CHAPITRE PREMIER
SECTION I
Lin.
(De Aivov, mot employé par les Grecs pour désigner toute espèce de fil.)
LlXUM USITATISSIMUM L.
Plante dicotylédone de la famille des Linées.
Anglais. — Flax, Russe. — Len.
Allemand. — Flachs. Italien. — Lino.
Hollandais. — Flasch. Espagnol. — Lino.
Suédois. — Lin. Portugais. — Linhaco.
Danois. — Hor.
Historique. — Mode de végétation. — Localités. — Variétés. — Composition
— Terrain : nature, préparation. — Quantité d'engrais nécessaire. — Semis : époque, quantité de graines, qualité des graines, poids de l'hectolitre. — Exécution des semis. — Enfouissement des graines. — Travaux complémentaires des semis. — Paillage, ramure. — Germination. — Soins d'entretien : sarclage , irrigation. — Maladie. — Plante parasite. — Animaux nuisibles. — Insectes nuisibles. — Agents atmosphériques nuisibles. — Récolte : époque, opération, mise en bottes, emmeulage des bottes. — Récolte des graines. — Ëgrenage, battage des capsules. — Conservation des graines. — Renouvellement des graines de Riga. —
— Rouissage : à la rosée , à eau dormante , à eau courante , à la vapeur , à l'eau de mer, chimique. — Halage. — Blanchiment du lin. — Torréfaction. — Maillage. — Broyage. — Teillage. — Écangage. — Espadage.
— Sérancage. — Brossage. — Mise en paquets. — Filage du lin à la main. — Tissage. — Produit : lin brut, filasse, graines. — Rapport des tiges aux graines semées. — Rapport des tiges aux graines récoltées. — Rapport de la filasse aux tiges. — Rapport de l'étoupe à la filasse. — Perte que les tiges éprouvent par le rouissage, etc. — Valeur commerciale : lin sur pied, en bois, filasse, étoupes, graines. — Dépenses par hectare.
— Produits fournis par la graine : huile, tourteau. — Couleur des filasses.
— Commerce des filasses. — Bibliographie.
Historique. — L'origine du lin remonte à la plus haute antiquité. La Bible fait connaître, dans l'Exode xxxix, qu'on lit à Aaron et ses fils des vêtements de fin lin. C'est dans
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des bandelettes de toile de lin que les anciens Égyptiens enveloppaient leurs momies.
Au temps de Yirgile, de Columelle, de Pline, etc., les Gaulois, les Romains, les peuples de la Germanie, etc. cultivaient le lin, et ces derniers excellaient déjà dans l'art de filer et de tisser ses filaments. A cette époque, les lins les plus estimés étaient récoltés à Sétubis en Espagne, et à Rétorium et à Faventia, dans la Gaule cisalpine.
On sait que Charlemagne défendit, en 789, de filer le dimanche et qu'il ordonna, en 813, aux femmes de sa cour de filer le lin pour en faire des vêtements.
La culture du lin est fort ancienne en Belgique. Pendant plusieurs siècles, elle alimenta seule le commerce et les fabriques des Pays-Bas. Depuis le 14 septembre 1591 jusqu'à la fin du xvme siècle, on fit défense d'exporter le lin soit en fil, soit en filasse, sous peine d'une amende de 100 à 500 florins et de la confiscation des marchandises. Cette interdiction eut l'avantage d'imprimer à la culture du lin et à la fabrication des toiles flamandes un développement considérable qui s'est accru d'une manière sensible il y a quinze ans, lorsque l'Angleterre, s'emparant du tissage des fils de lin à la mécanique, accepta les fils écrus filés en Belgique.
La culture du lin reçut en France au xme siècle, époque où la Flandre était déjà renommée par la belle qualité de ses lins, une vive impulsion. Béatrix de Gaure fit venir de Bruges à Laval des ouvriers tisserands qui rendirent cette ville célèbre par la belle qualité des toiles qui y furent fabriquées depuis. Au xvme siècle, l'industrie linière avait fait de si grands progrès dans l'ancienne province de Bretagne, que, dans la seule paroisse deMelesse, on comptait de 30 à 40 tisserands la plupart laboureurs. Cette prospérité
était telle qu'on importait annuellement de Lubeck, ou de Libau, à Roscoff, de 16 à 20 millions de kilog. de graines de lin.
La filature mécanique que nous devons à Philippe de Girard a été fatale à la culture du lin en France, et aussi à la vieille industrie du filage à la main, parce qu'elle emploie des lins de toute provenance.
On s'occupe activement depuis quelques années de perfectionner la culture et la préparation du lin dans toutes les parties de l'Europe. Espérons que la France sera bientôt, sur ce rapport, une rivale des industries belges et anglaises.
Mode de végétation. — Le lin est une -plante annuelle qui accomplit toutes ses phases d'existence en trois ou quatre mois. Sa tige est dressée et plus ou moins rameuse ; ses feuilles sont planes, sessiles, opposées, linéaires et entières. Ses fleurs sont terminales ou axillaires ; elles se composent d'un calice à 5 sépales et d'une corolle à 5 pétales arrondis et crénelés au sommet et 3 fois plus longs que le calice. Le fruit est une capsule à 3 ou 5 loges et terminée en pointe ; chaque loge ou carpelle contient deux graines à enveloppe coriace et luisante, à amande mucilagineuse.
Le lin demande beaucoup d'air et de soleil ; il se développe très-difficilement sur les terrains ombragés. Sa floraison dure une quinzaine de jours ; elle a lieu, suivant les localités, du 15 de juin à la mi-juillet. Quand les fleurs sont bien épanouies, le champ présente une nappe de verdure ondoyante, émaillée d'azur, qui se marie très-agréablement à la teinte jaunâtre du colza et à la couleur vert foncé des céréales.
Cette plante mûrit sa graine 15 à 20 jours après l'épa-
b PLANTES INDUSTRIELLES.
nouissement des fleurs et, selon M. de Gasparin, avec une somme de 1450° de chaleur totale.
Dans les circonstances ordinaires, sa tige a de 0m,50 à 0m,70 de hauteur. Elle dépasse rarement lm,30 sur les terres les plus favorables.
Localités. — Le lin est cultivé en grand dans la Flandre, l'Artois, la Bretagne, le Maine et l'Anjou.
On le cultive aussi sur de grandes surfaces en Belgique, en Irlande, dans la Lombardie, la Courlande, la Zélande, la Lithuanie, la Westphalie et la Silésie. La Westphalie a été regardée à juste titre comme la terre classique du Un. Les plus beaux lins viennent d'Ostrow, de Poschow, de Nowarschew. On a vu à Glogau 200 hectares de lin sur une même ferme.
Le lin est aussi cultivé en Italie, dans les environs de Naples, de Salerne, de Palerme, de Lodi, et de Crémone. On l'a aussi introduit en Algérie.
Nonobstant, il est principalement cultivé dans les localités septentrionales, où l'atmosphère et le sol sont toujours un peu humides.
variétés. — Les lins cultivés forment deux classes distinctes : La première, comprend le lin d'hiver et les lins de printemps ; la seconde, le lin vivace.
A. Lin d'hiver. — Le lin d'hiver est cultivé dans la Bretagne, l'Anjou, la Vendée, la Gascogne, le Béarn, le Languedoc et la Provence. On le croit originaire d'Espagne. Il est moins difficile sur la nature et la fertilité du sol que les lins de printemps. Ses tiges sont plus fortes, plus élevées et plus ramifiées; en outre, ses fleurs, quoique moins ouvertes le jour, sont plus grandes et produisent des capsules plus volumineuses. Il est plus productif que le lin de mars, mais la filasse qu'il fournit est plus rude et plus grossière.
Cette variété n'est pas assez rustique pour être cultivée dans les départements des régions du nord et de l'est. Quelquefois même elle souffre beaucoup dans les régions de l'ouest et du sud-ouest lorsqu'il survient pendant l'hiver de fortes gelées à glace ou des vents très-froids.
B. Lins de printemps. — Le lin de printemps présente quatre variétés :
I. 1° Lin commun, lin de mars ou lin d'été. — Cette variété est très-répandue en France, on la nomme lin moyen; ses fleurs sont bleues, et la filasse qu'elle produit est fine, soyeuse et de bonne qualité.
2° Lin de Riga. — Ce lin a des tiges plus élevées et des fleurs plus grandes. Il donne une filasse plus abondante, plus forte et plus longue, mais il dégénère plus facilement. Cette variété qu'on appelle grand lin, lin froid, produit chaque année les lins du commerce suivants :
A. Lin après tonne. — On donne le nom de lin après tonne au lin qui provient d'un semis fait avec des graines produites en France par du lin importé de Riga et qu'on appelle graines de rose en Belgique, et revelear en Hollande. La filasse qu'il fournit est plus fine , plus soyeuse que celle du lin de Riga.
Ainsi, le lin après tonne, que l'on désigne souvent sous le nom de lin de gros, provient du lin de Riga cultivé une seule fois.
R. Lin de mai ou lin ramé.— On obtient ce lin, qui est le plus fin et le plus recherché pour la fabrication des belles dentelles, en semant de la graine fournie par le lin de Riga après tonne et en ramant les plantes qui proviennent de ce semis.
Ainsi, le lin ramé qu'on appelle aussi Un de fin, a pour origine le lin de Riga cultivé deux fois.
8 TLANTES INDUSTRIELLES.
C. Lin de Zèlande. — Cette variété est moins productive que le lin de Riga, mais elle fournit une illasse aussi soyeuse et aussi souple.
D. Lin de Pskoff. — M. Vilmorin a reçu l'an dernier une nouvelle race qui me paraît ne pas dégénérer. Cette magnifique variété est originaire de Pskoff (Russie).
II. Lin à peurs blanches. — Sa filasse est plus blanche, plus nerveuse et plus pesante, mais elle est moins longue que celle du lin de Riga. Cette variété est robuste et dégénère difficilement, et produit davantage; sa tige est ferme, dressée et peu ramifiée, et donne 6 à 8 pour 100 de plus de filasse que les autres variétés ; sa graine est rougeâtre. Cette variété est déjà ancienne : elle a été découverte près d'Urbano dans l'État de l'Ohio (Amérique septentrionale) ; elle se répand d'année en année dans les départements du nord.
III. Lin royal. — Cette variété se rapproche beaucoup du lin de Riga. M. Vilmorin a constaté qu'elle conserve la souplesse de ses fibres jusqu'à la maturité des graines. Ses fleurs sont blanches.
La variété connue sous le nom de Lin d'Amérique à fleurs blanches paraît identique au lin royal.
IV. Lin à graines jaunes. — M. Vilmorin a reçu cette variété d'Amérique ; ses graines rappellent par leur couleur vert jaunâtre les graines de l'alpiste. On la cultive avec succès en Irlande. Elle fournit une filasse de qualité supérieure. L'huile que produisent ses semences est pâle comme l'huile de lin blanchie à l'air.
C. Lin vivace. — Cette espèce est très-rustique et originaire de Sibérie. Elle est cultivée en Suède et dans le Hanovre. On l'a abandonnée en France, quoiqu'elle soit productive, parce que la filasse qu'elle fournit est plus grossière que la filasse des variétés précédentes.
Composition. — Le lin sec a été analysé par Robert Kane. Ce chimiste, après l'avoir desséché à 100°, a trouvé qu'il contenait :
Azote. Cendres pures.
Lin commun 0,98 pour 100 4,247 pour 100
Lin de belle qualité 0,75 — 5,434 —
Lin de qualité supérieure 0,87 — 3,670 —
Lin très-commun 0 ,90 — 4,543 —
Lin hollandais 1,00 — 5,151 —
Moyennes 0,90 pour 100 4,807 pour 100
Les cendres renfermaient :
Potasse et soude 26,883 à 36,419 pour 100
Chaux 15,379 à 19,098 —
Magnésie 3 ,023 à 3,933 —
Oxyde de fer 1,100 à 4,501 —
Acide phosphorique 8,811 à 11,802 —
— sulfurique 6,174 à 12,091 —
— carbonique 9,895 à 25,235 —
Chloride de sodium 4,585 à 12,751 —
Silice 0,030 à 3,409 -
Enfin on a constaté que le lin sec contenait :
Parties ligneuses 70 à 73 pour 100
Ecorce 27 à 30 —
Les parties ligneuses sont composées de
Lignine 69
Matières solubles dans l'eau 12
— insolubles dans l'eau 19
1ÔÔ~
L'écorce renferme :
Matières fibreuses pures 58
— solubles dans l'eau 25
— insolubles dans l'eau 17
La graine de lin, d'après les recherches de M. Boussingault, est formée des éléments suivants :
Sels minéraux 6 , 00
Ligneux et cellulose 3.20
Matières grasses. 39 ,00
Amidon, sucre, etc 19.00
Albumine, caséine, etc 20,50
Eau» 12,30
Elle contient 3,28 par 100 d'azote.
On voit, d'après ces diverses analyses, que le lin puise dans le sol une forte proportion de sels alcalins à base de soude, de potasse et de chaux.
M. Meurin a analysé des graines de diverses provenances. Voici les résultats qu'il a obtenus :
Provenances. Dimensions Caractères.
Eau. Huile. Nature de l'huile.
(millimèt. ).
p. îoo.p.ioo.
Italie 6 sur 3 Grasse, brune, terne.
9,0 33,0 Jaune, un peu acre.
Béthune 5,5 2,5 Luisante, roux clair.
Calcutta 5,5 2,7 Itoussâtre.
7,5 37,0 Presque incolore, acre.
Roumélie.. .. 5 2,2 Petite, roux pâle.
7,5 33,0 Jaune claire, peu sapide,
Espagne 5 3 Grasse, terne.
10,0 33,8 Jaune, un peu acre
Bombay k,7 2,7 Roussâtre.
7,5 38,0 Jaune claire, acre.
Anatolie ^,0 2,2 Luisante, roux clair.
11,0 35,0 Presq. incol., peu sapide
Il a trouvé que la graine contenait en moyenne :
Épiderme 21,00 «qui
renferme 1 ,00 d'huile.
Endosperme 23 , 00 »
Amande 56 , 00 »
43,00 d'huile.
M. Boussingault a donné l'analyse suivante du tourteau de lin:
Sels minéraux 8,30
Ligneux et cellulose 5,10
Matières grasses 6,00
Amidon et sucre , etc 33 , 20
Albumine et caséine , etc 33 , TO
Eau 13,70
Sable.
Argile.
Humus.
Alcali.
0,82pourl00
Ce tourteau contient 5,25 par 100 d'azote.
Terrain. A. nature. — Le lin demande des terres franches, douces, plutôt sablonneuses que compactes, des terrains profonds à sous-sols perméables, des terres fraîches, riches ou substantielles ou des alluvions douces ou sablonneuses.
R. Kane a analysé des terres essentiellement propres à la culture du lin. Yoici les quantités de sable, d'argile et de matières organiques qu'elles contenaient :
Terre de Heestert (Courtray) . . .
— d'Escamaffles (Courtray).
— d'Hamme-Zog (Anvers)..
— de la Hollande
— de Crowle (Lincolshire)..
Ainsi, tous ces terrains sont, sans cohésion apparente, perméables et riches en matières organiques.
Le lin redoute les terres trop sèches et trop humides, les terrains compactes et froids, les sols ombragés et montagneux.
Il est utile que les terres qu'on destine à la culture du lin soient situées dans une vallée aérée ou dans une plaine abritée des grands vents. Le sol qu'on consacre en Livonie à la culture du lin, est silico-argileux, riche, frais et situé à la base des coteaux.
Le lin qui végète sur des sols où l'humidité est en excès, ou sur des terres trop compactes, fournit une filasse grossière et rude au toucher.
B. Préparation. — Le lin exige une terre bien préparée, ameublie et propre.
Lorsqu'on cultive une variété de printemps, on laboure les terres avant l'hiver. En février ou mars on termine leur préparation en exécutant un second et souvent un troisième labour.
En Flandre, on complète quelquefois la préparation des terres par le pelleversage. Cette opération de défoncement élève les dépenses de 18 à 20 fr. par hectare.
Les terres légères et perméables doivent être labourées à plat; les sols . argileux doivent être divisés en petites planches légèrement convexes, afin que les terres retiennent le moins d'eau possible à l'époque des semailles.
On termine la préparation des champs en exécutant plusieurs hersages, afin que la surface de la terre soit bien plane et surtout très-divisée.
La petite culture laboure presque toujours à la bêche ou hoyau les terres qu'elle destine à la culture du lin.
Dans les régions de l'ouest et du sud-ouest, les terres sur lesquelles on cultive le lin d'hiver sont souvent labourées en billons de quatre bandes de terre.
Quantité d'engrais nécessaire. — Le lin est épuisant et
réclame le concours d'engrais très-fertilisants. Ici, on fume les terres avec des fumiers d'étable et de bergerie ou des goémons ; ailleurs, les champs sont fertilisés avec des déjections de pigeons ou de volailles; plus loin, on remplace ces engrais par des vidanges, de la poudrette, du guano ou des tourteaux délayés dans du purin; enfin, dans beaucoup de localités, on complète la fumure en répandant avant la semaille des cendres de tourbe ou de bois, ou des cendres pyriteuses.
Dans les environs de Lille, on applique avant l'hiver 40 000 kilogrammes de fumier, et on répand au printemps 110 à 120 hectolitres de purin, ou 550 à 1500 kilogrammes de tourteaux de chanvre ou d'œillette.
A Lockeren, on fertilise les champs avec 300 hectolitres de matières fécales, à Àth et à Courtray avec 1500 à 2000 kilogrammes de tourteaux délayés dans du purin.
Dans la basse Bretagne, on applique 300 à 350 kilogrammes de guano mêlés à 900 ou 1200 kilogrammes de charrées.
En Irlande, on complète la fumure en appliquant par hectare le mélange suivant :
Os pulvérisé 25 kilogr.
Chlorure de potassium 13 —
Sel marin 22 —
Sulfate de magnésie 25 —
Plâtre en poudre 15 —
100 kilogr.
Quand on emploie du guano ou du tourteau, il faut éviter de les employer au moment même de la semaille, pour qu'ils ne nuisent pas à la faculté germinative des graines. On doit les répandre la veille ou quelques jours avant le semis.
En général, on doit employer des engrais qui agissent promptement et qui contiennent une notable proportion de matières organiques et de parties alcalines.
M. de Gasparin dit qu'il faut appliquer 2100 kilogrammes de fumier dosant 0,40 par 100 d'azote par chaque 100 kilogrammes de tiges sèches. Ainsi, une terre qui produirait 4000 kilogrammes de lin brut devrait être fertilisée avec 84 000 kilogrammes de fumier. Cette base est évidemment trop élevée, et ne justifie pas la quantité de matière fécale ou de purin qu'on emploie par hectare dans le pays de Waës, aux environs de Gourtray, etc.
Semis. A. Époque. — On sème le lin d'hiver en septembre ou en octobre, suivant les localités. A Vie, dans les Hautes- Pyrénées, on opère les semis en août. On ne doit pas semer après le premier novembre, parce que le lin manquerait de force pour résister aux froids de l'hiver.
En Algérie les semis se font en novembre, ou au plus tard dans les premiers jours de décembre.
On sème le lin de printemps depuis le mois de mars jusqu'au commencement de mai, lorsque la température a atteint + 8°ou+10°.
En général, on sème plus tôt dans les terres légères et plus tard dans les terres argileuses.
Quand on sème tardivement, on répand toujours un peu plus de graines.
Dans le nord, le lin qu'on sème depuis le 20 mars jusqu'au 10 avril est désigné sous le nom de vieux Un, lin de première saison, lin hdtif; celui qu'on sème depuis le 15 avril jusqu'à la fin de mai est appelé lin de seconde saison, jeune lin, lin tardif.
Ce dernier lin est exposé à souffrir des grandes chaleurs ; c'est pourquoi il ne donne jamais une filasse aussi belle que celle que produisent les lins semés à la fin de mars.
Les Uns rames se sèment toujours dans la deuxième quinzaine de mars ou au plus tard dans la première quinzaine d'avril; on les appelle lins de mars.
Le lin qu'on sème en mai et qu'on nomme lin de mai fournit le lin de gros.
En Lombardie, on exécute les semis dans la première quinzaine d'avril, et dans la Livonie on ne les fait que du 20 mai au 7 juin.
B. Qantité de graines. — La quantité de graines à répandre par hectare varie suivant la variété qu'on cultive et le but qu'on se propose. Quand on sème clair, les plantes se développent davantage, elles se ramifient, et la filasse qu'elles fournissent est plus grossière. Si on sème trop dru, les tiges s'étiolent et la filasse est mauvaise, parce qu'elle manque de force.