‹ Les plantes fourragèresChapitre 94 sur 115 · LIVRE VL · texte numérisé non relu

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F£UILL£S D'AhBKËS.

Depuis tes temps les plus anciens, on recueille dans un grand nombre de contrées, pendant l'automne ou au plus tôt vers la fin de Tété, les feuilles de plusieurs arbres ou arbrisseaux, et on les administre, après qu'elles sont sèches ou lorsqu'elles sont encore vertes, aux bétes à cornes et aux moutons. Ainsi, les Romains, d'après Pline, Golumelle et Gaton, faisaient de grandes provisions de feuilles d'orme, de frêne, de peuplier et de chêne, pour les donner Thiver aux animaux domestiqnLs. Olivier de Serres recomiiiandait vivement remploi des l'cuilles d'arbres ; il voulait que les bœul's et les chèvres en reçussent l'hiver, non tant peur allongetnent def&wrrage que pour friandise de posture^ laquelle le bestial aime autant que Vavoine.

On donne à ces aliments les nunis de feuillards, fcuittées, ramées f broust ou brout* fin générai» les feuilles des arbres constituent une bonne nourriture lorsqu'elles ont été recueillies avec soin, et il existe en France beaucoup de localités où elles sont indispensables pour la nourriture des unimaux domestiques pendant l'hiver, mais principalement des bêles à laine et des chèvres.

Es^ècM. — 1« Feuilles d'acacia, ^ Les feuilles du robinier faux acacia {Robinia p^twio-ucacUi ^ L.} sont .légères et nom-

breuses, et le bétail les mange avec avidité, qu'elles soient î?ccii(js ou nouvellement cueillies. Toutefois, comme ks jeunes branches de cet arbre sont années de fortes épiueâ ou aiguillons qui peuvent blesser le palais des animaux, on doit les détacher ou les briser avant d'administrer les rameaux au bétail.

S" Feuilles de yigm, — Les feuilles de la - vigne (Ktlwvmî* fera, L.) sont larges, minces; leur couleur est verte pendant rété, et durant l'automne elle varie du jaune au rouge. On les regarde comme nutritives, toniques et rafraîchissantes; elles doivent cette dernière propriété à leur acidité. Dans beaucoup de vignobles, on les enlève des pampres après la, vendange, et on les réserve pour les vadies. Les bétes à laine aiment aussi beaucoup ces feuilleSj (\n\ les préservent de la cachexie aqueuse. M. Magne a constaté, dans les environs de Lyon, que les chèvres qui fournissent le lait i our les fromages si estimés do mont Dore, en consommaient pendant une très-grajide partie de l'année avec le plus grand succès.

Les feuilles de vigne qui ont leur surface inférieure garnie de filaments blancs sont moins estimées que celles qui

l'ont glabre. On ne doit pas faire sécher ces ieuilles.

In hectare de vigne peut fournir de 1500 à 2000 kiiog. de feuilles vertes.

^•Feuilles de peupliers. ^Led feuilles du peuplier pyramidal

ou d'Italie (Populu fastigiafa^ L.) et du peuplier noir l*oimiiis nifjrdj L.) servent aussi à l'aliiiiontatiou du bétail, mais elles sont généralement moins estimées que les autres ramées. Nonobstant, en Lombardie, dit Bui^ger, et spécialement dans le royaume de Naples, on préfère les feuilles de peuplier à celles des autres arbres. D'ajirèb liiock, les feuilles du peuplier du Canada {PopulusnmUU/eraf Ait.) seraient plusnutri-

FKUILLES d'arbres

tives que celles des autres es|H Les feuilles du peuplier du Canada sont beaucoup plus grandes que les feuilles des peupliers d'Italie et noir. Olivier de Serres regardait les fôuilles de peuplier comme kê plus deUdables pour le bestail Tuenu.

ko Feuilles cl'onne. — Les feuilles de rorine commun [L'imus campes$ris, L.) sont de moyenne grandeur, d'un vert foncé et un peu rudes en dessus. Elles sont très-nutritives, trèsrecherchées de tous les animaux, quoiqu'elles soient un peu . dett r^ives. En Suède et dans les CcveniiLS, on les fait cuire et on les donne aux porcs à l'engrais. Dans TAnjou, les Vosges, le Jura, etc., on cueille les feuilles de cet arbre avec beaucoup de soin, et lorsqu'elles sont sèches, on les conserve pour les donner l'hiver aux vaches et aux moutons. Ou' l'int'fois, quand les fourrages verts sont peu abondants, on les fait consommer à l'état vert pendant les mois d'août et septembre. Les feuilles de Forme se dessèchent facilement et conservent très-bien leur couleur verte, (juaud eiics out été dessécliées à l'abri des ravons solaires.

5*^ Feuilles d'aulne. — Les feuilles de Taulne commun (i4//itis giutiima^ Gœrt.) ne sont consommées par les animaux qu*à l'état sec; ces feuilles sont irhitineuses cl détersivcs. En général, on nr récolte les feuilles de l'aulne que lorsqu'il est impossible d'en avoir d'autres, car le bétail ne les mange pas avec avidité.

6" Fevillcs de charme. — Les feuilles du charme commun (rnrpinus bciulas, L.) sèches ou vertes sont très-recherchées des animaux ; elles sont lisses, d'un vert foncé en dessus et légèrement cotonneuses en dessous. Les moutons sont trèsfriands de cet aliiiit ni, qui a, comme la IV-uille d'orme, une action remarquable sur laproduclioudu lait des vaches et des chèvres. Ces feuilles se dessèchent et se conservent très-bien. V. 34

LES PLANTES FOURKAGÈRES.

7» FeuUks de chêne. — I^s feuilles du chêne rouvre [Quer-^ eus robur, L. ) du «héne pédonculé {(Jucmis pcduncuiaia, £hrh.) ne coostituent pas un très-bon aliment: vertes, elles sont astringentes ; sèches, elles plaisent peu aux anfmaux.

8* Feuilles de bouleau. — Ia;s feuilles du bouleau Liane (Bmla alba, L.) sont légères, minces, d'un goût amer; les chèvres les recherchent quand elles sont jeunes, filles se des* sèchent très-facnement, et produisent un excellent fourrage sec que tous les animaux consornnienl avec plaisir.

9<» feuiiles ttérabU. — Les feuilles de l'érable champêtre (Acer campestre, L.) fournissent une fouillée très-abondante et tiès cstimée du bétail. En Italie ^ cette feulliôe est U^-re^ cherchée.

1^8 feuilles de l'érable faux-platane {Acer facu€Uhplaiaitus, L.) fournissent aussi un fourrage salubre et nutritif. 10* Feuilles de frêne.'-' Les feuilles du frêne commun (Fraxi*

nus cjLcchwr, L.) plaisent à tous les animaux, quoiqu'elles soient un peu amères; mais le lait que donnent des vaches qui en consomment journellement une forte quantité a un goût peu agréable. On doit éviter de récolter les feuilles des arbres qui sont chargées de cantharides. On sait que le frêne est leur arbre de prédilection, on sait aussi que ce&co" léoptères, quand ils sont employés à Tintérieur dans une grande proportion , peuvent occasionner, k cause de leurs propriétf's vésicantes, des accidents très-?raves aux animaux.

1 !• Feuilles de tilleul. — Las feuilles du tilleul d'iiiurope (Tilia europwa, L.) sont assez larges et minces; on les regarde comme très-nutritives et constituant un fourrage ()récieux. Ou ne doit donc pas s'étonner si ces leuilles sont si reclierchées de ious les animaux. Ces feuilles contiennent beaucoup de sucre et de gomme, et l.e bétail les digère très«

FEUILLES D ARBAES

facilement. M. Cùussingault a constaté qu'elles renferment autant de principes azotés que le bon foin de prairies naturelles.

12* FêuUles de pin. — Les feuilles du pin d'Écossc (Pitm sylrcsiri.% L.) et celles du pin maritime {Pinus maritima, L.) plaisent aux moutons. Non-seulement ces feuilles les nourrissent, mais elles les préservent, pour ainsi dire, de la pourriture ou ckchexie aqueuse. On ne les donne pas sèches aux animaux ; ceux-ci ne les consoiiiniLiit que quand elles sont fraîches. On comprend, dès lors, l'indispensable nécessité de couper les branches au fur et k mesure des besoins. C'est l'hiver que ces feuilles sont données aux troupeaux; Tété, les moutons n'y touchent pas.

De Morogues a constaté que les moutons mérinos les consommaient ditlicilement» mais que, par contre , les bétes à laine indigènes se jettent sur cette feuillée avec avidité quand ^ elle est fraiclie, et qu'elles y ont été accoutumées.

KccoKc des feuiiiarda. — La récollc des feuiUes d*arbres destinées à ralimentation des animaux est facile en ce que, le plus généralement, les arbres qui produisent ces fourrages sont réduits à Tétat de têtards.

1" Le procédé le plus simple consis'c à émonder, après la séve d'août, les jeunes branches chargées de feuilles et à les placer sous des hangars à Vabrl de Taction directe du solelh Ainsi .situées, les feuilles se séclicnt promptement et restent adhérentes aux branches-

Quelquefois les jeunes ramifications, après leut enlèvement des arbres qui les ont produites, sont liées en petits fagots que l'on Lui sécher en les e\i>osant debout au soleil. Celte manière d'agir n'est pas toujours favorable à la feuillée. Quand le soleil est ardent, ou lorsque les fagots restent exposés soit à la pluie, soit à la rosée, les feuilles ou se crispent, ou

LES PLANTES FOUKKAGÈKES.

prennent une teinte brune, et alors elles sont mangées avec

moins d'avidité par le bétail.

Si l'exploitation n'avait pas de hangars ou autres bâtiments propres à la dessiccation des feuillards, il faudrait lais ser les ramifications sur le sol pendant quelques heures seulement; lorsque les leuilles seraient flétries ou k moitié sèches, on les réunirait eu fagots que l'on transporterait immédiatement à la ferme. Pour que les feuilles soient aussi alimentaires que possible, on doit choisir un beau temps, pour les récolter, et 'ne pas les laisser à l'action de la pluie lorsque leur dessiccation est commencée.

S* Quand on veut conserver les branches aux têtards, on procède autrement Dans le courant de septembre, plusieurs semaines avant l'époque de la chute des feuilles, et lorsque celles-ci sont encore très-vertes, on détache toutes les parties foliacées portées par les ramiûcations. Ainsi on applique contre le tronc une échelle légère et assez longue pour que toutes les feuilles puissent être facilement détachées, et une femme ou un eulaut, en glissant la main tout le long d'une branche légèrement serrée entre le pouce et Tlndex,* enlève toutes les feuilles qu'elle a produites et les dépose dans un panier suspendu à l'échelle , ou dans un tablier ou une grande poche de toile attachée à la ceinture.

Dans TAigou^ ce sont généralement les fenunes qui proci* dent à cette récolte, et elles déposent le plus ordinairement les feuilles qu'elles oui détachées dafis uii sac pendu à leur ceinture et d'une longueur suflisaute pour descendre jusqu'à terre.

Au fur et à mesure que les paniers ou sacs sont remplis,

on les vide sur de grandes toiles, au moyen desquelles on ' transporte les feuilles à la ferme. Alors on étend celles-ci sur une aire de grange en couche peu épaisse, on les visite

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