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SCHISTEUSES

Les plantes fossiles conservées, soit en demirelief, soit à l'état d'empreinte complète dans les grès, les marnes et les roches schisteuses, sont de beaucoup les plus nombreuses et celles que l'on voit figurer le plus communément dans les collections.

Le demi-relief, comme nous l'avons expliqué, n'a conservé en empreinte qu'une des faces du végétal et ne peut contenir de matière organique; la récolte consistera donc à fendre un peu au hasard les blocs de grès ou de schistes dans lesquels on soupçonnera ces sortes de moulages, dont la présence ne peut être décélée au dehors

par des traces charbonneuses, et à les échantillonner.

Les instruments que l'on peut employer dans

Fig. 1. — Oulils servaar i la récolte des planres fosiilti. A, ciseau pour tracer plus ou moins profondément le sillon suivant lequel on désire que Tt^chantillon se fende. — B, pointe quadrangulaire d'acier, destinée à dégager les empreintes, i en approprier la surface et à graver sur leur revers des indications diverses. ^ fr, exttémiié de la pointe d'acier vue de face. — C, marteau domrunc des extrémités est aminde en coin destiné à fendre les blocs schisteux. — D, marteau d'ader trempé i pointe quadrangulaire, dont on se sert, concurremment avec un ciseau, pour dégager les magmas siliceu:i noyés dans les poudingues.

ce but, et qui du reste peuvent servir pour toutes les opérations analogues, sont représentés dans la figure 2. A ces instruments, 6n ajoutera une scie à main pour découper les échantillons, quand la matière du moule sera tendre. Dans le cas, au contraire, où la gangue sera dure et tenace^ on tracera un sillon assez profond en forme de cadre ; au moyen du burin en acier B et à l'aide du marteau C, on détachera les portions de l'échantillon placées en dehors du cadre.

Dans ce genre de fossiUsation, on se rappellera que le relief de l'empreinte correspond au moulage du creux laissé par l'objet, et qu'il ne peut se trouver qu'à la face inférieure de la dalle de schiste ou de grès qu'on a enlevée.

Si les végétaux se trouvent en empreintes à relief plein dans des marnes durcies, des roches calcaires, des schistes ou des grès, ils sont en général disposés suivant le plan de stratification des couches; les recherches seront naturellement plus fructueuses dans les carrières où on exploite les bancs fossilifères, dans les tranchées exécutées pour le passage des routes et des chemins de fer, dans les ravins creusés naturellement. On profitera des éboulis, des escarpements, enfin de tous les accidents de terrain qui peuvent rendre les travaux personnels moins pénibles et moins coûteux. Si les recherches que l'on entreprend ont quelque importance, il est indispensable de recourir

yS RÉCOLTE, PRÉPARATION, CONSERVATION

à l'aide d'ouvriers terrassiers, qui, dans un temps infiniment plus court, livreront les blocs, les dalles, etc., où on doit rechercher les fossiles.

Les blocs, examinés avec soin, devront être fendus suivant le plan général de stratification, là où quelque extrémité de feuille de rameau ou de tige décèle la présence de plantes fossiles.

Il faut se rappeler que, dans les calcaires et les grès, les tissus altérés peu à peu ont généralement disparu et n'ont guère laissé que le moule de leur surface extérieure, et que cette surface a été rendue plus ou moins fidèlement suivant la finesse de la gangue, qui, en se déposant en même temps que la plante, l'a emprisonnée et plus ou moins comprimée. Quand on aura rencontré quelque empreinte en fendant un bloc, il est indispensable de recueillir les deux parties, qui ne représentent nullement, comme on le croit souvent, l'une le moulage en creux et l'autre le moulage en relief de la même surface; les deux plaques portent chacune, en effet, un moulage en creux distinct, appartenant à l'une et à l'autre face de l'objet. Par conséquent, en outre des caractères généraux communs, il existe de part et d'autre des détails particuliers propres à chacun des deux moulages.

Après avoir échantillonné la plaque si le temps dont on dispose le permet, puisque nous supposons que toute trace de matière organique a disparu, on nettoyera avec précaution les surfaces,

de façon à enlever les poussières ou les débris terreux, sans porter atteinte aux détails de l'empreinte.

Dans les localités carbonifères, c'est autour des puits d'extraction de la houille, dans les débris formés par les schistes et les grès qui accompagnent ce combustible au toit et au mur des couches, et qui sont accumulés à l'orifice des puits, que l'on doit porter son attention, la houille elle-même ne renfermant que rarement des parties de plantes immédiatement reconnaissables.

Si les blocs de grès ou de schistes ne présentent aucune empreinte à leur surface, en examinant .avec attention leur tranche, des lignes noires brillantes indiquent souvent la présence de portions plus ou moins importantes de végétaux. On cherchera à diviser ces blocs suivant ces bandes brillantes révélatrices, et, après quelques essais, on acquerra facilement le tour de main nécessaire pour fendre l'échantillon suivant le plan qui renferme le fossile; ce plan est, du reste, celui de moindre résistance, à cause de la couche charbonneuse qui s'y trouve.

On se gardera de débarrasser les surfaces devenues libres et qui portent l'empreinte des restes de houille, car ce sont les seuls éléments que l'on possède pour déterminer, la structure interne de la plante; il arrive quelquefois que la loupe y décèle des différences de tissus permettant de recon-

naître leur nature. Quelques parties de l'empreinte nettoyées avec précaution suffiront pour donner une idée exacte des détails de la surface.

Les échantillons, débarrassés sur place des parties trop lourdes ou trop encombrantes, seront enveloppés avec soin dans plusieurs doubles de papier. S'ils doivent être emballés, on prendra la précaution de les placer verticalement sur leur tranche, serrés les uns contre les autres de façon à éviter tout frottement pendant le transport.

Le paléobotaniste ne doit pas oublier de prendre sur les lieux mêmes tous les renseignements qu'il pourra se procurer, tels que le numéro de la couche d'où viennent les échantillons, sa profondeur, le nombre des veines exploitées ou reconnues, leur importance, les dislocations qu'elles ont pu subir, etc.

Lui-même devra noter la fréquence ou la rareté des fragments se rapportant aux mêmes espèces ou aux mêmes genres; sur ceux qu'il a mis de côté, il inscrira, au moyen d'un burin, le nom de la localité ou du puits avec cette indication : rare, commun, etc. Lorsque les échantillons sont pyriteux, afin de prévenir une oxydation ultérieure de la pyrite, qui amènerait la perte certaine des empreintes, on passera à leur surface une éponge imbibée d'une dissolution de cire ou de paraffine dans la benzine, ou mieux d'une dissolution de baume de Canada solide dans l'alcool; la liqueur ne doit pas être concentrée, et on doit répéter

GRÈS ET ROCHES SChIsTEUSES 8i

l'opération à plusieurs reprises après dessiccation complète.

Si la pellicule de charbon qui forme l'empreinte • est trop mince pour qu'on en puisse tirer parti au point de vue de la structure, et si la solidité du schiste le permet, on pourra, afin de rendre les détails imprimés sur la roche plus apparents, frotter légèrement la surface avec une brosse sur laquelle on aura déposé une très minime quantité de cire blanche; l'empreinte se détachera alors en noir brillant sur le reste de la roche restée mate.

Il peut arriver que les empreintes soient à la surface de schistes peu résistants, fissiles, qui se subdivisent d'eux-mêmes, quant ils sont exposés à l'air, en feuillets multiples ; pour éviter cet inconvénient, il suffira de les faire sécher lentement, à l'abri des courants d'air et de la chaleur, la séparation étant due à une dessiccation trop rapide et inégale, qui amène un léger retrait dans les parties desséchées et leur séparation de celles qui ne le sont pas encore.

Un phénomène semblable de dessiccation inégale suivie de retrait se remarque dans les marnes fossilifiées d'un grand nombre de localités, mais les fentes qui se produisent, au lieu d'être sensiblement parallèles, et d'amener la séparation de l'échantillon en feuillets, sont dirigées dans divers sens et déterminent en s'entrecroisant le départ de fragments irréguliers; le procédé indiqué plus haut Renault. 6

peut être employé pour éviter ce morcellement préjudiciable.

Généralement les empreintes qui se trouvent dans les marnes argileuses ou les argiles des formations récentes ont conservé une assez forte proportion de leur matière organique, transformée en produits ulmiques; ces restes organiques, en se desséchant, se détachent assez facilement de l'empreinte ; il sera bon, si l'on veut les conserver, de passer, avant la dessiccation, un pinceau imbibé d'une légère dissolution de gomme arabique ou de gélatine blanche appliquée à chaud; cette dernière substance est préférable et peut être employée non seulement dans le cas présent, mais encore lorsque des parties de plantes transformées en charbon, assez épaisses, sont contenues dans les grès ou les schistes; l'application sur la houille d'une dissolution faible 2 ou 3 0/0 de gélatine à chaud est indispensable pour empêcher celle-ci de se fendiller et de se détacher rapidement de l'empreinte. Si la houille est pyriteuse, l'oxydation du bisulfure de fer est ralentie, mais non complètement enrayée, après dessiccation complète de la dissolution de gélatine, il sera bon d'employer une légère teinture de baume du Canada dans l'alcool.

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