MARCHE A SUIVRE POUR RÉCOLTER, PRÉPARER ET CONSERVER LES PLANTES
L'ordre que nous adoptons dans ce chapitre est celui dans lequel nous avons exposé les différents modes de conservation des plantes fossiles.
La recherche et la récolte des plantes fossiles sont certainement plus pénibles que celles des plantes vivantes ; elles offrent moins d'attraits, souvent elles sont beaucoup moins fructueuses, et il faut que celui qui s'y livre soit convaincu de toute l'utilité de ses efforts, pour ne pas éprouver parfois quelque découragement.
Mais son ardeur est soutenue, non seulement par l'espoir de rencontrer dans les couches terrestres les plantes qui, par des filiations plus ou moins directes, ont produit celles qui vivent de nos jours, mais encore par la certitude de recueillir souvent les vestiges de beaucoup d'autres qui, ne pouvant se plier aux changements apportés pendant le cours des siècles aux conditions de leur
existence, ont désespéré de la vie et, déclinant peu à peu, ont fini par s'éteindre, ne laissant parfois que des traces de leur passage.
Ces traces offrent un intérêt d'autant plus grand, qu'elles se rapportent à des types curieux, sans analogues actuels^ ou qui établissent des liens entre des végétaux séparés dans nos classifications botaniques par un intervalle considérable. La disparition de ces types est une preuve des variations importantes que les climats ont subies pendant la longue période de temps qui sépare notre époque de celle où l'aurore de la vie s'est levée sur la terre.
Les végétaux ont servi de tout temps de nourriture à un grand nombre d'animaux ; il n'y a donc aucune témérité à supposer que les premiers représentants du règne végétal ont accompagné, sinon précédé, les premiers individus appartenant au règne animal.
Aussi, toutes les couches sédimentaires renferment-elles des débris plus ou moins reconnaissables de plantes, depuis les terrains de formation récente, jusqu'à ces couches de transition dont l'origine se perd dans la nuit des temps et dont l'aspect cristallin annonce dans leur formation le concours d'eaux minérales et de gaz possédant une température relativement élevée, peu propres, on le comprend, à conserver intacts les organes des plantes soumises pendant leur dépôt avec les sédiments, à
une macération d'eau surchauffée et de principes désorganisateurs.
Sur une étendue comparativement restreinte, la France renferme presque toutes les couches sédimentaîres ou d'origine aqueuse qui se sont déposées depuis l'apparition des végétaux. Ce n'est donc pas le terrain qui manque aux recherches, mais bien plutôt les chercheurs animés du désir de faire des découvertes presque certaines, et de concourir à l'exhumation et à la résurrection de cette Flore immense, enfouie dans les entrailles du globe.