‹ Les plantes fourragèresChapitre 31 sur 115 · U, le produit s'est élevé à S · texte numérisé non relu

U, le produit s'est élevé à S

Dans les deux cas, les choux, sur les lignes, avaient été plantés à û»,85 de distance, éloignement qu'il faut adopter si Ton ?eut que le sol soit entièrement couvert, et que les choux

LBS PLANI£S FOURRAGÈRES.

ne se nuisent pas mutuellement pendant leur dernière phase

d'existence.

£n général, la distance entre les lignes et les plants varie suivant la fertilité du sol et le diamètre que les pommes de choux peuvent atteindre.

nmîmm é'eBtMttoa. — Le diou quintal demande, pendant sa croissance, diverses «illures d'entretien.

A. Binages. — La première opération consiste en un binage à bras' que Ton exécuté en juin ou juillet^ selon Tépoque à laquelle la mise en place a eu lieu. Ge binage a pour but l'ameublissement du sol que les ouvriers ont piétiné pendant la plantation, et la destruction des mauvaises herbes. On doit le répéter en juillet ou en août. A cette époque, on peut l'exécuter à Taide d'une houe à cheval.

B. BuTTAGE. — Quand les têtes commencent à se développer, on opère un buttage léger à l'aide d'une charrue à deux versoirs. Cette opération est faite afin de concentrer au pied

de chaque plante une plus grande humidité, et de favoriser par là le développement des feuilles qui doivent former les pommes et des feuilles extérieures.

Souvent, dans les terres légères ou peu profondes, on en pratique un second dans les premiers jours de septembre, après avoir enlevé les feuilles les plus extérieures et les plus développées.

lAsceies buIsIUmi. — Les cotylédons des choux, comme ceux de la plupart des plantes de la famille des crucifères,

sont attaqués, au moment où ils apparaissent à la surface du sol, par Valtis^. (Voir Navet, p. iû2.)

Lorsque les saupoudrages n'arrêtent pas les attises dans leurs ravages, on peut, ainsi que le recommande M. Vilmorin, promener une planche goudronnée sur les plantes

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attaquées par ces insectes. Ceux- ri, troublés, cherchent à se sauver, sautent, touchent la surface antérieure de la plan« che et y restent collés. On renouyelle cette opération pendant tout le temps que les altiseâ rongent les cotylédons.

Dans les jardins, les choux sont souvent attaqués par une eheniUê veri jaunâtre, appelée pUridé du ehauss (piftius bras-

siCiE, Lat.}, de l'ordre des lépidoptères; mais cet insecte îiûi ordinairement jitu de dégâts dans les grandes cultures. Si ces chenUleSt cylindriques et marquées de trois raies jaunes longitudinales, apparaissaient en grand nombre, on pourrait laisser vaguer sur les champs des canards {voir page 103). Toutefois, comme les piérides, pendant le jour, se tiennent cachées entre les feuilles ou en dessous de celles-ci, et qu'elles ne font leurs plus grands ravages que la nuit, il est utile de faire arriver les canards de très-bonne heure chaque matin.

Mécoitc. — La récolte des clioux pommés commence dès le mois d'octobre. On arrache d'abord toutes les têtes qui se fendent. On peut arracher les tètes les unes après les autres, mais il vaut mieux couper les pieds avec une serpe. De cette manière, les feuilles sont moins chargées de terre quand elles arrivent à la ferme.

Quand il survient des sécheresses eo août et des pluies fréquentes en septembre, on est souvent obligé de commencer la récolte des pommes qui se fendillent avantle moisd'octobre.

On enlève les troffnons ou tronrom lorsqu'on laboure d(» nouveau le sol. On ne doit couper chaque jour que le nombre de têtes que l'on peut faire consommer dans les vingt-quatre heures.

Emploi des choux. — Avant de distribiu i les choux pommés aux animaux, on les divise au moyen d'une serpe ou d'une forte faucille; les morceaux, pendant ce travail, doi-

vent tomber dans des paniers ou sur un endroit propre garni de planches. Les parties des tètes qui oommenoent à

pourrir doivent être rejetées.

CMuervAtion des tètes. ^ Quand la saison est avancée et qu'on prévoit des gelées à glace, on doit arracher ceux qui existent encore dans les champs, et les mettre en jauge dans

un endroit situé près des bâtiments d'exploitation, en les plaçant les uns près des autres et en inclinant leurs pommes vers le nord. Ce moyen est le seul praticable quand on a un grand nombre de têtes à conserver; c*est celui que recommandait, il y a près d'un siècle, la Société royale d'agriculture de Londres, et que j'emplo^ dis en Bretagne. Il permet de prolonger la consommation des tètes jusque vers la lin de décembre.

Gomme les choux pommés craignent les suites des fortes gelées, il faut lest ouvrir de longue paille quand la température s'abaisse, et les découvrir après les dégels.

Renéemat. — Le rendement par hectare du chou quintal est parfois considérable. J'ai récolté des tètes qui pesaient jusqu'à 15 kilog. Schwertz dit qu'il n'est pas rare d'en rencontrer en Alsace qui pèsent jusqu'à 10 et 12 kilog. Arthur Young dte des cultures dans lesquelles le poids moyen des tètes variait entre 13 et 15 kilog.

Voici les produits maximum que l'on obtenait par hectare en Angleterre, il y a près d'un siècle :

Midtemora 137 000kil.

Tucker. 111 Ono

Dixson 12 2 000

Roberl BurUctt, eu J 779 . . , IGô OUO

— enlTTO... 193000

MoycQue 146600 kil.

De nos jours le produit des choux pommés y varie ordinairement dans les bons sols entre 70000 et lOOOOO kilog.

CHOU CAB(JS. 231

Les produits moyens sont :

Arthur Toung 90 000 kiU

Tliafir 55000

Sebwerte.... 40QQ0

Hoyenne OlSOOldU

Le rendement signalé par Schwertz est le prodtiit le plus

faible qu'on puisse obtenir dans une culture bien conduite. Thaër regarde le produit qu'il indique comme ordinaire.

v»iew aiiBi«aiaira.— D'après M. fioussingault, les feuilles de choux pommés renferment à l'état normal :

r^u 92 ,03 pour 100.

Azoïe 0 ,28 —

Suivant Pabst, elles ne contiendraient que 96 pour 100

d'eau. Le chiffre indiqué par M. Boussingault est celui que ■ j'ai obtenu en desséchant des teuiUes de choux cabusau moment où on les donnait aux animaux.

Fromberg a obtenu les résultats suivants en analysant les feuilles extérieures et celles qui forment la pomme :

Eau... 93,94

Matière^} iiilrogéiiées l,7â

Sucre, gomme, fibics, dtc 4,05

Matières minérales 0 ,fl0

Andersen a trouvé dans les feuilles de choux, sur 100 parties, 9 1 ,08 dVau et 2,93 de matières minérales ; ces dernières contenaient pfincipaleaieut de la soude, de la cliaux et de

I iririe phosphorique.

Comparées au foin des prairies naturelles, qui renferme 1,15 pour 100 d*azote, elles seraient à cet aliment :: 41 1 : lOO.

II faudrait donc 41 kilog. de choux pour équivaloir à 10 kilog. de foin. Ce chitlre est supérieur k la moyenne des données fournies par la pratique. Ainsi, en représentant par 100

233 LES PLANTES FOntUtAGÂRES.

le foin de prairies naturelles, les feuilles de ciioux pommés auraient pour équivalents :

Block 566

Crad 500

Flotow 600

G«merhaiiMii .... 600

Meyer. 350

Pabet 450

Patri 500

Polh 600

Riwler. ........ 600

RoyBr. .•*.. 600

Thaêr GOO

Weber 6(.K)

Weit.. 600

Moyenne ... 5S5

Aetion mnr le bétail. — On nc donne pns les feuilles de choux seules aux bœufs de travail, parce qyi'elles sont relâ* chantes. On doit les réserver pour les vaches, les brebis, chez lesquelles elles augmentent très-sensiblement la production du lait par la quantité d'eau qu'elles contiennent.

On a reproché aux feuilles de choux de communiquer au lait et au beurre des vaches qui en consomment journellement, une saveur désagréable. Il est vrai que le lait a une odeur de chou, maïs cet arôme est si faible, quand les clioux ne sont pas atteints d'un commencement de pourrituroi qu'on i^e peut les regarder comme nuisibles. La plu* part des vaches de la Bretagne consomment des feuilles de chou depuis le mois de septembre jusqu'au printemps, et utanmoins elles fournissent un beurre qui est toujours recherché par ses qualités. £n Saxe, comme à Londres, dit SchwerU, le beurre des vaches nourries aux choux est remarquable par son bon goût et sa propriété de se conserver.

choaerouie. — J'ai dit, page 221, que le chou cabus servait à la préparation de la ehoucrmtU, ou saueThratU, nom allemand qui signifie ehoux aigrês. Cet aliment ne se prépare

en Alsace que lorsque les choux ont été frappés |)ar une ou deux gelées. Alors on les hache en lanières très-étroites au

moyen d'un hachoir spécial, et, ensuite, on les entasse trèsfortement dans des tonnes bien cylindriques, par lits successifs de 0"',i 5 à 0'",20 d'épaisseur, saupoudrés de sel et recouverts de quelques baies de genièvre. Dès qu'une tonne est remplie, on la couvre d'un linge et d'un fond mobile que Ton charge de pierres, et sur lequel on verse de Teau pour empêcher l'air d'agir sur les choux. Quinze ou vingt jours après, lorsque la fermentation a cessé, la choucroute peut être consommée. Les tonnes doivent être placées dans un lieu où la gelée ne pénètre pas.

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