‹ Les plantes fossilesChapitre 57 sur 68 · C. Pollen de Calamodendrée · texte numérisé non relu

C. Pollen de Calamodendrée

D. Pollen de Cordaïte.

E. Polien d'Aetheoiesia.

F. Divisions cellulaires du mènie montrant les perforations des patois.

minaient la déhiscence des capsules. Mais le fait le plus intéressant est la présence dans ces capsules de spores nombreuses de deux sortes, sensiblement de niême grandeur. Les unes, parfaitement sphériques, offrent à leur surface les trois lignes radiantes des macrospores, elles ne présentent aucune division cellulaire interne; les autres, plus ou moins polyédriques, présentent une division cellulaire interne, parfaitement nette ; ce seraient des prothalles mâles ou microspores.

La nature actuelle n'offre aucun exemple semblable de macrospores et de microspores libres réunis dans un même sporange.

VIL Classe des Conifères.

Famille des Salisburiées.

L'apparition sur le globe de la famille des Salisburiées remonte à une époque très reculée si, d'après quelques analogies de forme et de nervation, on place les feuilles de Whittleseya du terrain houiller moyen parmi les membres de cette famille, le nombre des genres qui l'ont représentée aux différentes époques est assez varié et prouvé une extension bien plus grande que ne le laisserait supposer le petit nombre d'individus qui vivent de nos jours.

Actuellement elle n'est plus représentée que par un seul genre et une seule espèce, le Ginkgo biloba, espèce qui se retrouve à Tétat fossile et dont on peut suivre les migrations et retrouver le point de départ.

Cantonnée dans une région des moins étendues, elle aurait fini par disparaître comme tant d'autres espèces, si une certaine originalité de port et d'élégance dans le feuillage n'avait été l'origine, en Chine et au Japon, d'une espèce .de culte superstitieux, qui porta les indigènes à en cultiver les pieds avec soin, à les entourer d'un certain respect et à les propager autour de leurs temples, de leurs pagodes, enfin de tous leurs monuments sacrés.

C'est le voyageur Kaempfer qui fit connaître l'existence de cette plante, cultivée au Japon et au nord de la Chine sous le nom indigène de Ginaji et Itsjo, et qui lui donna le nom de Ginkgo biloba. Introduit en Angleterre en 1754, il fut ensuite en France, à Montpellier, en 1788; depuis lors il s'est répandu dans presque tous les jardins de l'Europe, où il est cultivé comme plante d'ornement.

Les caractères de la famille des Salisburiées peuvent se résumer comme il suit : feuille étalée à l'extrémité d'un pétiole plus ou moins développé, limbe en éventail, rarement simple, crénelée sur les bords, le plus souvent profondément

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divisées en lobes dichotomes et parcourues par de nombreuses nervures.

Fleurs mâles disposées en chatons pédicellés, les loges et les sacs poUiniques sont groupés par 2, 3, 6, 8, et s'ouvrent par une fente longitudinale. Les Qvules sont associés par deux, par quatre, ou généralement en nombre égal à celui des segments de la feuille. A la maturité, les graines sont solitaires par avortement de quelqufesunes d'entre elles, ou réunies par deux, par trois, articulées à l'extrémité d'un pédicelle cupuliforme, formé d'une enveloppe extérieure charnue et d'une coque intérieure dure et ligneuse.

Les principaux genres de la famille sont le G. GinkgOy Kaempf, G. Baiera, F. Br., G. Tricopitys,- Sap., G. C^ekanawskia, Heer, G. Phenicopsis, Heer, G. Rhipidopsis, Schmalhausen , — G, Ginkgophyllum, Sap,, G. Dicranophyllum, Grand'Eury. G. Whittleseya, Neuberry.

Parmi ces genres nombreux, nous en choisirons deux seulement pour donner une idée de la famille.

Genre Ginkgo, Kaempf., fig. 47, A.

Ce sont des arbres qui peuvent atteindre plus de vingt mètres de hauteur et quatre mètres de diamètre ; les feuilles sont étalées, supportées par un pédicelle grêle et allongé, flabelliformes, souvent échancrées au bord supérieur, bi- ou quadri- Renault. 21

lobées coriaces. Les nervures sont réparties à la base en deux masses distinctes latérales, de là elles divergent en se dicliotomisant.

A. Giiikgo bOoba, Kaempf. — B. Giitkgo (Salisburia) antartica, Sap. — C.Giiàgo (SaVisburta) iiuirtenensis, B. R.

Fleurs dioïques, chatons mâles filiformes, nus i la base, pédicellés, anthères munies d'un connectif court, squamiforme, filet inséré perpendi-

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culairement sur l'axe, déhiscence longitudinale". Chatons femelles longuement pédicellés, écaille ovulifère dilatée en cupule à son extrémité, non coudée à la bractée mère, celle-ci différant peu d'une feuille ordinaire, strbbiles drupacés, sphériques, charnus, coque dure bi- ou tri-carènée.

Le seul représentant de ce genre est, comme nous l'avons dit, le Ginkgo des Chinois, qui atteint des dimensions gigantesques, cultivé soit comme ornement, soit à cause des qualités alimentaires de sa graine. On le rencontre actuellement dans une zone asse? étendue comprise entre le 30* et le' 5 5* degré de latitude nord.

Le Ginkgo se retrouve à tous les étages des terrains tertiaires, dans la Craie, dans les couches des terrains jurassiques. Nous avons figuré en B une feuille de Salisburid antarticay Sap., provenant d'un calcaire argileux gris bleuâtre de l'Oolithe inférieure d'Australie.

Le limbe est subtriangulaire, à contour supérieur arrondi, le pétiole était assez court. La feuille ressemble beaucoup à certaines feuilles non lobées du Ginkgo actuel.

Le Ginkgc^ a été retrouvé dans des couches plus anciennes encore.

Nous avons représenté en C une feuille rencontrée dans le terrain permien de Martenet près Toulon-sur-Arroux, dont le contour est ovale et dont la forme rappelle le Ginkgo tntegerrima des

couches jurassiques de Ssuka (Russie méridionale), décrit par Schmalhausen.

Le pétiole élargi paraît avoir été assez court, les nervures sont fines, dichotomes, et se terminent au contour arrondi et entier de la feuille.

Cette dernière espèce est jusqu'ici la plus ancienne que Ton ait signalée, et fait descendre l'apparition des Ginkgo jusque dans les terrains primaires.

Genre Baiera, F. Br.

Ce genre renferme les Salisburiées dont les feuilles présentent un limbe à divisions dichotomes très apparentes.

Le limbe est coriace, divisé dès la base en segments linéaires étroits, dichotomes, parcourus par des nervures nombreuses, fines, parallèles. Les fleurs mâles sont formées par la réunion en chaton d'étamines nombreuses dont le filet porte à son extrémité S à 7 sacs poUiniques. Les fleurs femelles sont disposées à l'extrémité de pédicelles plusieurs fois bifurques. Les graines sont articulées sur les divisions dichotomes et renflées de l'écaillé ovulifère et bien plus petites que celles de la plupart des Salisburiées.

Parmi les espèces nombreuses contenues dans le genre Baiera, nous citerons le Baiera Raymondi, espèce nouvelle trouvée par M. l'ingénieur

SaLISBURIÉES )2S

Raymond dans les couches permiennes de la Charmoye près le Creuzot.

La feuille, parfaitement conservée, mesure 83°"" de hauteur sur 40 de largeur maximum. Elle est

Fig. ^a. — LdMa Rayma

longuement atténuée à la base en une sorte de pétiole large de 4°"°. Le limbe se dichotomise très régulièrement i partir de 30°"" de la base, souvent l'une des branches de la dichotomie se

développe beaucoup moins que l'autre alternativement à droite et à gauche.

Les bords des segments sont arrondis, le limbe est coriace, épais et parcouru dans son épaisseur par de nombreuses nervures parallèles quelquefois bifurquées.

Le genre Baiera est très répandu dans les terrains crétacés et jurassiques; l'espèce que nous venons de décrire le fait descendre d'une manière certaine dans le terrain permien, c'est la plus ancienne du genres

I. En effet, le Baiera digitata^ Brongt, B. R. Zonarites digitatuSy Brongt, Sch. se trouve dans une couche du Permien de Mansfeld, plus récente que celle de la Charmoye.

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