IV. Lepidodendron ^ Sternberg
Les Lepidodendron étaient des arbres atteignant souvent des dimensions considérables, 20 à 30 mètres de hauteur. Pendant presque toute leur existence, .ils portaient à la surface des cicatrices bien reconnaissables.
Les cicatrices foliaires sont rhomboïdales, plus hautes que larges sur les troncs ; celles, au contraire, qui existent sur les rameaux, en même temps qu'elles sont plus petites, sont franchement rhomboïdales.
Généralement les cicatrices des mamelons ^ sont contiguës.
1. De Xetu's, écaille, et ôsvSpov, arbre. Arbre à écorce portant des cicatrices de forme écailleuse.
2. On entend par mamelon l'ensemble des traces laissées par la base d'insertion de la feuille proprement dite, par son coussinet et par les appendices liguliformes que Ton voit quelquefois au-dessus de la feuille.
A la partie supérieure du coussinet se trouve la cicatrice laissée par la chute de la partie caduque de la feuille; cette cicatrice, qui n'occupe qu'une faible portion de la surface totale du mamelon, est beaucoup moins développée que celles laissées
Fig. 19. — Ltpidodtairon aculeatam.
par la chute des feuilles de Sîgillaire. Dans les empreintessuffisammentnettesonrcconnaît la présence de trois cicatricules, l'une centrale, allongée transversalement et lunulée, quelquefois punc-
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tiforme; les deux autres latérales, toujours punctiformes et non disposées en forme de parenthèse comme celle des Sigillaires, la cicatricule centrale seule livrait passage à un faisceau vascukire.
Au-dessous de la cicatrice foliaire, sur le coussinet, se voient très fréquemment deux autres cicatricules placées de chaque côté de la carène longitudinale qui parcourt le coussinet suivant sa longeur ; la carène longitudinale est souvent marquée de plis transversaux.
Nous décrirons seulement quelques espèces de Lepidodendron.
Lepidodendron aculeatum, Stern. Fig. 29 et 30.
Mamelons rhomboïdaux , atteignant sur les grandes tiges 4 à 5 centimètres de longueur et I centimètre de largeur, bords latéraux arrondis, extrémités supérieure et inférieure infléchies en sens contraire, cicatrice foliaire placée un peu audessus du milieu de la hauteur du mamelon, aussi haute que large, à angle supérieur arrondi, à côtés inférieurs un peu concaves ; carène très saillante marquée de plusieurs plis transversaux accentués ; les Ugnes de décurrence partant des côtés supérieurs de la cicatrice foliaire descendent rapidement et se raccordent avec le contour du mamelon audessous de son milieu, vers le tiers ou le quart inférieur de sa hauteur. La cicatricule vasculaire est placée au-dessous du centre de la cicatrice foliaire.
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accompagnée latéralement de deux cîcatricules punctiformes ; immédiatement au-dessous de k cicatrice foliaire, le coussinet présente deux fossettes ovales placées très près de la carène. Audessus de la cicatrice foliaire se trouve un pli transversal surmonté d'une languette que l'on a
Fîg. jo. — Ltpiiodendron acnUatvm déconiqué.
considéré comme des traces ligulaires; cette espèce se rencontre dans le terrain houttler moyen, à Vicoigne, Anzin, Aniche, etc.
Dans \s Lepidodendron quadratum, Sch.,fig. 31, les cicatrices sont rhomboïdales, presque carrées, entourées d'un sillon accentué ; munie d'une
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carène saillante au milieu, la cicatricule du sommet est oblongue; cette forme de Lépidodendron se rencontre dans le terrain houiller inférieur, dans les anthracites du Roannais, le terrain houiller de Jôhgins au Canada.
■. 31. — Lcpidodeairon quadmliini.
Structure des liges de Lepl
Les tiges de Lépidodendron offrent l'exemple de deux types différents par leur structure. Le premier est représenté par le L. HarcourtU, Witham ; le second, par le L. rhodumnense, B, R,
Le L, HarcourtU, en coupe transversale, présente au centre une moelle développée, entourée d'un cylindre ligneux peu épais, uniquement cen-
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tripe re, formé de trachéides rayées disposées sans ordre et dont les plus volumineuses sont du côté de la moelle. Des faisceaux trachéens se trouvent à la périphérie, c'est contre eux qu'aboutissent les cordons foliaires, nombreux et disposés très régulièrement, B.,/, fig. 32.
En dehors se trouve un tissu parenchymateux, renfermant de nombreuses lacunes, limité extérieurement par la partie la plus résistante de l'écorce, qui devient prosenchymateuse à la périphérie.
On y rencontre de nombreuses sections elliptiques disposées en quinconce, qui sont les coupes des faisceaux se dirigeant vers les feuilles.
Il n'y a aucune trace de bois secondaire rayonnant centrifuge.
Le Lepidodendron rhodumnense, C, fig. 33, en section transversale, offre un cylindre ligneux épais uniquement centripète, formé de trachéides rayées disposées sans ordre et dont les plus volumineuses sont au centre; la moelle manque complètement dans les rameaux. Les trachéides rayées, t r, ont leurs bandes transversales réunies par de fines bandes parallèles très régulières.
Les cordons trachéens sont à la périphérie du cylindre ligneux, les cordons foliaires / viennent s'y rattacher.
Le tissu lacuneux extérieur est généralement détruit.
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L'écorce e, très épaisse dans les vieux troncs, est formée de bandes sinueuses de tissu prosenchymateux qui s'entrecroisent en forme de réseau. Les moelles du réseau sont remplies de tissu cellulaire, dont les éléments sont à sections rectangulaires et à parois minces. Cette assise de l'écorce, très résistante, rappelle par sa structure la partie correspondante subéreuse des écorces de Sigillaires du groupe des Leiodermariées.
Feuilles des Lepidodendron.
Les feuilles de Lepidodendron sont aciculaires, plus ou moins longues suivant les espèces ; elles sont insérées, comme nous l'avons dit, à la partie supérieure du coussinet, leur section • à diverses hauteurs est rhomboïdale. A, fig. 37, à grande diagonale transverse. Elles sont marquées d'une arête saillante à la face supérieure et à la face inférieure, cette dernière porte de chaque côté de la côte médiane deux rainures longitudinales, probablement stomatifères.
Au milieu de la section. G, fig. 37, se trouve un faisceau vasculaire dont le bois est formé d'une seule bande de fines trachées et de trachéides rayées et ponctuées.
Cette bande est entourée par une très mince
couche de cellules parenchymateuses qui peuvent
être regardées comme la partie libérienne. Elle
est de son côté entourée de cellules plus fortes
Renault. 18
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Fig, J2. — Coupes transversales d'une tige de Sigillaire S. Menardi et d'une tige de Lepidodendron L. Harcourti figurées comme termes de comparaison. ^
A. Coupe transversale d'une tige de Sigillaire à écprce lisse. Uf bois centripète. — b, bois centrifuge. — /, /', faisceaux foliaires naissant entre les deux bois et à divers états de développement. — /", faisceaux foliaires se dirigeant verticalement entre le bois et l'écorce. — e, partie subéreuse de Técorce. — c, partie cellulaire plus extérieure développée surtout aux coussinets foliaires. — /, traces des arcs latéraux (appareils sécréteurs). — h, traces du faisceau vasculaire central.
B. Coupe transversale d'une tige de Lepidendron Lep, Harcourtii. Of moelle centrale. — a, bois centripète. — /, faisceaux foliaires à différents états de développement. — e, écorce parenchimateuse à l'intérieur, fibreuse à l'extérieur, parcourue par de nombreux cordons foliaires. Il n'y a pas de bois rayonnant centrifuge.
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sclérenchymateuses, formant une gaine continue. Il n'y a aucune trace de bois rayonnant centrifuge.
Plus en dehors s'étend le mésophylle, sous la forme d'une couche épaisse de parenchyme ; il est limité par un épiderme formé d'une rangée de cellules.
Racines des Lepidodendron,
Les racines de Lepidodendron sont cylindriques dichotomes^ munies à leur partie centrale d'un faisceau triangulaire D, a, fig. 37, analogue à celui des racines de Selaginelle; lorsque la racine se dichotomise, le faisceau se sépare, G, a, en deux parties égales qui se dirigent chacune dans une branche.
Le faisceau est entouré d'une gaine continue sclérenchymateuse ; plus en dehors se trouve une couche épaisse de tissu lacuneux, limité par une couche subéréfiée épaisse et résistante. Nous parlerons' plus loin des rhizomes des Lepidodendron.
Fructifications des Lepidodendron.
Les fructifications des Lepidodendron, désignées sous le nom de Lepidostrobus, avaient la forme de cônes ovoïdes, ou cylindriques plus ou moins allongés, portés à l'extrémité des rameaux.
Tantôt ils ne renfermaient que des microspo-
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ranges ou des macrosporanges ; tantôt ils contenaient les deux sortes d'organes réunis, mais alors les microsporanges étaient placés à la partie supérieure de l'épi; les macrosporanges, au contraire, en occupaient la partie inférieure.
Comme exemple, nous donnons en B, fig. 33, la coupe du Lepidostrobus rhodumnense B. R. restauré. L'axe de l'épi, occupé par un cylindre ligneux plein centripète, est constitué comme celui des rameaux, il est entouré par une série de bractées coriaces, disposées en spirale, présentant une section transversale rhomboïdale; la grande diagonale est horizontale, les bractées s'écartent de l'axe d'abord horizontalement, puis elles se redressent en haut pour recouvrir plus ou moins les bractées placées au-dessus. L'arête supérieure de la partie horizontale de la bractée porte la base d'insertion longitudinale du sporange. Le faisceau vasculaire central de la bractée est bicentre, sans bois centrifuge.
Les sporanges supérieurs renferment des microspores m groupés en tétrade entourée d'une sorte d'anneau élastique, qui à un moment donné déterminait la séparation des spores n. Celles-ci 3e débarrassaient ensuite de la portion d'anneau qui pouvait leur rester adhérent et devenaient plus ou moins sphériques 0, Une division cellulaire déjà indiquée en n devient plus apparente quand elles ont atteint cette dernière forme.
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A. Gnetopsis elliptica B. R. R. Z., graine appartenant à une Calamodendrée ? a, appareil disséminateur aérien, plu- ■sieurs fois bifurqué et plumeux. — h y appareil disséminateur aquatique. — c, testa de la graine. — e, membrane du nuceile. — dy chambre poUinique creusée dans le nucelle renfermant des grains de pollen. — /, enveloppe du sac embryonnaire. — j, un des archégones placés au sommet du sac embryonnaire. — h, faisceau chalasien dont les ramifications s'élèvent jusqu'à la chambre poUinique.
B. Cône de Lepidodendroji. Les bractées, disposées en spirales, portent à la face supérieure des microsporanges nti au sommet du cône et des macrosporanges ma kh base.
C. Coupe transversale réduite d'une tige de Lepidodendron rhodumnmse, c, bois centripète épais avec moelle très réduite. — /, faisceaux vasculaires foliaires naissant de la périphérie du cylindre ligneux. — g, écorce épaisse formée de tissu prosenchymateux et de suber. — tr trachéides rayées dont les ornements linéaires ordinaires sont eux-mêmes réunis par des ornements linéaires parallèles secondaires.
w, tétrade formée de 4 microspores, entourée d'un anneau élastique.
«, une microspore isolée cloisonnée. — 0, autre microspore devenue 'Sphérique après la disparition de la portion d'anneau.
pj macrospore de L, rljodumnense, l'enveloppe est remplie par le prothalle au sommet duquel on voit un archégone. — r, Sj divers états de la macrospore fécondée. — u, macrospore montrant à son sommet une sorte de canal micropylaire et de chambre sporéique.
Vf microspore d'Isoëtes. — x, anthérozoïde cilié aux deux extrémités. — y, macrospore d'Isoètes. — :(, prothalle femelle inclus renfermant un archégone.
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Les sporanges inférieurs contiennent des macrospores beaucoup plus volumineuses que les microspores, elles atteignent o""™, 8, tandis que les microspores libres ne mesurent que o"""', 045 . Les macrospores ont une enveloppe coriace, résistante, de forme ovoïde, surmontée d'une sorte de canal u, à' et de cavité sporéique ?
L'intérieur de la macrospore est rempli complètement par le prothalle p, au sommet duquel on distingue un archégone;* le col de l'archégone s'engageait plus ou moins dans le canal micropylaire par où pouvaient pénétrer soit les anthérozoïdes, soit même, comme nous l'avons constaté, la microspore.
Après la fécondation, l'œuf développé r, s prenait une forme sphérique limitée par un épiderme épais, et pouvait attendre ainsi un temps plus ou moins long, la dissémination de cette sorte de graine.
Les Lepidostrobus rhodumnense que nous avons recueillis présentaient souvent un mélange intime des macrospores et des microspores, déterminé par la rupture des enveloppes des macrosporanges et des microsporanges, après la chute sur le sol humide des cônes détachés.
Comme les Lepidodendron, les Sigillaires forment une des plus importantes familles végétales qui ont vécu dans les temps anciens, soit en raison de la taille et du nombre immense de leurs représentants, soit à cause de l'organisation curieuse qui les distingue et en fait des types intermédiaires, sur la classification desquels on discute toujours.
Elles ont formé de vastes forêts, dont quelquesunes mises au jour par divers travaux de chemin de fer, ont montré des troncs de grand diamètre et encore enracinés.
Leur tronc est cylindrique, simple ou plusieurs fois dichotomes au sommet, à surface lisse ou cannelée, ornée de cicatrices laissées par la chute des feuilles placées en lignes verticales ou en spirales régulières.
Cylindre ligneux diploxylé, bois centrifuge composé de lames de trachéides rayées disposées en séries rayonnantes et séparées par des rayons médullaires, bois centripète formé soit par des faisceaux isolés, soit par une couronne continue.
I. Dq sigiîlutn, sceau, cachet, à cause de la forme particulière des cicatrices foliaires qui ressemblent aux empreintes que Ton obtient à Taide d'un sceau ou d'un cachet.
Écorce épaisse, parcourue verticalement, puis obliquement, par de nombreux faisceaux vasculaires qui se rendaient aux feuilles, parenchymateuse à l'intérieur, mais formée à l'extérieur d'une couche épaisse de prosenchyme et de suber.
Racines épaisses, charnues, plusieurs fois dichotomes, s'étendant horizontalement, environnées de radicelles, longues, simples ou bifurquées, charnues, disposées régulièrement en spirales, laissant des cicatrices circulaires, ombiliquées.
Feuilles linéaires, longues, triangulaires, laissant sur la tige, après leur chute, des cicatrices ovales, rondes, exactement rhomboïdales, ou rhomboïdales transverses; hexagonales, marquées de trois cicatrices lunulées ; celle du centre due au faisceau vasculaire, les deux latérales disposées en forme de parenthèse correspondent à des appareils sécréteurs qui traversent la portion sclérifiée de l'écorce.
Fructifications spicifortms,
La famille des Sigillaires comprend les genres suivants :