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CHAPITRE V

APPLICATION DES RESTES DE VÉGÉTAUX FOSSILES A LA CLIMA- TOLOGIE ANCIENNE, A LA DÉTERMINATION DE l'aGE DES TERRAINS. PERSISTANCE DE CERTAINS TYPES, FUGACITÉ DE QUELQUES AUTRES. — TABLEAUX DE aUELQUES ESPÈCES CARACTÉRISTIQUES d'ÉTAGES.

Depuis longtemps déjà l'étude des animaux fossiles a amené les géologues à admettre que la température, l'humidité, certaines conditions chimiques de milieu, etc., ont subi des changements notables pendant l'évolution de notre globe. Si les animaux se sont montrés sensibles à ces variations, les plantes en ont ressenti certainement plus encore les effets favorables ou nuisibles, puisque, fixées invariablement au sol, ne pouvant se soustraire à l'actioTi des agents physiques extérieurs, elles ont dû ou plier peu à peu leur organisme à ces exigences nouvelles, ou céder la place à d'autres espèces, mieux appropriées pour supporter ce nouvel état de choses.

On sait que sur une section transversale d'un bois de Dicotylédone de nos pays on distingue le

plus souvent avec facilité des cercles ligneux concentriques b', b", b"', fig. 50, dont les éléments, alternativement plus vasculaires ou plus denses, indiquent le bois formé au printemps, ou celui produit à l'arrière-saison.

Les couches concentriques elles-mêmes ont une épaisseur qui varie suivant que l'année a été plus ou moins favorable à la végétation. Chaque plante vivace offre donc les dates successives de ces variations climatériques inscrites dans son tissu en caractères ineffaçables.

Dans les contrées où les variations annuelles de température sont moins tranchées, le tissu ligneux est plus homogène, et les couches se succèdent sans démarcation bien sensible; elles n'accusent plus que des périodes d'humidité ou de sécheresse pendant lesquelles la végétation a pris plus d'essor ou s'est ralentie.

Les troncs fossiles silicifiés ou carbonates^ que l'on rencontre à peu près dans toutes les formations géologiques, offrent ces particularités de structure des bois actuels.

..Mais ces démarcations, d'abord très distinctes dans les troncs qui appartiennent aux époques tertiaires des zones tempérées, deviennent de moins en moins accusées à mesure que les végétaux sont plus anciens. C'est à peine si dans les Conifères du terrain jurassique et du terrain houiller on retrouve quelques lignes concentriques

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