C. longue soie. C. courte soie
Province d'Oran 1094hect.,88 22hect.??5
— de Constantine 350 63 358 61
— d'Alger 51 49 46 98
1497hect.,00 428hect.,34
Le coton vendu au Havre, en 1855, se répartit de la manière suivante :
Longue soie. Courte soie. ' Nankin .
balles. kilogr. balles, kilogr. balles, kilogr.
Province d'Oran 450 46 708 28 2610 2 230
— de Constantine... 69 10055 39 4567 3 318
— d'Alger 51 4443 23 2300 2 176
Totaux 570 61206 90 9477 7 . 724
Ainsi, la quantité totale livrée au commerce a été de 667 balles ou 71 400 kilogrammes, ayant une valeur de 206 238 fr.
Le gouvernement accorde chaque année des prix, dans le but d'encourager la culture du cotonnier en Algérie. Les agriculteurs de chacune des provinces précitées peuvent concourir pour 10 prix de 100 à 5000 fr., s'ils cultivent le cotonnier annuel, et 2 de 200 et 1000 fr., quand ils cultivent le cotonnier ligneux. Pour prétendre aux primes de 1000, 3000 et 5000 fr., il faut avoir une étendue de 1, 3 ou 5 hectares occupés par le cotonnier herbacé. Indépendamment de ces encouragements, l'Empereur décerne, sur le rapport d'un jury spécial, un prix de 20 000 fr. Ce prix a été accordé en 1855, à MM. Masquelier fils et Du Pré de Saint-Maur, et en 1856, à la Compagnie méridionale.
Le prix d'honneur de 1858 a été décerné au colonel Laure.
Quelques écrivains ont avancé que la lenteur avec laquelle la culture du cotonnier se propageait en Algérie, ne permettait pas de croire qu'elle y serait conservée. Ces auteurs ont oublié que soixante-dix années ont été nécessaires à l'Amérique pour propager cette culture, et que, si cet état a pu, en 1851, exporter 2 355 257 balles de coton, il n'en exportait, en 1785, que 14 seulement.
Le défaut de main-d'œuvre, ou son prix trop élevé, peut
seul arrêter l'essor de cette culture industrielle en Algérie. Espérons que le gouvernement prendra les mesures nécessaires pour que les colons ne manquent pas d'ouvriers.
Mode de végétation. — Le cotonnier {fig. 12) a une tige rameuse avec une racine fibreuse et pivotante; il s'élève rarement au delà de 2 mèlres. Ses rameaux, qui sont pyramidaux, portent des feuilles longuement pétiolées et divisées en 3, 5 ou 7 lobes plus ou moins arrondis.
Ses fleurs naissent à l'aisselle des feuilles , et sont portées par de longs pédoncules; elles se composent d'un petit calice à cinq dents obtuses, et d'une corolle composée de cinq
Fig. 12. Cotonnier herbacé. pétales. Le fruit
est une capsule ovoïde, à 3 ou 5 loges, contenant de 7 à Il graines ovales, grosses et pointues, enveloppées dans des filaments cotonneux.
La durée de la végétation du cotonnier annuel est de 6 à 7 mois, selon les années. Suivant M. Hardy, cet arbrisseau exige pour fleurir et mûrir ses graines de 45 à 48 degrés de chaleur.
En Algérie, on le sème en mai et juin, et on opère la récolte du coton ordinairement en octobre.
On a constaté qu'il s'écoulait entre les semis et la floraison :
Cotonnier Louisiane. 80 à 90 jours.
— Nankin 90 à 100 —
— d'Ivice 100 à 110 -
Entre la germination et la maturité :
Cotonnier Louisiane 150 à 170 jours.
— Nankin 170 à 190 —
— d'Ivice.... 180 à 190 —
La température moyenne et journalière doit varier :
Depuis la germination jusqu'à la floraison, entre. ... 16 et 20\ Depuis la floraison jusqu'à la maturité , entre 20 et 259.
Le coton mûrit mal, si la température minima ne se maintient pas, pendant le mois d'octobre, à 16 ou 17°.
A la maturité, le poids des capsules, qui s'élèvent parfois jusqu'à 300 et même 500 sur un seul pied, et qui pèsent chacune en moyenne 30 grammes, fait incliner les rameaux vers le sol, ce qui donne aux cotonniers un aspect tout différent de celui qu'ils présentent jusqu'à la floraison.
variétés. — Les cotonniers se divisent en deux classes :
1° Les cotonniers herbacés, annuels ou arbrisseaux.
2° Les cotonniers ligneux, vivaces ou en arbres.
Les premiers sont ceux qui réussissent le mieux en Algérie. Les seconds sont très-répandus au Brésil, à Fernambouc, en Syrie, à Malte, à l'île de Santorin, etc. En général, les cotonniers sont annuels dans les climats septentrionaux, et vivaces dans les contrées équatoriales.
1° Cotonnier Géorgie longue soie. — Graines noires, lisses et nues; filaments très-longs, élastiques, brillants, très-soyeux, d'une extrême finesse et d'une blancheur éclatante.
Cette variété est un peu délicate ; ses rameaux et ses
tiges sont glabres et ne se développent pas autant que ceux des autres cotonniers herbacés.
2° Cotonnier Jumel. — Graines noires, lisses et nues; filaments d'une bonne longueur et assez fins.
Cette variété, originaire de la Floride, est répandue en Egypte; elle est un peu tardive. Ses rameaux et ses feuilles sont glabres et plus élevés que ceux des autres variétés.
3° Cotonnier Louisiane. — Graines vertes et feutrées; filaments très-courts, mais très-fins, très-soyeux et très-blancs ; capsule grosse et ovale.
4° Cotonnier nankin ou de Siam. — Graines rousses et feutrées; filaments courts, roux et adhérents à la graine.
5° Cotonnier oTIvice ou du Pérou ou de Malte. — Graines brunes et feutrées ; filaments moins longs et moins fins que ceux du cotonnier Louisiane.
Cette variété est celle qui a le mieux réussi, en 1808, dans le département du Gard. Elle est très-répandue aux îles Baléares.
Les fleurs du n° 1 sont grandes et d'un beau jaune, passant au rouge violet.
Les fleurs du n° 2 sont grandes, avec des taches pourpres.
Les fleurs du n° 3 sont grandes et d'un jaune sale, avec un onglet pourpre à la base des pétales.
Les fleurs du n° 4 et du n° 5 sont grandes et d'un jaune pâle, avec un onglet des pétales marron.
On croit que le coton Géorgie longue soie est sorti du cotonnier Jumel, espèce importée, en 1805, des Indes orientales, et que les botanistes ont nommé cotonnier à feuilles de vigne. (Gossypium vitifolium, Lam.)
Les cotonniers à longue soie fournissent les filaments les plus fins; les filaments des cotonniers à courte soie sont plus abondants, mais ils ont moins de finesse.
Climat. — Le cotonnier demande un climat chaud et une contrée maritime. En Algérie, à Malte, à la Guyane, à la Caroline du sud, à la Géorgie, etc., on le cultive principalement dans les plaines situées dans le voisinage de la mer.
Il végète très-bien depuis Toulon jusqu'à Antibes, dans les lieux abrités des vents du nord, mais il n'y mûrit pas toujours ses fruits. Si sa culture est étendue au cap de Bonne-Espérance, ou dans l'état de l'Ohio, dans l'Amérique du Nord, contrées assez analogues à notre climat méridional, c'est qu'on n'y redoute pas en automne des froids semblables à ceux qu'on observe intempestivement en septembre, surtout en octobre et novembre, dans la Provence, et qui dessèchent les fleurs du cotonnier, ou nuisent à la parfaite maturité de ses fruits. Ceci explique pourquoi on a dû renoncer à sa culture dans les contrées, en France, où il avait réussi pendant les premières années de ce siècle.
L'Algérie, les îles de Malte, la Toscane, sont incontestablement les seules contrées les plus septentrionales dans lesquelles la culture du cotonnier est possible, exécutée en grand.
Terrain. A. Nature. — Les terres profondes , de moyenne consistance, ni trop sèches, ni trop humides, et d'une bonne fertilité, sont celles qui conviennent le mieux au cotonnier, si elles sont exposées au sud ou à l'est et abritées au nord par des élévations ou des hautes plantations forestières.
Les sols argilo-calcaires, calcaire-siliceux, calcaire-argileux, contenant quelques pierres et reposant sur un soussol perméable, lui permettent d'atteindre 1 mètre à ln\50 d'élévation.
Les terrains très-argileux et sablonneux ne lui sont pas
favorables; les uns sont trop compacts en été et trop humides et froids en automne; les autres sont trop secs pendant l'été.
Ajoutons que le cotonnier redoute les plantes nuisibles, à racines vivaces et traçantes.
B. Préparation. — Les terres qu'on consacre à la culture du cotonnier doivent être préparées à l'aide de trois ou quatre labours. Dans l'île de Malte, on les laboure cinq ou six fois. Le premier labour doit être pratiqué à la fin d'automne.
On laboure les terres à plat ou en billons éloignés de 0,n,80 à lm,20 de milieu en milieu. La disposition du sol en ados est indispensable, si le sol doit être irrigué pendant la végétation du cotonnier.
En Algérie , on divise souvent les champs en petites planches de lm,20 à lm,70 de largeur. Les dérayures qui séparent ces planches servent de rigoles d'arrosement quand les irrigations sont possibles.
On rend la préparation plus parfaite quand on peut faire suivre la charrue ordinaire au premier ou au second labour par une charrue fouilleuse.
On termine l'appropriation du sol, en divisant et en aplanissant sa surface avec la herse et le rouleau.
Dans les petites cultures, on prépare les terres à bras, soit avec la bêche, soit à l'aide de la houe fourchue.
Quantité d'engrais nécessaire. — Le cotonnier est une
plante à la fois exigeante et épuisante. 11 convient d'appliquer par hectare 20 000 kilogr. de fumier de ferme, ou 2000 kilogrammes de tourteau de coton. On peut remplacer cette fumure par 1500 kilogr. de tourteau de sésame ou 1400 kilogr. de tourteau d'arachide.
Les terres pauvres et non susceptibles d'être irriguées réclament impérieusement des engrais.
Les substances calcaires, appliquées sur des terres qui ne contiennent pas de carbonate de chaux, exercent une heureuse influence sur le développement des cotonniers qui renferment une notable quantité de sels calcaires. Les vases de mer sont aussi très-bonnes, parce que le cotonnier est très-avide de sels de potasse; ses cendres, d'après le docteur Ure, en contiennent 64 pour 100.
Semaine. A. Epoque. — Les semis se font en Algérie du mois de mai au mois de juin. Dans la province d'Oran, par exception, on les exécute quelquefois dans la première quinzaine d'avril.
A Malte on les fait en avril et en mai ; en Egypte au mois de mars.
On ne doit les exécuter que lorsque la température moyenne s'est élevée à + 15° et + 16°, c'est-à-dire quand on ne redoute plus aucune gelée.
B. Qualité des graines. — On ne doit confier à la terre que des graines d'excellente qualité et récoltées sur des pieds choisis.
La graine de bonne qualité a un embryon blanc pointillé de noir; celle qui ne germe plus a un embryon jaunâtre.
La semence du cotonnier conserve en Europe sa faculté germinative pendant 2 ou 3 ans; dans les Indes Orientales, elle la perd après une année.
C. Préparation des semences. — On sème souvent les graines du cotonnier sans leur faire subir préalablement aucune préparation ; mais quelquefois on les débarrasse de leur duvet lorsqu'elles ne sont pas lisses, afin qu'elles glissent mieux entre les mains du semeur.
En Egypte, on les fait tremper pendant 2 ou 3 jours dans
une bouillie faite avec des excréments d'animaux et de l'eau.
Le trempage n'est utile que lorsque la semaille est faite
par un temps sec et lorsqu'on confie les graines à des terres desséchées par le soleil. Cette opération fait presque toujours pourrir les graines quand la terre est fraîche ou lorsqu'il survient des pluies continuelles après la seraaille.
D. Exécution. — On sème les graines de cotonnier enpoqwts, en lignes, ou à la volée. Quand on opère avec le plantoir on rayonne le terrain et on met dans chaque trou de 3 à 8 graines. Si on sème par poquets, on se sert de la pioche ou de la binette. Les semis en lignes se font dans des rayons ; on recouvre les graines avec un râteau.
Lorsqu'on opère sur des terres compactes, on recouvre les graines avec du sable pur ou du terreau.
La semaille à la volée n'est en usage que dans la basse Egypte.
E. Espacement des lignes et des plants. — La distance qui doit exister entre les lignes et les plants varie suivant la fertilité et la fraîcheur du sol et selon la variété qu'on cultive.
En Algérie le plus ordinairement on espace les plants qui atteignent 1 mètre de hauteur de 1 mètre en tous sens. Les limites extrêmes varient ainsi : 0m,50 sur 0m,80; 0m,80 sur lm ; lm sur lm,50.
Les cotonniers doivent végéter isolément , parce qu'ils demandent beaucoup d'air pour bien mûrir leurs gousses.
F. Quantité de graines. — L'espacement des graines à 1 mètre de distance exige de 20 à 30 litres ou 8 à 10 kilogr. de graines par hectare.
G. Poids de l'hectolitre. — Un hectolitre de graine de cotonnier pèse de 38 à 42 kilogr.
H. Profondeur a laquelle les graines doivent être placées. — Les graines ne doivent pas être enterrées trop profondément. Dans les sols légers et les printemps secs on peut
les enfouir à 0m,05 ou 0m,08 de profondeur; dans les années ordinaires on les enterre seulement à 0m,03 ou 0m,04.
Germination. — Les graines germent 8 à 10 jours après la semaille si la température se maintient + 15°. Les semences du C. d'Avice sont celles qui germent le plus promptement.
Quand la terre est fraîche et que la température s'élève à + 17° la germination se fait en sept jours; elle n'a lieu que vers le dix-septième jour si elle s'abaisse à + 12° ou + 13°.
Soins d'entretiens. A. PREMIER BINAGE. — On donne
un premier binage 8 à 12 jours après la germination, soit à la fin de mai ou dans le courant de juin.
B. Deuxième binage. — On répète le binage quand les cotonniers ont 3 à 5 feuilles ou plutôt si la terre s'est durcie superficiellement.
C. Éclaircissage. — Si toutes les graines ont levé, ou si les jeunes plants sont trop nombreux, on les éclaircit en laissant les pieds les plus vigoureux et en agissant de manière qu'ils soient espacés de 0m,60 au minimun.
D. Troisième binage. — On donne un troisième binage avant la formation des boutons. On peut facilement l'exécuter avec la houe à cheval.
E. Quatrième binage. — Dans divers.es cultures on donne un quatrième et dernier binage. Cette dernière culture d'entretien a lieu avant l'épanouissement des fleurs ; si on l'opérait pendant la floraison, on nuirait à la fécondation ou on occasionnerait la chute d'un certain nombre de corolles. Ce dernier binage peut être aussi exécuté avec une houe à cheval.
Arrosage. — Les irrigations ont une grande influence sur le développement du cotonnier. On les commence en juin, c'est-à-dire après le développement des premières feuilles et on les continue, si cela est possible, jusqu'à l'apparition des
filaments. Toutefois, il est nécessaire à partir de la floraison de les rendre moins copieux et moins fréquents. A Malte on les cesse quand la coque commence à se former.
En Algérie, suivant les circonstances, on les répète 3, 4 ou 6 fois, depuis le mois de juin jusqu'au mois d'août.
Chaque arrosage pratiqué sur une étendue d'un hectare exige environ 800 à 1000 mètres cubes d'eau.
Les arrosements trop copieux et trop répétés ont de graves inconvénients, ainsi que l'ont démontré en 1856 les cultures de M. Pérès à l'Habra.
Le cotonnier d'Ivice exige moins d'eau que les autres variétés
Taille.— On opère deux sortes de taille dans la culture du cotonnier : 1" celle qu'on pratique sur les cotonniers en arbre; 2° celle qu'on exécute sur les cotonniers herbacés.
Dans le premier cas, on enlève les branches mortes, et on rabat tous les rameaux sur le vieux bois. A l'île de Santorin, on coupe rez-terre en automne avant l'arrivée des froids tous les cotonniers ligneux, on les butte comme s'il était question de câpriers cultivés dans le midi de la France et on les découvre au commencement du printemps suivant.
Dans le second, on rabat les cotonniers à 0m,40 au-dessus du sol, afin d'obtenir des plantes plus basses et plus ramifiées et conséquemment plus de fleurs et des capsules plus développées. Ce mode de culture a été pratiqué en 1854, en Algérie par M. Sibour. Les cotonniers soumis à cette taille ont fleuri en août et ont mûri leurs graines 20 jours avant tous les autres. Ils formaient des touffes chargées de branches vigoureuses.
Pincement. — On a proposé d'étêter les cotonniers en septembre, au moment où ils commencent à fleurir, afin de les empêcher de monter et pour les forcer à développer des
jets latéraux. L'utilité de cette opération a été contestée par M. du Rohr. Constatons que les colons ne l'exécutent pas d'une manière satisfaisante.
Enlèvement des fleurs inutiles. — On recommande aussi
de ne laisser sur chaque cotonnier que les douze plus belles capsules et de retrancher toutes les autres. Cette opération a été pratiquée avec succès en Algérie par Si- Ali-Ben-Mohamed, caïd de Guelma, sur des cotonniers Géorgie longue soie et Louisiane.
Plantes nuisibles. — Le Liseron (CONVOLVULUS ARVENSIS, L.)
et le chiendent du pays (cynodon dactylon, l.) sont des plantes très-nuisibles parce qu'elles sont vivaces et très-envahissantes.
Agents atmosphériques nuisibles. — Les Cotonniers SOUf-
frent en Algérie du vent brûlant du désert qu'on nomme Simoun, du vent d'ouest parce qu'il est glacial, des longues sécheresses qui compromettent souvent l'avenir des cultures, lorsqu'on ne peut exécuter des arrosages, et des pluîçs d'automne parce qu'elles font souvent pourrir les filaments.
insectes nuisibles — Les insectes qui attaquent les cotonniers sont très-nombreux. Les plus redoutables sont :
1° La sauterelle voyageuse ( acrtdium migratorium ) ; elle mange toutes les parties herbacées.
2° La punaise noire (cymex saturalis, Fab.).
3° La courtilliere (gryllus talpa) ; cet insecte a fait de trèsgrands ravages en Algérie en 1856 et 1857.
4° La larve de l'apate moine (avatamonaceus); cette larve s'introduit à l'intérieur de la tige et vit au détriment de la moelle.
5° Lîérodie bossue (erodius gibbosus); cet insecte attaque les jeunes cotonniers; on le ramasse le matin.
6° La noctuelle (noctua gossypii); cet insecte fait des ravages considérables à la Caroline et à la Géorgie. 11 n'est pas
rare d'en voir 800 à 1000 sur un seul cotonnier. On les fait enlever par les nègres. Au Brésil le commandeur qui surveille les esclaves chargés de les détruire est armé d'un fouet et punit les négligences ; on a reconnu que l'huile ou la chaux appliquée sur l'abdomen des chenilles les fait périr.
On peut encore signaler le papillon à ailes noires, \à chenille tarentelle, la mygale aviculaire, le hanneton à foulon, le perceoreille noir, la punaise de bois, Yeumolpe de la vigne.
Récolte. A. Époque. — La cueillette commence vers la fin de septembre et se continue jusqu'à la fin d'octobre.
On l'opère quand les gousses ont pris une teinte jaunâtre et qu'on peut facilement enlever le duvet de la capsule en le pinçant avec les doigts.
On doit éviter d'agir quand les capsules sont humides ou encore mouillées par une rosée abondante.
B. Exécution. — Les ouvriers, hommes, femmes et enfants, ont devant eux un sac ayant plusieurs compartiments et se placent sur une seule ligne ou deux ceuilleurs suivent la même rangée en se tenant à droite et à gauche. Alors chaque ouvrier coupe une capsule avec des ciseaux, détache les sépales formant le calice, la prend dans la main gauche et saisit avec les doigts de la main droite tous les filaments, enlève ces derniers avec les graines et les dépose dans une des poches que présente le sac qu'il porte. Quand la coque n'est pas suffisamment ouverte , il la presse avec le pouce de la main gauche, alors elle s'entr'ouvre et laisse apercevoir la soie.
Chaque ouvrier doit éviter de mêler les diverses qualités. Le plus ordinairement on en fait trois : la première comprend les filaments les plus longs et les plus fins ; la seconde, les filaments plus gros et moins longs ; la troisième les filaments qui présentent des altérations,
On n'exécute pas la cueillette des capsules en un seul jour ; on l'opère en plusieurs fois, au fur et à mesure de la maturité des graines et des filaments.
A Oran on paye de 0 fr. 20 c. à 0 fr. 25 c. par kilogr. bien récolté.
Séchage delà soie. — Le coton, après avoir été séparé des capsules, doit être étendu au soleil, sur des claies, pendant 4 à 6 heures. On ne doit le mettre en tas que lorsque les graines sont entièrement sèches. Si on le rentrait aussitôt après la récolte, il s'altérerait et prendrait une teinte jaunâtre ou roussâtre; en outre, il perdrait de son éclat et de sa force. A l'île de Chypre , on l'étend au soleil sur des terrasses.
Égrenage ou émondage. — Quand le coton est sec et qu'on. n'a point à craindre que, réuni en masse, il fermente, on procède à la séparation des graines. Cette opération se fait de deux manières : 1° à la main; 2° à l'aide d'une machine.
1° V égrenage à la main est parfait, mais il est très-long et très-coûteux. On a constaté qu'une femme égrenait à la. main de 200 à 500 grammes de coton par jour et obtenait de 70 à 160 grammes nets de soie.
2° V égrenage à la mécanique se fait avec une machine qui se compose de deux cylindres horizontaux en bois ou en fer et polis ou cannelés. On emploie de préférence les cylindres en fer quand le coton est adhérent aux graines. Les deux rouleaux sont très rapprochés et tournent l'un et l'autre en sens contraire. Un ouvrier met l'appareil en mouvement à l'aide d'une manivelle et un second distribue le coton entre les cylindres; ceux-ci, en ne laissant pas passer les graines, les séparent de la soie.
Au Brésil, deux nègres, avec un appareil à deux cylindres
de 0m,33 de long sur 0n,,02 de diamètre, égrènent par jour environ 30 kilogr. de filaments et obtiennent de 6 à 7 kilogr. de soie.
Les graines tombent devant l'appareil.
On possède en Amérique des machines construites sur le même principe, qui sont mues par des chevaux ou par la vapeur. La plus complète est celle qu'a imaginée Élie Whitney, en 1793, et que les Américains ont appelée saic-gin. Elle est de la force d'un cheval-vapeur et peut préparer en un jour de 120 à 150 kilogr. de coton; elle est desservie par neuf personnes. On ne l'emploie que pour égrener le colon courte soie. Le prix de revient du coton qu'elle prépare varie entre 13 et 15 centimes le kilogr.
Les Américains égrènent le coton longue soie :
1° Au moyen du fléau. Chaque ouvrier bat 2 kilogr. 250 gr. de coton pour 3 kilogr. 400 gr. de blé. Ce procédé rend le nettoyage difficile.
2° Avec un appareil appelé roller-gin, mu par le pied, armé d'un volant en fonte et ayant aussi deux cylindres en ,bois, un ouvrier égrène par jour de 3 à 3 kilogr. 500 gr. nets de coton. M. Hardy a jugé utile de remplacer les deux cylindres en bois par deux cylindres en fer revêtus de courroies en cuir. Ainsi disposée, cette machine, mise en mouvement à l'aide d'une machine à vapeur et servie par un enfant, produirait en moyenne de 6 à 7 kilogr. de coton net par journée de travail de 10 heures
Nettoyage du coton. — Lorsque le coton a été égrené, on le bat avec des baguettes après l'avoir étendu sur une toile, et on enlève ensuite les ordures, les débris de coques ou de graines. Ce battage lui donne du lustre et le rend propre à être filé. Quelquefois on remplace le battage par un peignage fait avec des cardes en acier.
Frais généraux. — On compte, en Amérique, que 150 fcil.
de coton, provenant de 750 kilogr. de coton brut, coûtent 135 fr., après avoir été préparés et emballés. Voici les détails des dépenses de préparation : 1 journée de sécheur, 1 journée d'un batteur et de son aide, 30 journées d'assortisseurs, 25 journées de cylindreurs, 6 journées de trieurs, 1 journée d'emballeur, 1 journée d'inspecteur; total : 54 journées à 2 fr. 50 c.
Les assortisseurs séparent les diverses qualités dans des boîtes; chaque ouvrier prépare ainsi par jour 25 kilogr. de coton.
Rapport de la graine à la soie. — Le rapport de la graine à la soie varie suivant les variétés. En général, on estime que la graine est trois fois plus pesante que le coton. 100 kilogr. de coton brut doivent donc fournir en moyenne 33 à 35 kil. net de soie. Le rapport le plus faible et qui concerne des cotons courte soie est celui-ci : la graine est à la soie : : 100 : 20.
Conservation des graines. — Il est Utile de Conserver les
graines du cotonnier dans un local à l'abri des rats.
Produit en soie — Voici les produits constatés en Algérie par M. Hardy.
Coton brut. Coton net.
Géorgie, longue soie 1460 kilogr. 292 kilogr.
Jumel 1676 — 375 —
Louisiane 2260 — 678 —
Ivice 1725 — 517 —
Nankin 2230 — 669 —
Moyenne 1870 kilogr. 506 kilogr.
M. Sibour a obtenu, au Sig , 1000 kilogr. de coton brut à l'hectare.
En Amérique, le produit est en moyenne de 1000 kilogr. de coton brut et 333 kilogr. de coton net.
Prix du coton en Algérie. — L'administration de l'Algé-