le pollen puisse mieux exercer son action; pour les encourager dans l'accomplissement de ce soin, les propriétaires des dattiers les intéressent proportionnellement à la récolte. Cette opération se pratique en grand dans les oasis du Sahara; Biskra compte à lui seul plus de 150,000 palmiers-dattiers.

Si les caprices du vent servent beaucoup à la diffusion de la matière fécondante, les insectes remplissent aussi un rôle dans la fécondation artificielle par les grains qu'ils rapportent à leurs pattes, après avoir été butiner de fleur en fleur ; messagers delà nature, ils' accomplissent inconsciemment une action indispensable à la perpétuité de l'espèce. Les abeilles, emportant le miel puisé au fond de la corolle, ont leur corps et leurs ailes chargés de pollen qui se dépose sur les pistils voisins qu'elles vont ensuite visiter. Depuis longtemps, les botanistes connaissent le mode de fécondation par l'intermédiaire des

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insectes et des mouches. Grew émettait ainsi une opinion mal définie peut-être, mais qui dénotait une certaine intuition de ce fait : « Je ne veux point aussi décider si tous les petits animaux ne tirent du cœur des fleurs que quelques sucs ou s'ils en emportent véritablement quelques parties solides, comme les globules ; et enfin je ne sais encore quel est le premier et principal usage des fleurs, parce que celui dont je viens de parler, quoique fort considérable, n'est que le second. »

La fécondation artificielle est un moyen puissant en horticulture pour obtenir des espèces rares et croisées et donner une fructification plus abondante. Beaucoup de plantes importées des régions lointaines restent stériles dans nos climats, parce qu'elles manquent de ces intermédiaires ailés pour les rendre fécondes. Les jardiniers intelligents, amateurs d'expériences, se servent du pinceau pour faire pénétrer jusqu'au fond du calice la fovilla empruntée à un sujet choisi pour ses qualités. On cueille aussi les fleurs mâles, après avoir enlevé leur calice et leur corolle ; on en dépose une dans chaque fleur femelle ouverte, en ayant soin de faire adhérer au stigmate l'anthère, cet atelier du pollen. Quelques jours après, la corolle de la fleur femelle tombe, avec la fleur mâle qu'elle renferme, et le fruit se trouve fécondé. Une autre méthode plus expéditive consiste à faire tomber le pollen sur les fleurs en le secouant légèrement au-dessus; on arrive ainsi à rendre artificiellement fertiles des sujets restés jusqu'alors stériles. En opérant ainsi, Brongniart a réussi à féconder la Strelitzia regina, qui était improductive en Europe.

Dans la fécondation réciproque chez les végétaux, on

peut obtenir des variétés dont les caractères prédominants rappellent tantôt le mâle, tantôt la femelle. Wiegmann penche pour le mâle ; Knight et Gœrtner se prononcent au contraire pour la femelle. En 1854, Fermond corrobora l'opinion de Wiegmann dans ses expériences sur les haricots blancs et les haricots écarlates.

Cette mystérieuse poussière d'où dépend la propagation des espèces est curieuse à examiner au microscope, La préparation en est facile : il suffit de toucher avec la lamelle de verre la partie supérieure de la fleur, où le simple contact fait adhérer le pollen, qu'on n'a plus qu'à placer sous l'instrument. Ces granules sont généralement très-fins ; certains n'ont que quelques centimètres de millimètre ; celui de la Fumeterrc n'a que ~ de millimètre de diamètre. Chaque grain est une cellule indépendante qui, après avoir reçu de la fleur une vie propre, a élaboré un liquide entremêlé de granules, faisant irruption au dehors, lorsque la membrane cellulaire est rompue ; il y a tout lieu de présumer qu'il est l'agent essentiel de la fécondation.

Un phénomène se produit lorsqu'on met des grains de pollen dans un liquide : à peine tombent-ils dans l'eau qu'ils manifestent un certain mouvement, et bien* tôt on voit sortir avec explosion une sorte de boyau qui se roule sur lui-même ; d'autres fois, selon la nature du pollen, un nuage de granulations se disperse dans l'eau. C'est par une petite ouverture, un hile, que passent ces substances. Ce phénomène a lieu sur certains pollens même deux ou trois ans après la récolte de la plante. Exemple YHelianthus annuus. Celui de la Courge (Cucurbita pepo % fig. H 8) offre à sa surface cinq saillies, qui, au moyen d'une disposition particulière, se

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convertissent en opercules par lesquels s'échappe en serpentant un long chapelet de granules polliniques, restant agglomérés, quoique non solidaires. Le pollen du Convolvulus arvensis émet un boyau analogue, mais qui reste insoluble dans l'eau ; ce n'est que sous l'effort de deux aiguilles qu'il s'étend et s'étire en filaments élastiques, répandant des quantités innombrables de granulations. L'alcool coagule sa substance, l'ammoniaque la ramollit sans la dissoudre.

Ce qui se passe dans l'expérience se produit exactement de même dans l'ordre naturel des fonctions de la fleur; l'extrémité du pistil sécrête une matière légèrement V^^x £o!o!S?

visqueuse, à laquelle les gra- Cl,les a?ec p° ils - g. Boyau poiu, nules viennent 'se fixer au uTieLT™** *"* C9B " moment de leur émission.

En voyant d'après cela que le contact de l'eau rend le pollen infécond, on comprendra pourquoi la pluie apporte un obstacle à l'abondance des fruits. L'on dit avec raison que « les fruits ont coulé », car l'abondance de la pluie les a compromis, en emportant la matière nécessaire à leur pleine et entière formation.

Les formes extérieures revêtues par le pollen sont extrêmement variables ; le plus fréquemment il se présente en boule, unie, hérissée, réticulée. Il est composé dans le pin maritime et triangulaire dans l'ellébore.

Malgré sa ténuité, son abondance est telle que, suivant certains courants atmosphériques, le pollen d'une

espèce de plantes est parfois emporté au loin, couvrant la terre d'une couche colorée. Ce qu'au moyen âge on a appelé pluie de sang n'était autre chose que des nuages de pollen de Conifères ; mais il est vrai qu'à cette époque le microscope était inconnu.

Ce phénomène a été noté un grand nombre de fois. Il s'est présenté dans des circonstances fort remarquables par son intensité à Picton, États-Unis d'Amérique, en 1841, où M. W. Bailey reconnut tout de suite le pollen du pin.

Comparaison de la graine avec l'œuf des animaux. — Fantaisies de la ' fructification. — Multiplicité des petites graines. — Dispositions de l'enveloppe extérieure. — Anatomie descriptive. — Opinion fantaisiste de Grew et de Martin sur le contenu de la graine. — Hile et micropyle. — La graine, base de la classification. — Les appendices et diffusion des espèces. — Sac arillaire. — Appendices divers. — Son existence future. — Calcul des graines d'un orme.

Les différentes phases successives par lesquelles nous venons de voir passer les végétaux ont pour but principal la production d'une graine destinée à la perpétuité de l'espèce, qui, dans beaucoup de cas, devient utile aux besoins de l'homme et contribue à l'entretien de son existence. Les désignations de fruit et de graine se confondent souvent, quoique les botanistes appliquent à la première le résultat du développement de l'ovaire avec son contenu et à la seconde l'ovule fécondé renfermant l'embryon adulte.

La graine succède donc à la fleur; les opérations mystérieuses auxquelles nous avons assisté n'ont qu'un but : reproduire une plante semblable à celle qui lui a donné le jour; comme chez les animaux, les es-

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FOMIES DE LA GRAINE ET DU Flll'IT. 151

h témoigne de vitalité et d'énergie dans la repro- •lion eu multipliant leur nombre. La quantité des î : u s que mûrissent certaines plantes étonne l'imai;i lion : on en a compté deux mille sur un seul pied maïs; quatre mille sur un pied de soleil; dix-huit t> sur un pied d'orge; et jusqu'à trois cent soixante lit* sur un seul pied de tabac. Les champignons ont w production encore plus considérable ; dans le Lyjx'nlon, la quantité se chiffre par milliards de spores ui une seule journée. Combien y a-t-il despores dans • ■missière de vescc-de-loup qu'on applique sur les pures pour arrêter le sang? Combien faut-il de ains de blé pour nourrir une seule personne pennt un an ? Et cependant la culture fournit à tout le onde son pain quotidien.

La grosseur de la graine proprement dite est aussi riée que les espèces ; tantôt elle est volumineuse, ïitot impalpable. Celle du Lodoicea atteint le double .» la grosseur de la tête d'un homme, tandis que celle la campanule est fine comme la poussière ; la graine a ainsi aucune proportion relative avec la taille de la nte.

Mous laisserons de côté les graines de fortes dimen- Qs, pour n'envisager que celles qui échappent à l'œil Les plus petites ne sont pas moins bien organisées;

ont les mêmes dispositions. On considère deux # es distinctes dans la graine : Yembryon et Val- ^bryon est la partie essentielle destinée à uvel individu ; il contient dans sa comtes éléments nécessaires à son dévelopère amorphe échappant le plus fréquemse, elle deviendra plus tard, quand les

pèces se reproduisent mutuellement et successivement, obéissant inconsciemment à un ordre supérieur, qui règle toutes choses ici-bas. C'est cette similitude des phénomènes vitaux qui a suggéré souvent aux naturalistes, et particulièrement à Linné, de donner à ces corps reproducteurs des végétaux phanérogames le nom à' œuf végétal : point de départ de la plante, qui après avoir subi les diverses périodes de la transformation, continue au moyen de la semence les mêmes caractères de l'espèce. La graine retourne plus tard en graine. De grano ad granum.

La bienfaisante nature a voulu que le roi de la création eût à sa disposition les fruits les plus variés , distribuant à chaque climat ceux qui sont le plus convenables à leurs habitants et multipliant les plus nécessaires, sans cependant détruire ceux dont il faut savoir utiliser les propriétés dangereuses. Depuis la courge, aux énormes proportions, jusqu'au grain de blé, si abondant, on retrouve partout une gradation intermédiaire d'une série aussi intéressante qu'appropriée à nos besoins. Aux climats tempérés, les fruits simples; aux régions intertropicales, les curieux exemples des fantaisies de la végétation puissante ; en Nouvelle-Calédonie, par exemple, il existe un arbre curieux, Yarbre à chandelles. Quand on entre dans une de ces forêts, on se croirait transporté dans une fabrique. De toutes les tiges et des branches inférieures de ces arbres pendent de longs fruits cylindriques d'une couleur de cire jaune, qui ressemblent parfaitement à des chandelles. Le fruit a souvent 1 mètre de long et 3 centimètres de diamètre.

Il semblerait que plus les fruits sont petits, plus la

FOnMES DE LA GRAINE ET DU FRUIT.

plante témoigne de vitalité et d'énergie dans la reproduction eu multipliant leur nombre. La quantité des graines que mûrissent certaines plantes étonne l'imagination : on en a compté deux mille sur un seul pied de maïs ; quatre mille sur un pied de soleil ; dix-huit cents sur un pied d'orge; et jusqu'à trois cent soixante mille sur un seul pied de tabac. Les champignons ont une production encore plus considérable ; dans le Lycoperdon, la quantité se chiffre par milliards de spores pour une seule journée. Combien y a-t-il despores dans la poussière de vesce-de-loup qu'on applique sur les coupures pour arrêter le sang? Combien faut-il de grains de blé pour nourrir une seule personne pendant un an? Et cependant, la culture fournit à tout le monde son pain quotidien.

La grosseur de la graine proprement dite est aussi variée que les espèces ; tantôt elle est volumineuse, tantôt impalpable. Celle du Lodoicea atteint le double de la grosseur de la tête d'un homme, tandis que celle de la campanule est fine comme la poussière ; la graine n'a ainsi aucune proportion relative avec la taille de la plante.

Nous laisserons de côté les graines de fortes dimensions, pour n'envisager que celles qui échappent à l'œil nu. Les plus petites ne sont pas moins bien organisées; elles ont les mêmes dispositions. On considère deux parties distinctes dans la graine : V embryon et V albumen. L'embryon est la partie essentielle destinée à devenir le nouvel individu ; il contient dans sa composition tous les éléments nécessaires à son développement : matière amorphe échappant le plus fréquemment à l'analyse, elle deviendra plus tard, quand les

circonstances d'humidité et de chaleur le permettront, une plante complète, sans qu'on puisse établir quelle a été sa nature au point de départ. La nouvelle plante

se trouve toute formée dans certaines graines où Ton peut voir les cordons par lesquels le jeune être tient aux mamelles qui vont le nourrir. En second lieu, l'albumen est Fig. 119. — Graine de un amas de matières alimentaires,

Cotonnier (Gosnyptum) 1

x 5. t. Test. e. Partie dont la fonction est de nourrir le Lumcn. laiSsanlV0,rlal jeune embryon pendant son époque

de développement, de même que l'albumine de l'œuf nourrit le petit poulet avant qu'il éclose. La graine est revêtue pxtérieurement d'un iest, sorte d'enveloppe protectrice, servant de coquille à l'œuf végétal.

Nulle part on ne trouvera une aussi grande variélé d'organes ; les œufs des animaux sont tous indistinctement ovoïdes, jamais ils ne présentent d'arêtes ni de téguments compliqués. Mais si les graines ont une disposition sphérique prédominante, il y a aussi un nombre infini d'exceptions bizarres, preuves de la richesse des formes dans les végétaux. De là cette dénomination de polymorphe qui lui a été appliquée. Le grain du Cryptocarpha tribuloides (fig. 121) est ovale, mais présente cette particularité d'avoir quatre côtes disposées symétriquement les unes par rapport aux autres. Celle du Bégonia a la forme d'un petit chapeau (fig. 120).

Considérant anatomiquement la graine, on remarque que la portion extérieure est ordinairement coriace et rigide. Elle consiste en une sorte de pellicule nommée test ou sperrnoderme ; tandis que celle qui est sous-

jacente et interne est, au contraire, mince et membraneuse : elle constitue le tégument. Le test est destiné

Fi». lîfi. — Graine de Br gonia Fig. Ml.— C raine de Cryplocarpha X 10. tribuloldn x 15. Coupe diamétrale

indiquant la disposition des côtes.

à la protection de l'amande; c'est lui qui donne le caractère extérieur. L'amande est la partie proprement dite où se trouve la vertu reproductrice. Nous voyons (fig. 122) une graine d'ortie grièche dont un côté en-

Fig. m. — Graine d'Ortie grièche Fig. 1S. — Graine de Girolle ( De u- ( Vrtiea artnt ) X S. T. Teat hérisié nu carota Z.) X 10. lié rie see oe de piquant*. G. Coupe IushdI voir piquants, l'amande.

levé laisse voir la graine ou l'amande, masse amorphe dans laquelle on ne peut distinguer aucun élément particulier; l'autre côté montre l'extérieur : le test, hé-

151 LES l'LASTES ÉTUDIÉES AU MICROSCOPE.

rissé de petites pointes dans l'exemple que nous avons choisi.

La nature de l'amande, en générât, est difficile à analyser; la micrographie y échoue aussi bien que la chimie inorganique. Les botanistes anciens ont cherché vainement. Grew voulait voir dans l'amande une petite plante microscopique déjà existante, quoique d'une grande ténuité ; il la regardait comme une réduction préalable du sujet futur. B. Martin a publié, en 1742,

Fig. lît. — Graine renfermant la planle a l'eut microscopique, filon l'bjBOlhèse de Grew et de Martin.

à Londres, un ouvrage sur le microscope dans lequel (chap. XIIE) il émet pareille assertion : « Les fruits des plantes sont répandus en nombre immense de variété. Il est impossible de les considérer sous chacune de leurs parties... Je ferai la remarque que si la partie succulente de la pulpe des pommes, groseilles, cerises, est découpée en tranches minces et mise sous le microscope, on y découvrira une fine contexture ou une rainusité fibreuse de parties vasculaires, dont les interstices sont remplis de suc végétal. La masse consiste en un nombre infini de corpuscules sphéroïdaux, compo-

sés de substances diverses. Si Ton en fait bouillir un fragment et qu'on l'observe avec attention au microscope, on remarque, non sans étonnement, que la plante future est contenue dans le fruit actuel, complète dans toutes ses parties, même lorsque la graine est encore revêtue de son enveloppe ou écaille. Ceci se voit plus particulièrement dans les grosses espèces de fruits. »

Dans certaines graines, on rencontre plusieurs téguments superposés les uns aux autres, quelquefois trois, sans que leur contexture soit homogène et identique. Lorsque le test se détache du centre de l'albumen, où il était retepu par un cordon ou funicule, il laisse une

Fig. 125. — Graine de Coquelicot de Fig. 126. — Graine de Silène {Silena Californie X 20. Test réticulé : mi- pendula) X 15. Test avec écailles. cropyle à la partie supérieure. Hile à la partie supérieure.

cicatrice. Si elle est proéminente, elle prend le nom de micropyle ; exemple : graine du Coquelicot de Californie (fig. 125) ; si elle présente un renfoncement en forme de fossette, elle s'appelle hile ; exemple : graine de Silène (Silena pendula, fig. 126).

La physionomie de la graine a une importance ma* jeure en botanique, parce qu'elle sert de base à toute la classification. Chez un certain nombre on remarque deux petites masses saillantes, comme dans le haricot ; chacune d'elles est un cotylédon, petite côte ; d'autres n'ont qu'un seul cotylédon. De là le point de départ :

on nomme Monocotylédonés, les espèces dont le grain est pourvu d'un seul cotylédon ; Dicotylédonés, celles où il en existe deux; et Acotylédonés, celles où la graine en est totalement privée. Jussieu, le fondateur de la méthode naturelle, détermina ces trois grandes divisions du règne végétal, qui depuis ont été universellement employées.

Si les ethnographes ont été frappés de la dissémination des races à la surface du globe, les botanistes ont aussi constaté avec admiration la répartition incommensurable des végétaux sur toute la terre. Le vent s'est chargé de la diffusion des graines ; Jes courants marins ont apporté à travers l'Atlantique les germes des arbres qui couvrent les îles sauvages de l'Océanie; car certaines graines résistent avec ténacité aux causes détériorantes, plus qu'on ne serait porté à le croire. Ainsi, on a trouvé dans les sépultures égyptiennes des grains de blé qui, semés en terre, ont germé comme du blé récolté dans l'année. Des fleuves ont transporté de leur source à leur embouchure des fruits légers qui, se déposant sur leurs rives, finissent à la longue par former des forêts, si la main destructive de la civilisation ne vient pas les en empêcher.

Afin de favoriser la diffusion, la nature a pourvu un grand nombre de graines d'appendices, d'organes extérieurs adhérents, dépendants de son organisation; ces organes modifient sensiblement l'apparence extérieure, et ils semblent n'avoir aucun caractère d'utilité immédiate. Ces enveloppes velues, couvertes de poils ou surmontées d'aigrettes, servent à transformer la graine en petits aérostats , que nous voyons voler aux jours d'automne. Les aigrettes naissent à la par-

FORHfS DE LA GRAINE ET DU FRUIT. 157 tie supérieure de la graine et y forment un pinceau de poils épanouis, généralement blanc, tellement léger, qu'elle peut voltiger facilement. Le groupe des composées renferme beaucoup de plantes dont la graine est munie de cet accessoire. Le pissenlit, en offre l'exemple le plus commun ; l'aigrette peut provenir directement de la partie supérieure sans intermédiaire, ou s'épanouir à

Fig. 1W. - Graine do PÛouilll X S Fig- 1*8. - Autre graine de Piisenlit hoc ligrelle, x 5 née aigrette à l'eu ré mil* d'une

tige! le.

l'extrémité d'un filet ou tigelle, servant de hampe. Nous avonB fréquemment vu ces graines sans nous arrêter à contempler leur construction aussi simple que judicieusement combinée. Les lois de la statique y ont été scrupuleusement observées, l'équilibre y est conservé au plus fort souffle du vent ; le petit appareil est lesté avec la graine, comme un parachute, mais beaucoup mieux équilibré, puisque celui-ci ne sert qu'à amortir la vitesse

de la descente, tandis que la graine s'élève dans les airs au moyen de son aigrette panachée. Si on voulait établir un appareil aérostatique copié sur cette délicate œuvre de la nature, il est bien probable qu'on ne réussirait pas aussi bien.

l'arille est un autre appendice non moins curieux;

Fig. 1Î9. — Graine d'Orchidée des Fig. ISO. — Graine d'Hyptrit x », lnd«(EHequiboo)x60,renfermée renfermée <hnt on sac arillaire lijni un sac arillaire. membraneui.

il consiste en une sorte de sac à tissu membraneux servant d'enveloppe. Il est constitué par un rendement du funicule. Ce tégument accessoire est lâche et charnu dans les passiflorées, souvent ouvert à l'extérieur. Dans les dilleniacées, il est au contraire fermé. M. Plancton a démontré qu'il y avait quelquefois confusion entre l'arille réel et le faux-arille ou arillodo. Le premier nait du funicule proprement dit, tandis que le second émane des bords de l'exostome ; c'est le faux-arille, tunique brodée à jour, qui produit le macis de la noix muscade. Cet appendice appartient plus spécialement aux graines microscopiques, probablement à cause de la nécessité

FORMES DE LA GRAINE ET DU FRUIT. i59

de protéger leur infinie petitesse contre les chocs et les actions • détériorantes de la température. Quelquefois peu développée, elle forme dans certains cas un sac assez vaste pour en contenir d'autres, mais c^tte circonstance ne se ^présente presque jamais. Ce sac est confectionné d'une membrane consolidée par des nervures, au milieu desquelles la graine semble attachée.

Certaines graines ont une expansion cellulaire et foliacée, sortant du test qui a reçu le nom de strophiole. La graine de giroflée rouge pst entourée d'une collerette de tissu membraneux et léger, interrompue à la rencontre de l'ouverture micropylaire (fig. 131). Le blé et l'avoine sont couverts d'une simple membrane qui meurt avec eux. D'autres enfin ont leur surface Fig . 131> Graine deGi . hérissée de piquants, s' enfonçant rofléerougexi5,entou-

r * fi T * e dune collerette.

dans les corps mous qu ils rencontrent, adhérant aux vêtements. Telle est celle de la carotte Cultivée: les piquants sont disposés symétriquement sur cinq files et alternés ; la base au contraire en est dépourvue.

Ainsi ce petit corpuscule que nous voyons organisé de tant -de façons diverses, contient l'individualité multiple dont les différents termes seront plus tard représentés par des plantes de toutes grandeurs, si les circonstances lui prêtent vie. Cette association est essentiellement fixée au sol ; la plante, privée de locomotion régulière, ne saurait fuir les influences funestes à son organisation; elle reste sous la dépendance immédiate des agents extérieurs. Son existence dépend donc du lieu qu'elle habite; aussi lorsque le terrain lui convient,

elle se crée une famille nombreuse dont les divers représentants se succèdent rapidement dans Un même lieu; son abondante fructification lui permet de se reproduire des millions de fois, avec une fixité incomparablement plus grande que celle qui préside à la conservation des types animaux.

Au dernier siècle, on s'extasia beaucoup lorsqu'un savant, Dodard, fit connaître à l'Académie des sciences uu calcul au moyen duquel il essayait d'évaluer le nombre des graines qu'un seul arbre était susceptible, pendant toute sa durée, de rapporter pour la reproduction de son espèce. L'arbre pris au hasard pour l'expérience était un orme de douze ans. En abattant une branche de 3 mètres de long, on y trouva 16 450 graines. Evaluant qu'un pareil orme contient au moins dix branches semblables, on estime le nombre total des graines à 164 500 ; Dodard suppose qu'un orme moyen fournit 330 000 graines par an. Prenant un siècle pour moyenne de la vie de l'arbre, on trouve 33 millions de graines; dans ce chiffre il ne tint compte ni de l'accroissement de l'arbre, ni de la proportion de production, ce qui le met au-dessous de la réalité. Cet observateur, qui avait été si sobre dans l'évaluation des graines produites réellement par l'arbre, fait ensuite un calcul fictif sur le nombre de graines qu'il pourrait produire, si on le coupait successivement à plusieurs hauteurs : il l'évalue à plus de 15 milliards. En général, on n'attribuait autrefois une si grande abondance de germe qu'à la nature végétale ; aujourd'hui on est arrivé à mieux connaître les êtres vivants et à démontrer que l'animalité est douée d'une fécondité non moins admirable ; mais dans les animaux l'abondance des germes est pour ainsi dire

en raison inverse de la taille. Quand on examine la reproduction des poissons, on trouve que d'une seule morue il peut sortir 20 millions d'oeufs fécondés !

Les mousses garnissent le parterre des bois. — Elles cherchent l'humidité. — Description générale. — Tentatives pour connaître le mode de reproduction. — Découverte des anthérozoïdes. — La plante procrée un animalcule. — Organes des mousses. — Les hépatiques. — t Leur fructification. — Classification des hépatiques. — Étude de Mirbel sur lemarchantia. — Des sphagnums. — Le port des fougères. — Examen des frondes. — Les capsules. — Elles contiennent aussi des anthérozoïdes. — N'oubliez pas le microscope dans vos excursions.

Sous le couvert des forêts, les plantes herbacées et les mousses jettent un voile de verdure sur la terre jonchée de perpétuelles feuilles mortes; elles cachent le sol en modifiant ses aspects pittoresques. La nombreuse famille des Muscinées formant des tapis verdoyants et moelleux,' se plaît à l'abri des rayons du soleil, sous les massifs épais, au pied des vieux chênes et dans les épais fourrés des bois taillis. À quoi faut-il donc attribuer l'impression si profonde que fait en général sur nous la vue de cet hôte des bois, si humble, si modeste par lui-même? Sans doute le milieu où vivent ces charmantes petites plantes ajoute beaucoup à leurs charmes. Ainsi lorsque, avec les

chants joyeux des oiseaux, les beaux rayons d'or que le soleil tamise à travers les feuillages des chênes et des bouleaux, le promeneur solitaire et rêveur découvre tout à coup, dans ces délicieuses retraites, un parterre de mousses, il lui semble d'autant plus joli qu'il est merveilleusement encadré!

Cueillons non pas une touffe, mais un simple petit rameau, un brin de mousse, nous verrons un arbre en miniature, un charmant polit végétal cryptogamique. Les mousses recherchent de préférence les endroits humides ; la sécheresse les ferait mourir, si l'on abattait les grands arbres sous la protection desquels elles se sont placées. Cette condition est nécessaire à leur développement; le froid leur est moins funeste que les ardeurs de l'été ; aussi, pendant une partie de l'hiver, demeurent-elles pour raviver les tons tristes des gazons, lin brin de mousse, porté sous le microscope, laisse apercevoir des fts-m. gouttelettes d'eau dans ses feuilles ténues. T ' «"xls.™*" Si leurs racines ne sont pas trés-développées et qu'elles se contentent de peu de terre, propre à leur nutrition, il leur est nécessaire de mettre en réserve, dalis leurs folioles, les gouttelettes de la rosée du matin.

Les mousses sont des végétaux cryptogames entièrement cellulaires; ils forment une transition entre les phanérogames et les champignons. Elles ont des racines, des feuilles comme les plantes d'ordre supérieur, mais leur mode de reproduction a lieu par des spores comme les champignons. Depuis les Rieciacées, qui ne sont que de simples lobes de parenchyme vert flottant sur l'eau,

iuBau'&ux Jungermanniées, elles offrent une grande™- S Z le.™ représentants. La tige es. g ncralem.n, rameuse et pourvue d'un rhizome; les feuilles ont » ■lies entières et disposées en ejeles variables Elles „ 'cependant parte nne seule nervure , «* Ainsi la feuille du Hnïum cuiptdatum (fig. 133)partagée par une fibre unique, sans aucune wut» E conL cela existe dans le, végéta,,* phanenv games. le limbe est l'orme d'une seule eouehe de celhi-

srî m. cSJ. ÎX™- »>■■ »*»"""• — —

fihreumec gtuinsde chlorophylle.

les rarement de de» superposées; elles sont reliées entre elles par un réseau fibrcus, régulier, Uniterme, indépendant de la nervure médiane; comme elles sont très-transparentes, il est facile de voir les grains de cbloropbjlle agglomérés en paquets dans le milieu de chaque cellule, en laissant les parties latérales dépourvues de granules.

Quoique classées parmi les cryptogames, les mousses sont pourvues d'organes présentant une certaine analogie avec les phanérogames ; elles sont monoïques, indiques, hermaphrodites. Depuis longtemps les phjsiolo-

gistes les plus distingués ont fait des recherches sur leur mode de multiplication : Sprengel, Friès, Hooker, Greville, Walker-Arnott n'ont pas résolu la question d'une manière satisfaisante, malgré leurs travaux assidus, car il faut employer des grossissements très-forts pour parvenir à saisir l'œuvre de la nature ; Ray, Tournefort, Vaillant, Dillennius échouèrent également, mais

Fig. 1Î3. — Feuille de 11 Frullania dilatât* x 500. Cellules membraneuses liée grains de chlorophylle.

Cellules spéciales sur le bord de la feuille.

Fig. 136. - Tina fibreui de la feuille de mousse. Les libres eonsiituent des celluleti in te «libelles, renfermant de la chlorophylle. A, B. Coupe verticale sur le) libres.

ils admirent la fructification des mousses sans le secours d'organes floraux. Agardh s'exprimait ainsi sur la ligne de conduite qu'il avait suivie dans ses études : Nec hijpoihesibus tantum vagis opinionem propriam condidi, observationibus directis opinionem fundare et dubia deciderc semper quœsivi. Schmide) (1759) avait remarqué une « déhiscence de corpuscules siliceux ii dans la Fossombronia pusilla. Il était réservé à linger de voir le premier les spiricules dans les anthères du Sphagnum. Schimper, ayant fait accomplir le der-

106 LES PLAItTES ÉTUDIÉES AD MICROSCOPE .

nier pas par ses observations, dit : « Chacune de ces cellules renferme un anthérozoïde et quelques granulations grisâtres, qui nagent dans un mucilage. »

On attribue aux anthéridies le sexe mâle ; alors l'archégone, en quelque sorte le pistil des cryptogames,

Fig. 157. — Àtilhéridiei du Polytrichtm continu

serait l'organe femelle. Dans les opinions émises sur leurs fonctions respectives, h teurs ont cependant été obligés d'admettre duction se fait réellement par des spores, corpuscules tenant lieu de graines. Cette graine a besoin d'être fécondée. On suppose que les petits corps vibratiles qui s'agitent à l'époque de la fructification remplissent ce rôle. Les études de M. Roze ont élucidé cette question avec autorité. « J'essayai, dit-il, de reproduire artificiellement le phénomène de déhiscence, en déposant dans les coupes florales du Polytrichum le liquide nécessaire, plaçant quelques gouttes d'eau sur le sommet des capitules dont les anthéridies paraissaient avoir atteint leur maturité. » En suivant les résultats à la loupe, il vit, dix à quinze minutes après, sortir du fond

des capitules de petites colonnes nuageuses et blanchâtres, qui, à mesure qu'elles s'élevaient, paraissaient se disséminer dans le liquide ambiant. Cette expérience, de fort peu d'importance par elle-même, permit cependant à l'observateur d'opérer la manipulation difficile

Fig. m. — Anll.éroioïdes des mousses. 1. AnihéroiaMe inerte [ x 80). Atrichum undulatam. — i. Cellulcs-mèrei dans les alvéoles. duPoiyfricAuBi form/aam. 3. Cellules-mères s'éleva» t en colonnes blanchâtres dans la tphère liquide, i. Ce Unies -mères des anthérozoïdes du Dicranum icoparium. 5. Amhérotoïdes à sec après évaporatiun de l'eau du menu. G. Anthérozoïde en mouvement hélicoïdal (x 800). Atricham undalatum. 7. Antmérotold« du Jfoium affine. 8, 9, 10, 11, 11. Aspect des différents ambéroioideB du Vnium affine.

de placer sur le porte-objet du microscope un certain nombre d'anthéridies des capitules floraux ou mieux encore le produit de l'écrasement total d'un capitule. El constata la présence de cellules parfaitement sphéri-

ques, dont quelques-unes se roulaient sur elles-mêmes par l'effet de la capillarité, en suivant les courants produits dans l'eau entre les deux lames de verre, ce qui ne laissait aucun doute sur leur véritable forme. Puis l'anthérozoïde se trouvait dans ces cellules à l'état de filament spiral tracé sur la paroi interne, mais sans avoir de renflement ; il était accompagné de douze ou seize granules doués d'une trépidation assez vive pour

FiS- — «. b, c, d, s, f. Étais différants d'anthérozoïdes X 100

qu'il leur fût possible de se porter d'un point à un autre de la sphère enveloppante et pour empêcher l'observateur d'en compter le nombre avee quelque certitude. Ces expériences ont besoin d'être faites avec un grossissement de 800 a 1000 diamètres.

Ainsi l'histoire naturelle tourne presque à la fantaisie et à la fable; il sort des animaux d'une plante! Pendant quelques moments ces larves étonnantes, jouissant ainsi d'une puissance de vitalité incompréhensible, viennent tourbillonner d'une façon fantastique et vertigineuse, pour celui qui les suit l'œil au microscope. Quand ces évolutions sont terminées, elles se

le Tapis végétal des forêts. m

rapprochent des ârchégones, qui elles aussi se sont rendues indépendantes de la cellule maternelle ; elles y pénètrent, les fécondent et y déterminent la formation de germes nouveaux pour une génération future de mousses.

Comment naît cetinfusoire? d'où procède-t-il? quelle est sa fonction? La réponse ne saurait ressortir de la simple constatation du fait, il faudrait en saisir les conséquences directes; cependant il semble assez évident qu'il vient remplir une fonction nécessaire dans la fécondation, puisqu'il ne naît que pour cela, et qu'il meurt aussitôt qu'elle est accomplie. Les principaux caractères de l'anthérozoïde peuvent se définir ainsi : « La progression de l'anthérozoïde est due à un mouvement de rotation autour de son axe, durant environ deux heures. Dès fors la vésicule ovoïde.inerte, toujours surmontée de la spire ciliée, prend une forme sphéroïdale, et les grains de fécule s'y dédoublent insensiblement, par suite de l'action endosmotique de l'eau environnante. » (M. Roze.)

Les anthéridies, qui contiennent les anthérozoïdes quand elles sont arrivées à maturité, sont de petits sacs cellulaires portés à l'extrémité d'une tige grêle. Les ârchégones ont une certaine ressemblance avec le pistil des phanérogames ; car ils présentent un renflement inférieur comparable à celui de l'ovaire. Il n'a cependant aucune fonction analogue à remplir, puisque la capsule provient de la cellule contenue dans la cavité de l'archégone. Le sac sporigère ou le sporange, qui doit s'ouvrir au sommet pour laisser sortir les séminules, se développe conjointement avec les paraphyses, longs poils formés d'une seule file de cellules. Les capsules des

mousses sont très-variées, mais fréquemment arrondies ; elles affectent toujours des dispositions régulières.

Les Hépaliquei sont de petites mousses qui, parleurs

itO. - SjwnuguM et («nuluwi du Unium

organes reproducteurs particuliers, constituent une classe spéciale très-nombreuse dans la grande famille des mousses. Elles sont une sorte do transition entre les amphigènes et les acrogènes ; leur structure, essentiellement variable, ressemble en majeure partie à celle des mousses proprement dites pour quelques espèces, tandis que chez d'autres on ne voit qu'une expansion verte, foliacée, sans aucune tige; exemple : Metzgeria furiole. Les feuilles offrent plus de variétés que chez les mousses. La substance du parenchyme est composée d'uno couche de cellules membraneuses reliées par un tissu fibreux; celles de la rive de la feuille sont beaucoup plus résistantes. Dans d'autres espèces, les feuilles ne sont que de simples chapelets de cellules jointes par emboîtements consécutifs les unes dans les autres.

LE TAPIS VÉGÉTAL DES FORÊTS. 171 Cette catégorie de mousses ne possède point une disposition pareille dans les organes reproducteurs ; le sporange est garni de filaments particuliers, nommés élatères, dont les fonctions ne sont pas parfaitement déter-

Pp. ML — Or» nges reprodueleurs Fig- 143. — Organas reproducteurs du la Frullania dilatala x 30. île la Badute complanata X 30 S. Spore. E. Élalère. S. Spore. E. Élalère X 30U.

minées (fig. 141 et fig. 142); on les suppose destinés à disséminer les spores en vertu de leur élasticité. 11 y a lieu de remarquer ce fait curieux, que leur propriété hygroscopique les rend susceptibles de mouvements divers sous l'influence de l'humidité ou de la sécheresse. Ces organes proviennent du déchirement en deux spires parallèles de la paroi de cellules longuement tubulées. Lorsque les élatères sont arrivés à un point de formation complète, Us se composent de fibres spirales. La capsule des hépatiques est à peu pre^ comme celle des mousses : elle s'ouvre à l'époque de la maturité et laisse les élathères libres.

Le mode de reproduction comporte également des anthérozoïdes. On y peut observer le même phénomène.

La difficulté qui s'offre aux yeux de l'étudiant est de bien voir les anlhéridies; car le nombre en est très-restreint, et leur forme est quelquefois si singulière, qu'on hésite

Fig- 143. — Hépatique ; Trickocolxa iometitella x 20.

Pig. IU. — Organes foliacés rtlsmenicm du Trichocolura tomentella

à rapporter le sujet que l'on voit à la plante dont on s'occupe. Comme les échantillons mâles sont ordinairement mal conformés pour fournir une bonne observation, et qu'ils sont très-petits, ce qui exige un objectif très-puissant, il faut examiner une douzaine d'échantillons, avant d'en découvrir un seul. Si l'on a été assez heureux pour avoir juste saisi le moment du développement, on voit les anthérozoïdes sortir des cellules mères de l'intérieur de l'anthéridie ; il suffit de détacher un de ces organes, de le placer dans une goutte d'eau recouverte d'une lamelle de verre mince, pour apercevoir bientôt les cellules mères sortant de l'orifice de l'enveloppe sous forme de cordon et accom-

pagnées de cellules vertes de la paroi de l'anthéridie. Certainement la théorie de l'anatomie des organes reproducteurs des hépatiques et des mousses est un peu aride pour le commençant ; mais il est bien récompensé de sa peine quand il parvient à voir par luimême un anthérozoïde s'agiter dans le champ du microscope.

On divise les hépatiques en quatre classes : 1° les Ricciacées ; les sporanges sont dépourvus de valves, il n'y a pas d'élatères ; 2° les Marchanliées ; les sporanges n'ont pas non plus de valves et se déchi- F 'g- i±s. — Hypnum x 15,

, t . , . avec archégone simple A et

rent irrégulièrement avec les archégone spiral b. élatères; 5° les Jungermanniées; les sporanges s'ouvrent par un nombre défini de valves égales aux élatères ; 4° les Équisétdcées ; les sporanges sont peltés et s'ouvrent d'un seul côté avec une élatère pour chaque spore.

Les phénomènes que présentent les Marchandées ne sont devenus classiques, dans la physiologie botanique, que depuis les célèbres études de Mirbel sur leur germination et leur fructification ; ces plantes présentent un intérêt particulier par leur disparité de développement avec les autres mousses. Dans les expansions foliacées du Marchantia polymorpha, sous de petites écailles membraneuses, rougeâtres, minces, il y a un mamelon vert, charnu, déprimé. Quand il grossit, il pousse des écailles en calice ; à ce moment, il n'est

Fig. œ. — Hépatique : Scapiana Fig. U7. — Hépatique : Frullania

nemarOMa X ÎD. dilatala X 10.

Fig. liS — RipUiquc.Hypnumabietimim Fig. 1*9. — Hépatique : Lo- X iO. phocolwx bidentata x ».

encore formé que d'un tissu cellulaire, et cette couche adhère de toutes parts au tissu sous-jacent ; la nervure s'élargit en boule concave découpée en lobes épais et cylindriques. Là naissent des anthéridies logées dans une cavité ressemblant à une cornue à bec droit, dont la partie inférieure est dilatée. Les élathères du Mar-

Pif. 150 — Sphagnum obliaifalia Fig. 151. - Feuille de Sphngnum

chantia ne sont autre chose que des traehées; les spores allongées qu'elles lancent sont des scminules destinées à la multiplication. Le Lunularia vulgaris Nich. a un genre de développement analogue.

On rencontre fréquemment sur le bord des fossés d'eau stagnante et dans les marais de petites mousses à moitié immergées , portant comme fruits de petites capsules en forme de coupes ; ce sont les Sphagnums. Elles habitent en quantité la terre spongieuse des tourbières de la vallée de^la Somme. Certains géologues pré-

tendent même que leur décomposition constante pendant des siècles successifs a fini par produire ces couches de tourbe que l'on extrait comme combustible, sur des épaisseurs variables de 0™,50 à 3 mètres et même plus. Les Spagnums sont localisés dans les régions tempérées : la chaleur les anéantirait. Us seraient incapables de réunir leurs feuilles, comme les tabacs algériens, afin de se garantir des effets brûlants du sirocco. Comme les mousses, ils ont une tige dbreuse, sur laquelle naissent des folioles concaves. Celles-ci sont assez singulièrement constituées pour fournir un sujet intéressant d'examen microscopique; leur conlexture consiste en fibres striées, enveloppant la cellule membraneuse , qui semble trèstransparente (lig. 152). Chaque intervalle est lui-même rempli par des ligaments rattachant les Fi K . ira. - Sirucmre d« la fibres principales entre elles. On toiX'x 8 ^"*" 06 " cultivé les Sphagnums spécia-ement dans le but de former un sol avantageux aux plantes monocotylédonées epiphytes ; par leur excrétion ils modifient le sol à la façon des bruyères.

Les différentes espèces de mousses nous ont insensiblement amené des bois dans les marais ; rentrons sous la feuillce pour examiner une plante non moins attrayante dans les éludes micrographiques : la fougère. S'il est, parmi les diverses figures du riche monde végétal, un type merveilleux entre tous, à la fois gracieux et fier, svclte et majestueux, c'est à coup sûr dans la

grande et originale famille des fougères qu'il faut le chercher. Rien de plus aérien que le feuillage de la plupart d'entre elles, que ces frondes ailées, dentelées, sortes de plumes- végétales dont les ondulations molles, dans l'air tiède et sous le ciel bleu, font rêver à des arbustes fantastiques. Mais leur histoire ne se borne pas à la description pure et simple de leur beauté. Il en est une autre plus intime, et assez curieuse, relative à leur jnode de fructification.

Les fougères (filices) sont des plantes vivaces de taille très-variée; dans les fôrêts de la zone tempérée, elles sont réduites à de modestes proportions, mais dans celles des pays intertropicaux elles deviennent arborescentes, atteignent la hauteur et le port même du palmier. La tige, qui possède en terre une racine horizontale, produit des feuilles espacées et épanouies, nommées frondes, ayant le caractère plutôt de rameaux qui portent des feuilles, que de feuilles en réalité. Leurs nervures ont un système spécial de division, étant tantôt simples, tantôt bifurquées.

Le point intéressant pour le micrographe réside dans l'examen des corps qui se trouvent à la face inférieure des frondes; ces petites taches jaunes ou orangées ont un grand intérêt, parce qu'elles sont les organes de la fructification ; ce sont de petites capsules contenant des séminules propres à la reproduction. Elles affectent des for* mes diverses : lisses, réticulées, tuberculeuses, tétraédriques, uniformes; elles ont une membrane trèsdélicate, ordinairement brunâtre, qui se déchire au moment de la germination. Leur mode de répartition sous les frondes est extrêmement varié , quoiqu'il conserve

toujours certains caractères géométriques. Quelquefois

les séminules sont disposées par groupes, comme de petites mouchetures latérales, ou bien elles constituent une garniture contournant les rives. La figure 153 donne une idée de cette merveilleuse variété.

Il ne suffit pas de constater leur présence, il faut pénétrer plus intimement dans leur organisation, au moyen d'un grossissement progressif, tâtonné avec le micro-

9. Polypodiam dryplerù. 10. Atpidum trifolialum. li. Alturyopterii meycana. il. Pttrit patmata. 13. Hicraieptit majutcula.

scope. On verra que ces capsules, ces sores, sont tantôt à découvert, comme dans les exemples précédents , tantôt abritées par un tégument membraneux, nommé indusie, sous lequel adhèrent les capsules. En faisant une coupe, on reconnaîtra que ce tégument les cache, jusqu'à ce qu'il soit temps de les laisser tomber, quand vient le moment de la maturité. A cette époque, il s'ouvrira par le bord extérieur opposé à la fossette centrale ; on voit alors une multitude de petites ra-

quettes, fixées sur une masse cellulaire centrale par une tige qui représenterait le manche (fig. i 54) . Alors cette membrane, dont le rôle protecteur est achevé, avec la maturation des capsules, se distend, se dessèche et laisse échapper la graine. Envisagée séparément, la capsule renferme des granules disposés par ordre,

i i i ■ Fie. 13*. - Coupe d'une iodusia

dans une masse lenticulaire re- do Fougère tPoiypwtium autenue par cet appendice funi- m " B| x 80 " culaire, très-résistant. Les fougères sont placées parmi les cryptogames,

en porte sur un pedicelle. S. lodn- ^K3S^ lie normale. S'. Iodutie déchirée Fig. i5B. — Capsula de Polytricham a l'époque de la maturité", «airain x 30.

les organes mâles seraient de petites formations cellulaires, ordinairement jaunâtres, mêlées aux capsules dans les sores, ne faisant leur apparition que lorsqu'elles sont jeunes ; plus tard, elles se flétriraient.

parce que l'existence d'organes de fécondation a été longtemps problématique.

Hcdwtg attribue ce pouvoir à des poils vésiculaires, qui existent le long des nervures et à la face inférieure des frondes ; suivant Presl,

Fie. 155. — C. Capsule de fougère [Polypodmm axreum) x Î00. Elle

Certaines fougères ont des anthéridies avec anthérozoïdes comme les mousses: Naegeli (1844) en fut le premier observateur. Les travaux de Hofmeister sur la fécondation par les anthérozoïdes ont démontré que l'anthéridie est composée de très-petites cellules, renfermant chacune un anthérozoïde, mis en liberté par leur rupture à un moment donné ; lorsque l'eau vient humecter l'anthéridie, ces petits rubans spiraux sont animés d'un mouvement rotatoire, pendant lequel aurait lieu la fécondation. Ainsi les observations confirment que le mode de reproduction des fougères a de nombreux points de rapprochement avec celui des mousses.

Ne craignez pas de marier Faustérité de la science à la coquetterie et à la grâce des habitants du monde des bois ; elle vous montrera que la beauté n'existe pas seulement dans ce qui frappe les yeux; que ces magnifiques décors de futaies, de taillis verdoyants abritent des sujets dont la vie est un motif d'étonncment pour celui qui a le privilège d'en pénétrer les secrets jusque dans ' ses derniers replis. C'est par voie de contraste que la nature nous ménage des surprises et nous porte à la méditation. Dans vos promenades sylvestres, n'oubliez pas le microscope ; c'est un compagnon toujours prêt à instruire celui qui l'interroge sur le monde de la végétation inférieure; il vous révélera une abondance, une richesse de détails sous laquelle l'imagination succombe.

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