‹ Les plantes industrielles (volume 2)Chapitre 86 sur 92 · Ce mot doit être traduit par le mot récolte · texte numérisé non relu

Ce mot doit être traduit par le mot récolte

APPENDICE. 4l95

le seul moyen que trouve la population ouvrière des campagnes, surtout les femmes et les enfants, de gagner quelque argent à la fin de l'été. Une réunion de tant de personnes dans les grands jardins de houblon donne d'ailleurs lieu à des scènes amusantes qui entretiennent la gaieté. Si le maître est de bonne humeur et si le temps est beau, les plaisanteries, les chants, les éclats de rire circulent à la ronde dans ces jardins où régnait hier le silence de la nature. Les Irlandaises se distinguent entre toutes par leur hilarité bruyante et leur babil intarissable. L'étranger qui visite les travaux est plus d'une fois, je l'avoue, l'objet de cette jovialité naïve et de cette raillerie qui, après tout, n'a rien d'offensant. Les joyeux propos n'empêchent point les doigts de courir sur les grappes de fleurs qui tombent effeuillées dans les crèches. Quand ces crèches sont pleines, le maître ou le contre-maître en mesure le contenu, car les pickers* ne sont pas gagés à la journée, mais à la tâche, et ils ne reçoivent leur rétribution qu'à la fin de la moisson. Le salaire varie d'une année à l'autre, suivant l'abondance et la qualité de la récolte ; le prix ne se fixe que quand les travaux sont commencés et que les propriétaires ont eu le temps de se consulter entre eux. On a donné en 1858 un shilling pour neuf boisseaux de fleurs cueillies. Quelques ouvrières habiles ont gagné jusqu'à une demi-couronne par jour.

La tombée de la nuit suspend les travaux, qui sont repris le lendemain matin, quand les rayons du soleil ont bu le plus fort de la rosée, car une humidité trop abondante déflorerait plus ou moins la qualité du houblon. La nature de ces travaux ne permet point, aux ouvriers ni aux ouvrières , de s'éloigner du jardin où se fait la récolte. Les groupes de hop-picker$, pour la plupart étrangers à la localité, dorment donc pendant la nuit dans les granges, les hangars, quelquefois même sous des tentes. Je me suis convaincu que la plupart des personnes qui se rendent aux houblonnières sont attirées sans doute par l'appât du gain, mais aussi par le goût de la vie aventureuse et par le désir de voir du pays. Elles s'accommodent volontiers à toutes les exigences de leur état et supportent bravement la couche dure sur laquelle descend le lourd sommeil....

Quand la fleur des hops est cueillie et mesurée, on la transporte vers les fours en toute hâte pour la faire sécher; car, si on la laissait trop

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