III. Conditions du dépôt des matériaux oui ont formé
LA houille
La houille se rencontre par bancs souvent assez réguliers en épaisseur, intercalés entre des couches de grès ou de schistes ; elle présente comme ces derniers tous les caractères d'un dépôt effectué au sein des eaux. Comme les grès elle est formée de débris de firagments, mais qui, au lieu d'être des
détritus de roches minérales, proviennent de la rupture, du déchirement d'organes végétaux; d'un côté comme de l'autre, ce sont des parties plus ou moins ténues ou plus ou moins volumineuses qui se sont agglomérées et ont formé des lits de puissance variable dont les éléments ont conservé les uns les caractères chimiques et minéralogiques des roches dont ils ont été détachés, les autres, les caractères anatomiques, parfois chimiques, des organes des plantes dont ils sont issus.
Cet état fragmentaire des organes végétaux trouvés dans la houille, leur proportion restreinte au milieu de la masse qui, au microscope, paraît une sorte de poussière végétale leur servant de gangue, indique que les végétaux ont été soumis à des frottements répétés assez énergiques avant leur enfouissement dans les grès ou les schistes.
On ne peut donc admettre que les couches de houille sont uniquement formées par l'accumulation sur place, des débris d'une végétation exceptionnelle s' étendant dans les lagunes, les marécages, les terres basses, etc., voisins de lacs ou de la mer, dont le sol, soumis à des abaissements et des relèvements successifs, aurait vu s'arrêter ou reprendre cette puissante végétation, dont les générations ensevelies seraient représentées par les lits épais de houille superposée.
Les fragments de bois et d'écorces de plantes trouvés dans la houille sont de très petites dimen-
sions, et si ces dernières avaient été houillifiées et enfouies là où on trouve leurs débris, il est certain que, au lieu de ces fragments réduits, ce seraient des troncs entiers, des branches avec leurs ramifications, des feuilles complètes, etc., qui en constitueraient la masse.
De plus, en tenant compté de la diminution de volume que les tissus végétaux éprouvent en passant à l'état de houille, plusieurs forêts de haute futaie enfouies successivement dans le même lieu, même en supposant qu'à leur pied ait poussé une masse de plantes herbacées, formeraient à peine une couche de houille compacte de quelques centimètres d'épaisseur. Les bancs puissants de charbon sont souvent séparés par des couches épaisses de grès ou de schistes ; comme tous ces dépôts ont dû se former avec la lenteur habituelle des sédiments, on arrive à assigner, si on admet cette succession, une durée tout à fait extraordinaire à cette période.
C'est donc à une autre explication que Fon doit avoir recours ^. M. Fayol a montré par des expériences directes que, si un cours d'eau plus ou moins important débouche dans une masse d'eau relativement considérable, les matériaux qu'il tient en suspension se séparent les uns des autres et se déposent en couches parfaitement distinctes. .
Ainsi, en faisant charrier à un cours d'eau du