CHAPITRE
PLAHTS8 VIVACES OD PÉ^EHHBS.
SËGTION 1.
Luseme.
<D» M|l(n, non àawaé par Dioioorid« k eeite phnie.)
Medic\go sativa, L,
Plante «tteofyltfchne 4e la famiUê det Ugummêmei,
i4nsfkrts. — Lucerne. EipagnoL — Mielga.
Allmand, — Id. Flamand. — Rups-Rlaver.
Bittoriqua. — Oimât. Végétation. — Espèces spéciales. — Composition.
— Sol ; nature, pr^pnrntinn, fertilitil — 0'ianlit<5 d'engrais ?» ,i[i[i!i(|upr. Samis : époque, à la volée, en lignes; sur sol ombragé ou terre nue^
quantité de graines, caractères, qualités et altération des aeoiences; reeouvrement; germin;ition. — Association de la luzerne et du trèfle rouge.
— Soins d'entretien : hersage. labv'ius. siiinulAiits. pnemi-s. irrigatiim. Plantes nuisibles. — Insectes nuisibles. — Récolte : époque et nombre des coupes, faucbaiion, conrersion flu produit vert en foio, fanage, bottdage* pâtonige. — Coniemtion du p: duit sec. — Rapport entre le fourrage sec et le fonrrapn vert. — Rendement en vert, rn «oc et par coupes. — Poids du raètrd cube de foin. — Caractères du foin et du regain. ~ Récolte des graines : époque, récolte, procédés de battage. — Quantité de graines. — l'oids de l'hectolitre. — Valeur nutritive de la proliKitiim verte. <lii foin et du ro<raIn. — Durét' «rexisteiico des luzernières. — Défrichement. — Quantité de racines par hectare. — AméliorattoD du sol par la luzerne. — Plantes qui suivent 1« défrichement. ~ Emploi de la luseme verte. — Son action sur le bétail. — Emploi du foin do iii/nme. ~ Son action sur les animatix Homesti(|ues. — Valeur commerciale du foin et des graines. — Prix de revient. — Bibliographie.
■totoriqae. — Il n'est aucune plante qui soit plus anciennement connue que la luzerne. Aristoteen fait mention dans son Hûtoire Nalureilê.
ho mot Itîzrnie dérive de InuserdOt nom qu'on donnait ù cette plante en Provence, en 1670.
Uigitizeci by LiOO^lc
23Ô LES PLAKTES FOURRAGERES.
Cette légumineuse est originaire de la Médie qui appartenait k Tancien empire d'Assyrie, et elle fut importée d*Aste en Grèce cinq siècles a?ani Jésus-Christ, lorsque Darius, roi
de Perse, attaqua les Athéniens. De là, elle se répandit dans la Gaule romaine. Columelle , Palladius , Pline ont décrit sa culture.
Bn 1516, François Ruel rapporte dans son Naiura stirfdwn
que la luzerne était réf)andue dans le Soissonnais.
Cette plante, suivant Augustin Gallo, n'a été introduite dans le Brescian qu'en 1550. Il l'appelle : flora herba mtdica et en &it Téloge. Marcello Vlrgilio Adriani dit à Tappui de ce fait qu'il fit chercher inutilement en 1518 dans cette partie de l'Italie la plante appelée medka par Diosroride.
La luzerne était cultivée en Espagne en 1548. On la désignait alors sous le nom ÙLolfalfa. A cette époque, on la multipliait dans les jardins de la Belgique comme une plante curieuse.
Olivier de Serres a vivement recommandé la luzerne aux agriculteurs du dix-septième siècle, il rappelait la merveille du mesnage, nomafQ'elle mérite par sa longue durée et l'abondance de son produit.
Cette plante a été introduite en Angleterre en 1657.
On désigne la luzerne dans le Midi sous le nom de sainfbin ou êainfom à fleur$ violettes,
ciiaiAt. — G*est à tort que Ton regarde la luzerne comme ne pouvant donner d'abondants produits que sous les climats méridionaux, car, quoique originaire de l'Asie, elle végète avec vigueur dans le centre et le nord de la France, et y supporte les froids secs de l'hiver le plus intense.
Toutefois, elle redoute dans les contrées septentrionales de riùirope l'exposition du nord et une humidité extrême du. sol; en outre, les gelées tardives du printemps lui nui-
sent souvent à cause de sa précocité. C'est pour ces motifs que, dans les Pays-Bas et en Angleterre, on lui préfère le trèfle.
Ces faits ^pliquent aussi pourquoi l'étendue qu'elle occupe ordinairement décroit du midi au nord. v«BéttiiiMi. — La luzerne cultivée est presque glabre; sa
racine est vivace et très-longue; sa tige est droite , rameuse et haute de O'*\b0 à û"',80 , ses feuilles sont peuiiées-trifoliées , et ciiaque foliole est elliptique, dentée; ses fleurs sont violettes ou bleuâtres et réunies en grappes azillaires; ses gousses présentent deux ou trois tours de spire; enfin, ses graines sont jaunes et ont la forme d'un iiaricot en miniature.
Ordinairement les feuilles de cette légumineuse diminuent en largeur au fur et à mesure que les tiges $*élèvent.
I^a luzerne entre en végétation au mois de mars et quelquefois vers la fin de février, lorsque la température moyenne de Tair s'est élevée à + 8* ou 10*.
Elle exige pour fleurir 900* de chaleur totale. Cette somme de degrés de chaleur permet de prévoir le nombre découpes qu elle pourra fournir dans une contrée déterminée. Il suffit, pour résoudre ce problème, de diviser le nombre de degrés de chaleur totale que Ton observe depuis le moment où elle coitimence à croître jusqu'à l'époque où elle cesse pour ainsi dire de végéter , par 900". Auisi à
Orange, du l'i mars au l" noiembre.. Paris, du l" airil au 15 noveinbre.
La température totale est de 4860" 385S° Ces sommes divisées par . . . . 900" 900*
donuQiit 5,4 4»2
ou cinq coupes et un regaio. ou quatre coupes et un pâturage.
Ces résultats ne sont vrais que lorsque la luzerne n'a pas été contrariée dans sa végétation par une longue sécheresse.
LtS PLAMES FOUKHAGÈKtJi.
Pline rapporte que la luzerne fleurit en Italie de quatre à six lois par an.
Es»é«M spécteiM. — On a proposé depuis longtemps de cultiver plusieurs autres espèces de luzerne. Je crois utile de mentionner ici celles qui méritent d'être encore expérimentées avant de les proposer comme des plantes propres à iorincr des prairies artiflcielles.
À. iMsemt faucUU ou Itueme de Suède (Mbdicago falcata, L.). Cette espèce, recommandée par Linnée, est regardée en Suède comme une plante fort utile, h cause de la vigueur extraordinaire qu'elle acquiert sur les sois secs et calcaires.
La luzerne faucille est un peu velue; ses tiges sont angu* leuses, rameuses et ordinairement couchées; ses feuiltea sont oblongues et ses fleurs forment une téte allongée de couleur jaune.
On rencontre cette espèce en France dans les endroits secs, arides et incultes, fille est commune dans les sables du Gothland , en Suède, et dans les terres pauvres du Valais,
en Suisse.
B. Luzerne en arbre. Depuis un siècle on a souvent demandé le nom scientifique du qftise, tant recommandé par Théophraste, Dioscoride et Virgile, comme plante fourragère.
Aujourd'hui on est convaincu , d'après les recherches faites par Ix)bel, Amoreux et Paulet, que le cyiLsc des Grecs est la luzerne arborescente (mgdicago arborea, L.}, tandis que le cytise ds$ Latins est le cytise à feuilles sessiles (cttisus sessoj- FOLius, L. ); le premier est commun en Grèce, le second croît aljuiidamnierit dans toute l'Italie. C'est sans succès, quoi qu'on en dise, que l'on a tenté dans le midi de l'Ëurope la culture en grand de ces deux légumineuses comme plantes fourragères.
G. Luzenie rustique (.Medicago aledu, Pers ). Celte «jpècc
LtZfcHiNfc. 239
-est commune en France; ses tiges sont plutAt étalées que
droites , et sa fleur passe du jaune au Tert et au yiolet. Ce qui • la rend digne d'être soumise à des essais, c'est sa grande rusticité , son aptitude à réussir sur des terres de médiocre qualité, et la longueur de ses tiges, qui excède souvent l",30. M. Descolombiers l'a cultivée avec succès sur un teiTaîn sec et peu profond, sur lequel il Ta associée au brome des prés et à la miilefeuille.
• CMp*Btti«M. ^ La luzerne cultivée présente la composition suivante, d'après M. Boussingault :
Luxerne rerU, Lugernexèehe.
80,/iO
Albumine, caséine ....
Matières graant
Ligueux et eelittloae. . . .
Elle eontieot en azote. .
Anderson a trouvé qu'elle renfermait les éléments ciaprès :
Parties non azotées 14,37
minérales 2,49
aïoléet......... 3,01
Eau 80,13
M. Le Corbeiller a analysé les racines d*une vieille luzerne. Voici les moyennes de trois analyses qu il a faites :
Eau 0,6& pour 100
Cendres 3,18 —
Axote 1,11 —
Drsbéctiées, les racines renferment 3,17 p. 100 d'azote. Terrain. — A. Naturb. — Pour que la luzerne ail une longue durée d'existence et qu*elle donne de bonnes coupes ,
LKS PLAINTES FOUBRAG£R£S.
il fout qu'elle végète sur des terres profondes et perméables.
Les sols qui lui conviennent le mieux sont les terrains d'alluvion, limoneux, argilo-calcaires , argilo-biliceux ; ou calcaires-siliceux; elle réussit aussi très-bien sur les terres caillouteuses, si celles-ci ont une consistance moyenne et si elles sont profondes et riches, et sur les sables des dunes.
£lie redoute à l'excès les sols compactes et humides, les terrains tourbeux et marécageux.
Lorsque le sous-sol est rapproché de la surface de la couche arable, el qu'il cal loi iiie d'une argile tenace ou de roches compactes ou cohérentes , la luzerne y végète mal et disparait à la seconde ou à la troisième année.
La profondeur de la couche arable et la nature firiable du
sous- sol ont une influence puissante sur la longévité et la productivité des luzemières. L'est que la luzerne implante souvent ses racines jusqu'à 2 et même 4 mètres de profondeur. On conserve au musée de Berne une racine ayant 16 mètres de longueur. Thaër ne pouvait avoir des luzer* nièrcs productives qu'après avoir fait défoncer les terres où il les établissait , h un mètre de profondeur. La grande profondeur à laquelle pénètrent les racines de la luzerne dans les sous*8o1s actifs, c'est-à-dire les couches inférieures perméahk's , ou à ti avers les fissures des parties rocheuses, explique pourquoi cette plante supporte si facilement les sécheresses dans les pays méridionaux.
B. Préparation. — La luzerne demande un sol bien préparé, bien ameubli et exempt, autant que possible, de plantes à racines vivaces et traçantes.
Lorsque la terre arable est peu profonde^ on doit, à l'époque de sa préparation, faire suivre les charrues ordinaires par des charrues tout-soU, En agissant ainsi , on divise la
couche qui constitue le sous-sol sans la mélanger avec la terre végétale.
Dans le Midi, dans quelques localités, on défonce le sol
à la bêche jusqu'à 0'",40 de profondeur; dans d'autres, ce défoncement a lieu à l'aide du pellversage, opération qui consiste à ameublir le sol, pendant Thiver, à l'aide d'une fourche à deux dents , longues de 0'"32 et séparés de O'^IS à
0"',I4, que Ton nomme pelhersoir.
Il faut aussi faire prc^céder la plante qui la protëge dans ses premières phases d'existence, soit par une jachère, soit par une plante sarclée» aûn qu*eUe puisse végéter sur un sol propre et bien préparé.
Toutefois, ce ne sont pas les planÎLS annuelles qui végètent dès la première année parmi les pieds de luzerne, qui sont bien à craindre. Dans la plupart des cas, ces plantes disparaissent à la seconde année. Celles qu*îl faut impérieusement détruire, parce qu'elles exercent une action fâcheuse sur l'avenir des luzernières, sont les plantes vivaces; aussi importe>t-il de ^isir l'à-propos pour en débarrasser complètement le sol.