‹ Les plantes fourragèresChapitre 30 sur 115 · CHAPITRE UNIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE UNIQUE

Choa eabtts.

' (De hrmie, nom celtique du ehon.)

Brassica OLBRACEA CAPITATÀi DC.

Plante dioofylAlom de ïa fimiU» du CrucifèreM,

Anglais. ~~ compact-hcadod cabliaga. Espagnol. — Repollo. Âllêmand, — Kopfkohl. Italien, — Cavolo cappucio.

Historique. — Climat. — Variétés* ~ Terrain : nature, préparation, fertilité. — Quantité d'engrais nécessaire. — Semis : préparation de la pépinière,

époque des semis, éducation des plants. — Transplantation : époque, arrachage et habillage des plants, exécution, moyens d'assurer la ru|)rise des plants. — Espacement des lignes et de^ jiieds. — Soins d eniielien : binagM» bultage. — Insectes nuisibles. — Réoirfte. — Consarration des têtes. — Porlc-prraines. — Quantitédc prraines qu'on peut récolter. — Rendement. — Valeur alimentaire. — Bibliographie.

■ist»ri«M. — Le chou pommé est cultivé en France depuis fort longtemps, mais il n*y a guère qu'un siècle qu'on

a songé à le multiplier pour ralimentation des animaux do-

niustiques.

.On Ta cultivé, en 1597, pour la première fois dans les comtés nord de l'Angleterre comme plante fourragère.

En 1770, cette culture avait pris une extension- considérable dans divers comtés des Iles-Britanniques. En France, elle se répandit vers laméme époque, grâce aux publications faites par l'auteur de VAgnmomi», livre qui fût publié en 1761. Les résultats obtenus, quoique moins remarquables que ceux réalisés en Angletem, prouvèrent que le gros chou cabus peut et doit rendre de très-grands services aux exploitations

220 • LES PLANTES FOURR AGKRI'S.

qui ont intérêt à avoir un nombreux bétail et à le bien nourrir.

Variétés. — - On connaît aujourd'bui plus de 30 variétés de choux pommés; mais la race la plus productive, la plus volumineuse, celle qu'il faut cultiver de préférence à toute autre comme plante fourragère, appartient à la classe des choux

Fig. 26. — Chou quintal.

cabus. On la connaît sous les noms de cfwn quintal^ chou d* Alsace, chou d'Allemagne^ chou de Strasbourg, gros chou cabus blanc, chou blanc à têle plate.

Cette variété, la plus tardive, mais aussi la plus rustique {pg. 26) a une téte arrondie, très-grosse, aplatie au sommet et très-ferme ; sa tige est courte et porte des racines fortes et pivotantes; en général, ses feuilles sont glauques, peu

cloquées, roides, d'une consislance ferme et à grosses nervures; les feuilles extéricurefi sont nombreuses, formant uoa sorte de coquille autour de sa pomme, mais elles dépassent peu la hauteur de celle-ci; quant à celles intérieures formant la téte» elles sont étiolées, blanches, parce qu'elles sont privées de la lumière, et leur bord est roulé en dehors.

On ne doit pas confondre cette variété avec le chou d'Alsace deuxième saiton^ qui est plus hâtif, toujours moins volumineui, et dont le pied est très-haut, et la tète parfois colorée de brun.

La première variété est cultivée dans toutes les plaines de l'Alsace et en Lorraine. Ses tètes, qui acquièrent un développement parfois énorme, servent à Mre la choucroute ou

stiuei hrauL

Le chou pommé que les cultivateurs aii^^lais désignent sous le nom de drunUiead cabbage n'a pas bien réussi en France et en Belgique.

Ciimac. — Le chou pommé peut (Hre cultivé dans toutes les contrées de l'Europe ; mais il réussit beaucoup mieux dans les localités où le climat est brumeux et humide, où les pluies sont fréquentes pendant Tété et surtout l'automne. Dans les contrées du Midi, on ne peut le cultiver que dans les vallées où les terres sont fraîches pendant l'été. Dans les sols secs, il ne réussit que si les irrigations sont possibles. Ou le cultive avec succès, en France, dans les provinces de Touest, du centre^ de l'est et du nord.

Terrain. — A. Xatuhe. — Le chou quintul, comme tous les choux pommés tardifs, doit être cultivé %ur des terres argileuses, argilo-calcaires ou argilo-siliœuses. On peut aussi l'obtenir très-développé sur les terres d'alluvion, les fonds d'étangs desséchés et les sols tourbeux assainis. Les

LES PLANT£S FOURRAGERES

terrains légers, siliceux ou crayeux, ne lui conviennent pas, car il y souilre ordinairement de la sécheresse pendant l'été.

Mais il ne sufïit pas que la couche arable soit un peu forte,

un peu compacte; il iaut aussi qu'elle suit épaisse. Alors la racine du chou pénètre h une grande profondeur, et puise plus aisément l'humidité que les feuilles réclament poiu* se développer avec rapidité.

On supplée au manque de profondeur de la couche végétale en appliquant sur les clianips où la transplantation doit être faite» des fumiers à demi décomposés, et en exécutant, pendant la végétation des plantes, un ou deui buttages. G^est en agissant ainsi que j'ai pu cultiver en Bretagne cette race de chou poninie, avec tout le succès possible, sur des terres de landes argilo-siliceuses de mauvaise qualité et peu profondes.

B. Préparation. — Les choux pommés exigent que le sql où ils doivent ML'élt^i ait été bien prépai'é. (Voir BEiiERAYE, préparation, p. 18.)

G. Ferhuté. — Il est peu de plantes fourragères k feuilles vertes aussi exigeantes que les gros choux pommés. Si ces végétaux, cultivés dans les jardins ou les environs des

grands centres de population , donnent des tètes d'un développement parfois extraordinaire, c'est qu'ils y végètent dans des terres substantielles, riches, et sur lesquelles on applique de fortes fbmures. Dans les terres pauvres, sèches et faiblein« lit tiimées, les punîmes se développent mal et restent toujours petites. 11 est donc nécessaire, quand on cultive le chou quintal, de ferUliser le sol par des engrais riches en azote. Les plus favorables sont le Aimier de bétes à cornes et de moutons, la poudrette ou la chair musculaire desséchée et réduite en poudre.

Ces engrais doivent être appliqués au moment de faire la plantation.

Les substances calcaires, la cliaux , la marne, le faluo, le merle» ont une action remarquable sur le développement des choux. C'est à remploi des composts de chaux , de Ai^ miep et de terre que les cultivateurs de l'Anjou et de la Vendée, doivent de récolter par hectare jusqu'à 30 000 kilog. de feuilles, outre les tiges, dans la culture des choux arborescents.

Q««Btltè 4*«Bgrals néwmmaÊwe, — Selon M. de Gasparin ,

on doit iournir au sol par chaque lût) kilog. de feuilles que l'on veut obtenir, 95 lulog. de fumier, dosant 0,40 d'axote. Ce chiffre me parait élevé. D'après les faits que j*ai constatés à Grand-Jouan, 90 kilog. satisfont complète*

ment aux exigences du chou quintal. Ainsi, j'appliquais par hectare 40 000 kilog. de fumier, et à l'aide de cette fumure, j'obtenais :

1» 50,000 kilog. (le feuilles <]>^ tôles de choux;

3" ôO hectolitres de seigle, pesant ensemble lâÛO kilog.

Or, comnn l( 'seigle enlevait au soi par sa paille et son grain 10 000 kilog. de fumier; soit 50 kilog. par. 100 kilog. de grain, la quantité de ftunier absorbée par la récolte de choux s'élevait à 3000o kilog. Celte quantité était bien réellement prise par les choux ; car le sol , a])rès la récolte du seigle, présentait une prostration de fertilité telle, que, pour lui de* mander ensuite une récolte verte de vesce d'hiver, de trèfle incarnat ou de navets d'hiver, j'étais obligé d'appliquer 4 hectolitres de noir animal par hectare. Sans cette fumure complémentaire, ces plantes fourragères auraient donné des produits pour ainsi dire insignifiants*

8Mto. — Le diou quintal se multiplie de graines se-

224 1>LS FLAr4X£i> FOUKRA&£R£S.

mées en pépintèra* Les semis en place réussissent très-

diflicilement.

A. Préparation de la pépinière. — Pour établir une pépinière de choux pommés, on choisit un sol riche , profond et frais. Les terres de jardin offrent ordinairement toutes les

conditions possibles de succès. Ix sol doitètic kiinéde bonne heure si Ton doit 1 ui appliquer de» lumiers paillt ux, et il faut parfaitement le préparer et Tameublir avec la hécbe et le rèteau. On termine sa préparation en le divisant en planches de l",20 de largeur, et séparées les unes des autres par de petits sentiers.

B. ËPOQUE. Dss SEMIS. — Les semis se font vers la lia de février et dans la première quinzaine de mars. On recouvre la graine au moyen d'un râteau à dents fines et rapprochées.

Quand la graine est de bonne qualité, 200 à 300 grammes semés sur 2 ares environ, fournissent le plant nécessaire pour 1 hectare.

Vn litre de i^raines pùse 700 yiammes, et 100 graniiiies contiennent environ 35000 graines.

G. ÉDUCATtOK DBS PLAHTs. — Pendant la croissance des, jeunes plants, on pratique des arrosements toutes les fois que le sol est sec, on donne un ou deux sarclages, selon la quanti U' d(j ni ai^sts herbes qui végètent concurremment avec les choux, et on opère un ou deux édaircissages, suivant que les plants sont plus ou moins serrés. Oiiand les plants sont trop nombreux dans la pépinière, et qu'il survient pendant le mois d avril un celui de mai des jours h la ibis cliauds et bunudes, les plants s'élèvent, se coudent, et produisent diflicilement, après leur mise en place, des tètes développées.

Pour qu'un plant de choux pommés soit bon, il laul qu U

présente, après sa sortie'^e la pépinière, un pied court, droU^ rolmie, et des fmiUes consistantes et d^à amples,

Transpiaiiiation. — A. ÉPOQUE. — La transplantation s'opère depuis le 20 mai jusqu'à la Saint- Jean (24 juin). On l'exécute sur des terres disposées à plat et bien préparées et fumées. On ne doit pas la faire plus tài que le 15 ou le 20 mai, car on risque de voir les choux monter k graines pendant Tété.

Pendant longtemps, au dire de Hambury, les Anglais ont semé le chou pommé en août pour le transplanter en février, mode de culture que Ton a pratiqué autrefois en Allemagne.

B. Arbachage des plants. — L'arrachage des plants dans la pépinière se fait à la main , en ayant soin toujours de choisir les plantes les plus vigoureuses et les moins étiolées. Goiiirae le plant se casse souvent, quand le sol est sec, on arrose fortement, quelques heures à l'avance, les planches sur lesquelles on doit agir.

G. Habillage des plants. — Après l'arrachage des plants, on procède à l'habillage des racines. Cette opération consiste à couper, à l'aide d'un couteau, i extrémité de la racine pivotante, et à raccourcir les racines latérales qui auraient trop de développement pour pénétrer dans les trous pratiqués au moyen du plantoir.

D. Exécution. — Au lur et à mesure que l'arrachage et l'habillage sont exécutés, on réunit les plants en paquets avec des liens de paille, et on les transporte sur le champ où la mise en place doit avoir Heu. H faut éviter de les laisser à l'aclion des hiles ou du soleil.

La transplantation se tait à l'aide d'un plantoir de jardinier. Des enfants ou des femmes précèdent les planteurs et espacent les plants sur les lignes. Viennent ensuite des ou- V 15

226 LES PLANTES FOUKHAGÈHES.

vriers jeunes et agiles qui procèdent à la plantation, en

a}Liul soin d'rloigner les plants les uns des autres de 0'",65 en tous sens. Ghat^ue hectare ainsi planté présente environ 15000 plants.

On peut l'exécuter en quinconce, c'est-à-dire, disposer les

plants de manière qu'ils soient tous placés aux sommets de triangles isocèles ainsi que 1 indique la ligure suivante :

CSetfe disposition permet de faire les binages avec la houe & cheval dans deux directions, et elle laisse aux choux plus

d'espace à occuper.

Un plant de choux est bien planté quand il tient fortement à la terre» et que ses feuilles sont éloignées seulement de 0"',04 à 0^,06 de la superficie du sol. C'est en implantant de nouveau le plantoir dans le sol à 0"»,02 ou 0"*,03 du trou dans lLi|uel il a mis en plant, que l'ouvrjer lixe ce dernier * dans la couche arable. Celte opération s'appelle borner le plant.

Un ouvrier exercé à cette opération et accompagné d'un

aide, peut tt ansplanter par jour 25 ares. Un homme seul, d'après Tucker, ne peut en planter que 17 ares. Dans l'Anjou, d'après Leclerc-Thouin, un ouvrier seul plante facilement 20 ares environ en un Jour.

En Angleterre un ouvrier habile secondé par un enfant plante de 4000 à 5000 plants par jour. '

Ë. Moyens d'assurer la reprise des plants. — Comme le chou reprend mal quand le sol est sec, on doit opérer la

CHOU CAii.S. 227

mise en place de préférence quand le temps est couvert, ou

après qu'il est survenu une pluie. Ouand on est forcé d'exécuter la transplantatiou par une grande séclieressc, il faut arroser chaque plant après le repiquage. Cet arrosement n'est pas très-dispendieux, car 5000 à eOOO litres d'eau suKisent pour un hectare, et il a lavantage d'assurer la reprise des plants, et de permettre de compter sur un produit • presque certain.

Lorsque le sol n'est pas très-sec, on peut suppléer aux arrosages en trempant les racines des plants dans une bouillie composée de bouse de vache, de noir animal, ou de cendre ou de suie et d*eau. Cette composition enveloppe les racines de choux de substances hygrométriques et de matières trèsexcitantes, et elle assure la reprise de la presque totalité des plants transplantés.

' Espacement des llgaes et des plants. — On peut^ pOUr

rendre la mise en place plus facile, tracer des lignes sur toute la surface du champ, à l'aide d*u& rayonneur à

cheval, dont les pieds sont espacés les uns des autres de 0™,80. Celle distance est celle que l'on adopte aujourd'hui dans Test et l'ouest de la France. Autrefois, en Angleterre, on éloignait les lignes les unes des autres de 1"*,33 ; mais on fut conduit par Texpérience à reconnaître que cetle distance tUnt trop considérable.

Ainsi, pour des lignes espacées de

Kilog. par hectare.

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