C. australis
Essayé de 1886 à 1902.
RÉSISTANCE partielle, avec et sans abri. Les hivers les plus rigqureux n'ont pas tué la plante, dont les feuilles seules ont été gelées ; mais, d'un autre côté, les hivers les plus doux sèchent la plupart des feuilles, même couvertes d'un paillon. Dans ces conditions, il faut que la plante se refasse chaque année, et elle ne peut être que d'un faible secours pour Tornement.
PRITGHARDIA
P. fllifera.
Essayé de 1886 à 1902.
Magnifique Palmier à fouilles en forme d'éventail. Monte sur un énorme tronc ; croissance très rapide. En quinze ans, malgré deux grands hivers, un pied a atteint 4 mètres de haut et 4 mètres d'envergure, avec un tronc de 2 mètres, mesurant 45 centimètres de diamètre à sa base. D'autres pieds jeunes sont presque aussi grands. Les feuilles, trè^ solides, sont ornées sur les bords de longs poils, semblables à des cheveux blancs ; ces feuilles ont jusqu'à 1 m. 50 de diamètre. Il est peu de plantes d'ornement dans ce pays qui croissent aussi rapidement et avec une telle vigueur. Le Pritchardia doit être conseillé en première ligne, bien qu'il souffre parfois. Toujours vert.
RÉSISTANCE presque complète, sans abri. Les plantes très jeunes, de deux à cinq ans par exemple, sont moins résistantes aux hivers froids, mais le mal se borne ordinairement aux feuilles les plus extérieures, séchées. Pour les plantes plus grandes, il faut faire une distinction entre les feuilles encore plus ou moins dressées et les feuilles déjà étalées : un Pritchardia de dix ans, qui donne chaque année une dizaine de feuilles nouvelles, en perd sept ou huit, et c'est en hiver que se déclare ordinairement cette perte. On voit donc les feuilles étalées, qui sont les plus vieilles et les plus exposées à la gelée blanche et à la neige, se sécher au cours de l'hiver ; j'ajouterai qu'elles se sèchent aussi bien lorsqu'on les relève verticalement, ce qui montre que c'est leur âge, autant que la basse température, qui provoque leur dessèchement. Ce Palmier, cultivé ici, porte donc beaucoup plus de feuiles en été qu'en hiver, mais il ne se dénude jamais, et reste toujours ornemental.
En 1899-1900, les Pritchardia ont seulement perdu plus de feuilles qu'à l'ordinaire. Le grand hiver de 1800-91 en a tué plusieurs jeunes, ainsi qu'un sujet d'assez grande dimension; les autres ont été éprouvés, mais ont résisté. Toujours vert.
Culture. — Souffre parfois de la transplantation, surtout lorsqu'il est jeune. Semble craindre un sol trop sec; mais, une fois qu'il a pris, il croit avec une vigueur extraordinaire.
Multiplication par semis.
WASHINGTONIA ?
\?V. robusta? [Prilchardia fîlifera).
Essayé de 1891 à 1902.
Je suis quelque peu embarrassé pour parler de ce Palmier, convaincu que je suis que je le présente sous un faux nom. Je ne connais le Washingionia que comme synonyme du Wellinglonia, et non comme Palmier. Les graines fournies sous ce nom ont été cultivées, et ont donné des sujets absolument semblables, comme aspect, au Pritchardia fîlifera. Seulement, je dois avertir que le Washingionia ? s'est toujours montré beaucoup plus sensible au froid que le Prilchardia. Ainsi, pour les plantes très jeunes, le Washingionia? gelait complètement, lorque le Prilchardia n'avait que les feuilles extérieures séchées dans les hivers rigoureux, de sorte que je n'ai qu'un très petit nombre de Washingionia? qui aient atteint un beau développement, tandis que j'ai eu des Prilchardia en grand nombre. Il semble donc y avoir une espèce (et non un genre) différente, très voisine et moins résistante, à moins que le pays où les graines ont été récoltées n'ait une influence réelle sur la rusticité des plantes. Si j'ai quelque peu insisté sur ce fait, c'est pour mettre en garde les amateurs contre les insuccès, en les avertissant qu'il y a soit deux espèces de rusticité différente, soit une seule espèce plus ou moins acclimatée. Il ne faut donc pas désespérer si l'on n'obtient pas le résultat attendu, et il faut essayer de nouvelles graines, dans l'espoir d'obtenir enfin l'espèce la plus rustique.
128 l^LANTES EXOTIQUES A CULTIVER
LATANIA