II. VÉGÉTAUX DANS LES TUFS CALCAIRES
Si les végétaux, au lieu de se trouver entre les feuillets des schistes ou les bancs de grès, ont été recouverts par des dépôts calcaires abandonnés par des eaux incrustantes, tel que cela se voit à Cannstadt, Meximieux, Brognon, Sézanne, etc., le travail de la récolte des échantillons devient souvent plus laborieux à cause de la compacité du tuf. Les blocs sont cassés avec une masse, puis débités en fragments moins volumineux à l'aide du marteau et du ciseau, en tenant compte des empreintes que les fractures mettent à découvert. La partie organique a presque toujours disparu, par conséquent, on n'a que le moulage extérieur des différentes parties de la plante ; ce sont, comme je l'ai dit plus haut, des moules de feuilles, de. rameaux, de tiges, de fruits, de fleurs, etc., conservés jusque dans les moindres détails.
Les empreintes de feuilles sont souvent d'une grande netteté ; dans les tufe de Sézanne, on peut facilement distinguer à la loupe des sores placés au-dessous des pinnules à'Asplenium, d^Alsophyla, etc., quelquefois même les sporanges qui les composent. *
De nombreuses cavités se voient à la surface
des cassures et correspondent soit à des ramules et à des racines, soit à des fleurs ou des fruits, et il suffit souvent d'en prendre l'empreinte avec de la gutta-percha, du soufre fondu, du plâtre, etc., pour avoir en relief la figure exacte de l'organe moulé €n creux par le calcaire. En colorant ensuite en blanc jaunâtre toute la surface entourant le' relief obtenu, l'objet ressort parfaitement visible sur un fond dont la teinte rappelle celle de la roche.
Lorsque les cavités sont presque complètement •contenues dans le calcaire ou même qu'elles se trouvent placées au-dessous de la surface et dès lors ^:omplètement invisibles, il arrive souvent qu'elles sont mises en communication avec l'extérieur par de petits canaux qui correspondent à des pétioles, des axes, etc., disparus et ayant appartenu à la grappe, au fruit, à la fleur, dont le moule est placé plus profondément. Si donc on pouvait y faire parvenir une matière fondue susceptible de se solidifier ensuite, on obtiendrait ainsi le moulage d'organes dont on ne soupçonnait pas l'existence.
On arrive facilement à ce résultat en faisant pénétrer dans l'intérieur du plâtre, de la cire, ou un alliage fusible à l'aide de la pression ; en dissolvant ensuite la roche calcaire dans l'acide chlorhydrique étendu, saturé de sulfate de chaux, si l'on a employé du plâtre pour faire le moulage, on obtient en relief les organes, même les plus déli-